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Samedi 24 mars 1917

Louis Guédet

Samedi 24 mars 1917

924ème et 922ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 matin  Très beau temps, gelée, froid. Mal dormi toute la nuit à cause de la bataille. Je ne suis pas encore parti. Le cocher Oudin commandé par Marcel Heidsieck a mangé la consigne. Le pauvre Marcel m’est arrivé à 5h1/4 navré. Je l’ai consolé de mon mieux, quoique je sois un peu contrarié de ce contretemps. Nous n’avons qu’une ressource, c’est de prendre une voiture pour Épernay où nous prendrons le train express de midi 4. Le pauvre garçon se charge de la voiture, pourvu que nous ne jouions pas de déveine ! Après tout ce n’est qu’une question de frais de voiture. Mais on ne m’y reprendra plus, si j’avais su je serais resté au lit me reposer, car je suis fatigué, oui fatigué de ces bruits de bataille toute la nuit. Pas de repos ou presque pas. J’en ai cependant bien besoin. Mais quelle nuit, quelle canonnade à partir de 10h du soir, puis attaque vers 2h du matin. Allez donc dormir avec toute cette bacchanale !

Je m’arrête et vais tâcher de me reposer un peu, en attendant ma…  voiture !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

24 mars 1917 – Bombardement sérieux, pendant une partie de la matinée, vers le champ de Grève et Pommery.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 24 – Dans la nuit, de 2 h. à 3 h., violent combat dans la direction de La Pompelle (?). 3° de froid ; beau soleil. 8 h. 45, bombes lancées en­semble sur nos batteries avec fracas énormes, au point de départ et à celui d’arrivée. Bombardement acharné contre les batteries jusqu’à 11 h. Reçu mandat de paiement de 6000 francs. L’Institut de France, à répartir entre les Sœurs.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Collection Patrick Nerisson


Samedi 24 mars

Entre Somme et Oise, nos troupes ont mené avec décision et entrain une action offensive qui a pleinement réussi. L’ennemi, malgré une résistance acharnée, a été refoulé largement à une distance variant de 2 à 4 kilomètres au nord et à l’est du canal de Saint-Quentin.

Au nord-est de Tergnier, nous avons poussé des détachements sur les hauteurs qui dominent immédiatement la vallée de l’Oise. Dans cette région, les Allemands ont tendu des inondations. La ville de la Fère est sous l’eau.

Au sud de l’Oise, nous continuons à franchir l’Ailette.

Nos troupes ont réalisé en combattant des progrès sérieux vers Margival, au nord de Soissons.

Au nord-ouest de Reims, deux attaques allemandes sur nos tranchées de Thel ont échoué. L’ennemi a subi des pertes sensibles.

Un avion allemand a été abattu près de Dieulouard.

Les Anglais ont repoussé des contre-attaques sur une grande partie de leur front.

En Macédoine, nous avons finalement gardé la cote 1248 au nord de Monastir. Notre butin comprend en tout 11 mitrailleuses, 2 canons de tranchées, 24 officiers, 1777 hommes.

Un cinquième steamer américain a été torpillé par un sous-marin allemand.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 21 mars 1917

Louis Guédet

Mercredi 21 janvier (lire mars !) 1917

921ème et 919ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps gris, glacial avec bise. Journée fort remplie. Je ne sais même plus où commencer. Remis mon courrier en route. Écrit définitivement ma lettre à Mt Thomas, avoué à Paris, pour ma proposition à la décoration. Reçu 3 lettres tristes de ma pauvre femme (rayé) n’est pas (rayé). Tout cela (rayé).

Déjeuné avec Marcel Heidsieck. Si je suis obligé d’aller à Paris samedi je dois faire route avec lui et même déjeuner en arrivant à Paris chez lui 45, rue Ampère. J’ai accepté, je pourrai juger sa jeune femme. Après-midi revu à toute ma correspondance. Notre population est un peu fiévreuse sur les bruits qui courent et sur notre avance. On commente avec ardeur les incendies, la destruction de Coucy, l’enlèvement des jeunes filles de Noyon, etc… On dit que les allemands évacuent Bazancourt, que tous les villages vers Brimont sont en flammes, etc…  etc… Dires d’aviateurs…  me dit-on !! Attendons, car nous avons été déjà tellement leurrés qui ne sont pas au front ! Je devrais dire « bernés » ! que j’attends toujours la réalité.

Reçu cet après-midi donation entre époux d’un vieux (bien qu’encore jeune) client de Cormontreuil, Thiérus-Lalique (Albert Théophile Thiérus, né en 1880), qui tout en causant m’a hier donné la note de l’état d’esprit des soldats des tranchées : « Oui, après la Guerre nous règlerons nos comptes avec tous ces (rayé) arrière, et je suis sûr que vous serez avec (rayé) M. Guédet !!… » Car cet embusquage éhonté, cette conduite effrontée de tous ces paresseux d’officiers demande châtiment avec sanctions.

A 8h1/2, arrivée des troupes dans notre quartier. Gardons-nous des fricoteurs. J’allais dire des fripouilles. Quand donc serons-nous débarrassés de cette plaie-là ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 21 – + 4°. Nuit marquée par de fréquentes bombes allemandes sifflantes à certaines heures, à intervalles à peu près réguliers. Item dans la matinée. Expédié lettre à Bordeaux, pour vœu de célébrer chaque année solennellement le vendredi du Sacré-Cœur. Écrit au Cardinal de Paris pour M. X. De 10 h. à 11 h., 15 obus ; midi : 4.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 21 mars

De la Somme à l’Aisne, nos troupes, tout en réalisant de nouveaux progrès, ont procédé à l’occupation de la zone reconquise.

Au nord de la Somme, notre cavalerie a poussé jusqu’aux environs de Roupy, à 7 kilomètres de Saint-Quentin, où elle a donné la chasse à des patrouilles de cavalerie allemande. Au nord-est de Chauny, notre infanterie a occupé Tergnier et franchi le canal de Saint-Quentin. Quelques escarmouches assez vives avec des détachements ennemis se sont terminées à notre avantage. Nous n’avons subi, au cours de cette poursuite, que des pertes insignifiantes. Mais nous avons constaté partout des traces d’un vandalisme systématique : les destructions accomplies par l’ennemi n’ont, la plupart du temps, aucune utilité militaire. Nos aviateurs ont signalé que les ruines historiques du château de Coucy avaient été détruites par une explosion.

En évacuant Noyon, l’ennemi a emmené de force cinquante jeunes filles.

L’armée anglaise a occupé 14 nouveaux villages.

Bombardement réciproque sur le front belge. Canonnade accrue sur le front italien.

Progrès de nos troupes en Macédoine autour de Monastir, où nous avons fait 1200 prisonniers.

