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Lundi 25 Mars 1918

Louis Guédet

Lundi 25 mars 1918                                                       

1291ème et 1289ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps. Châlons encore terriblement bombardé. Dans une seule maison 39 victimes (Effondrement de l’immeuble du 3, rue Titon lors du bombardement aérien dans la nuit du 23 au 24 mars 1918, 42 victimes au total). Jean est parti à 6h, le pauvre enfant, que Dieu le garde et le sauve !! Je suis bien triste, bien désolé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess – Paris

25 mars 1918 – Aujourd’hui, la pièce de canon à très longue portée a com­mencé à tirer sur Paris, à partir de 7 h. On sait maintenant que c’est bien d’une distance de 120 à 130 kilomètres qu’elle envoie ses obus.

Ce nouveau genre de bombardement, qui sévit dans la jour­née, depuis le 23, a nécessité, de la part des autorités chargées du maintien de l’ordre public, la création rapide d’une troisième alerte ; celle-ci est donnée par des agents battant le tambour dans les rues. On a distribué des caisses dans les différents postes de police des quartiers et c’est ainsi — par l’alerte n° 3 — que les habitants sont prévenus que la Bertha, car on l’a déjà baptisée de ce nom, est en train d’envoyer ses projectiles.

Nous avons vu ce matin, me Censier, un gardien de la paix, rabotant si mal sur la peau d’âne, qu’on aurait cru entendre un gamin jouant pour la première fois avec ses étrennes. Il n’avait pas l’air très fier de remplir, en public, ce rôle assez grotesque d’apprenti-tapin et, ma foi, je me mettais à sa place.

Un journal humoristique n’a pas attendu longtemps, d’ailleurs, pour blaguer la trouvaille. En première page, cet illustré repré­sente, dans un dessin parfait, deux grosses commères en conver­sation, dans un faubourg, se retournant au passage d’un flic en train de jouer de la clarinette. La légende tient en deux lignes. Sur la première, un seul point d’interrogation « ? », suffisant pour faire deviner la question posée par l’une des deux femmes à sa voisine, c’est-à-dire à peu près : « Qu’est-ce que c’est que cela ? » et dessous, la réponse : « C’est l’alerte n° 32, pour les bombardements par pi­geons voyageurs ! ».

Jusqu’à présent, il n’y a cependant, officiellement, que trois alertes, et cela paraît déjà beaucoup.

Sur la fin de la journée, nous apprenons que l’autorité mili­taire ayant décidé l’évacuation totale de la ville de Reims, a, dans la nuit du 24 au 25, fait donner l’ordre à toute la population civile restante, d’avoir à partir, sans rémission, le 25 mars, pour midi.

A la suite de cette définitive injonction, le maire lui-même et l’administration municipale, après avoir tenu stoïquement, simple­ment, après avoir couru journellement et pendant trois ans et demi de réels dangers pour la sauvegarde des intérêts de leurs adminis­trés, ont dû tout abandonner…

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 25 – Annonciation – Lundi Saint – Dernière messe à Reims. Obus pleuvent dans la cour, frappent nos persiennes. Ephrem éclate en sanglots en répondant : « Ad Deum qui laetificat juventutem meam. » Fracas tel qu’on est obligé de refermer les persiennes de l’oratoire à cause des éclats et des débris qui pleuvent dans la cour. Mgr Neveux avertit le Bon Pasteur, y dit la dernière messe, enlève le St-Sacrement. M. Compant voulant aller en faire autant chez les Petites Sœurs de l’Assomption en est empêché par le bombardement. A 8 h. un camion vient enlever le mobilier pour (le wagon destiné à) Meaux. Automobile emmène nos effets accompagnés par Ephrem. A 8 h. on vient enlever le mobilier pour le wagon destiné à Meaux. A 9 h. Visite du Capitaine Linzeler. A 10 h. Visite du Général Petit. 11 h. dîner. 11 h. 45 départ des Sœurs. Midi départ de Mgr Neveux et de moi. Maison fermée. Les oiseaux des voisins étaient dans des cages dans la cour, on leur ouvre leurs cages. Le chat est mis à la porte dans la rue, malgré lui ! – Arrivée à Épernay en automobile fournie par le Général Petit. 1 h. Visite à M. le Cte Jean Chandon. Arrivée à Paris à 5 h. 30 environ. Les bonnes Sœurs vers 1 h. dans les autocars municipaux de Reims. Arrivent à Épernay et à Paris vers 8 h. soir sont bien reçues, nourries et hébergées pour la nuit à la Cantine de la gare, avec les Sœurs de l’Enfant J

