Abbé Louis Thinot

3 JANVIER – dimanche –

…à Châlons ; je me rends au Q.G. du général de Langle de Carry. J’apprends que je suis affecté au XVIIe corps… qui a fait un peu comme le XVe[1] ! et qui ne jouit point d’une excellente réputation. Mais il se bat bien maintenant, me dit le Commandant B…

[1] Le 15e corps constitué de combattants méridionaux, injustement soupçonnés de faiblesse. Millerand, ministre de la Guerre et Deschanel, Président de la Chambre, ont solennellement réhabilité le 15e corps d’armée à travers le sacrifice du jeune député-maire de Marseille Fréderic Chevillon S/Lt au 132e

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à Reims

Louis Guédet

Dimanche 3 janvier 1915

113ème et 111ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Le canon a tonné sans discontinuer. Les allemands ont peu répondu. Journée triste, je suis découragé. C’est réellement trop. Reçu lettre de mon grand Jean de St Martin. Il parait que mon Père va très bien, et qu’il a été très crâne pendant le passage des prussiens à St Martin. Resté presque seul comme conseiller municipal à 80 ans, il a fait tête à l’Ennemi. Il parait même qu’un officier allemand lui a dit qu’il était rudement patriote, quand mon pauvre Père lui disait qu’ils seraient battus et qu’ils seraient obligés de reculer.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Hier, le bombardement a repris vers midi, puis le soir, à 21 h. Aujourd’hui, nos grosses pièces ont commencé à tonner dès le matin. Un fort bombardement s’est déclenché à 15 heures.

– Le bruit se répandant en ville, du prochain départ des GVC* et de tous les services militaires, hôpitaux, intendance, une certaine inquiétude se manifeste chez beaucoup d’habitants.

 Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

* Service de la Garde des Voies de Communication


Cardinal Luçon

Dimanche 3 – Nuit tranquille. Canonnade française toute la journée. Bombes vers 2 1/2. Grand’messe rue du Couchant. Prières et vêpres à Ste Geneviève, en union avec les Anglais.

Visite au Général Rouquerol.

Réception de vêtements pour les soldats (Fernand Laudet) « Vêtements chauds pour les Combattants ».

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Groupe de GVC 99e RI Groupe F21 Territoriaux (collection Jean Post)

Groupe de GVC 99e RI Groupe F21 Territoriaux (collection Jean Post)


Couchant, rue du.

Ancienne rue des Jacobins ou des Frères-Prêcheurs, en 1924 elle reprit le nom de rue des Jacobins.

source : Jean-Yves Sureau dans la Vie Rémoise


Eugène Chausson

3 Dimanche. Toujours le même temps. Canonnade et bombes.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Dimanche 3 janvier

Combat d’artillerie très vif sur les dunes à Nieuport et à Zonnebeke, en Flandre; combats d’artillerie également dans le Pas-de-Calais et la Somme, où nous bouleversons des tranchées ennemies; nous dispersons des rassemblements allemands au nord de l’Aisne et nous nous installons sur le plateau de Nouvron. Nous progressons en Champagne, au nord-est de Mesnil-les-Hurlus – et aussi dans le bois Le Prêtre en Woëvre. Dans les Vosges, nous repoussons les Allemands près de Badonvillers; nous réalisons une nouvelle avance à Steinbach en Alsace.
Le bulletin de l’état-major russe permet de constater l’amélioration continue de la situation de nos alliés, tant en Pologne qu’en Galicie.
Six nouvelles armées, avec dix-huit corps au total, sont en préparation en Angleterre.
Une crise ministérielle a éclaté en Bulgarie, où le parti austrophile réclame une participation au pouvoir.
Les Roumains se livrent à toute une série de manifestations en faveur de l’Italie, de la France et de la Russie.
L’anarchie s’aggrave en Albanie mais bien que sollicitée par les habitants de Durazzo d’occuper cette ville, comme elle a occupé Valona, l’Italie s’y refuse. Cette prudence n’empêche pas la presse de Vienne de proférer des menaces à l’adresse du cabinet de Rome.

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