• Monthly Archives: septembre 2015

Jeudi 30 septembre 1915

Maison J. Masson et fils

Louis Guédet

Jeudi 30 septembre 1915

383ème et 381ème jours de bataille et de bombardement

9h  Toujours le grand calme, du canon lointain, mais pas un obus allemand. Cela durera-t-il toujours…  toujours jusqu’à la délivrance. Oh ! que ce soit bientôt !! on n’y tient plus, on ne vie plus. Nous avons tant et tant souffert !! Que ce serait bien au moins que nous ayons enfin le repos, le vrai repos.

6h1/2 soir  Pas un coup de canon, pas un obus, le calme complet. Journée monotone pour moi. Je suis allé jusqu’au Pont de Muire pour un mandat posté pour l’abonnement au « Noël » de Marie-Louise afin de tuer le temps. Et je suis rentré. Vu Helluy (Claude Helluy, journaliste, 1877-1938) du Courrier de la Champagne en passant, causé à l’un, à l’autre et voilà ma journée. Quelle situation fatigante. Ce matin vu Dondaine.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Journées calmes

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Jeudi 30 – Nuit tranquille pour la ville, peu de coups de gros canons. Journée tranquille. À 5 h. et 6 h, aéroplanes français dans l’air.

Visite à l’École Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, Arts et Métiers.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 30 septembre

Le succès obtenu en Champagne a été très important. Le nombre des prisonniers faits par nous est de 23000, celui des canons capturés est de 79. De nouveaux groupes d’Allemands se sont rendus. Notre poussée continue contre les positions de repli de l’ennemi. Nous avons progressé sur les pentes de la butte de Tahure et au nord de Massiges.
En Artois, nom avons atteint, après une lutte opiniâtre, le point culminant de la crête de Vimy et nous avons maintenu toutes les positions conquises. De là nous dominons la plaine de Douai. Nous avons fait 300 prisonniers.
Canonnade au nord et au sud de l’Aisne, en forêt d’Apremont et au bois Le Prêtre.
Les Anglais ont progressé vers Lens et augmenté le total de leurs prisonniers.
Les Russes ont livré de sanglants combats vers Dwinsk, au sud de Vilna et en Volhynie.
Les Anglo-Indiens ont remporté un succès en Mésopotamie et marchent sur Bagdad.
Une crise ministérielle s’est produite à Sofia. MM. Tontchef et Bakalof estimant la politique de M. Radoslavof encore trop peu complaisante à l’égard de l’Allemagne, ont démissionné. Mais le roi a obtenu d’eux qu’ils reprissent leur
démission.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


Maison J. Masson et fils

Maison J. Masson et fils

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Mercredi 29 septembre 1915

Louis Guédet

Mercredi 29 septembre 1915

382ème et 380ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Nuit tranquille et pour cause. La pluie n’a pas cessée de tomber en torrent, encore maintenant, ce n’est pas cela qui nous aidera à profiter de nos petits succès !! Et quand on pense qu’il y a 15 jours il faisait si beau. Notre Grrrrand État-Majorrrr !!! le ferait exprès, ce ne serait pas mieux !!! Tas de Castrés ! Ils sont à l’abri, au chaud, ils vivent comme des princes, gagnent de l’argent comme jamais ils n’en n’ont gagné, ils n’ont pour consigne qu’un désir : c’est que cela continue, peu leur chaut les malheureux qui souffrent, qui sont opprimés par leurs soldats, etc… ?! Y aura-t-il un jour enfin une réaction qui serrera la vis à toute cette clique-là ! Ce serait à souhaiter !

7h du soir  Trainé ma journée, fait un tour au Cimetière du nord, et rencontré tout à l’heure M.M. Émile Charbonneaux et Pierre Lelarge qui m’apprennent que nos succès s’accentuent, aussi bien du côté de Vimy – Loos que du côté de Souain – Argonne, et que les allemands auraient déjà perdu la valeur de 3 Corps d’Armées, d’aucun disent 4 Corps d’Armées. Allons-nous enfin être délivrés ? Les officiers ont bon espoir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Forte canonnade l’après-midi.

Le communiqué du soir dit qu’en Champagne, les pertes en­nemies, en tués, blessés et prisonniers, dépassent l’effectif de trois corps d’armée, que le nombre total des prisonniers dépasse main­tenant 23 000 et que soixante-dix-neuf canons allemands ont été ramenés à l’arrière.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mercredi 29 – Nuit tranquille en ville, sauf coups de gros canons de temps en temps. Pluie longue et abondante. Journée tranquille à Reims. Aéroplane français vers 4 h. Je n’ai rien entendu du côté allemand. Du côté français, quelques coups de gros canons de temps en temps.

Bonnes nouvelles : A la Mairie, on annonce que nous avons pris la 2e ligne de tranchées allemandes. En tout avec les précédents succès, 80.000 hommes tués ou prisonniers, hors de combat chez l’ennemi ; pris le maté­riel de guerre de 3 Corps d’Armée (1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Ces nouvelles, plus ou moins fallacieuses, sont beaucoup moins bonnes qu’il n’y paraît.


Mercredi 29 septembre

Nous continuons à gagner du terrain en Artois, pied à pied, sur les crêtes à l’est de Souchez. Nous avons atteint un point stratégique de la plus haute importance, la cote 140, point culminant des crêtes de Vimy, et l’un de nos principaux objectifs.
En Champagne, de nouveaux progrès ont été réalisés. 800 prisonniers ont été capturés au nord de Massiges.
En Argonne, l’attaque allemande contre le bois de Bolante a totalement échoué. L’ennemi a été expulsé des tranchées de première ligne où il avait réussi à s’installer. Il a subi de lourdes pertes. Il a dirigé sur nos positions un bombardement violent et auquel nous avons efficacement répondu.
Canonnade au bois Le Prêtre et dans la région du Ban-de-Sapt.
Les Anglais ont poursuivi leur progression à Hulluch et à l’est de Loos. Ils ont capturé 18 canons, 32 mitrailleuses et 2800 prisonniers.
Les Russes ont livré des combats heureux sur l’ensemble du front et un peu partout ont pris des Allemands et des Autrichiens : le total s’élèverait à plusieurs milliers d’hommes.
La Grèce semble délibérément prendre position contre la Bulgarie, et la presse officieuse allemande invective l
e cabinet d’Athènes et M.Venizelos.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


CPA et photo : Béatrice Keller.

CPA et photo : Béatrice Keller.

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Mardi 28 septembre 1915

Louis Guédet

Mardi 28 septembre 1915

381ème et 379ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Bataille toute la nuit, à droite et à gauche de Reims. Du canon devant et autour de nous. Il y a surtout une grosse pièce, la « Grosse Julie » qui vous fait sursauter quand elle tire, elle doit être assez près d’ici. A 4h elle m’a réveillé et je n’ai pu me rendormir. Ce matin toujours des bruits lointains, du canon, des combats, le temps est couvert, mais le baromètre remonte. Les nouvelles du matin ne sont pas mauvaises, allons-nous pouvoir espérer la délivrance définitive ?

8h soir  Cet après-midi je suis allé à Tinqueux, n’ayant rien de mieux à faire. Le temps était frais et gris. Là-bas j’ai vu M. et Mme Fayet qui sont, comme tous les habitants du Village, pressurés, accablés, pillés, dévastés par les troupes. Ils ont 150 chevaux dans leur ferme et des hommes à l’avenant. Ils n’ont trouvé rien de mieux que de loger une partie de leurs chevaux dans le réfectoire de l’ancien petit séminaire !! Et tout à l’avenant.

Pour faire du feu on a été jusqu’à briser leurs meubles anciens, etc…  etc…  Les malheureux sont parqués dans 2 ou 3 pièces qu’on daigne leur laisser et le reste est livré au pillage, plus de portes, plus de fenêtres !…  J’ai conseillé à M. Fayet de venir voir le 7 octobre le sous-intendant à mon audience de conciliation des réquisitions militaires afin qu’il voie ce qu’il y aurait à faire pour l’indemniser de ses portes, car comme toujours M.M. les Gestionnaires l’envoie promener ! Je les ai quitté à la nuit tombante et suis rentré ici à la vraie nuit. Je suis fatigué. Je ne marche plus facilement. Est-ce la vieillesse ? on manque d’habitude. Je ne sais, mais je me fatigue vite maintenant.

Toute l’après-midi a été calme. La nuit sera-telle de même, je le souhaite car ne pas dormir est bien pénible. Nous verrons.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Bombardement, dans la matinée, sur le faubourg Cérès.

L’avance de nos troupes est soulignée sur le communiqué, qui parle aujourd’hui de plus de soixante-dix pièces de campagne et pièces lourdes, prises en Champagne.

  • À ce propos, Le Courrier, dans un court article, disait ceci :

La bataille de Champagne.

Une énorme colonne de prisonniers boches a traversé Châlons dans la matinée d’hier. La tête de la colonne se trouvait déjà à la gare alors que l’arrière-garde défilait encore sur la place de l’hôtel de ville.

(Le reste, soit cinq ou six lignes, est censuré).

— Ce jour, les poilus venant assurer quotidiennement, sur la place Amélie-Doublié, le ravitaillement des compagnies et des services du 320e, dont les cantonnements sont à proximité, annon­cent le départ du régiment. Ils ne savent pas où on va le diriger.

Depuis plus d’un an, l’opération qui avait lieu précédemment le matin, se faisait régulièrement tous les jours en cet endroit.

Lorsque les aéros boches étaient venus jeter fréquemment des bombes, de côté et d’autre, le voisinage civil avait eu des raisons de craindre que les rassemblements de soldats, autour des voitures, attirassent leur attention. Tout s’était heureusement assez bien passé, et, du rez-de-chaussée du n° 2 où nous nous installions avant la nuit, ma sœur et moi, nous avions pris l’habitude d’atten­dre, comme une distraction — avec les voisines occupant en partie l’appartement — l’arrivée vers 19 heures, des trois voitures attelées venant d’Écueil. Celle contenant les petites vivres s’arrêtait devant notre fenêtre ; les deux autres chargées de pain et de viande, avaient adopté des emplacements un peu plus loin, le long du trottoir.