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

© Archives Municipales de Reims/Bibliothèque Municipale de Reims/Collection privée Marius Poirier/BDIC Fonds Valois /Pathé Gaumont/Gallica BNF


Lundi 25 mars

Sur le front britannique, la lutte continue avec la plus grande intensité tout le long de la Scarpe.
Au sud et à l’ouest de Saint-Quentin, les troupes britanniques établies sur de nouvelles positions, ont été attaquées avec violence par l’ennemi. De puissants assauts ont été repoussés vers Jussy, avec de fortes pertes pour les assaillants.
Dans la partie nord du front de bataille, les Allemands se sont portés à l’attaque avec une extrême énergie et sans tenir compte de leurs pertes. Nos alliés ont conservé leurs positions sur la majeure partie du front, à la suite d’une lutte violente et prolongée. Les troupes ont montré une belle vaillance dans les combats qui se sont livrés sur ce front et immédiatement au sud.
L’armée anglaise est en liaison avec 1’armée française.
Nos alliés ont abattu vingt-sept avions allemands et contraint vingt autres de ceux ci à atterrir, désemparés. Ils ont jeté 14 tonnes d’explosifs sur des cantonnements et dépôts de munitions.
Sur notre front, les Allemands ont échoué dans un coup de main au sud de Juvincourt.
Lutte d’artillerie assez vive dans la région du bois Le Prêtre et dans les Vosges vers la Fontenelle et l’Hartmannswillerkopf.
Nos aviateurs ont jeté 16000 kilos de projectiles sur des établissements, cantonnements et gares de la zone ennemie, où de graves dégâts ont été constatés.
Les Anglais, en Palestine ont traversé le cours du Jourdain.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Lundi 4 Mars 1918

Louis Guédet

Lundi 4 mars 1918

1270ème et 1268ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Parti par la neige à 9h. Je quitte la maison de la rue des Capucins 52 où j’ai tant souffert, le cœur en sang. Adèle pousse la petite voiture sur laquelle j’ai mis mes valises emportant mes derniers objets et papiers, moi poussant à la roue, fouetté par la neige tourbillonnante. Dans l’autobus Lelarge et l’abbé Dupuit, curé de St Benoit, ce dernier quittant Reims. Route longue et triste, lugubre jusqu’à Épernay. Arrivé ici à 10h3/4. Je vais au Parquet ou le Procureur m’enjoint encore d’aller me reposer. Il a raison ! Je n’en puis plus ! Comme je m’accusais et que je lui disais que j’espérais qu’il ne prenait pas mon voyage à St Martin pour une défection ! Il protesta et me dit : « Vous n’y pensez pas, mon cher juge de Paix, vous avez fait plus que vous ne pouviez, que vous ne deviez, et je ne permettrais à qui que ce soit d’oser avoir semblable pensée sur vous. Je vous enjoins à nouveau d’aller vous reposer ! » – « Et attendez nos ordres ! Car il est probable que vous ne rentrerez pas à Reims qui sera évacué entièrement, même ceux avec lesquels vous pensiez rester jusqu’à la fin ! »

Je le quittais les larmes aux yeux !! J’étais brisé.

Vu de Mun, notre député au buffet de la Gare (Bertrand de Mun, homme d’affaires et politique, mobilisé comme capitaine dans un régiment de Dragons (1870-1963)), qui est fixé sur la délicatesse des Galonnés qui nous régissent !! Il songe à demander qu’on dégomme le commissaire du Gouvernement, le fameux Capitaine La Montagne, une brute méridionale de la plus belle verrue !

En attendant le train une malheureuse évacuée qui me connaissait me conta qu’avant-hier, ayant reçu l’ordre de partir aujourd’hui, et ayant son beau-père à la mort, elle alla voir cette brute de La Montagne pour le prier de l’autoriser à rester quelques jours pour assister ce moribond et veiller à ses obsèques. Ce gredin lui répondit : « Vous partez. Votre beau-père mourra bien sans vous, et on l’enterrera. Allez. Foutez-moi le camp ! (Sic) » Il n’y a pas à insister sur de tels faits.

Voilà comment le malheureux peuple rémois est traité depuis 42 mois !

