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Dimanche 22 octobre 1916

Louis Guédet

Dimanche 22 octobre 1916

771ème et 769ème jours de bataille et de bombardement

5h3/4 soir  Il a gelé très fort cette nuit dernière. Très beau temps mais fort froid toute la journée. Voilà les feuilles complètement gelées, voilà l’hiver, ce qui n’est pas sans m’attrister et me serrer le cœur.

Messe de 7h ce matin. Travaillé, vu mes procès de simple police, rien que du normal, sauf le procès pour pains de fantaisie, mais l’arrêté préfectoral n’a pas été affiché. Charles Heidsieck est venu me voir vers 9h1/2 et est resté fort longtemps à causer avec moi. Il est enchanté du mariage de son fils Marcel. Son fils Georges a été à Combles (village de la Somme, centre de résistance allemand, pris le 26 septembre 1916 par le 73ème RI de Georges Heidsieck) et en ce moment à l’arrière, ayant la dysenterie. Christian a échoué à son examen d’aspirance à cause d’une maladresse d’un de ses camarades qui, déjeunant avec lui dans un restaurant, s‘est mis à « déblatérer » contre les instituteurs, or un des officiers de Christian justement instituteur a entendu les propos de son ami. Bref, « recalé ». Il m’a quitté vers 11h, je dois déjeuner avec lui demain.

Cet après-midi poussé jusqu’au parc de La Haubette pour voir Dupont-Nouvion, avocat, afin d’avoir son avis sur l’application de la loi du 6 octobre 1916 relative à la culture des terres abandonnées, afin de savoir ce que je dois répondre au Maire de Perthes au sujet de mes fermes de Perthes et de Sapignicourt qui sont abandonnées par mon fermier mobilisé, et ses père et mère cautions. Vu Texier, causé, et reparti par Courlancy. Causé un moment avec la Mère Ste Thérèse. Rentré, découragé, désemparé, je suis si seul, si abandonné, (rayé).

Le haut du feuillet suivant a été découpé.

…questions. En attendant, pour ne pas, (rayé)…barras, puisqu’il n’a pas affiché l’arrêté, je mettrais l’affaire en délibéré. Cela nous donnera un mois pour respirer. Pris des nouvelles en passant près de son Père de Melle Boudin qui, se promenait avec son fiancé vers les Bains froids, a été blessée assez sérieusement à la tête par un éclat de 105.

Rentré travailler et écrit quelques lettres.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 22 – Nuit tranquille. + 1°. Messe et allocution à Saint-Thomas, aux Trois Fontaines (Chapelle des Trois Fontaines) où se fait le culte paroissial depuis la dévastation de l’église. Journée tranquille et belle.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 22 octobre

Au sud de la Somme, les Allemands, après un violent bombardement, ont dirigé une attaque sur la partie sud du bois de Chaulnes que nous occupons. Repoussé partout avec des pertes sérieuses, l’ennemi a laissé entre nos mains un nombre de prisonniers assez considérable. Les attaques que l’ennemi a menées les derniers jours dans cette région ont été très meurtrières pour lui. Des fractions qui avaient réussi à prendre pied dans nos premières lignes, ont été complètement cernées. 150 Allemands survivants ont été capturés.
Les Anglais ont repoussé deux attaques sur la redoute Schwaben en faisant 84 prisonniers dont 5 officiers. Ils ont ensuite attaqué à leur tour et avec succès sur un front de 5 kilomètres entre la redoute Schwaben et le village de Sars. Ils ont avancé leurs lignes de 300 à 500 mètres et ont pris les tranchées Stuss et Regina. Ils ont capturé plus de 800 prisonniers et leurs pertes sont légères.
La neige arrête les opérations dans le Haut-Trentin.
Les Russes luttent avec acharnement sur la Narajovka.
Les Roumains ont remporté des succès dans les montagnes, mais effectué un nouveau repli en Dobroudja.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 21 octobre 1916

