Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf quelques gros coups de canons. Bombes sur Saint-Benoît. Visite rue Saint-Thierry, aux Sœurs de l’Espérance et aux soldats du Bain-de-pieds. Visite aux Sœurs du Saint-Sauveur, 163 rue du Faubourg Cérès. Vers 6 h. violente canonnade à l’Est. Visite au Petit Séminaire avec M. Dardenne. Reçu télégramme par la poste comme une lettre le 4 novembre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

ob_bed1d9_thomasJeudi 4 novembre

Nous avons bouleversé sur la somme, près de Frise, d’importants travaux de mines ennemies. Lutte d’artillerie et d’engins de tranchées dans le secteur de Beuvraignes.
En Champagne, les Allemands, après un bombardement d’obus suffocants, ont tenté d’aborder nos positions du Sud de la ferme Chausson (près de Massiges). Ils ont été partout repoussés, hormis de quelques éléments de tranchées avancées à la cote 199. Leurs pertes ont été lourdes.
Dans les Vosges, notre artillerie a tiré efficacement sur les tranchées et ouvrages ennemis de la région du Violu.
Les Bulgares marchent de Velès sur Perlepe, mais ils ont été arrêtés par les Serbes dans les défilés du massif montagneux.
Le cabinet Briand s’est présenté devant le Parlement. Il a lu sa déclaration et a obtenu un vote de confiance à l’unanimité.
Les manœuvres pacifistes que l’Allemagne tente dans différentes capitales neutres ont piteusement avorté.
Les journaux allemands continuent à dénoncer le manque de vivres et reprochent au gouvernement l’insuffisance des mesures
adoptées par lui.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


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