J’arrive à Vitry-la-Ville et à St Martin vers 5h, anéanti, broyé, brisé, en loques. Je ne puis à peine parler.

En pièce jointe un ticket vert du Service Automobile Reims – Épernay, daté du 4 mars 1918.           Reims à Épernay        Prix : 6 francs

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

4 mars 1918 – Le défilé, à la mairie, n’a toujours pas cessé. Nous remarquons encore dans la rangée de personnes qui passent, quelques victimes des gaz. L’ensemble du spectacle est navrant.

A ce jour, il a été évacué 1 915 habitants.

La journée est calme. Vers midi, nous voyons arriver à la mai­rie, M. le ministre des Beaux-Arts, accompagné de M. Lenoir, dé­puté et du capitaine Linzeler.

Sur la fin de l’après-midi, on vient déposer à la mairie, une vingtaine d’appareils à utiliser contre les effets des gaz. Ces appareils ressemblent, comme aspect, à ceux employés pour le sulfatage, dans le vignoble.

Bombardement en arrosage, le soir.

Le communiqué reproduit aujourd’hui, sur le journal, mentionne assez longuement l’attaque sur Reims qui a eu lieu dans la nuit du 26 février au 1er mars :

Paris, 2 mars, 15 h — L’action agressive de l’ennemi s’est violemment manifestée dans la région au nord-ouest et au sud-est de Reims. En fin de journée, des forces allemandes ont tenté de déboucher sur les saillants de Neufchâtel. Nos feux, déclenchés avec précision, ont désorganisé l’attaque. Des frac­tions ennemies qui avaient réussi à pénétrer dans nos postes avancés, en ont été chassés par nos contre-attaques. A la même heure, des détachements ennemis ont tenté d’aborder nos lignes, en face de la Pompelle, mais, sous nos feux ont dû précipitamment regagner leurs tranchées de départ. Après ce dernier échec, l’ennemi a relancé une nouvelle attaque plus violente dans la même région. Malgré ses efforts répétés, il n’a pu atteindre le fort de la Pompelle. Seuls, des éléments ennemis ont réussi à prendre pied dans la partie nord d’un petit ouvrage situé à l’ouest du fort. En même temps, une tentative ennemie, plus à l’est, au sud de la Bertonnerie, n’a pas obtenu de résultats.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 4 – Nuit tranquille à Reims. 0°. La neige tombe et couvre la terre. Nous embarquons dans un fourgon pour les évacués par chemin de fer les effets en réserve pour les pauvres. Midi, à la Cathédrale, Décoration de M. Sainsaulieu par M. Lasserre, qui m’y a fait inviter hier personnellement par M. Sainsaulieu lui-même, M. Lasserre désirant instamment que je sois présent. A 9 h. quelques coups de canon. Visite d’adieu de M. Charles.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 4 mars

Deux tentatives de coup de main ennemis, au nord du Chemin des Dames et dans le bois de Malancourt, ont échoué sous nos feux.
Bombardements assez vifs sur le front du bois Le Chaume.
En Lorraine, au nord-est de Reillon, nos tirs d’artillerie ont empêché une attaque en préparation de sortir de ses lignes.
Sur le front britannique, un coup de main a été exécuté avec succès sur les lignes allemandes au sud-est d’Armentières.
Des détachements ont été rejetés avant d’avoir pu aborder les lignes de nos alliés, au nord-ouest de Saint-Quentin et à l’est d’Arleux-en-Gohelle.
Une troisième tentative sur les tranchées britanniques de la région de Pontruet a échoué à la suite d’un corps à corps avec les patrouilles alliées. L’ennemi a subi des pertes importantes.
Un certain nombre de prisonniers sont restés aux mains des Anglais. Sur le front italien, échec d’une tentative ennemie dans le val Frenzela.
Canonnade réciproque sur le reste du front.
Les maximalistes ont signé à Brest-Litowsk une paix qui prend date du 3 mars.
Les Allemands ont débarqué dans l’archipel finlandais d’Aland. Ils ont notifié leur décision à la Suède.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 27 février 1918

Louis Guédet

Mercredi 27 février 1918

1265ème et 1263ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Temps pluvieux, je suis exténué, je ne dors plus. Ces insomnies me tuent. J’ai hâte d’aller me reposer à St Martin.

8h soir  …Couru… Reims. Je suis nerveux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

février 1918 -Suite du défilé, à la mairie, d’habitants de Reims à qui ont été remis des ordres de départ et qui viennent demander un sursis de quelques jours à leur évacuation.