Le gouvernement américain a demandé l’envoi d’une mission française aux Etats-Unis pour l’instruction des étudiants. M. Wilson a décidé de convoquer d’urgence le Congrès.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 23 février 1917

Louis Guédet

Vendredi 23 février 1917

895ème et 893ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps de brouillard et de brume. Audience civile ce matin, peu de choses. En rentrant je trouve ma fidèle Adèle toute décomposée se trouvant mal. La pauvre fille est à bout de forces et en a comme nous tous assez. Je lui conseille d’aller se reposer quelques jours, et si cela n’allait pas mieux de rester dans sa famille, mais elle ne veut rien entendre, elle nous est vraiment attachée. Cela n’a pas été sans me bouleverser. Il ne me manquerait plus qu’elle, je ne sais comment je ferais sans domestique, moi qui suffit à peine à ma tâche, m’occuper de mon intérieur serait le comble. Déjeuner chez Marcel Heidsieck, causé d’un tas de choses, mais rien de saillant ! On est ans l’attente. Ce qui est fort énervant et désagréable ! Rentré à 2h pour voir ma dévouée domestique qui va mieux. Je crois qu’avec un peu de ménagement elle pourra rester, mais comme elle me disait : c’est si lent et puis tout ce que nous avons passé avec Monsieur depuis 30 mois il faut bien que cela se paye !! Elle a raison ! Mon tour viendra aussi où je serai usé, et je tomberai ! sans force, heureux encore si je n’y reste pas ! Enfin il faut que tous les ennuis, soucis, peines, douleurs, misères, etc… nous arrivent.

Ma pauvre chère femme est aussi à bout ! Et puis Robert vient de lui écrire qu’on allait bientôt envoyer les récupérés au front. Vous jugez d’ici les angoisses de la Mère !… Rien ne nous aura été épargné !… Tandis que d’autres… !! Je bondis, je suis outré quand je songe à cela !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Idem.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 23 février

En Belgique, des patrouilles allemandes qui tentaient d’aborder nos lignes près de Roode-Port (nord-est de Nieuport), ont été dispersées par nos feux. L’ennemi a subi des pertes.

Lutte d’artillerie assez vive sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur de la côte du Poivre. Notre artillerie a pris sous son feu et dispersé un détachement allemand qui sortait de Béthincourt (rive gauche de la Meuse).

Activité d’artillerie sur tout le front de Macédoine. Action de patrouilles près de Serés et sur le front de Makukowo. Un raid sur Brest, près du lac Doiran, a permis de faire des prisonniers. Deux contre-attaques ennemies sur le même point ont été repoussées.

L’aviation a été très active. Elle a livré plusieurs combats heureux et réussi des bombardements sur les colonnes ennemies, près de Melnik.

Les Anglais ont repoussé des tentatives de raids effectuées par les Allemands à l’est de Vermelles et au sud de Neuve-Chapelle. L’ennemi a subi de nombreuses pertes et laissé des prisonniers entre nos mains. L’artillerie a montré de part et d’autre son activité habituelle, notamment au nord de la Somme et au sud d’Ypres.

Les Russes ont arrêté de fortes colonnes ennemies qui les attaquaient dans le secteur de Dorna-Vatra.

Echec autrichien sur le plateau d’Asiago (front italien).

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Nieuport

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Mercredi 17 janvier 1917

Louis Guédet

Au mercredi 17 janvier 1917 858ème et 856ème jours de bataille et de bombardement

Rentré tout à l’heure par la neige. Elle tient et les chevaux pour me ramener de Pargny avaient du mal à avancer. Passé 5 jours à Paris, fort fatigants, étant pris par quantité de monde. Dîné ou déjeuné chez les Guelliot, Français, Thomas, Jolivet, assisté au mariage de Marcel Heidsieck, dont j’ai signé le contrat avec Me Panhard, notaire à Paris 4, rue Rougemont, ce dernier charmant avec moi, par extraordinaire partagé les bureaux avec moi, chose que les notaires de Paris ne font jamais. Beaucoup de veuves à ce mariage. La famille Heidsieck très affectueuse avec moi. Le Dr Guelliot m’a conté les souffrances de Joseph Krug, qui avec 5 de ses camarades prisonniers, et officiers comme lui, ont été enfermés pendant 6 mois dans une casemate sans lumière, avec juste un soupirail pour aérer, couchant sans couverture sur le plancher, n’ayant jamais une goutte d’eau pour se laver !

L’officier qui lui avait dit cela, évadé d’Allemagne récemment, lui a aussi conté que Krug et lui avaient vu Garros, l’aviateur, promené dans le camp torse nu et une corde au cou, tiré par un soldat allemand, hué, souffleté par la meute allemande qui lui crachait au visage, et le couvrait d’immondices ! Et dire que nous prenons tant de précautions avec nos prisonniers.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

17 janvier 1917 – Depuis le vendredi 12, on entend, au loin, une très forte canonnade.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 17 – Nuit tranquille en ville. Canonnade sourde au loin. Neige abondante, 0,15 cm – 2°. Visite de M. Péchenard, frère de M. le Doyen d’Attigny qui nous donne quelques détails sur les Allemands. Au repos, peu nourris, affalés ; rappelés en lignes, pleins d’énergie et mieux nourris. A Attigny, ils logent au presbytère. Son frère et lui se parlent peu. En septembre 1915, ils ont bien cru, à la Bataille de Champagne, reculer. Ils avaient (ceux de l’arrière) reçu ordre de faire leurs bagages et de se tenir prêts à partir*. A 4 h. du matin, contre-ordre : « Débouclez vos malles ; nous tenons » (Nous, c’est-à-dire les Allemands).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
* Comme il l’avait déjà fait le 25 décembre 1916, le Cardinal fait allusion au baptême de Clovis et au baptistère. Qu’a-t-il écrit à Monsieur Lavisse sur celui-ci ? Il serait intéressant de rappeler sa thèse, antérieure à toutes les fouilles et à leurs interprétations.