Louis Guédet

Samedi 21 octobre 1916

770ème et 768ème jours de bataille et de bombardement

6h45 soir  Très beau temps, il a gelé et il fait froid. Le matin couru à l’Enregistrement, à la Recette des Finances, au Crédit Lyonnais pour l’ouverture d’un coffre. Après-midi été à l’Hôtel de Ville où on m’a remis le dossier de simple police pour le mardi 24 octobre. Que les temps ont changés, en dehors des 25 anciennes affaires il n’y a que 24 nouvelles !! 24 nouveaux procès !!! Que nous sommes loin des audiences de 100 et 150 procès !!!!

Ils ont compris la leçon ! Il n’est que temps. Bref Colas et Girardot se sont mis une muselière !! Vu le Président Hù et Texier pour un envoi en possession (procédure autorisant certaines personnes désignées par la loi pour leur permettre d’entrer en possession de biens issus de la succession d’un défunt). Causé longuement. Le Président part à Paris mardi et il causera de toute cette affaire mémorable à la Chancellerie. Ils sont convaincus que Colas, Girardot et toute la clique militaire vont rentrer leurs grands sabres…  de bois ! C’est ce qu’ils auraient dû faire dès le début !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 octobre 1916 – Bombardement vers le cimetière du Sud.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Samedi 21 – Nuit un peu bruyante. Coups de fusil et mitrailleuse toute la nuit. A 6 h. 0 degré. A 9 h. grosses bombes allemandes sur les batteries. Violent duel entre les deux artilleries adverses. A 2 h. aéroplanes français ; tir contre eux. Bombes sifflantes ; très violent bombardement… on ne sait sur quoi. Aéroplane français de 4 à 5 h. Un obus contre aéro blesse à la tête la fille du chantre de la Cathédrale.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 octobre

Sur le front de la Somme, aucune action d’infanterie.
Lutte d’artillerie intense dans la région du secteur de Sailly-Saillisel et du secteur Belloy-Berny.
En Lorraine, nous avons repoussé facilement des coups de main sur un de nos petits postes près de Bezanges.
Sur le front belge, activité d’artillerie, particulièrement dans le secteur au nord de Dixmude et vers Hetsas.
Les Italiens ont été attaqués sur le mont Pasubio par de gros contingents autrichiens. Ils ont infligé à l’ennemi de lourdes pertes et lui ont fait 107 prisonniers.
Les Roumains ont résisté à de nouvelles attaques des troupes de Falkenhayn, dont les pertes ont été considérables. Ils tiennent tête en Dobroudja, à une nouvelle offensive bulgare.
Succès serbe au nord de Brod dans la direction de Monastir. Nos alliés prennent 4 canons.
Un grand transatlantique anglais, de la ligne Cunard, l’Alaunia, a été coulé par un sous-marin.
Une conférence a eu lieu au grand quartier général allemand entre l’empereur et le chancelier, M. de Jagow et M. Burian, le ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Mont Pasubio

Mont Pasubio

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Jeudi 19 octobre 1916

Louis Guédet

Jeudi 19 octobre 1916

768ème et 766ème jours de bataille et de bombardement

9h3/4 soir  Pluie diluvienne toute la journée, couru en ville. Reçu une souscription à l’Emprunt, la seule sans doute que je recevrai moi-même. Réquisitions militaires, toujours aussi camarade avec mon sous-intendant Payen. Peu d’affaires. Mais très occupé par une lettre plus qu’amicale de mon cher Procureur Bossu au sujet de mon affaire de simple police. Que d’encre ! que d’encre !! Vu le Président qui tonne contre les soudards et contre tout le monde, n’admettant pas qu’on me touche. Texier affectueux et bon ami. Cela m’encourage, car je vois que tous m’aiment !! bien et fort et fidèlement. M. Mathieu très affectueux et navré avec moi de toute cette histoire, tout en lui occasionnant un travail formidable. Je viens d’écrire 10 pages de lettres à mon vénéré Procureur, pour lui faire la Genèse de toute cette histoire. Enfin je vais me reposer ! Je suis éreinté ! Pas écrit à ma Pauvre femme ! Je n’en n’ai pas le temps. Je n’en puis plus.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – + 10°. Nuit tranquille. Pluie. Vers 3 h. gros canons français. Pluie toute la journée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 19 octobre