La distribution commençait dès que les véhicules à bras, utili­sés pour le dernier parcours à faire avant les « boyaux », par la rue Lesage, étaient à leurs places ; elle avait lieu sous le contrôle d’un adjudant et de quelques sergents. Nous entendions alors appeler, à tour de rôle, la 17, la 18, la 19, la 20e, le poste de secours, la mi­traille, la compagnie hors rang, le T.C.I., le T.C.2..

Très intéressés, nous suivions des yeux les faits et gestes du petit conducteur affairé, toujours ruisselant de sueur, qui sortait de son fourgon les sacs de pommes de terre, les haricots, le café, le sel, les bougies, le lard, le papier à cigarettes, etc., ainsi que le tabac, complément précieux dont le nombre de petits paquets gris était souvent vérifié, après avoir été compté et quelquefois re­compté, sur contestation.

Pour finir, nous regardions l’eau-de-vie se répandre d’un fût dont on enlevait et replaçait la fontaine à la manière d’un bou­chon, afin d’en activer l’écoulement, alors que les soldats groupés surveillaient à la lueur d’une bougie le remplissage des récipients à raison d’un litre par seize hommes. Pendant ce temps, des femmes que nous remarquions journellement, rôdaillaient autour des cor­vées occupées au chargement de leurs petites charrettes.

La répartition terminée et dès que les poilus commençaient à reprendre le chemin des cantonnements, quelques privilégiés ava­laient vivement, l’un après l’autre, dans un quart, une bonne rasade de gnôle — le rab’ — avec les conducteurs, qui reprenaient aussi­tôt place sur leurs sièges.

Tandis que les voitures étaient déjà en marche, deux ou trois soldats toujours en retard pour s’installer, devaient les escalader par derrière pour s’y engouffrer et le convoi, prenant tout de suite le trot, repartait vers la montagne de Reims.

Chaque soir s’effectuait ainsi, place Amélie-Doublié, sous le regard amusé de ses rares habitants, le ravitaillement de quelques compagnies du 320.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mardi 28 – Nuit active au loin. A Reims, quelques gros coups de temps en temps, des canons français ; A 9 h. 1/2 matin, bombes allemandes. 11 h. pluie d’obus sur (les batteries sans doute) la ville, sur les Coutures.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Mardi 28 Septembre 1915. Voici la pluie. Pour nos soldats ce sera ennuyant. Le 347e à Reims devait partir au combat ce matin mais le mauvais temps a interrompu les opérations. C’est ennuyeux car les boches vont avoir le temps de se reprendre. C’était si bien parti.

Charlotte nous écrit qu’il y a plus de quinze jours qu’elle est sans nouvelles de nous et se demande ce qu’il y a. La Poste conserve un moment les lettres qui viennent de Reims ; c’est la raison. Vivement que le soleil revienne. On reprend vite courage. J’avais encore un espoir dans les grands blessés qui viennent d’être rapatriés mais je suis encore déçue. Quand cette guerre finira donc, quand te reverrai-je ? Et ne rien savoir …

Je t’aime toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Mardi 28 septembre

La situation ne s’est guère modifiée, au nord d’Arras, où l’ennemi ne réagit que peu contre les positions nouvelles occupées par nos troupes. Nous avons fait 1500 prisonniers.
Le chiffre des prisonniers capturés par les Anglais dans le secteur au sud de la Bassée est de 2600.
En Champagne, la lutte continue. Nous sommes devant le front de seconde ligne allemand jalonné par la cote 185, à l’ouest de Navarrin, la butte de Souain, la cote 193, le village de Tahure.
Le nombre des canons de campagne et d’artillerie lourde pris à l’ennemi est de 80, dont 23 enlevés par l’armée britannique.
Une offensive allemande en Argonne, à la Fille-Morte, a été quatre fois enrayée. Nos adversaires ont subi de très lourdes pertes.
Des avions alliés ont bombardé Bruges.
Les Russes ont livré toute une série de combats au cours desquels ils ont fait de nombreux prisonniers. Leur offensive se poursuit en Galicie et dans la région de Pinsk. Ils ont reconquis depuis quinze jours environ 110 kilomètres.
Le roi de Grèce s’est mis d’accord avec son premier ministre M. Venizelos, sur la politiq
ue à suivre vis-à-vis de la Bulgarie.
La Roumanie a pris des précautions sur sa frontière du sud.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 27 septembre 1915

Louise Dény Pierson

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27 septembre 1915 ·

Durant ces vacances j’avais écrit une lettre à mon beau-frère, sans avoir de réponse.

Celles écrites par ma sœur le sont également.
Il sera porté disparu à la date du 12 octobre, suite à l’offensive de Champagne du 25 septembre 1915, la première grande bataille engagée depuis la guerre de tranchées, qui nous vaudra de lourdes pertes sans aucun résultat.

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Louis Guédet

Lundi 27 septembre 1915

380ème et 378ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Le canon et la fusillade ne nous ont guère laissé dormir cette nuit, à chaque instant j’étais réveillé par un bruit incessant et formidable, ajoutez à cela une pluie torrentielle ! Pauvres soldats !! Les journaux confirment les mêmes annonce que hier…  mais après ?…  C’est quelque chose…  mais ce n’est pas la victoire ni la défaite de l’Ennemi ! Il faudrait qu’il soit culbuté, percé…  Je suis triste ce matin. J’ai pleuré en me levant, je ne sais pourquoi, si en songeant à tous les miens, et à ce qu’ils leurs adviendront par la suite, comment suffirai-je à leurs besoins, comment les abriterai-je, où ? Reims délivré bien, mais je ne serai pas délivré de nos soucis, hélas !…

6h1/2 soir  Calme complet. Quelques schrapnels, rien en un mot. Je crois que réellement il y a quelque chose de changé chez les allemands, après un échec comme celui qu’ils viennent de subir. Reims devrait n’être plus qu’un monceau de Ruines…  mais non. Vu cet après-midi M. Beauvais, Directeur de l’École professionnelle pour une allocation militaire en appel, sur laquelle le Procureur de la République me demande un renseignement. Là M. Caron (à vérifier), secrétaire de la commission d’appel a été trop loin en écrivant sur une lettre de recommandations au Procureur !! Je crois qu’il nous va falloir réagir un peu et à prier nos secrétaires de se tenir à leurs places. Causé longuement avec M. Beauvais.

Vu ensuite le Procureur à ce sujet qui a abondé dans mon sens. Ensuite bavardé avec lui et échangé nos idées et opinions sur diverses individualités rémoises, nous étions du même avis. Tous auront fait leur devoir, sauf la riche bourgeoisie, dont les éphèbes ont troqué leur épée pour une seringue !! Il me disait aussi son étonnement de la peur manifestée parmi les fonctionnaires officiers ministériels et autres, surtout de la part de ceux qui auparavant le prenait de très-haut et n’avaient à la bouche que de grands mots : honneur, devoir, bravoure, etc…  Il regrette que Duval ne fût pas resté, car il l’avait fait nommer juge suppléant à Reims au Tribunal civil !…  Il le regrettait en me disant cela. Bref charmante parlotte avec lui. C’est malheureux que les juges soient si acharnés contre lui !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

27 septembre 1915  Quelques obus sur le faubourg Cérès. Départs des grosses pièces.

Confirmation des bonnes nouvelles données hier par le com­muniqué, qui indique aujourd’hui 20000 prisonniers et vingt-quatre canons pris.

Dans Le Courrier, nous remarquons cette insertion :

En cas de bombardement – Arrêté.

Art. 1Par ordre de l’autorité militaire, il est prescrit aux habitants de laisser ouverts, en cas de bombardement, les couloirs de leurs maisons, de façon que les personnes qui se trouvent dans les rues puissent trouver un abri en cas de dan­ger.

Art. 2Tous les agents de la force publique sont chargés de l’exécution du présent arrêté.

Le Général commandant d’armes.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 27 – Nuit tranquille, sauf gros coups de canonnade lointaine jus­qu’à je ne sais quelle heure (au moins 2 h.). Nuit active au loin et gros coups de canons (peut-être bombes sur les batteries) en ville. On annonce la prise de 70 canons et de 20.000 prisonniers (1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Au 7 octobre le bilan sera de 25000 prisonniers et de 150 canons capturés, ce qui montre l’excellence des renseignements du Cardinal, mais témoigne aussi de l’insuccès final de l’offensive française.


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Juliette Breyer

Lundi 27 Septembre 1915. Si tu entendais mon Charles, quel vacarme ! Ce sont nos grosses pièces qui tirent. Ils envoient quelque chose aux boches ! Mais cela nous étreint le cœur. Les nôtres progressent. Ils ont avancé un peu partout, notamment sur Berry au Bac. La canonnade se rapproche de Reims ; ce sera sans doute bientôt à notre tour. Cela me rend l’espoir de te revoir bientôt.

Ainsi hier nous leur avons pris 70 canons et fait sur tout le front une vingtaine de milliers de prisonniers, aujourd’hui 18 canons et 32 mitrailleuses. Mais ce qui me fait trembler aussi, c’est que nos avions vont bombarder les villes allemandes. Ces jours-ci ils ont bombardé Stuttgart et ils doivent continuer. J’ai encore peur que tu ne sois atteint par les nôtres.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Lundi 27 septembre

Notre offensive est couronnée de succès dans deux importants secteurs du front. Au nord d’Arras, nous avons occupé tout le village de Souchez et avancé vers l’est dans la direction de Givenchy. Plus au sud, nous approchons de Thélus. Nous avons capturé un millier d’hommes.
En champagne, nous avons progressé de 1 à 4 kilomètres sur un front de 25, entre Auberive et Ville-sur-Tourbe. Nous sommes sur la route de Souains à Somme-Py et sur celle de Souains à Tahure. Les pertes de l’ennemi sont très importantes. Vingt-quatre canons de campagne sont tombés entre nos mains. Depuis deux jours, nous avons fait 23000 prisonniers valides.
Les Belges on forcé les Allemands à évacuer 200 mètres de tranchées sur l’Yser.
Les Anglais ont attaqué au sud du canal de la Bassée. Sur un front de 8 kilomètres, ils ont pénétré dans les retranchements ennemis jusqu’à une profondeur de 4 kilomètres parfois. Ils ont gagné 600 mètres de tranchées au sud de la route de Hooge et fait 1700 prisonniers.
Les Russes ont repoussé les Allemands devant Dwinsk avec des pertes énormes et poursuivi leurs avantages en Galicie et en Volhynie. On annonce que l’amirauté de Berlin rappelle ses grands navires de la Baltique par crainte des sous-marins russes et anglais.
La Bulgarie multiplie les notes aux puissances en prétendant qu’elle se borne à as
surer sa défensive.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 26 septembre 1915

Louis Guédet

Dimanche 26 septembre 1915

379ème et 377ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Il a plu une pluie diluvienne une partie de la nuit, quia été calme sauf de temps à autre nos canons qui hurlaient. On s’attend d’un moment à l’autre à une attaque générale. Le Général Joffre aurait lancé à ses troupes un ordre du jour dans le genre de celui qui a précédé la bataille de la Marne, qui a été lu il y a 2/3 jours aux officiers le matin et aux troupes le soir. Il disait qu’il fallait aller jusqu’aux canons allemands et ensuite en rase campagne. Nos canons en ce moment détruisent les fils de fer des tranchées ennemies et empêchent ceux-ci de les réparer à coup de schrapnels. On nous recommande de sortir le moins possible. M. Albert Benoist me disait qu’on avait donné jusqu’au 28 aux rares habitants restés à La Neuvillette pour évacuer le village, ce serait donc pour le 29, pour la St Michel. Nous verrons.