Mercredi 17 janvier

La lutte d’artillerie s’est poursuivie assez vive dans la région de la Somme, ainsi que sur le front nord-est de Verdun et en Lorraine.
Un coup de main exécuté par nous, sur les tranchées ennemies à l’est de Vic-sur-Aisne a pleinement réussi.
Sur le front belge, légère activité d’artillerie dans les régions de Dixmude et de Steenstraete, assez intense vers Hetsas.
Sur le front italien, dans le Haut-Cordevole, l’ennemi a fait exploser une mine très puissante sous la position de Cengia-Martini, mais nos alliés, par leurs travaux de contre-mine ont rendu cette explosion sans effet de leur côté. Au contraire, la galerie creusée par les Autrichiens s’est écroulée, entraînant des pertes sensibles parmi leurs troupes. La neige tombe abondamment dans la zone montagneuse du Trentin.
Violents combats en Roumanie, au sud-est de pralea, au sud du confluent de la Kassina et du Trotus.
Les Russo-Roumains se sont avancés de deux kilomètres au sud de Pralea. Ils ont rejeté deux attaques ennemies. On combat autour de Vedeni.
Le gouvernement suisse a rappelé une partie de ses troupes. Trois de ses divisions sur six sont désormais mobilisées.
La Grèce a cédé une fois de plus aux réclamations de L’Entente dont elle déclare accepter les clauses sans aucune restriction. Elle libérera tout de suite les venizelistes.
L’amiral américain Dewey, le héros de la bataille navale de Manille, est mort.
Les gouvernements alliés ont remis à la Suisse et aux royaumes scandinaves des réponses aux notes par lesquelles ces états s’associaient à la récente démarche de M. Wilson.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

vic-sur-aisne

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Mercredi 6 décembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 6 décembre 1916  Saint Nicolas

816ème et 814ème jours de bataille et de bombardement

6h  Temps de brume et brouillard. Froid. Très occupé comme toujours au moment de m’absenter d’ici. Déjeuné chez M. et Mme Paul Camuset, Albert Benoist, Charles et Marcel Heidsieck, Abbé Camu et Hanrot. Causé des événements et des bruits du Comité Secret. Joffre serait nommé Maréchal de France et Généralississime ! mais remplacé par le Général Nivelle. Castelnau envoyé (?) en mission ? Klotz (Louis-Lucien Klotz, ancien Ministre des Finances (1868-1930)) remplacerait aux Finances Ribot (Alexandre Ribot 1842-1923), trop âgé, et Herriot (Édouard Herriot 1872-1957), maire de Lyon, Sembat (1862-1922) aux travaux publics ! un médecin !! Toujours du gâchis.

En attendant les allemands prennent Bucarest, etc…  et la Grèce va nous tirer dans le dos ! Gâchis. Que sortira-t-il de tout cela ?? En me trouvant dans cette maison de la rue de Talleyrand, intacte avec tous ses meubles et ce confort, j’en avais les larmes aux yeux et le cœur serré, en songeant à ma chère aimée et à mes petits qui souffrent sans foyer, sans abri, sans maison, et moi réfugié sous un toit étranger. Toutes les amertumes m’auront été prodiguées ! Qu’ai-je donc fait pour être ainsi paria, et voir mes aimés souffrir. Je suis donc un maudit.

Je pars demain matin pour Paris, à 5h1/4, avec Marcel Heidsieck…  Je suis si triste ! si triste que j’ai peur d’un malheur ! Lequel ? Est-ce que je n’ai pas subi mon compte ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

victor_goloubew

Victor Goloubew

Mercredi 6 – + 2°. Nuit tranquille pour la ville ; mais tir très fréquent toute la nuit de mitrailleuses ou de grenades. Visite du Général Brisse de Ludes et de deux officiers dont l’un de marine avec M. Goloubew. Visite du Major Rabasse apportant photographies des Mesneux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

En savoir plus sur le M. Goloubew


Mercredi 6 décembre

Une petite attaque allemande, dirigée contre nos positions au nord du village de Vaux, a complètement échoué sous nos feux de mitrailleuses. Nous avons fait des prisonniers.

Activité moyenne d’artillerie sur divers points du front.

Dans les secteurs belges, canonnade autour de Ramscapelle, de Dixmude et de Steenstraete. Les Belges ont pris des groupements ennemis sous leur feu, au nord de Dixmude.

Les Italiens ont repoussé une offensive autrichienne près de Gorizia.

Sur le front russe, canonnade. Dans les Carpates boisées, l’ennemi a attaqué une hauteur au sud de Voronejka à l’aide de son artillerie lourde. Les troupes russes ont dû reculer.

Continuation des combats en Moldavie (vallée du Trotuj et vallée du Doftiany). Les Russes ont occupé une série de collines que les Austro-Allemands ont immédiatement essayé de reprendre.

En Valachie, les Roumains reculent sur les voies Targovistea-Ploesci et Tritu-Bucarest. Leurs tentatives pour arrêter l’ennemi ont échoué et les Allemands ont pris Bucarest.

La crise anglaise est complète: après M. Lloyd George, M. Asquith a démissionné. M. Bernard Law et, ensuite, M. Lloyd George ont reçu mission de former un cabinet.

Le gouvernement de Salonique a protesté contre le guet-apens d’Athènes.

Source : La guerre au jour le jour

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Mardi 28 novembre 1916

Louis Guédet

Mardi 28 novembre 1916

808ème et 806ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps brumeux, surtout la neige, froid glacial. Déjeuné chez les Abelé dans leurs caves, avec Charles Heidsieck. Marcel Heidsieck et M. (en blanc, non cité), parlé de choses et d’autres, des événements, de la Roumanie, de la crise ministérielle. Marcel Heidsieck disait que Poincaré avait été très mal reçu par les soldats aux tranchées qui lui envoyaient des pierres, résidus, etc…  et réclamant Briand, alors que l’on voudrait déboulonner Briand. On dit…  qu’est-ce qu’on ne dit pas. Tout cela est fort triste, de plus les anglais prépareraient une grande attaque dans le nord pour soulager la Roumanie. Attendons, mais quand verrons-nous la fin de tout cela.

A deux heures simple police, rien de saillant, sauf que mon brave Commissaire Speneux dit qu’il a été malmené par le Procureur, chose que j’ai difficile à croire, et que maintenant il ne dira plus rien à l’audience, et qu’il ne demandera plus que l’application de la loi. Il fera bien et s’il croit m’embarrasser il se trompe, sa mauvaise humeur et celle de Palliet (né en 1859 et décédé à Nice en 1939) se passeront. En tout cas je suis débarrassé des procès honteux que l’on m’envoyait. On me dit que Colas et Girardot partiraient, suite de l’affaire Goulden et de la mienne. Bon voyage si cela est vrai.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 28 – Nuit silencieuse. + 2°. Journée silencieuse sauf quelques coups de canons.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

AMardi 28 novembre

Canonnade habituelle sur divers points du front de la Somme et du secteur Douaumont-Vaux. Un groupe de nos avions a bombardé dans la nuit du 26 au 27 novembre les terrains d’aviation de Guizancourt et de Marigny. Les projectiles ont porté au but. Le front britannique est relativement calme, hormis une certaine activité d’artillerie de la part de nos alliés, vers la Bassée. Sur le front de la Cerna, une contre-attaque bulgare, lancée sur les positions serbes, dans la nuit du 26 au 27, a été repoussée avec des pertes sanglantes pour l’ennemi. Au nord de Monastir, la lutte d’artillerie se poursuit, violente, de part et d’autre. Les zouaves ont pris la cote 1050, à l’est de la route de Prilep. A notre aile gauche, les troupes italiennes continuent à progresser dans la région montagneuse de Dchovo. Les Roumains ont perdu une partie de la vallée de Wede, affluent du Danube. Mackensen a occupé Alexandria, à 80 kilomètres au sud-ouest de Bucarest, tandis que Falkenhayn s’avance de Rymnik sur Curtea de Arges, en franchissant la vallée du Polog. La lutte a repris, assez violente, en Dobroudja. Canonnade sur le front italien, dans les secteurs du Trentin et du Carso.

