Après une nuit calme, le bombardement commence vers 9 heures.

A 10 h du soir, nouveaux sifflements et arrivées d’obus rue Eugène Desteuque et dans le quartier avoisinant.

– Depuis quelques jours, il était procédé au recensement des habitants demeurés à Reims afin de déterminer, aussi exactement que possible, les besoins de la population au point de vue de son alimentation.

Cette opération n’a pas été sans causer une certaine inquiétude à bien des gens qui parlaient encore de l’évacuation en masse, ou de mesures prises dans le but de préparer le logement de troupes à venir, etc. Elle accuse le chiffre approximatif de 35000 âmes, actuellement en ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
Rue Eugène Desteuque - Collection d'autochromes Gallica-BNF

Rue Eugène Desteuque – Collection d’autochromes Gallica-BNF

Vendredi 19 – Nuit tranquille, canonnade toute la journée. Bombes de 10 h à 11 du soir (quatre). Visite à la mère du petit enfant de chœur de la Visitation, tué.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

19/2 – Vendredi – Toujours le même temps, pluie et éclaircies, toujours le canon et terrible bombardement faisant toujours des victimes (2e, 3e et 4e canton). A 6h 1/2 du soir, de grosses pièces de canon entrent en ville et tout parait assez calme. Le bombardement a commencé à 9 h du matin aussi violent que la veille (4e canton surtout) 50 obus, et le soir, le bombardement existe encore, cependant, la nuit fut assez calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy

Vendredi 19 février

Combats d’artillerie, de la mer à l’Aisne. Notre succès à Roclincourt, au nord-est d’Arras, a causé à l’ennemi des pertes sérieuses. Cinq de ses contre-attaques ont été repoussées, et il a laissé plusieurs centaines de cadavres sur le terrain. En Champagne, vers Beauséjour, les Allemands qui avaient dû reculer la veille, en nous livrant un assez grand nombre de prisonniers de plusieurs régiments, ont prononcé de nouvelles offensives. De nouveau nous avons fait des prisonniers. Certains régiments ennemis ont perdu de la moitié au quart de leur effectif.
Une attaque allemande a été refoulée aux Eparges sur les Hauts-de-Meuse.
En Lorraine, toute la position de Xon a été reconquise (près de Pont-à-Mousson) et les ennemis ont été chassés de Norroy. En Alsace, la prise du piton sud de la ferme Sudel constitue une opération intéressante.
Les Russes ont infligé des pertes sanglantes à leurs adversaires en Galicie.
Un sous-marin allemand a torpillé un vapeur français au large de la côte normande, mais ce vapeur convoyé par d’autres bâtiments français a pu se mettre à l’abri.
D’importantes manifestations en faveur de la guerre ont eu lieu à Rome, où le Parlement a repris ses séances.
La Grèce a reçu complète satisfaction de la Turquie.
Un zeppelin a été forcé d’atterrir au Danemark. Pour éviter qu’il ne fût retenu, ses officiers l’ont livré aux flammes.
Le général Pau est arrivé à Salonique, allant vers Nisch.

 

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