Les capitaines Linzeler et La Montagne, auxquels est venu se joindre aujourd’hui M. Pizot, secrétaire général de la préfecture, se tiennent toujours là, en permanence, pour recevoir les doléances et accorder ou refuser le répit sollicité.

Quelques lignes complémentaires sont venues s’ajouter – aujourd’hui à l’avertissement officiel déjà publié hier dans L’Éclaireur et signé : La commission mixte. Les voici :

Les habitants qui désirent que les camions aillent les prendre à domicile, sont priés de se faire inscrire à la mairie.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 27 – Nuit tranquille. + 6°. Visite de Mlle Mahieu. Visite du Général Petit qui nous invite à dîner samedi ; aux Colonels Bonnery et Coignard, aux Sœurs de St-Vincent de Paul. Expédié lettre aux Évêques de la Province pour retarder l’assemblée annuelle. A 9 h. soir, pendant 5-10 minutes, bordées de bombes (sur batteries ?). L’Évacuation continue.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 27 février

Lutte d’artillerie assez vive sur la rive droite de la Meuse (région de Beaumont).
Sur le front britannique, un détachement ennemi qui tentait un coup de main sur un poste de la région de Saint-Quentin, a été rejeté par les feux d’artillerie de nos alliés et leurs jets de grenades, avant d’avoir pu aborder les réseaux.
Un autre détachement qui attaquait un poste au nord de Passchendaele a été également repoussé.
Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers dans la partie nord du front.
Activité de l’artillerie allemande au sud-ouest de Cambrai, dans la vallée de la Scarpe, au sud d’Armentières et au nord-est d’Ypres.
L’artillerie britannique a attaqué et dispersé des groupes de travailleurs ennemis dans la région de la Bassée.
Les aviateurs anglais ont fait du réglage et des reconnaissances. Ils ont jeté des bombes sur divers objectifs, cantonnements, convois, etc. Les pilotes britanniques ont jeté plus de deux cents bombes sur des champs d’aviation ennemis vers Courtrai et sur des cantonnements au nord-est de Saint-Quentin. Ils sont tous rentrés indemnes.
Hertling et Payer ont parlé au Reichstag, l’un sur la situation internationale, l’autre sur la politique intérieure.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Lundi 25 février 1918

Louis Guédet

Lundi 25 février 1918                                   

1263ème et 1261ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps brumeux. Ce matin l’évacuation de 6 ou 700 personnes s’est résumée par 90 départs !! Les esprits sont montés. Ajoutez la nervosité de tous. Couru pour trouver à expédier mes affaires afin de laisser partir Adèle et Lise, que je conduirai sans doute jusqu’à Paris… Puis si je ne suis pas pris par les coffres-forts j’irai un peu me reposer à St Martin. En ce moment cela tape fort devant nous. Je suis très déprimé, fatigué, énervé. Tout cela me brise et me tue. J’ai hâte de partir d’ici.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

25 février 1918 – La mairie est envahie dès la matinée de ce jour, par nombre d’habitants ayant reçu leurs ordres de départ, qui viennent tous solliciter un sursis.

Les capitaines Linzeler et La Montagne se tiennent en perma­nence, dans le cellier de la rue de Mars 6, où sont nos bureaux, pour recevoir ces solliciteurs à tour de rôle, donner rapidement des renseignements ou examiner le bien-fondé des demandes.

Sur un départ prévu pour aujourd’hui de sept cents person­nes, quatre-vingts seulement se sont présentées pour prendre les camions militaires.

Un nouvel avis est publié par L’Éclaireur ; le voici :

A la population.

Les habitants sont avisés que les ordres d’évacuation sont formels. Ces mesures prescrites par le gouvernement de la Ré­publique sont des mesures d’ordre général qui ne s’appliquent pas seulement à la ville de Reims.

Les habitants sont avisés en outre que les magasins d’ali­mentation et le débit vont être fermés et que le ravitaillement ne sera plus assuré que par l’autorité militaire dans quelques magasins municipaux dont la liste sera communiquée à la population.

La commission municipale fait appel au courage et au dévouement de la population de Reims, pour assurer l’exécu­tion des mesures prescrites.

Reims, le 24 février 1918.

La Commission municipale.

Plus loin, nous lisons encore, dans le journal .

Avis.