Source : La guerre au jour le jour

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Dimanche 22 octobre 1916

Louis Guédet

Dimanche 22 octobre 1916

771ème et 769ème jours de bataille et de bombardement

5h3/4 soir  Il a gelé très fort cette nuit dernière. Très beau temps mais fort froid toute la journée. Voilà les feuilles complètement gelées, voilà l’hiver, ce qui n’est pas sans m’attrister et me serrer le cœur.

Messe de 7h ce matin. Travaillé, vu mes procès de simple police, rien que du normal, sauf le procès pour pains de fantaisie, mais l’arrêté préfectoral n’a pas été affiché. Charles Heidsieck est venu me voir vers 9h1/2 et est resté fort longtemps à causer avec moi. Il est enchanté du mariage de son fils Marcel. Son fils Georges a été à Combles (village de la Somme, centre de résistance allemand, pris le 26 septembre 1916 par le 73ème RI de Georges Heidsieck) et en ce moment à l’arrière, ayant la dysenterie. Christian a échoué à son examen d’aspirance à cause d’une maladresse d’un de ses camarades qui, déjeunant avec lui dans un restaurant, s‘est mis à « déblatérer » contre les instituteurs, or un des officiers de Christian justement instituteur a entendu les propos de son ami. Bref, « recalé ». Il m’a quitté vers 11h, je dois déjeuner avec lui demain.

Cet après-midi poussé jusqu’au parc de La Haubette pour voir Dupont-Nouvion, avocat, afin d’avoir son avis sur l’application de la loi du 6 octobre 1916 relative à la culture des terres abandonnées, afin de savoir ce que je dois répondre au Maire de Perthes au sujet de mes fermes de Perthes et de Sapignicourt qui sont abandonnées par mon fermier mobilisé, et ses père et mère cautions. Vu Texier, causé, et reparti par Courlancy. Causé un moment avec la Mère Ste Thérèse. Rentré, découragé, désemparé, je suis si seul, si abandonné, (rayé).

Le haut du feuillet suivant a été découpé.

…questions. En attendant, pour ne pas, (rayé)…barras, puisqu’il n’a pas affiché l’arrêté, je mettrais l’affaire en délibéré. Cela nous donnera un mois pour respirer. Pris des nouvelles en passant près de son Père de Melle Boudin qui, se promenait avec son fiancé vers les Bains froids, a été blessée assez sérieusement à la tête par un éclat de 105.

Rentré travailler et écrit quelques lettres.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 22 – Nuit tranquille. + 1°. Messe et allocution à Saint-Thomas, aux Trois Fontaines (Chapelle des Trois Fontaines) où se fait le culte paroissial depuis la dévastation de l’église. Journée tranquille et belle.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 22 octobre

Au sud de la Somme, les Allemands, après un violent bombardement, ont dirigé une attaque sur la partie sud du bois de Chaulnes que nous occupons. Repoussé partout avec des pertes sérieuses, l’ennemi a laissé entre nos mains un nombre de prisonniers assez considérable. Les attaques que l’ennemi a menées les derniers jours dans cette région ont été très meurtrières pour lui. Des fractions qui avaient réussi à prendre pied dans nos premières lignes, ont été complètement cernées. 150 Allemands survivants ont été capturés.
Les Anglais ont repoussé deux attaques sur la redoute Schwaben en faisant 84 prisonniers dont 5 officiers. Ils ont ensuite attaqué à leur tour et avec succès sur un front de 5 kilomètres entre la redoute Schwaben et le village de Sars. Ils ont avancé leurs lignes de 300 à 500 mètres et ont pris les tranchées Stuss et Regina. Ils ont capturé plus de 800 prisonniers et leurs pertes sont légères.
La neige arrête les opérations dans le Haut-Trentin.
Les Russes luttent avec acharnement sur la Narajovka.
Les Roumains ont remporté des succès dans les montagnes, mais effectué un nouveau repli en Dobroudja.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 18 octobre 1916

Louis Guédet

Mercredi 18 octobre 1916

767ème et 765ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie froide, journée maussade. Déjeuné avec Marcel Heidsieck (Marcel Heidsieck (1883-1975), épousera à Paris le 16 janvier 1917 Suzanne Cuvillier (1893-1987) qui m’a annoncé ses fiançailles avec Melle Suzanne Cuvillier, fille du docteur Cuvillier (Jean Henri Cuvillier (1864-1914)), bien connu à Paris – grosse fortune – Il parait très heureux. Couru à l’Enregistrement et au Pont de Muire à la Poste pour envoyer une procuration urgente, passé au Tribunal, vu mes juges toujours charmants. M. Mathieu est convaincu que mon affaire n’ira même pas au Ministère de la Justice, car que si elle y allait ils recevraient une tape, et qu’on ne me dirait rien. Bref, çà va bien ici à Reims ou à Paris ou autres lieux. J’ai une presse excellente. Il y a (rayé) qui se ressemble s’assemble (rayé) pas au paradis. Voilà ma journée !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 18 – + 8°. Nuit tranquille. Pluie. Visite de M. le Commandant d’Orgeval

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 18 octobre

Au nord de la Somme nous avons conquis un nouvel ilot de maisons du village de Sailly-Saillisel. L’ennemi a prononcé une contre-attaque violente et a réussi à pénétrer dans quelques éléments de notre première ligne. Une contre-attaque immédiate l’a entièrement rejeté. Nous avons fait 90 prisonniers et capturé 2 mitrailleuses. L’ennemi a lancé à l’est de Belloy-en-Santerre, de nouvelles attaques qui, comme les précédentes, ont été complètement repoussées et ont subi de fortes pertes.
Des avions allemands ont lancé quelques bombes sur Amiens sans aucun résultat militaire.
Les Belges ont fait une vingtaine de prisonniers aux alentours de la Maison du Passeur.
Nos avions ont livré soixante-cinq combats; deux appareils ennemis ont été abattus, trois autres ont dû atterrir précipitamment.
En Macédoine, le duel d’artillerie continue. Il est particulièrement violent sur la rive droite du Vardar.
Les troupes serbes ont repoussé des contre-attaques sur la Bela-Voda et la Cerna.
Succès italiens au Pasubio.
Les Roumains ont repoussé les attaques allemandes qui se multiplient maintenant dans les cols de la frontière.
Des manifestations contre l’Entente ayant eu lieu à Athènes à la suite d’une revue passée par le roi Constantin, et les réservistes s’étaient livrés à des excès, l’amiral Dartige du Fournet a débarqué 240 fusiliers marins qui ont pris possession du théâtre. En même temps il exigeait et obtenait du cabinet Lambros des mesures propres à nous assurer le contrôle de la police et des voies ferrées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 31 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 31 août 1916