6h soir  Cet après-midi vers 2h1/2 je me suis décidé, en ne sachant que faire, à aller à Cormontreuil avec mon laissez-passer permanent de juge de Paix. J’en profiterai pour voir 2 de mes justiciables, me disais-je (Montlaurent et Toulet (à vérifier) garde) je n’ai quitté ce village qu’à 5h. Tous ces braves gens m’ont fait une vraie fête et surtout heureux de me dire combien ils étaient fiers de leur notaire qui le seul n’avait pas quitté Reims. J’ai été vraiment ému de leur accueil. En quittant la rue des Capucins je pris le canal entre la Ville jusqu’au Pont Huon, puis je pris la petite route du Moulin d’Huon qui est brûlé, arrivé devant le monument de « Barbe bleue » fusillé par les allemands en 1870 (Monument à la mémoire de François Augé, ouvrier teinturier, fusillé par les allemands le 7 septembre 1870 pour avoir fait un geste provocateur. Ce monument, inauguré en 1896, existe toujours à cet emplacement), je sursautais, à quelques mètres de moi une batterie se mit à tirer. Quel vacarme !! elle n’a pas cessé jusqu’au soir. Arrivé au Moulin Montlaurent il faut montrer patte blanche. Première rencontre, Papa Chardonnet et sa moitié, il m’aurait presque embrassé ! Ensuite Liévin, Montlaurent avec qui je cause de son litige avec l’autorité militaire pour des sous qui veut faire passer sous ses fourches caudines. Je remonte vers Taissy, Madame Pageot, Virothier (à vérifier) chez qui j’entre. Toulet qui s’est jeté à mon cou en me disant : « vous êtes un brave, j’ai fait comme vous et je n’ai pas décollé ! » Là dans son jardin à la route de Cormontreuil vers Taissy j’ai remarqué la route bordée côté Boche d’une haie de sapins pour dissimuler les troupes en voitures. La route nationale de Reims à Châlons de même. Le Mont Ferré transformé en labyrinthe. Revenu sur mes pas rencontre Paul Quentin qui m’annonce la mort de sa mère et me force à entrer chez lui en me disant toute son admiration sur mon courage. Ensuite Méhaut-Dupont, père, qui a toutes fins voulait me faire boire un demi de Champagne. Enfin Blondel, un courageux avec Liévin, Toulet, Quentin qui sont restés quand même, avec Lagalle, Toulet faisant fonction de maire, garde-champêtre, notaire, de même avec Blondel. Tandis que le maire, le compère…  Foulon !!…  (La voix du peuple !! que c’est vieux ! qui a failli être maire de Reims, député !!…) (Charles Foulon, journaliste, sera Maire de Cormontreuil de 1919 jusqu’à sa mort en 1939).Potaufeux, le vieux juif, tout ce monde là a fui. Les Purs ! Quoi !!!

Entré dans notre ancienne propriété de Cormontreuil ! Quel abandon ! Rien d’entretenu. La maison n’a rien mais la troupe s’est chargée de la…  salir !! Ce désastre, cette saleté, le manque d’entretien m’a serré le cœur et…  je me suis enfui ! Nous y avions passé de si bons moments avec nos petits. (Passage rayé).

En rentrant à Reims, rue de Venise, je suis arrêté par Madame Loth, ma jolie cliente, qui m’apprend que M. Langlet notre maire venait d’apporter à sa femme le communiqué de ce soir qui était bon, très bon parait-il. Nous aurions gagné 4 kilomètres de tranchées en profondeur sur 25 kilomètres en largeur entre Aubérive et Souain, et fait 12 000 prisonniers. Du côté d’Arras succès aussi et des prisonniers. Est-ce qu’enfin le Colosse Allemand aux pieds d’argile commencerait à s’effriter, se désagréger ? Nous aurions enfin touché, trouvé la fissure…  finale ! J’ai peur d’y croire en y songeant. Et cependant si c’était vrai ! ce serait la délivrance. J’ai peur !! Ce serait trop beau, nous avons, j’ai tant souffert depuis le premier 1er septembre 1914 !!! Que cette joie…  me fait peur !! Mon Dieu ! Mon Dieu !! Enfin délivré, revoir ici les miens…  ne plus les quitter…  j’ai peur !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Le communiqué en date du 25 septembre – 7 h, signale, entre autres choses, ceci :

Sur le front de l’Aisne, en Champagne, très violent bom­bardement réciproque.

Nous avons entendu cela en effet, vendredi 24 ; c’était positi­vement effrayant.

  • Sur le soir, nous apprenons l’avance résultant de l’offen­sive prise en Champagne, d’Auberive à Ville-sur-Tourbe ; on dit qu’il aurait été fait 12 000 prisonniers allemands.
Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 26 – Nuit tranquille, sauf quelques coups de canons français par intervalles. On affiche à la Mairie que la lère ligne de tranchées enne­mies a été prise sur tout le Front. Canons, aéroplanes à 5 h. Trois à la fois, les canons tirent dessus. Il y avait deux Français ; peut-être l’étaient-ils tous.

La Mairie recommande de laisser les corridors et portes ouvertes aux passants, en cas de bombardement, comme refuges.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 26 septembre

Nos batteries ont coopéré avec la flotte anglaise au bombardement des positions allemandes de Westende et de Middelkerke.
Les troupes britanniques ont attaqué avec succès les positions ennemies à l’ouest de Loos et d’Hulluch.
Opérant en liaison avec l’armée anglaise, nous avons prononcé une attaque énergique au nord d’Arras et pris pied sur plusieurs points des lignes ennemies.
Combat à coups de torpilles et de bombes entre Somme et Aisne. Nous faisons exploser un dépôt de munitions ennemies.
En Champagne, après avoir bombardé les tranchées, abris, blockhaus et batteries ennemis, nous avons donné assaut aux lignes allemandes, entre Suippes et Aisne. Les premières positions ennemies ont été occupées sur la presque totalité du front d’attaque.
Canonnade en Woëvre, en Lorraine et dans les Vosges. Nos avions ont bombardé la gare des Sablons, à Metz.
Les Russes ont repris la forteresse de Loutsk (Volhynie), après une série de brillants combats, où ils ont fait 5000 prisonniers. Ils ont été aussi victorieux sur la Chara, au nord de Pinsk.
Le bruit de la mobilisation roumaine a couru sans être toutefois confirmé. Les gouvernements de la Quadruple Entente délibèrent au sujet de l’action à entreprendre pour prémunir la Serbie contre une agres
sion bulgare.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


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Samedi 25 septembre 1915

Louis Guédet

Samedi 25 septembre 1915

378ème et 376ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  La nuit a été fort calme, sauf quantité de voitures et d’équipages qui n’ont cessé de rouler jusqu’à minuit. Il a plu presque toute la nuit, aussi la matinée est-elle maussade. Je suis fort las ce matin. Je dois aller à la Caisse d’Épargne de 9h à 11h comme administrateur, il y a toujours du monde, du reste elle n’est ouverte que les mercredis et samedis. Et, chose curieuse, on recommence à refaire des versements d’argent. L’idée d’épargne en France est bien tenace !

Ce matin en rêvassant je me demandais pourquoi enfin j’étais resté et je restais loin de tous ceux que j’aime à vivre ainsi seul, seul depuis plus d’un an, et le mot Devoir ! me revenait à chaque question  Oui, on ne connait, on ne sait pas la force de cette demi-douzaine de lettres : Devoir !…

Il est quelque fois, pour ne pas dire souvent, trop souvent bien dur à mettre en pratique, à exécution…  Et parfois aussi il est bien long, trop long à accomplir, comme pour moi en ce moment. On dit que la satisfaction du devoir accompli ne se paie jamais assez cher, soit ! mais il faudrait qu’il y ait la récompense quand ce ne serait que le repos, le calme, la tranquillité, le bonheur et l’absence de tout souci…  après le Devoir accompli ! Et je n’aurais jamais cela. Je ne suis que ce que je suis. Et peut-être encore et au contraire serai-je bafoué, honni, méprisé, écrasé, repoussé de tous, attaqué, injurié, comme déjà,…  C’est beau le Devoir,…  le Devoir accompli…  mais aussi c’est bien dur…  parfois…  surtout quand on n’en n’est même pas récompensé…  et que l’avenir ne s’éclaircit pas pour vous…  au contraire !!…  quelle vie misérable ! Quel martyre… !  oh ! en récompense de ce Devoir accompli depuis plus d’un an ! Un peu de bonheur, de paix, de chance, de jouissance de ceux qu’on aime, de leur bonheur, de les voir heureux, d’une vie facile…  ce serait si bon !…  si bon !…  quand ce ne serait que pour eux !…  La Providence m’accordera-t-elle cela ?…  Que sais-je ??… !!…

9h1/2 soir  Ce matin vu M. Albert Benoist pour lui remettre un pli fermé de Mme Cabanis, cliente de Jolivet, décédée. Il est très mécontent contre le Général Franchet d’Espèrey, commandant la 5ème Armée, par suite de l’autorité militaire qui lui a refusé hier son laissez-passer pour leur secrétaire de la Chambre de Commerce, qui ainsi n’a pu aller à Épernay pour assister à la réunion des Chambres de Commerce de la Marne, je crois. M. Benoist me disait que l’autorité militaire faisait tout ce qu’elle pouvait pour être désagréable. J’en sais aussi quelque chose. Il a fait constater ce refus dans le procès-verbal de la séance d’hier en disant que c’était le général Franchet d’Espèrey lui-même qui avait refusé…  M. Benoist ajoutait : « On reparlera de cela après que Reims sera dégagé ! » mais, ajoutait-il, je crains bien qu’après la guerre il y ait une forte réaction contre le militarisme idiot, mesquin, lâche que nous subissons ! nous sommes sous la Botte !! »

De là j’ai été à la Caisse d’Épargne présider le service des remboursements et des encaissements. Les bombes se mirent à siffler vers 9h3/4, alors toute la clientèle a filée, par suite peu d’opérations. Ai quitté ces braves employés, Baudoin, contrôleur, Grandsart, commis…

(Il faut descendre à la cave, il est 9h35, à 9h3/4 plus rien, je remonte…  je continue donc…) et Bonnet…  vers 12h pour aller déjeuner aux avec M. Lorin, Mlles Chalonnat, Claire, Lemoine, M.M. Curt et Bourelle. Causé de choses et d’autres mais tous sont fatigués de ce bombardement intermittent.

