All posts by Béatrice Keller

Quelques coupures de journaux

Vincent Piniarski est passionné par la Grande Guerre et il collectionne des photos et des documents sur Reims à cette époque. Il nous a communiqué quelques coupures de journaux.

 

La « Une » du Evening Telegram (journal anglais) du 20 septembre 1914, le lendemain de l’incendie de la cathédrale :

Traduction : Reims détruite, Les armes allemandes réduisent la grande ville en cendres.

 

Ci-dessous 2 articles du Petit Rémois concernant les photographes amateurs :

 

Nous avions déjà collaboré avec Vincent Piniarski sur ce site, voir les liens ci-dessous :

– Sarah Bernhardt devant la cathédrale en 1916

« L’Eclaireur de l’Est » du mardi 1er mai 1917

– Article du journal « Le Matin » du 19 avril 1918 : Les Allemands ont brûlé Reims

 

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Reims en ruines – Photos du blog « 14-18 en Images »

Nous avons été contacté il y a quelque temps par Daneck Mirbelle, collectionneur de photographies de la Grande Guerre qu’il publie dans son blog « 14-18 en Images, le blog de Daneck ». Voir ici => Photos14-18.blogspot.com

Il avait fait l’acquisition d’une série de photos de Reims faites entre 1916 et début 1917 pour certaines et fin 1918 – début 1919 pour d’autres, et ne savait pas où re-situer les vues. Nous avons pu en retrouver quelques unes mais il en reste que nous identifierons certainement par la suite, au gré de nos pérégrinations dans les cartes postales. Par contre, certains endroits ne seront jamais retrouvés suite aux bouleversements de la Reconstruction.

Rue Rockfeller (ancienne rue Libergier) et la cathédrale.

 

Place du Cardinal Luçon (communément appelée place du Parvis)

 

Rue de la Grosse-Ecritoire (voir ici sur Reims Avant)

 

Le Mont de Piété rue Eugène Desteuque, vu depuis la rue Saint-Symphorien. (Voir ici sur Reims Avant )

 

Rue de Vesle depuis la rue Saint-Jacques, actuelle rue Marx Dormoy. (Voir ici sur la Documentation de Reims Avant)

 

Maison natale de Colbert (Voir ici sur la Documentation de Reims Avant)

 

Rue de Courmeaux (Voir ici sur Reims Avant)

 

Rue du Carrouge ?

 

Rue Pol Neveux (ancienne rue de l’Ecole-de-Médecine) Voir ici sur Reims Avant

 

Rue Pol Neveux (ancienne rue de l’Ecole-de-Médecine)

 

Place Royale (Voir ici sur Reims Avant)

 

 

 

 

 

 

Rue Clovis, maison du notaire VILLET (Voir ici sur Reims Avant)

 

 

 

 

Les alentours de la ville, mais où ?

 

 

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Des pillards au 409ème

A lire sur le blog du 409e R.I. de Christophe Lagrange, un épisode de pillage à Reims perpétré par des soldats français : Extrait « Ces pillards avaient profité de la destruction partielle des Docks lors des bombardements allemands ».

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Il y a 100 ans : l’incendie de l’Hôtel de Ville – Retour en images sur ce 3 mai 1917

La première pierre de l’hôtel de ville est posée le 18 juin 1627. Au moment de son inauguration en 1636, l’édifice est inachevé faute d’argent. Ce n’est qu’au XIXe siècle que la construction peut être menée à son terme. L’hôtel de ville, définitivement terminé, est inauguré par le maire Victor Diancourt le 12 août 1880. Depuis le 16 avril 1917, l’offensive Nivelle est lancée sur le Chemin des Dames et à l’ouest de Reims : les troupes Russes reprennent le village de Courcy. Si le front au nord de la ville reste calme, la même offensive est aussi déclenchée depuis le 17 avril à l’est, sur les Monts de Champagne.

Déjà sous le feu des obus depuis 1914, la ville voit les bombardements s’intensifier. Le 3 mai  le bombardement ennemi s’intensifie dans le secteur de l’Hôtel de Ville. Le quartier est en feu et l’incendie se propage à l’édifice.  Les pompiers arrivent rapidement mais se révèlent impuissants, à circonscrire l’incendie, faute d’eau. Ils ne peuvent que s’efforcer de sauver les tableaux et les objets de valeur.