719ème et 717ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  La tempête a cessé cette nuit, beau temps chaud avec brise. Le calme. Journée monotone. Déjeuné en cave chez M. Henry Abelé, 48, rue de la Justice, avec l’abbé Pierre Abelé en civil, actuellement aux armées, à (?!), de Bruignac adjoint au maire, Abbé Camu Vicaire Général, M. Lartilleux et Marcel Heidsieck. Rien d’intéressant. Rentré chez moi après avoir passé à la Ville, sur mon chemin tout triste tout désemparé, de plus en plus. Il y a 2 ans je prenais le chemin de ce calvaire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Nuit tranquille. Pluie continuelle. Mitrailleuses au loin. Journée tranquille. Bombes dans la matinée sur batteries. Visite aux Frères à Courlancy et à Rœderer.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 31 août

Sur le front de la Somme, activité moyenne d’artillerie. Le mauvais temps continue.
En Lorraine, dans le secteur de Reillon, des détachements ennemis ont, par deux fois, tenté d’approcher nos lignes; nos tirs de barrage les ont repoussés.
L’artillerie tonne sans discontinuer sur tout le front de Macédoine où l’on ne signale, toutefois, aucune opération importante.
les Italiens, au cours d’avances partielles sur le Haut-Boite et dans les Alpes de Fassa, ont capturé un certain nombre de prisonniers.
Les Russes ont progressé dans les Carpates boisées, à la frontière hongroise, et fait plusieurs centaines de prisonniers en Asie Mineure.
L’avance roumaine est générale à l’ouest des Alpes transylvaines et sur le bas Danube.
Les ministres de l’Entente ont fait une démarche à Athènes, auprès de M. Zaïmis.
Un meeting sur l’entrée en guerre de la Grèce a eu lieu à Salonique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 12 juillet 1916

Louis Guédet

Mercredi 12 juillet 1916

669ème et 667ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Nuit pénible, hier soir comme je lisais tranquillement dans mon lit à 9h55, un hurlement, un sifflement de sirène, un obus éclate, débris, plâtras, pierres, etc…  retombant sur le toit. Paré encore un ! Heureusement rien dans la maison. Habillement Loty (à vérifier). Descente à la cave. Cela siffle et éclate un peu partout. Ce sont de vrais morceaux de 150 pour le moins. Incendie rue Chanzy au 98 chez les Sœurs de l’Espérance. Bref nous restons en cave jusqu’à minuit. Notre canon a tonné formidablement. Je me couche à moitié habillé, brisé. Je dors mal et me réveille le matin brisé.

Il y a de nombreuses victimes aux alentours. Aux Longuaux (Parisiens (cantonnement de soldats)) 7 ou 8 tués, 3/4 blessés, chez Dorigny, chaussée du Port (boulevard Paul-Doumer depuis 1932) 1 tué, 3 blessés et tout à l’avenant dans toute la Ville. Tir rectiligne comme un barrage, de la rue Jeanne d’Arc à la rue de Venise en passant rue Clovis. Toutes les bombes sont tombées entre ces rues et la rue des Capucins et la rue Chanzy. Rue St Symphorien une pauvre fille Melle Gobinet assise sur le lit de sa mère âgée de 95 ans est tuée avec la bombe et la bonne vieille n’a rien !!

Journée de fatigue et un peu « d’hébétitude » suite au bombardement. Il parait que nous avons pris un petit poste vers Linguet Cernay. Je…

Le bas de la page a été découpé.

Couru toute l’après-midi pour des courses. Vu aux hospices civils Camille Lenoir notre député qui m’a dit qu’il avait fait mon éloge dernièrement à Paris dans une réunion de…  Marnais…  En tout cas je lui ai répondu que j’étais heureux d’avoir été utile ici si on le croyait.

Vu Marcel Heidsieck, et rentré à 8h1/2 du soir éreinté. Demain ouverture du 50ème et quelque coffre-fort, et après-demain 14 juillet on fait le pont !! du vendredi au samedi ! Voilà donc 3 jours bien longs à passer ! Pourvu que les allemands nous laissent tranquille ! Que je suis las !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 12 – Journée assez tranquille. Projet de voyage à Paris. Le médecin déclare qu’il ne peut me guérir. Il conseille l’électricité qu’on ne peut m’appliquer à Reims, et veut m’envoyer à Paris. Tout le monde de la maison se joint à lui pour m’amener à consentir : par déférence je finis par céder. Gros sacrifice.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 12 juillet

Notre front, sur les deux rives de la Somme, a été calme. Le chiffre de nos prisonniers, au cours des deux derniers jours, est monté à 1300.
Activité d’artillerie sur la rive gauche de la Meuse.
Sur la rive droite, les Allemands, après avoir encore intensifié leur bombardement, ont donné une série d’assauts à nos lignes. Plusieurs fois repoussés et décimés, ils ont pris pied finalement dans la batterie de Damloup et dans le bois Fumin.
Un coup de main ennemi a échoué à l’ouest de Pont-à-Mousson.
En Lorraine, à l’est de Reillon, les Allemands ont pénétré sur 200 mètres dans notre première ligne. Une autre de leurs tentatives a échoué au nord-est de Vého.
Dans les Vosges, ils ont été arrêtés au sud de Lusse tandis que nous faisions une opération heureuse au nord de la Fontenelle.
Les Anglais ont attaqué et pris Contalmaison, où ils ont capturé 189 Allemands. Ils y ont aussitôt repoussé une contre-attaque. Ils ont ensuite occupé la plus grande partie du bois Mametz, où ils ont enlevé un gros obusier, 3 canons et 296 hommes.
Ils ont repris la presque totalité du bois des Trônes, en sorte que sur un front de 13 kilomètres, les positions ennemies sont tombées en leur possession. Le chiffre total des prisonniers qu’ils accusent est de 7500.
Les Autrichiens ont fait revenir des renforts dans le Trentin.
Nos escadrilles de bombardement ont jeté 220 obus sur diverses gares, notamment Ham, la Fère et Chauny.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Jeudi 22 juin 1916

Louis Guédet

Jeudi 22 juin 1916

649ème et 647ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps chaud d’été. Déjeuné chez Henri Abelé rue de la Justice dans ses caves avec l’abbé Camu vicaire général, curé de la Cathédrale. Becker agent de change et sa fille. Marcel Heidsieck. Causé de choses et d’autres, rien appris d’intéressant. A 2h audience réquisitions militaires. Attrapade entre Dupont-Nouvion, avocat, et Racine, sous-intendant militaire. autre affaire : (rayé) maréchal ferrant, qui ne veut rien entendre par parti pris et raseur : il s’agissait d’une différence de 1 F sur une réquisition…

Le bas de page a été découpé.

