Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf gros coups, canons et bombes de temps en temps, la nuit. Visite de M. le Capitaine Marliave(1), nommé Vice-Amiral (et qui nous quitte). Après-midi, aéroplane à 4 h, quelques coups contre lui. Bombes allemandes. Réponses à la Protestation Espagnole (du 24 septembre 1914) – et texte de la Protestation (Recueil, p. 25-27)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Il s’agit sans doute du capitaine de vaisseau Marvial, nommé Contre-Amiral.


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Hortense Juliette Breyer

Mercredi 12 Mai 1915.

Mon Charles, ton papa est venu. Ils ne sont pas contents après moi. C’est malheureux ; j’ai de la peine de tous les côtés. Tant pis, j’irai mais j’aurai peur. Ton papa me dit que si j’entends bombarder, je n’ai qu’à m’abriter. C’est facile à dire mais la première qui arrive ne vous prévient pas. Et il y en a tant et tant qui sont tués tous les jours. Enfin je ne veux pas qu’ils croient que c’est de la mauvaise volonté.

Je suis navrée et je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

 

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

12 13 et 14 communiqué très très bon, 6 canons, mit. 1 colonel et des hommes /

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog :Activités de Francette: septembre 1916 – janvier 1917 : 3e carnet de guerre de Renée MULLER


Et pendant ce temps là, sur le front Albert Thierry lit La nouvelle Héloïse :Les Carnets de guerre d’Albert Thierry : le 12 mai 1915


Mercredi 12 mai

Au nord de Dixmude, les troupes belges ont repoussé une attaque allemande, en leur infligeant de fortes pertes; une division belge a progressé au sud de Dixmude.

A l’est d’Ypres, les troupes anglaises, attaquées à l’aide d’un gaz asphyxiant, ont laissé passer le nuage à l’abri de leurs masques, puis ont anéanti a bout portant les colonnes allemandes.
Nos succès continuent à se développer entre Arras et Loos. Devant Loos, nous avons enlevé un gros ouvrage allemand; à Notre-Dame-de-Lorette, nous avons pris le grand fortin et la chapelle et poursuivi l’ennemi au delà de cette dernière. Dans les tranchées, des centaines de cadavres allemands ont été trouvés; nous avons investi plus étroitement encore Carency où les prisonniers ont été faits par nous, et les communications de l’ennemi avec cette localité deviennent de plus en plus difficiles. Nous avons pris le cimetière de Neuville-Saint-Waast où l’ennemi s’était fortifié.
Les Allemands ont jeté des obus sur Bergues, au sud-est de Dunkerque, faisant quelques victimes. Aux Dardanelles, avance sensible des Franco-Anglais qui arrivent aux abords de Krithia, à 10 kilomètres de l’entrée.
Les troupes russes ont reculé sur la Wislocka en Galicie, mais partout ailleurs opéré des contre-attaques heureuses.
Une grande agitation parlementaire se constate à Rome, où M. Giolitti voudrait imposer au cabinet Salandra la continuation de la politique de négociations avec l’Autriche, mais M. Salandra déclare qu’il ne se laissera pas dicter de conditions.

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