Tous les détails de cette journée ici => Reims.fr

Photos de la BDIC :

Collection privée :

Evacuation des oeuvres d’art vers les caves Mumm, rue de Mars :

Photos de Gallica-bnf.fr

  • Après l’incendie :

  • L’intérieur de l’Hôtel de Ville :

Le haut du grand escalier :

Le bas du grand escalier :

Un poêle au rez-de-chaussée :

Le bureau du maire :

La salle des mariages :

Le rez-de-chaussée :

Un escalier :

Un couloir :

Un pompier :

Au début de 1918, les Allemands, bien qu’à bout de force, menacent les alliés de nouvelles offensives pour gagner la guerre. Après le retrait de la Russie ils pensent que la victoire est possible mais c’est sans compter sur les troupes américaines devenues opérationnelles et qui vont venir en soutien . Pour pallier à la grande offensive allemande dite « Friedensturm » (offensive de la victoire). En mars 1918 la ville est définitivement évacuée des 1500 « irréductibles » et courageux rémois qui étaient restés malgré le danger. Mais depuis le début de l’année les autorités s’emploient à protéger ce qui peut encore l’être comme la mosaïque gallo-romaine de la salle des mariages (avant et après) :

Après la guerre le Président de la République, Raymond Poincaré remet la Légion d’Honneur à la ville (6 juillet 1919) :

En 1928 un peu avant l’inauguration du nouvel Hôtel de Ville reconstruit :

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« Les Villes d’Art Mutilées » dans la revue « Je sais tout »

Dans son numéro 118 du 15 septembre 1915, la revue « Je sais tout » est consacrée à quelques célèbres villes Martyres. Voici le sommaire de ce numéro spécial :

  • Le martyre de Reims, par Pierre Lalo
  • Le crime de Louvain, par Emile Verhaeren
  • Soissons sous les obus, par Ernest Gaubert
  • Ypres la désolée, par Paul Fuchs
  • Le bombardement d’Arras, par Dominique Sylvaire
  • Le sac de Malines, par Roland de Marès
  • Senlis, le Louvain français, par Albert Houlgard
  • Dixmude mire ses ruines dans l’Yser ensanglanté, par Pierre Maes

Et voici les pages concernant Reims (qui fait aussi la couverture). Bonne lecture :

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L’Hommage de Reims à un « Fusillé pour l’Exemple » : le Lieutenant Herduin

Dans sa séance du 21 décembre 1921, le conseil municipal de Reims, réuni sous le présidence du maire Charles Roche, abandonne pour une fois les problèmes que pose la ville en pleine reconstruction.

Il rend un hommage unanime à un jeune officier rémois en donnant son nom à une rue : le lieutenant Herduin. La délibération dit : « L’opinion publique a été fortement émue, depuis plusieurs mois par cette lamentable affaire d’un modeste officier français que chacun représentait comme un bon et brave soldat et que des chefs criminels, (dont l’unique but, après un sanglant échec, était de dégager leur responsabilité), firent exécuter froidement ».

L’affaire révèle l’un des aspects les plus tristes et les plus scandaleux -que l’on a voulu longtemps occulter- de la guerre de 1914-1918 : les « fusillés pour l’exemple » ou les « fusillés par erreur ». Le lieutenant Herduin était l’un d’eux. Son cas est particulièrement douloureux.

Henri Valentin Herduin est né à Reims le 5 juin 1881. Sa famille habitait rue Montlaurent. Mobilisé en 1914, il est parti comme adjudant dans un régiment d’infanterie. Garçon intelligent, courageux, il ne tarda pas à conquérir ses galons d’officier. En 1916, il était lieutenant commandant la 17e compagnie du 347e d’Infanterie de Ligne, en position devant Douaumont, au nord de Verdun. Le lieutenant se trouvait au cœur de la plus sanglante bataille de la Première Guerre Mondiale.

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Portrait du lieutenant Herduin dans l’article le concernant, paru à la Une du journal l’Humanité le 30 juillet 1924 sur Gallica.bnf

C’est l’enfer, la bataille fait rage. Le 9 juin, le bataillon dont fait partie la compagnie du Lt Herduin reçoit l’ordre de se lancer à l’attaque du fort de Douaumont. Une opération suicidaire. En effet, les hommes ont avancé d’à peine un kilomètre lorsqu’il sont encerclés par des forces allemandes nettement supérieures.

Le bataillon presque entier est fait prisonnier. Seuls les lieutenants Herduin et Millant réussissent à s’échapper de la masse avec 41 hommes et à regagner, au péril de leur vie, les lignes françaises.