…Après l’audience, mis au courant Racine de toutes les cabales lancées contre lui. Il m’est très reconnaissant de l’avoir prévenu. Non je ne pouvais laisser ce malheureux sous-intendant, qui sait ce qu’il veut, traité et arrangé de cette façon par la Camarilla (péjoratif : nom donné à un groupe d’hommes qui dirigent les actes d’un gouvernement par l’intrigue ou la cabale) des Dupont-Nouvion et autres, Président Hù, juges, Régnier sous-préfet, Lallier, officier d’ordonnance du Général Commandant la Place, etc…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 22 – + 14°. Nuit tranquille ; beau temps. Crise de rhumatisme. Journée tranquille pour Reims.. Visite du Colonel du 220(1) (originaire de l’Ariège)(2) qui était aux messes des Caves Mumm et de l’Enfant-Jésus. Écrit et expédié carte de 20 mots aux Archiprêtres des Ardennes. Aéroplanes, tirs contre eux, vers 6 h.

(1) Le 220e RI était recruté à Montauban et Marmande
(2) voir dans les commentaires : ce serait le colonel Clanet
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 22 juin

Au sud de la Somme, devant Drancourt, un détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes, a été dispersé à coups de fusil.
Au nord-ouest de Reims, les Allemands, après avoir fait sauter deux mines, ont prononcé une attaque sur nos tranchées, à la cote 108 (sud de Berry-au-Bac). Enrayée par nos tirs de barrage, cette tentative a subi un échec complet.
Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque allemande, dirigée contre les tranchées conquises par nous au sud du Mort-Homme, a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite, après un bombardement violent par obus de gros calibre, qui a duré toute la journée sur la région cote 320 bois du Chapitre et du Fumin-le-Chenois, les Allemands ont attaqué nos positions à l’ouest et au sud du fort de Vaux. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont, par deux fois, brisé les assauts de l’ennemi qui a enregistré de lourdes pertes.
Duel d’artillerie sur le front belge. Nos groupes de bombardement ont lancé 210 obus sur la gare d’Arnaville et 276 sur les établissements militaires de la gare de Metz.
Des bruits de crise ministérielle continuent à circuler à Athènes. Le roi a mandé M. Zaïmis, ancien président du Conseil au palais.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mardi 12 octobre 1915

Louis Guédet

Mardi 12 octobre 1915

395ème et 393ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Du canon toute la nuit, matinée tranquille, une conciliation avortée, le débiteur étant de mauvaise foi (M. Auberge (commerçant né à Marseille en 1866)). Je travaille mais c’est la guerre je ne paierai pas ! Voilà la thèse courante et à 11h1/2, comme je me disposais à aller déjeuner chez M. Henri Abelé 2 obus (shrapnels) vers la rue du Barbâtre. Déjeuné dans la cave de M. Henri Abelé avec Mme Henri et Louis Abelé, Abbé Landrieux, curé de la Cathédrale, Albert Benoist, Docteur Simon, Marcel Heidsieck, Lesecq chef de caves. A 2h1/2 on vient nous dire que des aéroplanes français se dirigent vers les lignes allemandes, nous prenons congé pour aller voir, mais ils étaient déjà disparus. Je me dirige avec le Docteur Simon vers sa maison et mon refuge quand boulevard Lundy, rue Linguet, nous entendons un bourdonnement continu, comme si une immense ruche d’abeilles se dirigeait vers nous. C’étaient nos aéroplanes qui nous revenaient, ils n’avaient pas été longtemps parti, il était 3h1/4, ils étaient 19, c’était un bien joli spectacle !! Tous ces avions revenant en bande, poursuivis par 3 avions allemands, en bonds dispersés, allant, venant pour certains comme le chien du berger qui surveille ses brebis. C’était impressionnant et magnifique, de grandeur, de crainte qu’ils ne se fassent atteindre, nous étions là, fascinés par ce beau spectacle.

Repassé par le Palais de Justice, rencontré M. Creté, juge qui me reconduit jusqu’à la rue des Capucins. Nous nous disons au revoir pour demain ma prestation de serment. En rentrant, 2 ou 3 obus aux environs. C’est tout.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

À 14 h 45, un ronflement de moteurs qui augmente insensi­blement d’intensité et devient considérable, nous fait quitter pen­dant quelques instants le bureau. Du perron de l’hôtel de ville, nous voyons s’avancer en plusieurs lignes, une escadrille de vingt-trois aéros partant en expédition. Elle se dirige vers le nord-est, et, sur un signal donné par une fusée tombée de l’un d’eux, les appa­reils se dispersent et accélèrent l’allure.

Vingt minutes après, ils commencent à repasser ; nous en comptons dix-huit — ensuite des sifflements se font entendre et une dizaine d’obus arrivent en ville.

Le lendemain 13, nous apprenons, par le communiqué, qu’une escadrille de dix-neuf avions a lancé cent-quarante bombes sur la gare de Bazancourt où des mouvements étaient signalés.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Carte allemande

Carte Allemande


Cardinal Luçon

Mardi 12 – Nuit tranquille pour la ville. 11 h. 1/2, 3 bombes sifflantes. 2 h. 1/2 passage de nombreux aéroplanes, ronflant ensemble magnifique­ment, comme un orgue, sur la ville.

Un 20e allant au Nord. Revenant après 1/2 heure à peu près.