Au nord de la Somme, nous avons achevé la conquête du village de Sailly-Saillisel et occupé les croupes qui se trouvent au nord-ouest et au nord-est du village.
Au sud de la Somme, la première ligne allemande a été enlevée d’un bond sur tout le front entre la Maisonnette et Biaches. Nous avons fait 250 prisonniers dont 5 officiers et capturé plusieurs mitrailleuses.
Notre aviation de chasse s’est montrée très active: 3 avions ennemis ont été abattus sur le front de la Somme.
Sur la rive droite du Vardar, nous avons enlevé les tranchées ennemies sur une profondeur de 400 mètres. Les troupes serbes ont progressé sur les pentes nord-ouest du Dobropolie. Fusillade et canonnade dans la plaine de Monastir. Des contingents turcs sont signalés sur la basse Strouma.
Les Italiens ont détruit deux colonnes autrichiennes au Pasubio.
Les Roumains, qui tiennent bon sur tous les cols des Alpes transylvaines, ont fait 440 prisonniers
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Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 10 octobre 1916

Louis Guédet

Mardi 10 octobre 1916

759ème et 757ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Beau temps chaud, du soleil, quelques obus. Ce matin répondu aux nombreuses lettres reçues depuis 6h jusqu’à midi. Écrit à Marie-Louise et à André. Envoyé à celle-ci des timbres de la Côte d’Ivoire reçus de M. Gentil, secrétaire du Gouverneur de Bingerville (Capitale de la Côte d’Ivoire de 1900 à 1934).

Cette après-midi l’affaire de mes procès de simple police du 3 me tracassant et voulant tenir le Président au courant de ce qui se disait et aussi de ce que j’avais écrit pour le transfert de mes justices de Paix à Épernay. J’ai poussé jusqu’au Parc de la Haubette où j’ai rencontré le Président Hù et M. Texier à qui j’ai conté mes on-dit. Quand je leur ai dit que Colas, le Proconsul Gouverneur de la Place, avait intimé l’ordre à Palliet, commissaire central, le mercredi 4 de me faire des observations sur ma manière de juger, le Brave Président en a tellement sursauté qu’il faillit en laisser tomber sa calotte et Texier de même bondit. Comment Palliet a osé vous dire cela à vous magistrat ? Je lui répondis que le Commissaire Central me l’avait dit vendredi dernier 6 octobre vers 9h rue de Vesle, en face de la rue St Jacques, et que Colas lui avait donné un coup de téléphone le mercredi soir même 4 octobre. Ils ne pouvaient en revenir. Alors le Président m’a donné l’ordre d’écrire à Palliet pour qu’il me donne les termes exacts des observations que Colas voulait qu’il me fasse. C’est fait, j’attends la réponse du Commissaire Central. On va s’amuser.

Le Président et M. Texier jubilaient d’avance de la lettre que j’aurais à écrire à ce sujet au Général de la Ve Armée. Ils m’ont remonté très gentiment, très affectueusement. J’en avais les larmes aux yeux.

Il parait que cet âne et cet imbécile de Colas aurait dit qu’il ne comprenait pas que j’ai osé indiquer les motifs pour lesquels j’avais acquitté ou condamné les inculpés de l’autre jour !! C’est phénoménal !!