Un certain nombre de personnes ont répondu par erreur à l’agent chargé du recensement qu’ils n’avaient ni parents ni amis auprès de qui ils comptaient se retirer.

Dans ces conditions, ces personnes seront évacuées par trains complets sur les points désignés par le ministère de l’In­térieur.

Si elles désirent auparavant désigner un point précis où elles seraient sûres de trouver des moyens d’existence, elles sont priées d’en avertir la mairie d’urgence.

Il est bien entendu que de toute façon, Epemay et les communes au nord de la Marne ne peuvent être indiquées comme lieu de résidence.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Lundi 25 – Nuit tranquille. + 8°. A 4 h. matin, départ du 1er camion d’évacuation ; concentration et embarquement place d’Erlon. Il devait partir 700 personnes. On dit qu’il n’en est parti que 100, on dit même 80 seulement ; les autres résistent, se cachent. Visite du Général Petit. Visite de M. B. de Mun à 6 h. 45 soir. Bombardement terrible sur batterie ? jusqu’à 6 h. 30 ; reprise jusque vers 7 h. 15. Toute la nuit, à fréquents intervalles, canons français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 25 février

Assez grande activité d’artillerie dans les régions de Vauxaillon, de Chavignon, dans le secteur de la butte du Mesnil, et sur la rive gauche de la Meuse.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes au sud de Corbeny est resté sans succès.
En Haute-Alsace, nos détachements ont hardiment pénétré dans Pont-d’Aspach et dans le quartier nord-ouest d’Aspach-le-Bas, où ils ont détruit les organisations allemandes et incendié de nombreux abris. Un ballon captif a été abattu par notre artillerie; nos troupes sont rentrées dans leurs lignes de départ après avoir infligé des pertes à l’ennemi et ramenant une quinzaine de prisonniers et une mitrailleuse.
Sur le front britannique, une tentative de coup de main ennemi a échoué vers Broodscinde.
Activité de l’artillerie allemande dans le secteur de Passchendaele. Des coups de mains sur les postes belges vers Merkhem ont été repoussés.
Sur le front italien, des concentrations de feux des deux artilleries ont eu lieu à l’est de la Brenta et des tirs de harcèlement plus fréquents dans la Giudicaria, sur le plateau d’Asiago et dans la région du Montello.
Un vif échange de fusillade a eu lieu entre des groupes qui exploraient le terrain le long du moyen et du bas Piave. A Capo Sile, une reconnaissance italienne a ramené des prisonniers.
L’Allemagne a adressé aux maximalistes ses conditions de paix qui sont draconiennes et qu’ils ont acceptées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 23 février 1918

Louis Guédet

Samedi 23 février 1918                               

1261ème et 1259ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Temps très doux, brumeux, pluvieux. Cette nuit mal dormi, j’ai trop d’émotions, et je suis brisé. Adèle est toujours souffrante et ne sait ce qu’elle a et se tourmente. Cette nuit elle voulait avoir la scarlatine !!

Vu Carbonneaux, de la Maison Charles Heidsieck, qui accepte de m’évacuer mes vins (3 500 bouteilles) de la rue de Chativesle, 20, ancienne maison de Mme Gambart, dans leurs caves de vins de Champagne 16, rue de la justice. Je serai plus tranquille, d’autant que les Clignet qui couchaient à côté de ma cave sont sans doute partis ! Alors! En attendant Carbonneaux mettra un ouvrier en garde. Quand cela sera fini ce sera un soulagement pour moi.

Mardi Bauler viendra voir à ma vaisselle et aux quelques objets que je vais évacuer, ce sera la fin. Le reste restera à la Grâce et à la Garde de Dieu ! Je n’aurais plus ainsi qu’à partir, s’il le fallait, avec ma valise.

Hier au Crédit Lyonnais j’avais ouvert 51 coffres, dont 19 vides, 2 vidés par les locataires qui sont venus durant les opérations (il était temps). Reste donc 30 qui sont partis à Paris.