Reçu la brochure allemande, en réponse au volume de Mgr Baudrillart.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 12 octobre

Progrès sensibles de nos troupes à l’ouest du chemin de Souchez à Angres, dans la vallée de la Souchez et à l’est du fortin du bois de Givenchy.
Nous gagnons du terrain sur les crêtes de la Folie. Cent prisonniers appartenant à la garde sont restés entre nos mains.
En Champagne, nous avons progressé au nord-est de Tahure et enlevé un ouvrage allemand au sud-est du village, près du ravin de la Goutte. Nous avons capturé 108 prisonniers, dont deux officiers.
Notre artillerie contrebat efficacement l’artillerie allemande.
Canonnades aux Eparges, au bois Le Prêtre, à Reillon en Lorraine, et dans les Vosges, à Steinbach et près de Thann.
Les renseignements recueillis par l’état-major britannique prouvent que l’échec subi par les Allemands au sud du canal de la Bassée a été des plus sérieux.
L’offensive russe s’accentue en Bukovine. L’action entre les armées austro-allemandes et serbes se déploie sur un très vaste front le long du Danube, du Drin et de la Save. Les Serbes ont repoussé victorieusement les agresseurs.
Le courant de l’opinion italienne se manifeste de plus en plus énergiquement en faveur d’une intervention dans les Balkans.
Les partis roumains favorables à la Quadruple Entente demandent une réponse à M. Bratiano au sujet de l’opportunité d’une mobilisation générale.
M. Viviani, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères par intérim, a fait une déclaration à la Chambre sur la question d’orient. Il a dit que la Russie associerait son ac
tion militaire à la nôtre.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 19 septembre 1915

Louis Guédet

Dimanche 19 septembre 1915

372ème et 370ème jours de bataille et de bombardement

6h matin  Canon toute la nuit et ensuite à 4h le bouquet, nos batteries en face de nous vers les casernes de cavalerie et le Champ de Grève ont canonné furieusement pendant 1/2 heure, avec un intervalle de quelques minutes seulement entre chaque 1/4 d’heure, c’était à ne pas s’entendre, il fallait crier pour s’entendre causer. A toute éventualité nous nous sommes levés et habillés, mais à 4h3/4 comme tout se taisait nous nous sommes recouchés. Je n’ai pu me rendormir. Les allemands n’ont pas répliqué, mais gare dans la journée ou la nuit prochaine.

6h soir  Déjeuné chez Marcel Heidsieck avec M. Louis de Baillencourt sous-lieutenant au 27ème d’artillerie, à Berry-au-Bac, fils de M. et Mme de Baillencourt, cette dernière sœur de M. Charles Heidsieck, tous deux restés à Douai ! avec leur dernier fils. Peu ou pas de nouvelles d’eux. Ce jeune homme nous disait que cette semaine on essaierait une offensive générale. Que Joffre, Foch, Pétain et de Castelnau auraient préféré ne la tenter qu’au printemps prochain ! Aussi les avis sont fort partagés sur la réussite ou non de cette attaque. Ce serait pour cette semaine, pour ces jours-ci. Il nous a prévenus que nous aurions une musique terrible. Dieu nous protège et nous donne la force de résister à cette épreuve et que ce soit la dernière ! On est si las ! Joffre était bien passé à Reims avant-hier vendredi 17.

Il nous contait les défections, ou plutôt les trahisons du Général Fournier à Maubeuge, s’il avait résisté seulement 3 jours de plus, on se battrait sur la ligne St Quentin, Douai, Hirson et notre région n’aurait jamais vu un allemand. Celle du Camp-des-Romains (près de Saint-Mihiel, dans la Meuse) dont le fort était commandé par un officier d’origine allemande et ayant encore des attaches en Allemagne (en janvier 1920 une commission d’enquête statuera sur le comportement des défenseurs et conclura qu’ils ne méritent aucun blâme ni aucun éloge). Tout cela est fort triste. Il y a eu aussi une défection pour les Hauts de Meuse ! Quitté à 2h1/2, il devait être rentré ce soir, l’ordre de combat était donné pour être prêt à toute éventualité. Rentré chez moi, fini mon courrier à 5h, quelques obus assez proches qui nous ont obligé à descendre à la cave pendant 1/2 heure. Pourvu que la nuit soit calme. Je suis si las, et vraiment on résiste moins bien qu’au début. Et puis un bombardement de nuit est si triste, si pénible. Pourvu que cet effort réussisse et que nous n’en ayons pas à souffrir. Nous avons suffisamment payé notre tribut.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

19 septembre – Démonstration formidable d’artillerie, déclenchée à 4 heures précises ce matin ; elle a duré une demi-heure.

  • Notre malheureux oncle Simon n’a pas survécu aux graves blessures qu’il a reçues le 1er septembre.

On l’avait transporté dernièrement, de l’infirmerie de la mai­son de retraite à l’hôpital civil. Lorsque je m’y suis présenté aujour­d’hui, croyant lui faire visite, comme tous ces jours-ci, dans la salle Hourelle où il occupait le cinquième lit à gauche, et qu’aussitôt la porte ouverte je vis sa place vide, je compris et fus infiniment pei­né. Son corps était déjà installé dans un des bâtiments servant de dépositaire, vers la rue Pasteur et c’est là que je pus passer quel­ques moments auprès du cadavre de ce bon vieillard de 84 ans qui après une existence tranquille, exempte de toute agitation, semblait devoir être assuré d’une mort paisible.

– A 16 h ½, commence un bombardement sérieux

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 19 – Anniversaire de l’Incendie de la Cathédrale. Messe rue du Couchant ; allocution. Nuit 18-19 tranquille jusqu’à 4 h. sauf, de temps en temps, canonnade de gros calibre. Voir revue Remo-Ardennaise.

À 4 h. canonnade simultanée de beaucoup de pièces pendant une demi- heure. On dit qu’elles tiraient de « La Malle (1) » sur Bazancourt Gare. Che­min de Croix avec le Clergé à la Cathédrale à 4 h.

À 5 h. bombes et canonnade violente.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) Il s’agit du château de la Malle à Courcelles-Sapicourt et de pièces d’artillerie lourde sur voie ferrée.


 

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Dimanche 19 septembre

Combat d’artillerie en Belgique, près de Lombaertzyde. Nos batteries détruisirent deux observatoires.
En Artois, l’efficacité de nos tirs sur les mitrailleuses et les lance-mines est constatée en plusieurs points.
Près de Roye, lutte de grenades et fusillade accompagnée d’actions d’artillerie.
Au nord de Berry-au-Bac, nous enlevons un petit poste ennemi.
En Champagne, nous avons violemment canonné les bivouacs de nos adversaires.
A Chaillon (nord-est de St-Mihiel), nous avons abattu un ballon captif allemand. Devant St-Mihiel, notre artillerie a coupé le grand pont, un pont de bateaux et trois passerelles. Canonnade dans les Vosges, au Ban-de-Sapt et au Violu.
Le communiqué belge signale un bombardement actif d’Oostkerke à Nieucappelle.
Aux Dardanelles, on ne mentionne qu’une lutte de mines qui s’est terminée à notre avantage.
L’attaque allemande, au front russe, se fait plus pressante vers Dwinsk et Riga. Mais nos alliés accentuent, de leur côté, leur offensive en Volhynie et en Galicie : ils ont capturé quelques centaines d’hommes.
Il est avéré que l’incendie du paquebot Sant’Anna, qui avait 600 passagers à bord, est dû à des menées
criminelles des Allemands.