Rentré à la maison à 7h. Les bombes resifflent de plus belle, première descente à la cuisine seulement. Et enfin 2 descentes à la cave, d’où je remonte. Le canon tonne au loin, à droite et à gauche de Reims. Quand tout cela finira-t-il ?

6h soir  Calme relatif depuis tout à l’heure, quelques coups de canon, quelques gros obus. Triste journée, bien pénible à tous points de vue ! Journée de souffrance. Et puis on n’est plus guère résistant. Pas de nouvelles, on est comme dans un cachot sans lumière, sans rien. Est-ce que cette misérable vie que nous trainons ainsi va durer encore longtemps ? Je n’en puis plus. Et de plus pas un encouragement, un mot de Pitié, d’affection, rien.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Bombardement serré qui commence dans la matinée, à 9 h 1/4.

Dans le courant de l’après-midi, quelques minutes après 15 heures, nous causions, à la « comptabilité », où se trouvaient avec MM. Cullier, Vivogne, Joly, Guérin et Hess, du bureau, MM. Landat, chef du 2e bureau du secrétariat et Lamotte fils, de la recette muni­cipale. Ces derniers s’entretenaient debout et nous suivions, de nos places, le sujet de leur conversation ; il s’agissait, pour eux, de situer exactement l’emplacement de la ferme Prévôt-Demolin où, d’après les derniers « tuyaux », une nouvelle pièce d’artillerie de fort calibre, venait d’être placée.

À ce moment, une explosion formidable, produite par les éclatements simultanés de quatre obus, tombés en rafale sur l’hôtel de ville et alentour, nous immobilise subitement dans la frayeur. Les détonations effroyables, en se confondant et se prolongeant, ne nous ont pas permis de bouger ; nous nous sommes seulement courbés ou accroupis lestement.

Le premier instant de stupeur, d’effarement passé, nous nous regardons quelque peu hébétés, surpris presque de nous retrouver tous indemnes. La cour est remplie de fumée. De petits éclats sont entrés dans notre bureau par une de ses fenêtres, et, ricochant derrière M. Cullier, sont venus atteindre l’œil-de-bœuf accroché à droite, au-dessus de mon pupitre attenant à la cloison ; des mor­ceaux me sont tombés sur le bras et c’est à cela que se réduisent les dommages : un verre et un cadran cassés.

Il eût pu en être tout autrement.

Nous quittons le bureau afin d’aller rejoindre, dans la grande salle, des collègues qui ne sont pas descendus dans les sous-sols, où d’autres préfèrent se réfugier en pareil cas. On cause, mainte­nant que le danger est passé, on fume en échangeant ses impres­sions ; la consternation se lit malgré cela sur bien des visages. Tous s’accordent à reconnaître que ces bombardements tout-à-fait im­prévus — que nous subissons depuis quelque temps — sont ex­cessivement dangereux et déprimants, dans leur intermittence.

Le maire, M. le Dr Langlet et quelques conseillers municipaux viennent également se grouper là et on se rend compte alors que deux projectiles ont fait explosion sur la mairie, l’un après avoir traversé la toiture du bâtiment principal, derrière le beffroi, l’autre dans la cour ; un troisième a éclaté sur le trottoir, devant les salons de la rue de la Grosse-Ecritoire et le quatrième, sur le haut de la Caisse d’Épargne. Heureusement, il n’y a peu eu de victimes.

— A partir de 21 h 1/4, une pièce de très gros calibre, dont les détonations surpassent encore, en vacarme, celles de la grosse Julie, s’est mise à tonner de temps en temps, la nuit, et a réveillé chaque fois toute la ville en sursaut.

C’est certainement de celle-là qu’il était question cet après- midi, au bureau, lorsque la conversation du camarade qui nous parlait de son installation a été violemment coupée, tandis que nous tous qui l’écoutions avons été, comme lui, si rudement se­coués.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 25 – Nuit tranquille à la cave. 9 h. matin, bombes sur la ville. Bombardement violent pendant environ 1 h. Vers 9 h, bombes. À 10 h, un soldat tué devant « L’Éclaireur de l’Est ». À 8 h. du matin fait Chemin de Croix à la Cathédrale, remis d’hier à cause du bombardement. Le Front allemand est enfoncé (Courrier du 27 septembre) sur 25 kilomètres de Front, et de 1 à 4 kilomètres de profondeur.

C’est la lère Bataille de Champagne(1). Reçu envoi de 100 petits paquets du Soldat. Lettres de remerciement (Recueil, p. 69 et 79).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) En réalité c’est la seconde bataille de Champagne (après celle de mars) qui se déclenche le 25 septembre et enfonce effectivment la première position allemande


Juliette Breyer

Samedi 25 Septembre 1915. Cette fois-ci je crois que ça va être le grand coup. Nos canons n’arrêtent pas de tirer mais malheureusement les boches répondent sur la ville. Ils y allument encore des incendies et font beaucoup de victimes. Si tu voyais Pommery, c’est une vraie forteresse. Dans les tunnels près de nous ils ont établi un poste de commandement, un observatoire et un poste de secours. Comme l’électricité ne marchait plus, ils l’ont rétablie et en outre ils ont percé les murs des caves pour entrer librement chez Ruinart et chez Roederer. Quand la bataille va commencer et que l’ouragan de feu se déchaînera je crois que les caves auront leur part. Enfin nous sommes à l’abri.

Ton coco n’a pas l’air de se douter de l’instant tragique que nous vivons. Il s’intéresse à tout. Il sait distinguer quand ce sont les boches qui bombardent ou quand ce sont les nôtres. Pauvres tout petits, ils auront passé une dure année.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


assautE

L’ennemi a bombardé nos tranchées près de Boesinghe. Nous avons riposté. Grande activité d’artillerie en Artois. Nous provoquons l’explosion d’un dépôt de munitions près de Thélus. Entre Somme et Oise (Canny-sur-Matz, Beuvraignes), nous canonnons les positions ennemies, en détruisant des abris de mitrailleuses. Violent bombardement réciproque sur le front de l’Aisne et en Champagne. Entre Meuse et Moselle, nous atteignons des rassemblements ennemis à Nonsard et à Pannes.
En Lorraine, nous endommageons des organisations allemandes sur le Remabois et la Vezouse, ainsi que dans les Vosges (Linge et Braunkopf).
Les Russes ont accentué leurs progrès en Volhynie et en Galicie. Au nord-ouest de Doubno, ils ont fait 1400 prisonniers; ils ont sabré de gros effectifs autrichiens sur le Dniester.
La Bulgarie a officiellement mobilisé vingt-huit classes et envoyé quatre divisions à la frontière serbe. La Grèce a riposté en mobilisant vingt-quatre classes, outre les quatre qui sont sous les drapeaux. On estime que la Roumanie ne se désinteressera pas de cette nouvelle guerre, si elle éclate. Les Serbes ont pris des mesures pour défendre leur frontière.
Un croiseur allemand aurait été torpillé dans les eaux danoises; le croiseur turc Hamidich a été mis hors de combat, en mer Noire, par des torpilleurs russes.
Deux taubes ont essayé vainement d’opérer au-dessus d’A
bbeville.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 24 septembre 1915

Louis Guédet

Vendredi 24 septembre 1915

377ème et 375ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 matin  Nuit calme, après…  l’orage d’hier. De la canonnade au loin, vers le camp de Châlons, c’est tout. Ce matin silence absolu. On croirait rêver, après les bourrasques comme celles d’hier. La ville entière a été arrosée, on signale par les obus des dégâts dans tous les quartiers de la ville. Recommenceront-ils aujourd’hui. Je vais à mon audience de conciliation à 9h1/2, ce ne sera pas long je crois.

11h matin  Mon audience a été terminée en 1h. Causé avec Porquet, syndic des faillites, et mon greffier en Paix Landréat, qui m’est bien précieux, très actif, très intelligent, il m’est d’un grand secours et me simplifie beaucoup ma besogne en me soulageant de tout le travail matériel. Heureusement que je l’ai, sans cela je ne pourrais y suffire. Nous avons causé des événements, du bombardement d’hier soir qui a fait des victimes et des dégâts. Toute la Ville a été arrosée. Pourvu qu’ils ne recommencent pas ce soir ou cette nuit, car le canon tonne furieusement en ce moment où j’inscris ces lignes, du côté du camp de Châlons, Souain, c’est un roulement continu. Gare ce soir s’ils ont reçu une pile, car pour se venger c’est notre pauvre ville qui écope un bombardement chaque fois. Hier ils ont eu une formidable raclée de la manière dont ils nous ont arrangés !! Enfin attendons, mais cette attente est bien pénible. Serons-nous dégagés ?? Voilà la question que l’on se pose à chaque instant. Repasser un hiver comme le dernier, ce serait bien dur, trop cruel. Y résisterions-nous ? Je ne sais. Car sans qu’on s’en doute les forces diminuent et on s’affaiblit de plus en plus quand même.