6h1/2 soir  Après-midi mouvementée. Parti à 2h1/2 porter mon courrier, de là été à la Ville pour répondre à l’appel de M. le Capitaine Linzeler qui s’occupe des évacuations. La commune y a travaillé jusqu’à 5h du matin. Il faut encore revoir la liste car on doit encore trouver 1 500 noms à évacuer !…

Causé un instant avec Guichard et Houlon. On me fait espérer que je garderai Lise avec Adèle. J’en suis heureux pour Lise qui voyait avec effroi la perspective de quitter Reims. Ce serait sa mort du reste. Enfin, à la Grâce de Dieu. De là je vais à l’archevêché voir le Cardinal Luçon pour lui demander de vouloir bien condescendre à être membre correspondant de la société du Vieux Reims sur la demande de M. Krafft, Président de cette société. Tandis que nous devisions ensemble dans son cabinet un bombardement commença, et un obus vint couper un arbre au fond du jardin, faisant voler les vitres des fenêtres dont les éclats nous couvrirent. Nous descendîmes à la cave quelques minutes, puis je revins ici en hâte. Rue Chanzy une âcre fumée, vers la rue du Couchant. Je rétrograde, craignant que ce soit des gaz, un soldat me le crie du reste. Je descends la rue Libergier et arrive à la maison 1/2 heure après, étant descendu dans notre sous-sol pour me remettre de mes émotions et travailler un peu. Paf !! un obus touche à 50 mètres d’ici, au coin de la rue Boulard et de la rue Brûlée. Une fumée terrible qui traîne jusqu’à notre rue et allume du feu. Nous mettons nos masques, bref…  qu’une émotion et pas de dégâts. Quelle rage leur a-t-il pris ? Quel déboire leur est-il arrivé ?

Mon Dieu protégez-nous !… Adèle va mieux, le médecin l’a vue. Rien de contagieux comme elle le craignait. Bref, un peu de surveillance et régime. Tous ces derniers événements, évacuation, etc…  tout cela l’a remuée. Et il y a de quoi. Mon Dieu quand tout cela sera-t-il fini !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 février 1918 – Le vent est bien à l’évacuation — mais à une évacuation qui prend tout de suite un caractère différent de celle ordonnée en avril 1917.

A cette époque, des affiches avaient conseillé le départ des vieillards, des enfants, de ceux qu’aucune fonction ne retenait à Reims, mais les épouvantables bombardements commencés le 6 avril, à eux seuls, n’avaient pas été sans contribuer pour une bonne part, à réduire sensiblement le chiffre d’une population au moins trois fois plus importante qu’elle ne l’est actuellement, et, petit à petit, par la suite, la prolongation d’une situation terrible avait fait le reste.

Aujourd’hui, la fraction des habitants restée malgré tout, est beaucoup plus irréductible. Habitués au danger ou confiants, de­puis toujours, en la proche libération de Reims, nos concitoyens ou concitoyennes ne se résoudraient pas à quitter la ville sur un simple avis placardé sur les murs ou inséré dans le journal.

L’autorité militaire dirige, cette fois, l’opération.

Les capitaines Linzeler et La Montagne ont passé la plus grande partie de la nuit dernière à la mairie, examinant de près les listes de recensement, afin d’y noter les noms des personnes à évacuer et ce matin, ils sont revenus pour donner toutes indica­tions à la police.

La journée presque tout entière s’écoule encore à la mise sur pied de directives précises, en collaboration avec l’administration municipale, et le soir, le personnel de la mairie disponible, est sollicité d’aider le service de la police à remplir des ordres de dé­part, car il s’agit d’aller vite.

En l’absence de M. Raïssac, secrétaire en chef de la mairie, qui vient de subir une grave opération, du commissaire central et de son secrétaire, en congé tous les deux, les officiers ont dû pro­céder eux-mêmes à la préparation d’un travail délicat et le premier résultat ne leur donne pas satisfaction, quant au nombre des par­tants, lorsqu’ils en totalisent le chiffre. Ils vont réviser leur désigna­tion des premiers à éloigner. C’est à recommencer.

Sur de nouvelles données, on se remet à l’ouvrage ; il est en­fin terminé à 23 h.

Voici le libellé des ordres de départ :

Exécution de l’arrêté du général commandant l’armée

en date du 20 février 1918

Ordre de départ

M……………………………………………………………………………….

M »* ……………………………………………………………………………..

Demeurant rue…………………………………… n°…………….

se rendra le lundi 25 février 1918, à … heure, à la place d’Er- lon, avec les bagages dont le transport est autorisé (30 kg. au maximum par personne).

Des voitures les achemineront vers la gare d’embarque­ment.

Reims, le 23 février 1918. La commission municipale

En vertu des ordres de l’autorité militaire, aucune éva­cuation ne pourra se faire dans les communes au nord de la Marne.