Un galonné qui veut nous donner des leçons de droit. Ces gens-là ne doutent de rien. Cela les dépeint bien, ils n’admettent aucune critique. Bref me voilà d’aplomb et je suis soutenu et approuvé par mes Pairs. Jusqu’ici la gauche comme on dit (jusqu’à la garde, complètement). J’ai bien fait d’aller là-haut. Le Président Hù me disait que le Procureur Général ne pouvait même pas me faire d’observations sur la manière dont je jugeais et rendais mes jugements. Et il me l’a prouvé, codes et textes de lois en mains. Me voilà donc fixé sur la suite de cette affaire qui aura révolutionné bien du monde ici, et je n’ai qu’à attendre sous l’orme (attendre très longtemps, en vain). J’aime mieux ma place que celle de Colas, Girardot, Lallier et consorts.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

10 octobre 1916 – Trois obus sifflent et vont éclater sur le Port-sec à 14 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mardi 10 – + 14°. Nuit tranquille. Temps couvert. Quelques bombes sifflantes, probablement sur les batteries. Visite de M…, Directeur de la Banque de France à Reims, remerciant pour lettre sur l’emprunt. Bombes longuement sifflantes. Salut au 403e à la chapelle de l’École Professionnelle S.J.B. de la Salle. Allocution.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 10 octobre

Sur la Somme, activité soutenue de notre artillerie et riposte de l’ennemi, particulièrement vive dans la région sud-ouest de Barleux et dans celle de Belloy et de Deniécourt.

A la suite d’une opération secondaire, les Anglais ont progressé au nord de la redoute Stuff, en infligeant des pertes sérieuses à l’adversaire et en lui faisant plus de 200 prisonniers dont 6 officiers.

Les Serbes ont progressé entre Vardar et Cerna, faisant 100 prisonniers. Ils ont pris Skocino sur la rive gauche de la Cerna, capturant encore 200 ennemis.

Trois sous-marins allemands sont venus opérer sur les côtes américaines : ils ont torpillé neuf navires.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 3 octobre 1916

Louis Guédet

3 octobre 1916 (retranscription de l’orignal, voire plus loin)

Vu le Président Hù pour les réquisitions militaires. Le Procureur Général demandant qu’on lui indiquât le nombre de dossiers déjà jugés. Il y en a juste 405 depuis que j’ai réorganisé le service, le nombre restant à la Mairie est de 34 dossiers, et celui qui est à la commission de révision de Châlons 12 000. J’ai dit que j’étais à jour. Cela a paru lui faire plaisir de pouvoir dire cela à Herbaux. Nous avons parlé du transfert du Tribunal à Épernay qui aura lieu à la fin du mois probablement.

Je reste seul juge ici ; ce n’est pas banal. J’ai causé avec Bouvier Vice-président et Texier et qui sont réellement charmants pour moi.

A 1h1/4 suis allé au Palais pour mon audience de simple police, où il y avait foule et cohue. J’ai rendu les jugements que j’ai voulus, et mes attendus ont soulevé un murmure d’approbation.

Reprise de la rédaction par Louis Guédet.

…C’est vraiment fort aimable. Tous, je le crois, m’aiment et m’estiment. Le Président me retient pour me causer de « je ne sais quoi »…  mais l’audience traîne et vers 4h je lui demande la permission de m’en aller. Je dois aller le voir demain pour ce qu’il a à me dire (8h soir)

Avant l’audience je me suis trouvé avec le Procureur de la République de Bar-sur-Aube, M. Chonez, qui fait partie d’un conseil de Guerre divisionnaire comme sergent rapporteur, actuellement à Ventelay. Nous avons lié très gentiment connaissance et avons causé de Bar-sur-Aube et du vieux curé de St Maclou qui est encore existant. Il y a 22 ou 23 ans j’étais chez lui avec le P. Jenner, je lui ai rappelé la lutte des Pierrotins contre les Macloutins (St Pierre et St Maclou, les 2 paroisses ennemies). C’est lui qui a remplacé Thiénot fils quand il est parti à Verdun. Il m’a appris que Mandron, comme automobiliste, était attaché à leur Division, et qu’il a demandé à permuter pour aller dans l’État-major d’un Corps d’Armée !