6h du soir  A 4h1/2 les obus commencent à siffler, il faut descendre à la cave, il en est tombé un peu partout mais peu dans nos environs. Ils tombaient à mon sens plutôt rues Chanzy et Gambetta, ils ne venaient pas jusqu’à nous car on n’entendait pas siffler, du reste il n’y a rien dans la rue.

Le toutou qui est à la maison entend les obus très bien et de loin, on voit ses oreilles suivre la trajectoire, c’est curieux, on pourrait presque dire ou elles tombent. Ce petit chien est très peureux et dès qu’il entend un obus siffler il file à la porte de la cave et pleure tant qu’on ne la lui ouvre pas. Il est toujours le premier descendu. Allons-nous être tranquilles cette nuit. Et demain aurons-nous semblable séance ?…  à la même heure ? on ne peut faire de projets et on ne peut rien faire de suivi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Bombardement et canonnade épouvantable, l’après-midi.

La sérénade infernale commence vers 15 heures, par les dé­parts, espacés d’environ huit à dix minutes, de la grosse pièce entendue hier pour la première fois ; elle se continue ensuite, à partir de 16 h, d’une façon ininterrompue jusqu’à 17 h 1/2.

  • Ce jour, paraît-il, ordre aurait été lu aux troupes, de l’of­fensive générale sur le front.
Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Vendredi 24 – Nuit tranquille pour Reims. Très violent bombardement sur la ville. 3 soldats tués aux caves Champion : en tout, cinq personnes tuées sur le coup, la 6ème, blessée, est morte le dimanche 26, raconte Elvire capitaine des pompiers. De 3 1/2 à 5 h. 1/2, les Allemands visaient les batteries ; réception des petits paquets du Soldat, envoyés par M. Cottard- Josserand. Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Vendredi 24 septembre

La lutte d’artillerie se poursuit en Artois et spécialement autour de Souchez et de Neuville. Les Allemands ont jeté sur Arras et les environs des obus incendiaires qui ont allumé des foyers rapidement éteints. Lutte de bombes et de grenades à Quennevières. Canonnade réciproque en Champagne, à la lisière de l’Argonne.
Tir efficace de nos batteries entre Meuse et Moselle; lutte de bombes et de torpilles en forêt d’Apremont.
En Lorraine, nous bombardons les positions allemandes au nord de Nomény, et près d’Emberménil, de Leintrey, de Gondrexon et de Domèvre.
Un dirigeable français a bombardé plusieurs gares pour paralyser des mouvements de troupes ennemies. Nos avions ont opéré au-dessus des gares d’Offenbourg, de Conflans et de Vouziers, au-dessus des cantonnements de Langemark et de Middelkerke.
Les Russes ont pris une vigoureuse offensive dans la région au nord-ouest de Minsk et capturé des groupes ennemis, tandis que d’âpres combats se déroulent près de Dwinsk.
Les Italiens ont progressé dans plusieurs vallées alpines.
En réponse aux préparatifs qu’on signale en Bulgarie, la Grèce prend des mesures de défense.
Le congrès libéral de Moscou (assemblées provinciales et municipales) a décidé d’envoyer des délé
gués au tsar.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 23 septembre 1915

Louis Guédet

Jeudi 23 septembre 1915

376ème et 374ème jours de bataille et de bombardement

6h1/4 soir  La nuit du canon, un de nos dirigeables survole Reims vers minuit. Calme toute la journée jusqu’à 4h. J’étais allé voir le Procureur de la République pour lui remettre ses bons de versements d’or à la Banque de France, de là j’avais poussé jusqu’aux Palais quand en redescendant la rue du Cadran St Pierre j’entendis des bombes siffler. Je m’arrêtais chez Ravaud, le pharmacien, il était 4h1/4. J’y restai 1/4 d’heure puis je repris la rue de l’Étape, la place Drouet d’Erlon, la rue St Jacques, la rue des Capucins quand, après avoir traversé la rue Libergier, en face de mon ancienne maison 37, rue Libergier, j’entends des bombes resiffler assez près. Melle Payard (à vérifier) était sur la porte de chez Morgen au 29, elle me crie d’entrer et là je descendis avec elle dans la cave de Morgen, cave sèche et sûre. J’y restais jusqu’à 5h20. Le bombardement qui visait ce quartier-là ayant cessé. Je rentrai rapidement chez moi 52, rue des Capucins où je trouvais tout le monde à la cave. C’était fini et nous remontons. Que ces séances sont fatigantes, énervantes !!

Que sera cette nuit, pourvu qu’elle soit tranquille, quelle triste vie, misérable et en être à demander, à désirer une nuit de tranquillité, de repos et dire que voila 1 an que cela dure. Quel martyre !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Bombardement à plusieurs reprises, dans le courant de la journée.

Après-midi, séance très sérieuse, commencée à 16 h 1/2 et qui dure jusqu’à 17 h 1/4. Deux hommes qui s’étaient réfugiés à ce moment sous la porte de la cour du Chapitre, rue Carnot, afin de s’abriter comme ils pouvaient, sont tués par les éclats d’un projec­tile tombé derrière l’immeuble de la Société Générale.

  • Lorsque je rentre du bureau, le soir, je m’aperçois qu’une maison de la place Amélie-Doublié a été touchée par deux obus.
  • Une pièce marine, qu’on dit être de 305 et baptisée la grosse Julie, bombarde ce jour la gare de Bazancourt. Ses départs produisent des déplacements d’air tellement puissants, que le pa­pier huilé des fenêtres de notre bureau de la « comptabilité », à l’hôtel de ville, nous semble bien près de céder au souffle qui le fait vibrer fortement à chaque coup, — et cette pièce est installée à Courcelles.
<>-Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Jeudi 23 – Nuit tranquille. Vers minuit, bombes nombreuses. Matin : aéroplanes allemands et français. Après-midi : ballon captif, aéroplanes.

1 h. 1/2, bombes sifflent. 2 hommes tués, cour Chapitre ; ailleurs aussi et des victimes. Visite du R. Père Dargent.

Caviars dans mon allocution de dimanche. Bombardement, nous des­cendons à la cave. Église Saint-Jacques, trois obus. Trait de la messe de M. Blain : 1er obus vers l’Offertoire, milieu de l’église : il continue la messe à laquelle assistent 7 ou 8 personnes blotties derrière les pilastres et qui ne bougent. 2eme, vers l’Elévation : tous tiennent bon ; 3ème à Fax Domini. Tout le monde resté ferme. M. Blain se communie et communie les assistantes : celles-ci ayant ce qu’elles voulaient, se retirent ; et lui rentre à la sacristie. Admirable !

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Jeudi 23 Septembre 1915. Un an aujourd’hui que tu as été blessé et que ta destinée a changé. Un an que je pleure sans cesse et que je désespère chaque jour. Sur les journaux il y a encore des convois de grands blessés qui reviennent. Si je pouvais avoir la joie que tu sois dedans ! Je me fais l’idée que j’aurai peut-être une lettre demain. Je serais capable d’en venir folle de joie. Car si tu me voyais… Je maigris de jour en jour et je crois que j’aurai bientôt des cheveux gris. Je me sens descendre tous les jours et je ne peux pas remonter.

Tu serais si heureux de voir tes deux petits. Ta fillette dit maman maintenant. Pauvre crotte, elle est rieuse et André en est fou. « Ma tite sœur Blanche » dit-il et il se met en colère quand je lui dis qu’on l’appellera Charlotte.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Jeudi 23 septembre

Canonnade à Boesinghe en Belgique. Grande activité d’artillerie, avec vives fusillades, au nord et au sud d’Arras, ainsi qu’entre Somme et Oise.
Bombardement violent, au nord de l’Aisne, dans la région de Ville-aux-Bois, où nous avons contraint l’ennemi à nous céder un poste fortifié.
Canonnade réciproque en Champagne. Nous détruisons une patrouille ennemie.
Action d’artillerie intense en Argonne, sur la lisière occidentale, et dans la région de la Haute-Chevauchée.
Sur les Hauts-de-Meuse, au nord-ouest du Bouchet, nos batteries ont provoqué une explosion dans les lignes ennemies. Canonnade en forêt d’Apremont, en Lorraine et dans les Vosges.
A titre de représailles, nos avions ont été bombarder Stuttgart, jetant une trentaine d’obus sur le palais royal et sur la gare. Ils ont pu revenir indemnes dans nos lignes.
Huit autres avions ont opéré au-dessus de la gare de Conflans, entre Verdun et Metz.
Les combats entre Allemands et Russes se poursuivent avec violence autour de Dwinsk. Nos alliés ont fait encore 2000 prisonniers de plus en Volhynie et en Galicie.
La négociation de l’emprunt franco-anglais, à New-York, paraît ê
tre en excellente voie.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 22 septembre 1915

Louis Guédet

Mercredi 22 septembre 1915

375ème et 373ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Canon toute la nuit, quelques obus, journée magnifique, canonnade la matinée, après-midi calme. Été de service à la Caisse d’Épargne et présidé la commission d’allocations militaires. Après-midi fait quelques courses, notamment une avec le Docteur Langlet au Crédit Lyonnais pour s’entendre sur le retrait des valeurs du Docteur Lévêque, son beau-frère.

On ne voit pas un soldat, toutes les troupes sont consignées. Est-ce pour cette nuit ? Cette attente est bien énervante ! Madeleine m’écrit que c’est bien décidé, et que le mouvement en avant doit se déclencher de suite. Reims en subira-t-il le contrecoup ? si cela pouvait être non !! Mais quelle angoisse !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

À 8 heures, enterrement de notre oncle Simon à l’église Saint- Remi. J’ai naturellement à représenter la famille, tous ses autres membres étant hors de Reims.

Quelques dames amies accompagnent ma sœur et de vieux pensionnaires de la maison de retraite sont présents à la levée du corps, qui se fait dans d’assez tristes conditions, car, à l’instant où le cercueil va être placé sur le corbillard, entré dans la cour de l’hôpital civil, nos pièces du quartier se mettent à tirer furieusement sur un aviatik tout proche, qui vient de faire des signaux. Aussi le prêtre, les enfants de chœur, le chantre, le cocher et l’assistance, à moitié rassurés, sont-ils occupés surtout à regarder en l’air et à surveiller l’oiseau de mauvais augure circulant là, au-dessus, tandis que sa chasse continue par les batteries.