Source : la Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 17 septembre 1915

Louis Guédet

Vendredi 17 septembre 1915

370ème et 368ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Nuit calme, journée calme, température lourde et orageuse. Ce matin audience de justice de Paix, conseil de famille des enfants de mon pauvre ami Mareschal, conciliation, etc…  jusqu’à 11h3/4. Eu à déjeuner Marcel Heidsieck, causé longuement. Terminé mon après-midi à faire mon courrier. Voilà ma journée. Pas de nouvelles de ma femme. J’espère en avoir demain. Peu de canon au lointain, on « ragote » toujours sur la marche en avant qui, comme Marlborough, ne vient jamais. Je crains bien que nous n’en ayons encore pour l’hiver et le printemps prochain. Ce n’est guère encourageant.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

17 septembre – Fait un tour en ville, de 13 h à 14 h et rencontré en tout et pour tout deux personnes ; les rues sont désertes, les magasins fermés. Il y a lieu de supposer que bien des gens sont terrorisés à l’avance, dans l’attente du « grand coup » dont on parle sans cesse.

  • Certains Rémois s’émeuvent et tous s’étonnent que des travaux de défense de la ville soient seulement exécutés à cette époque. Des tranchées sont creusées aux arènes du sud et du côté de la butte Saint-Nicaise ; des réseaux de fils de fer interdisent tout accès direct du faubourg vers le cimetière, dont les murs viennent d’être crénelés, des chevaux de frise ont été posés et un seul pas­sage existe maintenant pour sortir de la rue Dieu-Lumière. Le boulevard Henri-Vasnier est fermé par une barricade, à hauteur de la maison Pommery.

On trouve pour le moins anormales, plutôt inexplicables, ces mesures de protection bien tardives, venant seulement après une année pendant laquelle les Poilus ont réussi à maintenir les Alle­mands devant Reims, mais notre point de vue de civils — forcé­ment limité — nous permet-il de voir exactement les choses, dans l’ignorance où nous sommes des raisons d’ordre militaire qui ont motivé ces dispositions nouvelles.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Vendredi 17 – Nuit et matinée tranquilles. 3 h. bombes. Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 17 septembre

Tirs efficaces de notre artillerie lourde en Belgique, dans le secteur de Nieuport.
Autour d’Arras (Roclincourt, Neuville), action énergique de nos batteries en riposte au bombardement ennemi.
Lutte de mines à Frise (Somme), canonnade autour de Roye et de Lassigny, et autour de Sapigneul, sur le canal de l’Aisne à la Marne, ainsi qu’au nord du camp de Châlons.
Bombardement réciproque entre Aisne et Argonne. Lutte de bombes et canonnade à Saint-Hubert et au bois Le Prêtre, où les Allemands usent surtout de leurs lance-mines.
En Lorraine (vallées de la Seille et de la Loutre), nous effectuons des tirs de destruction sur les retranchements allemands.
Les Italiens ont arrêté toute une série d’attaques autrichiennes dans le Trentin et en Carnie.
Les Russes, reculant pas à pas vers Wilna, ont poursuivi leurs avantages sur le secteur sud du front oriental, où le chiffre des prisonniers faits quotidiennement par eux demeure très élevé.
Les Anglais avouent la perte d’un sous-marin aux Dardanelles.
La Douma russe a été prorogée au mois de novembre.
Les ministres de la Quadruple Entente ont remis une nouvelle note à la Bulgarie, afin de déterminer son intervention aux côtés des Alliés.

 

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Mercredi 15 septembre 1915

Louis Guédet

Mercredi 15 septembre 1915

368ème et 366ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Toute la nuit le canon a grondé devant Reims et vers Aubérive. Sans résultat, sans doute, comme toujours. Faire tuer des hommes un peu épars voilà la mission de nos illustres stratèges devant Reims, c’est honteux. Ce matin il pleut avec quelques éclaircies. Journée maussade qui se prépare.

Je vais à mes allocations tout à l’heure. Je repasserai rue de Talleyrand pour préparer de voir pour Jolivet demain. Je suis un peu gêné et honteux de recevoir ce brave Jolivet ici dans le bureau de mon pauvre ami, mais je ne puis faire autrement. Je m’étais cependant promis de ne recevoir personne ici tant que j’y serais réfugié, par respect pour la mémoire de Maurice. Qu’il me le pardonne !

6h1/2 soir  nuit presque blanche à cause de la canonnade devant Reims. Pluie lourde et chaude, qui passe dans la matinée. Journée calme malgré le canon lointain cette fois. Présidé les commissions d’allocations militaires à l’Hôtel de Ville, grande salle du conseil municipal, comme toujours. Cet après-midi vu Marcel Heidsieck, fils de mon ami Charles Heidsieck, venu en passant pour passer une révision de réforme provisoire à Châlons-sur-Marne. Causé longuement. Il me contait que parait-il, à Charleville toutes les usines avaient été vidées de leurs matériels et machines par les allemands. L’usine de sa grand-mère Jacquemart est démontée. S’il est encore là vendredi il dit venir partager mon déjeuner.

Voilà ma journée ainsi passée et terminée par un tour rue de Vesle jusqu’au pont tournant du canal, longé le point où sont coulées les péniches abandonnées par leurs propriétaires et remonté la rue Boulard pour rentrer dans mon refuge d’hospitalité. Peu de monde dans les rues bien entendu. Demain journée qui sera sans doute bien remplie avec Jolivet pour l’aider dans tout ce qu’il aura à faire durant sa courte apparition.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 15 – Nuit tranquille ; mais canonnade courte et violente au loin.

Item toute la matinée. Visite de M. Piel de Chercheville qui est entre Craonne et Berry-au-Bac.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 15 septembre

Lutte d’artillerie toujours vive sur le front d’Artois, au sud de la Somme (Tilloloy, le Cessier, Beuvraignes); dans le secteur de Nouvron, sur le canal de l’Aisne à la Marne vers Sapigneul et le Godat; en Champagne, au nord du camp de Châlons et sur la lisière occidentale de l’Argonne.
Au bois de Mortmare, nous avons fait cesser le feu des mitrailleuses ennemies et exécuté des tirs efficaces sur des saillants de la ligne allemande.
Canonnade encore en forêt d’Apremont, au nord de Flirey et près d’Emberménil.
Un raid de zeppelins sur l’Angleterre est demeuré infructueux. L’amiral sir Scott a été chargé de la défense de Londres contre les aéronefs.
Les Italiens ont largement progressé dans le bassin de Plezzo, sur l’Isonzo. Ils ont repoussé une attaque près de Plava.
Les Russes ont rejeté toute une série d’offensives allemandes dans les secteurs septentrionaux de leur front. Ils ont culbuté les Austro-Allemands sur le Sereth.
Le docteur Dumba, ambassadeur d’Autriche à Wahington, dont M. Wilson a demandé le rappel, s’embarquera, dit-il, prochainement pour l’Eu
rope.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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