Nuit tranquille. 9 h, canonnades dans la matinée

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Mardi 23 ( ?) Mars 1915.

6 mois aujourd’hui mon Charles que tu as été blessé. Pense donc que c’est long, et toujours pas de nouvelles ; 6 mois de souffrances et je me demande quand est-ce que cela finira. On serait si heureux … Si tu voyais mon Charles, tu as une petite fille à croquer, un petit ange. Elle pousse à ravir. Elle pesait à peine 4 livres et maintenant elle en pèse 10. Elle commence à rire et tu n’es pas là, pauvre chipot, pour voir ses progrès. Pense qu’elle fait ses nuits complètes de huit heures à huit heures, le tour du cadran et elle ne se réveille qu’une fois. Nous avons deux bons petits, tu sais.

Si seulement tu étais près de nous. Quelle triste vie que la mienne. Je ne peux pas croire que tu me manqueras et j’ai tellement idée du contraire que si jamais je venais à en avoir la certitude, je ne sais pas ce que je ferais. Mais je veux toujours espérer. Je t’aime mon Charles et quelle belle vie je te ferais. Mais je te quitte, je vais aller me coucher et je demanderai au bon dieu que me rêves soient remplis de toi.

Je t’aime. Tout mon cœur à toi. Juliette.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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