La cérémonie terminée et un quart d’heure à peine après le départ du cimetière, où personne ne s’est attardé, une trentaine d’obus tombent en rafales de trois et quatre sur le quartier Dieu- Lumière et vers l’église Saint-Remi.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Mercredi 22 – Nuit assez tranquille pour la ville, sauf quelques coups de canons français et quelques bombes allemandes que l’on entend siffler vers 2 h. Elles sont tombées au Théâtre et près de l’Imprimerie Jeanne d’Arc. (Anniversaire de mon voyage nocturne (21-22 septembre 1914) pour ren­trer à Reims. Arrivée à Villedommange à 1 h. 1/2 après minuit). Matinée : 2 aéroplanes français et allemand se poursuivant en canonnant. Ballon cap­tif, attaché – dit-on – à Cormontreuil. Violent combat d’artillerie au loin, qu’on entend très distinctement.

Visite, avec Mgr Neveux, à la Chapelle rue de Venise ; une bombe est tombée un samedi à 5 h. du matin, il y a 15 jours. Pendant que nous y sommes, bombes abondantes : nous descendons à la cave.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 22 septembre

Actions d’artillerie très vive en Artois (Cabaret-Rouge, Brétencourt). Arras est à nouveau bombardée. Lutte d’engins de tranchées entre Roye et Oise. Des contre-attaques allemandes sont repoussées près de Sapigneul, sur le canal de la Marne à l’Aisne. En Champagne, les Allemands nous bombardent avec des projectiles lacrymogènes : nous ripostons efficacement.
Actions d’artillerie en Lorraine, où nous prenons à partie les ouvrages allemands de Leintrey et d’Halloville. Nous avons repéré des travaux préparés pour l’installation de pièces lourdes à longue portée susceptibles d’atteindre les régions de Nancy et de Lunéville. Nos tirs de destruction ont prévenu ces tentatives. Lutte d’artillerie au Ban-de-Sapt.
Dix-neuf de nos avions bombardent la gare de Bensdorf, près de Morhange. Cent obus ont été lancés, atteignant les bâtiments et les trains stationnés.
La cavalerie russe a capturé de nombreux prisonniers autrichiens en Volhynie. D’autre part, le général Rousski a pu retirer ses troupes à temps de la région de Wilna, où l’avance de Hindenburg semble se poursuivre quoique avec une lenteur relative.
M. mac Kenna expose à Westminster le budget anglais de 1915-16, qui se montera à 40 mil
liards.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 21 Septembre 1915

Louis Guédet

Mardi 21 septembre 1915

374ème et 372ème jours de bataille et de bombardement

10h1/2 matin  Nuit relativement calme. Du canon tout le temps. Matinée calme, temps magnifique. Entendu tout à l’heure 2 obus siffler et éclater vers la rue du Barbâtre. C’est tout ? Ai été faire une course boulevard de la République pour voir mon greffier Landréat pour hâter la mise en cave des archives des greffes des 2/4èmes cantons de Reims. Le Procureur de la République me le demandant d’urgence, ce que j’ai fait. Le brave Landréat avait oublié je crois. Heureusement que je l’ai et je vais le conserver, ayant été définitivement réformé samedi à Châlons. Il m’est bien précieux et m’est d’un grand secours dans mes fonctions de justice de Paix.

Nous sommes toujours l’attente de la grande offensive. La ville est morne et on sent que tout le monde s’énerve de cette attente pénible. On est à peu près comme des condamnés à mort se demandant quand et comment ils seront exécutés. Nous serons passés par toutes les phases d’angoisses morales. Rien ne nous aura été épargné.

3h1/2 soir  M. le Procureur de la République vient de m’appeler pour me donner connaissance d’une lettre confidentielle qui lui est adressée par M. le sous-préfet Régnier où il le prévient confidentiellement qu’il s’est mis d’accord avec le général commandant d’armée pour qu’un train soit mis à la disposition des corps constitués et des services judiciaires pour qu’ils puissent quitter Reims, en cas de repliement éventuel de nos troupes, cas que le sous-préfet ne prévoit pas du reste. Et M. Bossu me demandait si j’avais l’intention de quitter Reims dans ce cas. J’ai répondu que non, mais qu’à tout hasard il me fasse prévenir quand même. A la Grâce de Dieu et je souhaite que ce ne soit qu’une simple crainte. En tout cas cela me laisse bien perplexe, mais je ne puis cependant quitter les braves gens qui sont ici à la maison. Quelles angoisses encore à passer ! Et ma pauvre femme, mes pauvres enfants, mon pauvre Père. Que Dieu ait pitié d’eux et de moi. Qu’il nous protège ! Mais aurais-je la force de résister encore à cette épreuve, à cette bourrasque. Après plus d’un an de souffrance les forces diminuent, que Dieu nous donne le succès rapide et surtout sans dommage pour notre pauvre ville et pour nous, que les allemands soient définitivement chassés des environs de Reims. Ayez pitié de ma femme, de nos enfants, de mon Père. Mon Dieu. Et protégez-moi, que nous n’ayons rien à souffrir de la grande bataille qui doit se déclencher d’ici au 29 septembre. M. Bossu m’a dit que cela devait avoir lieu d’ici au 29 septembre 1915.

8h3/4 soir  Je suis décidé à Rester. J’ai réfléchi. Je ne puis laisser mes 3 pauvres gardiens seuls et livrés à eux-mêmes, et puis je me dois aussi à celle qui me donne l’hospitalité, à mon pauvre et cher Maurice, à ses enfants. Je suis leur gardien, et si je ne puis protéger leur maison je n’aurai rempli ma mission. J’aurai fait mon Devoir. Que ma femme, nos enfants, mon Père me pardonnent de me risquer ainsi, mais je ne puis faire et agir autrement. Dieu j’espère nous protégera et fera que tous nous sortirons sains et saufs de la tourmente et la maison d’ici et nos ruines de la rue de Talleyrand…  avec ce qui y reste et ce qui est chez Martinet. Et puis les allemands ne peuvent maîtriser Reims. Dieu ne peut le permettre. J’écrirai donc dans ce sens au Procureur de la République.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Canonnade toute la journée. À 17 heures, arrivées d’obus.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 21 – Anniversaire de mon voyage de rentrée à Reims. Nuit tran­quille en ville ; mais violente canonnade au loin toute la nuit. En ville, quelques gros coups de temps en temps. Violente canonnade hors la ville, au loin. Violente canonnade française vers 4-5 h. A 5 h., les Allemands répondent par quelques bombes que l’on entend siffler.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mardi 21 Septembre 1915. Aujourd’hui un an, mon Charles, que tu nous as écrit ta dernière lettre, le jour des 17 mois de notre coco. Tu pensais à nous, tu étais peut-être triste et deux jours après tu devais être sans connaissance. Et depuis rien …

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Mardi 21 septembre

Grande activité sur l’ensemble du front. En Artois, nos batteries ont exécuté des tirs nourris sur les organisations allemandes. L’ennemi a riposté en bombardant les faubourgs d’Arras avec des obus de gros calibre.
Guerre de mines entre Fay et Dompierre, au sud-ouest de Péronne. Lutte de bombes autour de Roye. Tir utile de nos batteries en Champagne; l’ennemi, de son côté, bombarde nos cantonnements. Au nord de Perthes, un dépot de munitions a fait explosion dans ses lignes.
Entre Aisne et Argonne, la canonnade s’est ralentie. En Argonne orientale, à la cote 285, l’ennemi a fait sauter une mine à proximité de nos tranchées.
En Woevre et en Lorraine, nous avons pu contrôler les résultats de notre tir. Une colonne d’infanterie allemande et son train ont été dispersés au pied des côtes de Meuse. Les ouvrages ennemis ont été gravement endommagés dans la région de Calonne et près de Flirey. Notre artillerie a atteint la gare de Thiaucourt et a détruit, d’autre part, un morceau de la ligne Metz-Château-Salins.
Les journaux anglais annoncent la prise de Wilna par les Allemands, mais l’armée russe, dans le secteur sud du front oriental, poursuit ses succés.
Les Italiens ont réussi à occuper un bois important sur le Carso.
L’opposition bulgare réclame la convocation de la Cha
mbre.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


 

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Lundi 20 septembre 1915

Louis Guédet

Lundi 20 septembre 1915

373ème et 371ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  La nuit a été calme et la journée. Voilà le canon seulement qui tonne un peu. Les aéroplanes ronflent par cette journée d’automne ensoleillée splendide. Est-ce pour cette nuit ? Est-ce pour demain ? Voilà les questions que chacun se pose avec une certaine angoisse, une certaine appréhension, d’autant plus que notre État-major n’a qu’une demi-confiance en cet effort. Cette attente est toutefois bien pénible. Reçu lettre de Madeleine qui est également fixée sur cette grande attaque et s’en inquiète pour moi. Nous verrons ! Je suis si las que tout cela m’indiffère.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Lorsqu’à 16 heures, je quitte l’Hôtel de Ville pour aller rue Pasteur, assister à la mise en bière de notre pauvre oncle Simon, les obus sifflent fréquemment.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 20 – Nuit tranquille. Couché au sous-sol pour mieux dormir. Donné au Bulletin allocution d’hier. 3 h. 1/2, quelques bombes. Canonnade vio­lente entre les deux armées, de 4 h. à 6 h. Aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 20 septembre

La flotte britannique, en liaison avec notre artillerie lourde de la région de Nieuport, a bombardé les organisations allemandes du littoral belge.
Le tir de l’ennemi a diminué sur le front d’Artois, où notre artillerie continue à bombarder les ouvrages allemands. Canonnade et lutte de bombes près de Roye.
Trois attaques allemandes échouent à Sapigneul (canal de l’Aisne à la Marne). En Champagne, l’ennemi ne riposte que faiblement à notre feu; par contre, il bombarde avec violence la région entre Aisne et Argonne.
Nous avons détruit certaines de ses organisations sur les Hauts-de-Meuse (tranchée de Calonne), en forêt d’Apremont, à Flirey et dans les Vosges. Quatre de ses dépôts de munitions ont explosé.
Nous avons abattu un taube près de Saint-Mihiel.
L’artillerie belge a obtenu des succès près de Knoke.
Les Anglais et les Allemands se bombardent mutuellement près d’Ypres.
La ligne russe tient fortement en Volhynie, où les Autrichiens subissent des échecs répétés. Les Allemands, par contre, redoublent d’efforts dans la région de Dwinsk.
Les communications ont été rétablies, après une suspension de quelques jours, entre la Roumanie et la Hongrie.
M. Lloyd George, dans un discours, a affirmé une fois d
e plus sa certitude de la victoire.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


 

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Dimanche 19 septembre 1915

Louis Guédet

Dimanche 19 septembre 1915

372ème et 370ème jours de bataille et de bombardement

6h matin  Canon toute la nuit et ensuite à 4h le bouquet, nos batteries en face de nous vers les casernes de cavalerie et le Champ de Grève ont canonné furieusement pendant 1/2 heure, avec un intervalle de quelques minutes seulement entre chaque 1/4 d’heure, c’était à ne pas s’entendre, il fallait crier pour s’entendre causer. A toute éventualité nous nous sommes levés et habillés, mais à 4h3/4 comme tout se taisait nous nous sommes recouchés. Je n’ai pu me rendormir. Les allemands n’ont pas répliqué, mais gare dans la journée ou la nuit prochaine.

