Paul Hess

27 décembre 1915 – Bombardement vers le boulevard de Saint-Marceaux. Des sol­dats ont été victimes, paraît-il.

II y a deux tués, un homme et un enfant et une douzaine de blessés grièvement dans la population civile.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

 Lundi 27 – Visite du Général Bizot qui bougre et qui sacre pour la gloire de Dieu. 9 h. 1/4, deux bombes sifflent longuement (mais je n’ai pas en­tendu l’explosion. Une 3e éclate plus fort et assez près de nous, puis 3, 4, 5, 6) et toute une série… Toute une série de bombes, mais tirées contre les batteries. Visite de M. l’abbé Goubernard, curé de Saint-Thierry. Il m’apprend que le bombardement de ce matin a fait 7 victimes, dont 1 artilleur qu’il a pu absoudre, rue de Cernay et faubourg Cérès, je crois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Vue aérienne de la ville

Vue aérienne de la ville


Juliette Breyer

Lundi 27 Décembre 1915. Ce matin je m’en allais à neuf heures pour aller au lait et mener les deux cocos à la crèche, quand, arrivée à la porte, j’entendis un sifflement. Bon, c’était les boches qui recommençaient leur folie. Je fais demi-tour, je reconduis les enfants et je repartis chercher mon lait. Ils continuaient de bombarder mais ça avait l’air de tomber à mon idée entre Walbaum et Saint André. Je pouvais m’en aller sans crainte puisque la crèche se trouve boulevard Victor Hugo. Ils n’arrêtèrent que vers midi et là on me dit que tout était tombé du côté de la rue de Beine.

L’après-midi j’étais occupée à coudre quand j’entendis dans le couloir longeant notre campement M. Douline fils qui disait à Mme Passins : « Pensez, on compte du bombardement de ce matin plusieurs tués et une trentaine de blessés. M. Couronne a un parent qui habite par là ; sa maison s’est effondrée, il n’a plus rien et il a été obligé de se réfugier chez M. Couronne ». Un parent, dis-je à maman, ça ne peut être que le papa Breyer. Je veux en avoir le cœur net.

Justement Marguerite arrive goûter et elle me dit : « Il paraît qu’il y a un contremaître des Anglais qui serait tué ». Je ne fis qu’un bond. Tout cela était pour me faire peur et je courus au bureau questionner ton parrain. Il me dit que chez ton papa rue de Metz il y avait eu une bombe mais que ta maman et Juliette venaient de descendre à la cave. Elles n’ont rien eu ; sans cela elles auraient été tuées. C’est le 1er étage et le grenier qui ont été abîmés. Du moment qu’il n’y a pas de victimes, c’est une bonne chose. Demain matin j’irai voir.

Mon bon tit Lou, tu vois que nous n’avons pas été épargnés mais le jour où tu reviendras on oubliera tout. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

Lundi 27 décembre

Grande activité de notre artillerie au sud de Bailleul et dans la région de Blaireville, au sud d’Arras.
Dans la région de la ferme Navarin, en Champagne, nous avons effectué des tirs heureux sur des travailleurs ennemis.
En Woëwre, nous avons fait sauter un dépôt de munitions de l’ennemi au nord-est de Regniéville.
Dans les Vosges, nous avons pris sous notre feu un train de munitions arrêté en gare de Hachimette (sud-est du Bonhomme). Nos observateurs ont constaté une forte explosion.
Sur le front belge, l’activité a été faible. L’artillerie de nos alliés a contrebattu quelques batteries allemandes.
Le général de Castelnau a été reçu à Athènes par le roi Constantin.
Le gouvernement grec a démobilisé partiellement son armée qui montrait des dispositions hostiles aux Bulgares.
Le marquis de Muni a été nommé ambassadeur à Paris, en remplacement du marquis de Valtierra.
L’ancien ministre de Bulgarie à Paris, M.Stanciof, a été mis à la retraite : ses sentiments francophiles étaient connus.
On signale des émeutes à Cologne et à Munster, en Wesphalie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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