Ces ordres devront être distribués demain dimanche 24 fé­vrier, dans la matinée ; l’heure du départ, pour lundi matin 25, est fixée à 4 h.

L’Éclaireur de l’Est, reproduisant son insertion d’hier, rela­tivement à l’évacuation, la fait suivre de cette note :

Communication de la commission municipale.

Ne pourront être autorisés à rester à Reims, que les per­sonnes « indispensables » :

  • pour les services publics ;
  • pour la garde des caves, des usines et de propriétés privées ;

Aucun enfant de moins de 16 ans ne pourra rester, ceux dont les parents ne partiraient pas, seront accompagnés en convoi spécial.

Les partants pourront emporter 30 kg de bagages par tête ; le transport est gratuit jusqu’à destination.

Les mobiliers des personnes évacuées auront la priorité pour l’expédition dans les conditions ordinaires.

—   D’autre part, le journal mentionne, sous sa rubrique : « Le bombardement », plus de 500 obus, dans la journée du 21, entre 14 et 17 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 23 – Nuit tranquille, sauf un coup de chien de 7 ou 8 bombes tout près d’ici vers 9 h. + 8°. Temps couvert. Via Crucis in Cathedrali à 8 h. matin. Visite du Commandant Comte de Clermont-Tonnerre, celui qui a fait un soir une Conférence aux Chapelains ; il est à Rilly. Visite de Madame Ricou, de Cholet-Angers et de deux autres Dames de Nantes, infirmières à l’ambulance de Sapicourt. 3 h. Bombes sur batteries ; une très bruyante pas très loin de nous. Vers 4 h., visite de M. Guédet, pour l’Association des Amis du Vieux Rheims. Bombardement pendant la visite, un obus tombe sur le bouleau du jardin et le brise ; laboure la pelouse, et fait tomber toutes mes vitres. Plusieurs éclats dans ma bibliothèque, dans les persiennes de la porte. Nous sommes préservés, je ne sais comment, probablement par le mur qui est entre la porte et la fenêtre. « Il ne fait pas bon chez vous »… M. Guédet, et nous descendons à la cave. Nuit assez agitée jusqu’à minuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 23 février

Violentes luttes d’artillerie sur l’ensemble du front, principalement dans les régions de la forêt de Pinon, Chevreux, Californie, Butte du Mesnil, Hartsmannswillerkopf et la Doller.
Sur le front britannique, canonnade vers Saint-Quentin et la route Arras-Cambrai, au sud et à l’ouest de Lens, au sud d’Armentières et à l’est d’Ypres. Les Anglais ont étendu assez sensiblement leurs lignes.
Les forces britanniques ont occupé Jéricho, en Palestine.
Sur le front italien, lutte d’artillerie du Stelvio à l’Astico et particulièrement vive sur certains points du front.
Les batteries de nos alliés ont exécuté des concentrations de feux sur des troupes ennemies, dans les environs de Foza et sur les pentes nord-ouest du mont Grappa. Elles ont combattu énergiquement l’artillerie ennemie dans le secteur val Feanzela-val Brenta. L’adversaire a battu plus fréquemment les pentes sud-est du Montello.
Des explorateurs ennemis ont été repoussés aux Graves.
Une patrouille anglaise a eu un engagement avec un groupe important adverse.
Les journaux officieux allemands disent que l’Allemagne tardera avant de répondre à l’offre de paix russe et qu’elle exigera la Livonie et l’Estonie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Jeudi 21 février 1918

Louis Guédet

Jeudi 21 février 1918                                   

1259ème et 1257ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Pluie la nuit et bombardement avec coups de main sur les faubourgs. Mal dormi avec tous ces soucis. La décision se dessine de plus en plus. Charbonneaux et de Bruignac marchent à fond malgré le Maire. Bref j’estime que ceux-ci prennent une lourde responsabilité, non seulement à l’égard de la Ville et des habitants, mais aussi devant l’Histoire. Ils la (rayé). Enfin la suite et la fin nous dira le reste et la vérité.