6h soir  Déjeuné chez Marcel Heidsieck avec M. Louis de Baillencourt sous-lieutenant au 27ème d’artillerie, à Berry-au-Bac, fils de M. et Mme de Baillencourt, cette dernière sœur de M. Charles Heidsieck, tous deux restés à Douai ! avec leur dernier fils. Peu ou pas de nouvelles d’eux. Ce jeune homme nous disait que cette semaine on essaierait une offensive générale. Que Joffre, Foch, Pétain et de Castelnau auraient préféré ne la tenter qu’au printemps prochain ! Aussi les avis sont fort partagés sur la réussite ou non de cette attaque. Ce serait pour cette semaine, pour ces jours-ci. Il nous a prévenus que nous aurions une musique terrible. Dieu nous protège et nous donne la force de résister à cette épreuve et que ce soit la dernière ! On est si las ! Joffre était bien passé à Reims avant-hier vendredi 17.

Il nous contait les défections, ou plutôt les trahisons du Général Fournier à Maubeuge, s’il avait résisté seulement 3 jours de plus, on se battrait sur la ligne St Quentin, Douai, Hirson et notre région n’aurait jamais vu un allemand. Celle du Camp-des-Romains (près de Saint-Mihiel, dans la Meuse) dont le fort était commandé par un officier d’origine allemande et ayant encore des attaches en Allemagne (en janvier 1920 une commission d’enquête statuera sur le comportement des défenseurs et conclura qu’ils ne méritent aucun blâme ni aucun éloge). Tout cela est fort triste. Il y a eu aussi une défection pour les Hauts de Meuse ! Quitté à 2h1/2, il devait être rentré ce soir, l’ordre de combat était donné pour être prêt à toute éventualité. Rentré chez moi, fini mon courrier à 5h, quelques obus assez proches qui nous ont obligé à descendre à la cave pendant 1/2 heure. Pourvu que la nuit soit calme. Je suis si las, et vraiment on résiste moins bien qu’au début. Et puis un bombardement de nuit est si triste, si pénible. Pourvu que cet effort réussisse et que nous n’en ayons pas à souffrir. Nous avons suffisamment payé notre tribut.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

19 septembre – Démonstration formidable d’artillerie, déclenchée à 4 heures précises ce matin ; elle a duré une demi-heure.

  • Notre malheureux oncle Simon n’a pas survécu aux graves blessures qu’il a reçues le 1er septembre.

On l’avait transporté dernièrement, de l’infirmerie de la mai­son de retraite à l’hôpital civil. Lorsque je m’y suis présenté aujour­d’hui, croyant lui faire visite, comme tous ces jours-ci, dans la salle Hourelle où il occupait le cinquième lit à gauche, et qu’aussitôt la porte ouverte je vis sa place vide, je compris et fus infiniment pei­né. Son corps était déjà installé dans un des bâtiments servant de dépositaire, vers la rue Pasteur et c’est là que je pus passer quel­ques moments auprès du cadavre de ce bon vieillard de 84 ans qui après une existence tranquille, exempte de toute agitation, semblait devoir être assuré d’une mort paisible.

– A 16 h ½, commence un bombardement sérieux

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 19 – Anniversaire de l’Incendie de la Cathédrale. Messe rue du Couchant ; allocution. Nuit 18-19 tranquille jusqu’à 4 h. sauf, de temps en temps, canonnade de gros calibre. Voir revue Remo-Ardennaise.

À 4 h. canonnade simultanée de beaucoup de pièces pendant une demi- heure. On dit qu’elles tiraient de « La Malle (1) » sur Bazancourt Gare. Che­min de Croix avec le Clergé à la Cathédrale à 4 h.

À 5 h. bombes et canonnade violente.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Il s’agit du château de la Malle à Courcelles-Sapicourt et de pièces d’artillerie lourde sur voie ferrée.


 

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Dimanche 19 septembre

Combat d’artillerie en Belgique, près de Lombaertzyde. Nos batteries détruisirent deux observatoires.
En Artois, l’efficacité de nos tirs sur les mitrailleuses et les lance-mines est constatée en plusieurs points.
Près de Roye, lutte de grenades et fusillade accompagnée d’actions d’artillerie.
Au nord de Berry-au-Bac, nous enlevons un petit poste ennemi.
En Champagne, nous avons violemment canonné les bivouacs de nos adversaires.
A Chaillon (nord-est de St-Mihiel), nous avons abattu un ballon captif allemand. Devant St-Mihiel, notre artillerie a coupé le grand pont, un pont de bateaux et trois passerelles. Canonnade dans les Vosges, au Ban-de-Sapt et au Violu.
Le communiqué belge signale un bombardement actif d’Oostkerke à Nieucappelle.
Aux Dardanelles, on ne mentionne qu’une lutte de mines qui s’est terminée à notre avantage.
L’attaque allemande, au front russe, se fait plus pressante vers Dwinsk et Riga. Mais nos alliés accentuent, de leur côté, leur offensive en Volhynie et en Galicie : ils ont capturé quelques centaines d’hommes.
Il est avéré que l’incendie du paquebot Sant’Anna, qui avait 600 passagers à bord, est dû à des menées
criminelles des Allemands.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 18 septembre 1915

Louis Guédet

Samedi 18 septembre 1915

371ème et 369ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Calme général toute la journée, temps magnifique. La nuit dernière, du canon. En ce moment cela tape du côté du faubourg de Laon. Procédé ce matin à une vérification de scellés et à la remise à un nouveau gardien au 86, place Drouet d’Erlon. Fait des courses toute l’après-midi, terminé mon courrier.

Rencontré Maitre Faupin, avoué, très affecté de la mort de son fils à qui il songeait céder sa charge cette année. Albert Benoist toujours aussi souriant, maintenant il attend la Grrrande offensive pour le 15 octobre !! De Charybde en Scylla nous arriverons à l’année prochaine au printemps !! C’est idiot de leurrer ainsi les gens. On dit que le Général Joffre était à Reims hier. Voilà ma journée, monotone, fastidieuse, quand sera-ce la dernière !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 18 – Nuit tranquille sauf canonnade au loin. Matinée calme.

3 h. 3/4, bombes sifflantes. Visite de M. Hennequin (vicaire Sainte-Gene­viève mobilisé service sanitaire). Dans la matinée, visite à l’ambulance de la Haubette. Bon accueil et invitation à retourner, du Médecin-Chef.

Visite au Fourneau économique du Moulin brûlé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lutte de bombes et de grenades entre Angres et Souchez et dans le secteur de Neuville; tirs efficaces de nos batteries sur les ouvrages allemands.
Bombardement réciproque au sud d’Arras. Combat de mousqueterie, de tranchée à tranchée, dans la région de Roye.
Du confluent de la Vesle et de l’Aisne jusqu’au canal de l’Aisne à la Marne, canonnade très vigoureuse. Entre Aisne et Argonne, à la Fontaine-aux-Charmes et aux Courtes-Chausses, nos batteries ont endommagé sur plusieurs points les positions ennemies.
En Woëvre et sur le front de Lorraine, notre artillerie a également exécuté des tirs efficaces.
Les Allemands ont bombardé dans les Vosges, l’Hilsenfirst et la cote 425, au sud de Steinbach.
Nous avons opéré un tir de destruction sur l’usine électrique de Turckheim.
Les troupes de Hindenburg, au front oriental, ont réussi, au nord-est de Wilna, à franchir la Wilia. Elles ont abouti aussi à repousser nos alliés dans la région de Pinsk, mais les Russes ont brisé toutes les contre-attaques près de Derajno et dans le secteur de Galicie, où ils ont encore fait quelques centaines de prisonniers. Sur la Strypa, les combats se poursuivent, très violents. Les journaux de Berlin reconnaissent d’ailleurs la retraite des Austro-allemands dans cette région.
Les alpins italiens ont recueilli quelques succès dans les montagnes de Carnie, à de haut
es altitudes.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


 

Des témoignages de Poilus marnais sur le site de l’ ARAC de la Marne

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Vendredi 17 septembre 1915

Louis Guédet

Vendredi 17 septembre 1915

370ème et 368ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Nuit calme, journée calme, température lourde et orageuse. Ce matin audience de justice de Paix, conseil de famille des enfants de mon pauvre ami Mareschal, conciliation, etc…  jusqu’à 11h3/4. Eu à déjeuner Marcel Heidsieck, causé longuement. Terminé mon après-midi à faire mon courrier. Voilà ma journée. Pas de nouvelles de ma femme. J’espère en avoir demain. Peu de canon au lointain, on « ragote » toujours sur la marche en avant qui, comme Marlborough, ne vient jamais. Je crains bien que nous n’en ayons encore pour l’hiver et le printemps prochain. Ce n’est guère encourageant.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

17 septembre – Fait un tour en ville, de 13 h à 14 h et rencontré en tout et pour tout deux personnes ; les rues sont désertes, les magasins fermés. Il y a lieu de supposer que bien des gens sont terrorisés à l’avance, dans l’attente du « grand coup » dont on parle sans cesse.

