Cardinal Luçon

Vendredi 1er – Nuit tranquille. Journée tranquille Via Crucis. Visite d’un Intendant général cherchant de l’or (1), en me priant d’inviter les prêtres à en parler en chaire. Aéroplane vers 4 h, les batteries allemandes le tirent par erreur.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

1 : Cet intendant « Chercheur d’or » et le signe ue dès 1915 le gouvernement cherche par tous les moyens à obtenir des particuliers qu’ils échangent l’or qu’ils ont pu thésauriser contre du papier monnaire, afin de pouvoir garantir les dettes contractées par la France auprès des neutres pour soutenir son effort de guerre et l’industrialisaiton croissante du conflit.


Juliette Breyer

Vendredi 1er Octobre 1915.

Un nouveau mois qui commence. Nous troupes ont un peu arrêté leur élan. Nos avions ont bombardé les gares de Bazancourt, Warmeriville et toute la ligne. Il commence à faire froid. Il ferait si bon près d’un bon feu. Tu aimais tant ; tu te rappelles quand je mettais notre petite table près du feu pour manger. Il me semble que nous étions si heureux.

Si tu voyais tes deux beaux petits ! Ta fille, mon Charles, sera tout ton portrait ; elle aura les yeux noirs. Elle est toute câline. Mais ton coco, nous en ferons quelqu’un. Il est d’une intelligence. Il parle toujours de son papa. On serait si bien nous quatre. Oh vivement ! J’en serais folle de joie.

Je t’aime. Tout mon cœur à toi. Ta Juliette.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

1 octobre 1915 - Visite d'un Intendant général cherchant de l'or

 

Vendredi 1er octobre

En Belgique, notre artillerie lourde a appuyé l’action de la flotte britannique contre les batteries de la côte.
En Artois, pas d’action importante.
Activité ennemie aux environs de Roye. Une forte reconnaissance a été dispersée par notre feu.
Devant Beuvraignes, nous avons fait exploser plusieurs mines et bouleversé les tranchées allemandes.
En Champagne, nous avons pris pied sur plusieurs points de la seconde ligne allemande, à l’ouest de la butte de Tahure et à l’ouest de la ferme de Navarin. En ce dernier point, certains éléments de nos troupes ont franchi la ligne ennemie, mais ils n’ont pu maintenir leur progression devant les tirs de barrage. Une violente action s’est engagée pour la possession de l’ouvrage dit de la  » Défaite « .
A l’heure actuelle, 121 pièces de canons ont été prises par nous en Champagne.
Nos avions ont bombardé les gares de Cuignicourt, de Bazancourt, Warmériville, Pont-Faverger, Saint-Hilaire-le-Petit, ainsi qu’une colonne en marche vers Somme-Py.
Les Russes ont encore obtenu quelques succès sur l’ensemble du front.
M. Venizélos a prononcé un important discours à la rentrée de la Chambre hellénique; il y a déclaré que la situation était grave, et a évoqué indirectement
le traité qui lie la Grèce à la Serbie.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

Share Button