Rentré par une pluie battante. J’ai mis au net et au point mon dossier de simple police pour demain, et mes considérants. Je suis, je crois, prêt et paré. Fatigué triste, sans nouvelles de mes aimés. C’est dur. Pourrais-je résister à la douleur, à la tristesse d’un 3ème hiver passé seul, tout seul

 Mardi 3 octobre 1916

752ème et 750ème jours de bataille et de bombardement

6h3/4 soir  Pluie battante toute la nuit, temps gris lourd toute la journée. Fais courses le matin, vu le Président Hù à 10h1/2 pour les réquisitions militaires. Le Procureur Général demandait qu’on lui indiquât le nombre de dossiers déjà jugés. Il y en a juste 405 depuis que j’ai réorganisé le service, le nombre restant à la Mairie : 34 dossiers, et celui qui est à la commission de révision à Châlons : 12 000…  et plus même. J’ai dit que j’étais à jour, çà a paru lui faire plaisir de pouvoir dire cela à Herbaux. Nous avons parlé du transfert du Tribunal à Épernay qui aura lieu fin du mois probablement. Ils ont parlé de moi, mais je leur ai répondu que cela ne faisait pas de doutes que je devais rester à Reims, attendu que je ne puis forcer les justiciables à venir de Reims à Épernay. Pour les autres cantons cela se concevait mieux à cause des difficultés que l’on a pour entrer à Reims. C’est ce qu’il va répondre au Procureur Général. Je resterai donc seul juge ici. Ce n’est pas banal. J’ai causé également avec Bouvier, Vice-président et Texier qui sont réellement charmants pour moi. Le Président écoute beaucoup de Bouvier, tout en protestant.

Rentré chez moi à 11h1/2, déjeuné rapidement, vu à mon courrier et couru au Palais à 1h1/4 pour mon audience de simple police où il y avait foule et cohue. J’ai rendu les jugements que j’ai voulus et mes attendus ont subi un murmure d’approbation générale.

Mais franchement la mentalité du gendarme est extraordinaire. Ainsi Péroni (à vérifier), qui avait fait les procès Hentz et Simon. Celui du Docteur Simon pouvait encore se soutenir parce qu’il était près de Tinqueux sans laissez-passer, et que ce n’est qu’une tolérance si on permet d’aller jusqu’aux portes des villages ; mais quand à celui de Hentz, fait sur Reims même, il ne pouvait être fait puisque la contravention n’avait pas été encore commise. Il n’a jamais voulu en démordre, le fait qu’il était encore sur Reims Hentz. « Mais il m’a dit qu’il allait à Cormontreuil, bien qu’il soit encore à 1 kilomètre de la limite du territoire, je devais faire mon procès-verbal quand même, mon poste faisant la limite justicière ». C’est idiot, impossible de le convaincre, je n’ai pas insisté. Quelles brutes cela fait. Son collègue Noël avait compris.

Bref, rentré à 6h1/2 éreinté et nous verrons demain ce que dirons les journalistes dans les journaux, et ensuite la tête de Girardot et de Colas. Ils vont être furieux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 3 – Nuit tranquille ; projections. Pluie presque toute la nuit. + 10°. A 9 h. canons français tirent 5 coups rapides. Visite du Colonel Cadet. A M. Georges Houlon, à la Supérieure de l’Assomption, à M. Prévoteau. Reçu visite du Comte de Bruc.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 3 octobre