  • Certains Rémois s’émeuvent et tous s’étonnent que des travaux de défense de la ville soient seulement exécutés à cette époque. Des tranchées sont creusées aux arènes du sud et du côté de la butte Saint-Nicaise ; des réseaux de fils de fer interdisent tout accès direct du faubourg vers le cimetière, dont les murs viennent d’être crénelés, des chevaux de frise ont été posés et un seul pas­sage existe maintenant pour sortir de la rue Dieu-Lumière. Le boulevard Henri-Vasnier est fermé par une barricade, à hauteur de la maison Pommery.

On trouve pour le moins anormales, plutôt inexplicables, ces mesures de protection bien tardives, venant seulement après une année pendant laquelle les Poilus ont réussi à maintenir les Alle­mands devant Reims, mais notre point de vue de civils — forcé­ment limité — nous permet-il de voir exactement les choses, dans l’ignorance où nous sommes des raisons d’ordre militaire qui ont motivé ces dispositions nouvelles.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Vendredi 17 – Nuit et matinée tranquilles. 3 h. bombes. Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 17 septembre

Tirs efficaces de notre artillerie lourde en Belgique, dans le secteur de Nieuport.
Autour d’Arras (Roclincourt, Neuville), action énergique de nos batteries en riposte au bombardement ennemi.
Lutte de mines à Frise (Somme), canonnade autour de Roye et de Lassigny, et autour de Sapigneul, sur le canal de l’Aisne à la Marne, ainsi qu’au nord du camp de Châlons.
Bombardement réciproque entre Aisne et Argonne. Lutte de bombes et canonnade à Saint-Hubert et au bois Le Prêtre, où les Allemands usent surtout de leurs lance-mines.
En Lorraine (vallées de la Seille et de la Loutre), nous effectuons des tirs de destruction sur les retranchements allemands.
Les Italiens ont arrêté toute une série d’attaques autrichiennes dans le Trentin et en Carnie.
Les Russes, reculant pas à pas vers Wilna, ont poursuivi leurs avantages sur le secteur sud du front oriental, où le chiffre des prisonniers faits quotidiennement par eux demeure très élevé.
Les Anglais avouent la perte d’un sous-marin aux Dardanelles.
La Douma russe a été prorogée au mois de novembre.
Les ministres de la Quadruple Entente ont remis une nouvelle note à la Bulgarie, afin de déterminer son intervention aux côtés des Alliés.

 

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Jeudi 16 septembre 1915

Louis Guédet

Jeudi 16 septembre 1915

369ème et 367ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Nuit de canon. Journée calme, avec canon du côté de Godat, Sapigneul (Le Godat, Sapigneul sont des villages disparus, non reconstruis après la guerre), Cormicy, Berry-au-Bac. Temps lourd et pluvieux. Jolivet est venu me surprendre à 8h1/2 du matin. Habillé rapidement je file chez lui, ou plutôt chez ce qu’il reste de chez lui. Il paraissait fort ému en voyant tout cela. Descendu à la cave et mis 3h pour ouvrir, forcer son coffre-fort. Tout l’intérieur était intact. Cela a été un soulagement pour moi et…   pour lui.

Déjeuné rapidement. Vu le Procureur de la République (ensemble) qui paraissait heureux de voir Jolivet.

Parlé du séquestre Louis de Bary et vu à tâcher d’arriver à rendre les valeurs de cette Maison pour pouvoir payer les droits de mutation par décès dus à l’Enregistrement. En partant mon bon ami se mit à dire : « Oh ! le Procureur de la République, vous pouvez être sûr que beaucoup auront la Croix de Guerre qui ne l’auront pas méritée autant que Guédet. » Alors M. Bossu de répondre : « Oui certes, mais nous ferons rougir M. Guédet ce qui voudra tout autant et je ne doute pas que cela ira tout seul…  Enfin nous verrons.

Reconduit Jolivet jusqu’en face de la propriété  (illisible, à vérifier) 9, avenue d’Épernay où se trouve le poste d’arrêt pour le Loring Jappés (à vérifier). Nous nous sommes quittés fort émus tous les deux. Nous reverrons-nous ??!! Bavardé avec le gendarme de garde, et rentré chez moi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Jeudi 16 – Du 13 septembre soir, au 26 matin, nous avons entendu une violente canonnade ininterrompue, dans la direction de Berry-au- Bac.

  • Depuis une huitaine de jours, il n’est question, à Reims, que d’un « grand coup » en préparation sur le front.

Personne ne paraît savoir exactement de quoi il s’agira — mais on entend, à ce sujet, beaucoup de discussions dans le vague et bien des commentaires, qui semblent plus abracadabrants que sensés.

Toutefois, il est à noter que certains indices ou des mouve­ments qui ne nous sont pas passés inaperçus, font présumer une reprise d’activité dans nos environs.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 16 – Nuit tranquille à partir de 11 h. 1/2. Visite à l’Enfant-Jésus, à M. le Supérieur du Grand Séminaire. Visite de M. le Comte d’Arjazon et deux autres personnes. Il est près du général de Castelnau(1) qui communie tous les jours. Visite du Commandant Billard (12-17 sine die).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Général de Curière de Castelnau, à l’inverse du général Joffre, franc-maçon d’ailleurs très modéré, représente à l’État-major l’officier général de tradition catholique. Ancien combattant de 1871, il est en 1914 à la tête de la II e armée, perd la bataille de Mohrange mais sauve Nancy, Il défend Amiens avant de commander en 1915 le groupe d’armées du centre à la bataille de Champagne. En 1916 il est chef d’État Major de Joffre. Après avoir été témoin en Russie en 1917 de l’effondrement de l’armée russe, il commande le groupe d’armées de l’Est qui aurait dû attaquer en Lorraine le 14 novembre 1918. Il entre à Colmar le 22 novembre. Il avait perdu trois fils au cours du conflit.


Jeudi 16 septembre

Les luttes d’artillerie se sont poursuivies avec intensité au nord et au sud d’Arras, ainsi que dans la région de Roye.
Lutte à coups de bombes et de grenades sur le plateau de Quennevières, dans la région de Lihons, et au bois de Saint-Mard.
Sur le canal de l’Aisne à la Marne, l’activité des deux artilleries s’est concentrée sur le front de Berry-au-Bac à la Neuville, où l’ennemi attaque la tête de pont de Sapigneul. Canonnade un peu ralentie au nord du camp de Châlons.
Lutte de mines dans l’Argonne. Une batterie ennemie a été détruite sur les Hauts-de-Meuse. Actions d’artillerie en forêt d’Apremont, au bois Le Prêtre et dans la région de Saint-Dié.
La poussée allemande continue, plus ou moins retardée, sur le front oriental, dans la région de la Dvina. Mais plus au sud, les ennemis ont été à peu près partout refoulés, particulièrement près de Wisnewietz et en Galicie. Au total, ils ont perdu 12000 hommes en un jour, et leurs pertes en prisonniers, dans les deux dernières semaines, ont atteint 40000.
Les Italiens ont repoussé des attaques autrichiennes en Carnie et sur l’Isonzo. Ils ont forcé à la fuite une escadrille d’avions qui venait sur Ud
ine.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Mercredi 15 septembre 1915

Louis Guédet

Mercredi 15 septembre 1915

368ème et 366ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Toute la nuit le canon a grondé devant Reims et vers Aubérive. Sans résultat, sans doute, comme toujours. Faire tuer des hommes un peu épars voilà la mission de nos illustres stratèges devant Reims, c’est honteux. Ce matin il pleut avec quelques éclaircies. Journée maussade qui se prépare.

Je vais à mes allocations tout à l’heure. Je repasserai rue de Talleyrand pour préparer de voir pour Jolivet demain. Je suis un peu gêné et honteux de recevoir ce brave Jolivet ici dans le bureau de mon pauvre ami, mais je ne puis faire autrement. Je m’étais cependant promis de ne recevoir personne ici tant que j’y serais réfugié, par respect pour la mémoire de Maurice. Qu’il me le pardonne !

6h1/2 soir  nuit presque blanche à cause de la canonnade devant Reims. Pluie lourde et chaude, qui passe dans la matinée. Journée calme malgré le canon lointain cette fois. Présidé les commissions d’allocations militaires à l’Hôtel de Ville, grande salle du conseil municipal, comme toujours. Cet après-midi vu Marcel Heidsieck, fils de mon ami Charles Heidsieck, venu en passant pour passer une révision de réforme provisoire à Châlons-sur-Marne. Causé longuement. Il me contait que parait-il, à Charleville toutes les usines avaient été vidées de leurs matériels et machines par les allemands. L’usine de sa grand-mère Jacquemart est démontée. S’il est encore là vendredi il dit venir partager mon déjeuner.

Voilà ma journée ainsi passée et terminée par un tour rue de Vesle jusqu’au pont tournant du canal, longé le point où sont coulées les péniches abandonnées par leurs propriétaires et remonté la rue Boulard pour rentrer dans mon refuge d’hospitalité. Peu de monde dans les rues bien entendu. Demain journée qui sera sans doute bien remplie avec Jolivet pour l’aider dans tout ce qu’il aura à faire durant sa courte apparition.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 15 – Nuit tranquille ; mais canonnade courte et violente au loin.

Item toute la matinée. Visite de M. Piel de Chercheville qui est entre Craonne et Berry-au-Bac.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 15 septembre

Lutte d’artillerie toujours vive sur le front d’Artois, au sud de la Somme (Tilloloy, le Cessier, Beuvraignes); dans le secteur de Nouvron, sur le canal de l’Aisne à la Marne vers Sapigneul et le Godat; en Champagne, au nord du camp de Châlons et sur la lisière occidentale de l’Argonne.
Au bois de Mortmare, nous avons fait cesser le feu des mitrailleuses ennemies et exécuté des tirs efficaces sur des saillants de la ligne allemande.
Canonnade encore en forêt d’Apremont, au nord de Flirey et près d’Emberménil.
Un raid de zeppelins sur l’Angleterre est demeuré infructueux. L’amiral sir Scott a été chargé de la défense de Londres contre les aéronefs.
Les Italiens ont largement progressé dans le bassin de Plezzo, sur l’Isonzo. Ils ont repoussé une attaque près de Plava.
Les Russes ont rejeté toute une série d’offensives allemandes dans les secteurs septentrionaux de leur front. Ils ont culbuté les Austro-Allemands sur le Sereth.
Le docteur Dumba, ambassadeur d’Autriche à Wahington, dont M. Wilson a demandé le rappel, s’embarquera, dit-il, prochainement pour l’Eu
rope.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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