Paul Hess

Canonnade au cours de la nuit et dans la matinée.

Le Courrier de la Champagne parle de ce qui s’est passé dans la journée d’hier, en ces termes :

Le bombardement de Reims continue.

Hier samedi, depuis dix heures et demie du matin, à intervalles assez rapprochés, les Allemands ont lancé sur notre ville, une cinquantaine de projectiles.

Ce sont encore les quartiers de Bétheny, Cérès, Cernay et Saint-Remi qui, déjà tant éprouvés, ont encore souffert.

On signale des victimes sur divers points de ces quartiers. En raisons des nécessités que nous crée le nouveau régime du journal, nous n’avons pas eu le temps matériel de coordonner des renseignements précis et officiels que nous publierons demain.

Après enquête, disons toutefois que ce bombardement venant après une journée d’accalmie et les bruits qui avaient couru de l’éloignement des Allemands, a jeté un effroi bien compréhensible dans notre population.

La conclusion du journal donne exactement l’état d’esprit de la population à ce jour.

– D’autre part, il mentionne que le Tribunal civil a tenu son audience de rentrée, vendredi 2 octobre, à 14 heures.

 Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Mitraillades et fusillades au loin ; calme jusque vers 8 h 1/2, quelques coups de canon de temps en temps. Itou toute la journée.

Visite à l’Ambulance de Courlancy. Nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

 Gaston Dorigny

Comme les dimanches précédents la journée semble devoir être dure. Le canon gronde toute la journée. La nuit un nouveau combat d’infanterie recommence. On peut dormir assez bien, réveillés seulement de temps à autre par les coups des grosses pièces.

Encore des obus en ville.

Gaston Dorigny

 Paul Dupuy

Dans les mêmes conditions que la veille et avec pareil insuccès s’effectue un 1e
essai de retour.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires


 

Dimanche 4 octobre

Les attaques allemandes quotidiennes ont été repoussées dans la région de Roye. Dans l’Argonne, l’armée du kronprinz (16eme corps allemand) a été refoulée au nord de Varennes et de Vienne-la-Ville. Nette progression continue sur les Hauts-de-Meuse et en Woëvre. La situation apparaît dans l’ensemble favorable.
En Belgique, les Allemands n’ont obtenu aucun avantage sérieux dans leur attaque d’artillerie contre les forts d’Anvers. Leurs attaques d’infanterie ont toutes été brisées.
Une note officielle confirme l’échec total de l’entreprise allemande dans les gouvernements de la Russie occidentale. Les Russes ont pris Augustovo, forcé les troupes du kaiser à abandonner le siége d’Ossowietz. En Galicie les arrière-gardes autrichiennes ont reculé, derrière la Vistule, en pleine déroute.
Deux croiseurs allemands, le Scharnhorst et le Gneisenau ont bombardé Papeete, ville ouverte, capitale de Tahiti dans le Pacifique, et coulé une canonnière désarmée qui se trouvait dans le port.
M. Asquith, dans son discours de Cardiff, a fait de curieuses révélations sur les tentatives multipliées à Londres depuis 1913, par la diplomatie teutonne, en vue de neutraliser le Royaume-Uni.
On reparle de l’abdication du roi Carol de Roumanie.

 

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