Nous avons réalisé des progrès à la grenade à l’est de Bouchavesnes. Une quarantaine de prisonniers et 6 mitrailleuses sont restés entre nos mains. Un détachement allemand pris sous notre feu vers l’Epine de Malassise s’est dispersé en laissant une cinquantaine d’hommes sur le terrain.
Au sud de la Somme, une petite attaque allemande a été repoussée près de Vermando-Villers.
Les Anglais, après avoir pris Eaucourt-l’Abbaye, au sud de l’Ancre, ont consolidé leurs positions. Ils se sont étendus dans la direction de la tranchée de Hesse. Ils ont exécuté des coups de main heureux au nord de Neuville-Saint-Vaast et à l’est de Laventie.
Sur le front d’Orient, les Serbes ont gagné 2 kilomètres au nord du Kajmackalan.
Canonnade intermittente à notre aile gauche.
Le quarantième raid de zeppelins a eu lieu près de Londres. Un dirigeable a été abattu.
Les Roumains ont battu Mackensen en Dobroudja et franchi le Danube près de Routschouk.
Les Russes ont fait 1600 prisonniers sur la Zlota-Lipa.
Le gouvernement provisoire de la Canée s’est adjoint le général Danglis et a décidé de convoquer l’avant-dernière chambre grecque.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mercredi 1er décembre 1915

Saint-Thierry en 1907

Louis Guédet

Mercredi 1er décembre 1915

4454ème et 443ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Pluie, tempête, froid et…  bombardement surtout vers le Champ de Grève et la gare de marchandises. Ce matin allocations militaires, cet après-midi révision des valeurs des enfants de Boullenois que je dois leur transporter le 8 décembre à Paris. Et voila ma journée avec les mêmes petits incidents parfois drôles mais trop longs à conter. Vu M. Bouvier vice-président de tribunal et Texier juge à l‘Hôtel de Ville, toujours fort cordiaux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Ier, 2 et 3 décembre 1915 – Bombardements sur les batteries, aux mêmes endroits que le 30 novembre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 1er – Nuit tranquille : beau soleil ; Mgr Neveux part pour Meaux. Visiter le Petit Séminaire, et pour Paris. Visite au Bain-de-pieds de Saint-Thierry ; à l’ouvroir, 14 rue Cazin, chez Mademoiselle Mahieu ; au Fourneau économique, Moulins-brûlés, où l’on sert 180 à 200 rations par jour. De 9 à 11 h., bombes sur la ville. A 11 h. 1/2, bombes sifflantes sur les batteries, je pense ; gros coups de canons français. Visite à M. Andrieu. Il a entendu dire qu’un sous-marin allemand a coulé un vaisseau français qui transportait des troupes 43 : 700 soldats auraient été noyés. Écrit à Mgr de Rennes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Saint-Thierry en 1917

Saint-Thierry en 1917


Mercredi 1er décembre

Journée de brouillard et pluie:dégel en Champagne. Canonnade sur l’ensemble du front; combats à la grenade en Artois (région de Loos). En Alsace, notre artillerie bouleverse les tranchées ennemies de la vallée de la Fecht, au nord de Muhlbach.
Canonnade sur le front belge.
La flotte britannique bombarde les positions allemandes du littoral de Belgique, du côté d’Ostende.
Les Italiens ont repoussé plusieurs contre-attaques et fait plusieurs centaines de prisonniers sur l’Isonzo.
Les Russes ont remporté un sérieux succès à Illuxt, à l’ouest de Dwinsk. Le général von Below a fait évacuer Tukkum que l’armée allemande occupait depuis plusieurs mois. Il a ordre de tenir jusqu’au bout avec ses troupes de ce côté.
Un avion anglais a coupé un sous-marin allemand près de Middelkerke.
L’Allemagne a interdit la sortie de ses journaux par les frontières suisse et néerlandaise. Cette prohibition coïncide avec la rentrée du Reichstag où le chancelier doit être fortement attaqué.
Le sultan d’Egypte annonce qu’il lèvera s’il le faut 500.000 hommes, pour résister à l’attaque turque.
De nouvelles manifestations de femmes ont eu lieu à Berlin, contre la cherté de la vie.
La Chambre a voté l’incorporation de la classe 1917.
Guillaume II
a passé une journée à Vienne.

Source la Grande Guerre au jour le jour

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