Lettre de ma chère femme, à qui j’ai dans ma réponse fait présenter cette évacuation. Pourvu qu’elle ne s’en affole pas ! Je vais à la Ville pour une dépêche au Procureur. Je cause avec l’un avec l’autre, Gesbert, Dramas. Ensuite je file au Crédit Lyonnais où nous ouvrons une 15aine (quinzaine) de coffres. Rien de saillant, sauf que nous pourrons expédier tout sur Paris demain à 1h, d’accord avec le capitaine des automobiles Linzeler. J’envoie au Procureur de Reims à Épernay une dépêche en conséquence pour l’en avertir. Donc demain matin à 10h1/2 ouverture des 6 derniers coffres du Crédit Lyonnais, mise en caisses, scellés, etc… Et à 1h j’assisterai au chargement sur le camion qui ira coucher à Meaux, accompagné de Dondaine séquestre et des 4 inspecteurs de la Police et de la sûreté qui sont mis à ma disposition, et samedi ils repartiront pour Paris… Et d’un !! Je n’aurais plus qu’à attendre les ordonnances pour procéder dans les autres banques.

8h1/4  Une dépêche du Procureur qui me demande s’il est exact que parmi les titres trouvés il y en ait dont les coupons attachés soient menacés de prescription !!!! Là-dessus on peut tirer le rideau !! Quand j’ai vu le Procureur et le Vice-président lundi ceux-ci m’ont déclaré impérativement de mettre en caisse tout ce que je trouverais dans les coffres, sans constat et description, et comme je faisais allusion au passage de leur ordonnance où ils donnaient mandat de saisir toutes pièces qui pourraient intéresser la Défense nationale ou l’intérêt public (crime, vol, etc…) ils avaient émis la prétention que je ne devais pas compulser les papiers. « Or, objectais-je, de 2 choses l’une, où je dois compulser pour voir si je trouverais des papiers intéressant la Défense ou l’ordre public, ou si je ne compulse pas je ne dois rien rechercher dans cet ordre de choses !! » Ils se rendirent à mon avis en me conseillant d’y mettre toute la discrétion possible. Alors comment aurais-je pu regarder sur chaque valeur les coupons échus ou non échus ?!! Je ne chercherai pas à comprendre. Demain mon brave Osmont de Courtisigny va être plaqué par un télégramme…  judicieux et senti.

Rentré en voiture vers 6h du soir. (Rayé).Toujours (rayé). C’est bien triste !! Comme ils paraissent (rayé) !!

Attendons, voyons, regardons, écoutons et…  notons ! Je parie que ce sera encore dans les humbles, le menu peuple que nous verrons les vrais courages, les vrais héroïsmes, les vrais dévouements, les vraies noblesses de cœur et de sentiments. A Dieu vat !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 février 1918 – Nouvelle conférence entre l’administration municipale et les deux officiers déjà venus hier, qui sont : le capitaine d’artillerie Linzeler, détaché de l’état-major de l’armée, pour l’évacuation et le capitaine La Montagne, de l’infanterie ; ce dernier fait partie de la place de Reims.

Au cours de cette conférence, l’évacuation partielle de la po­pulation aurait été décidée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 21 – + 6°. Nuit tranquille à Reims. Combat aux environs, de 4 h. 30 à 5 h. matin. Matinée tranquille à peu près. De 1 h. 30 à 2 h, bombes (sur batteries ?) avec acharnement, jusqu’à 5 h. 15.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 21 février

Trois coups de main ennemis sur nos petits postes dans la région du bois de Quincy, au nord-ouest de Courcy et dans le secteur de Vauquois, ont échoué sous nos feux.
En Lorraine, au nord de Bures, et à l’est de Moncel, nos détachements ont pénétré profondément et sur un large front, dans les lignes allemandes. Cette opération brillamment conduite, nous a permis de ramener un nombre de prisonniers dont le chiffre dépasse 400.
Dans les Vosges, lutte d’artillerie assez active (région de la Fave).
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes. Un cinquième avion a été détruit par le tir de nos canons spéciaux. En outre, trois autres avions ennemis sont tombés dans leurs lignes, endommagés gravement à la suite de combats.
Sur le front britannique, l’ennemi a tenté un raid, après un gros bombardement, à l’est d’Arleux-en-Gohelle. Ce raid a été complètement repoussé. Un certain nombre d’Allemands ont été tués ou faits prisonniers.
Nos alliés ont réussi une opération de détail au nord de Wytschaete.
En Macédoine, les Serbes ont pénétré dans les positions ennemies sur la Vetrenik.
Canonnade sur le front italien. Des groupes ennemis ont été repoussés, laissant des prisonniers dans le Giudicarie et à l’est du mont Pertica. Une escadrille anglaise a bombardé l’aérodrome de Gosavoi.
Avance britannique en Palestine, au nord de Jérusalem.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

 

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