Il est certain qu’une grave faute tactique a été commise en haut lieu. Mais il n’est pas question de désigner les vrais responsables de cet échec. Il faut trouver des coupables, « faire un exemple », ne serait-ce que pour reprendre les troupes en main. Tel est le point de vue du colonel Bernard, commandant le 347e. Comme il n’est pas question, selon lui, d’envoyer les 43 rescapés de l’offensive ratée au peloton d’exécution, il désigne les deux lieutenants et donne l’ordre de les passer par les armes.

Il n’y aura pas de jugement. Les deux hommes sont fusillés le surlendemain à l’aube, à Fleury. L’exécution sommaire dans toute son horreur.

Cette triste affaire ne sera rendue publique que la paix revenue. La Ligue des Droits de l’Homme est la première à s’émouvoir de cette exécution. Le cas du lieutenant est évoqué à la Chambre des députés et finit par impressionner le ministre de la Guerre, Louis Barthou, qui dans une lettre ambigüe, propose à la veuve du lieutenant Herduin une somme de 100 000 francs « à titre de réparation civile », la loi, précise-t-il, ne permettant pas la révision de l’affaire de son mari. On ne peut pas en effet, réviser un procès qui n’a pas eu lieu !

La délibération du conseil municipal de Reims, en ce 21 décembre 1921, est édifiante : « D’autres plus puissants, plus élevés en grade, étaient responsables de cet échec. Mais il fallait des victimes expiatoires. On sacrifia les plus petits, ces deux modestes officiers qui avaient eu le tort de ne pas se laisser prendre. Sans jugement, sans enquête, sans interrogatoire des deux malheureux, l’ordre de les fusiller fut donné sans qu’ils aient été invités à fournir la moindre explication (…) Ils furent exécutés sans avoir été inculpés ! Cette cruelle mise à mort de deux hommes, à l’arrière, sans jugement, peut-être qualifiée d’assassinat. »

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HHerduin2Pauvre Henri Herduin ! s’il avait levé les bras devant les Allemands au lieu de percer l’encerclement avec quelques gars courageux, il aurait fini la guerre dans un camp de prisonniers. Prisonnier, mais vivant. Et il aurait retrouvé sa femme et son fils en 1918…

Source : « Reims Un Siècle d’Evénements 1900-2000 » de Daniel Pellus, éditions Fradet

Henri Herduin sera fusillé le 11 juin 1916, il y a donc 100 ans jour pour jour.

On ne possède que très peu de photos du lieutenant, je remercie Christophe Lagrange de m’avoir permis d’utiliser les 3 portraits publiés ici et que vous pouvez retrouver sur son blog du 347e RI

Voici également le lien vers son autre blog concernant le 147e RI (Le 347e RI était le régiment de réserve du 147e RI de Sedan)

A Reims sur la plaque de rue, en dessous du nom du lieutenant Herduin, figurent ces mots : « Tué devant Verdun »…

Le 11 novembre 2008, la municipalité d’Adeline Hazan, a fait apposer cette plaque dans le carrefour de la rue du lieutenant Herduin et de la rue Gambetta :

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Notez sur la plaque de rue, l’erreur (anciennement camouflée) sur la 2e date

Herduin, rue du Lieutenant [1925].

<= 30-36, rue du Barbâtre, => 49-57, rue Gambetta.
235 mètres de longueur.
Du fait de l’existence, à l’époque, du boulevard Gerbert, la rue Gerbert aurait due être débaptisée en 1921 à la demande de la Section rémoise de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, l’opinion publique ayant été fort émue par la lamentable affaire du Lieutenant Herduin, évoquée devant l’Assemblée nationale. Cependant, malgré la lettre du ministre de la Guerre, le ministre de l’Intérieur refusa, le 15 mars 1922, de ratifier la décision du Conseil municipal et le nom ne fut officialisé qu’en 1925 pour le prolongement de la rue Gerbert que l’on venait d’ouvrir.

(1881-1916). Tué devant Verdun. Né à Reims, 161, rue du Barbâtre, le 5 juin 1881, fusillé le 11 juin 1916. Gustave Henri Valentin Herduin, fut exécuté, avec le lieutenant Millant, à la suite d’une faute grave de tactique, sans jugement, sans enquête et sans interrogatoire. Le lieutenant Herduin fut officiellement réhabilité et le ministre de la Guerre, Louis Barthou, écrivit le 16 novembre 1921 à sa veuve : Votre mari, très bien noté et décoré, au cours même de la guerre, de la médaille militaire, était un officier courageux dont vous pouvez, votre fils et vous, porter le nom avec honneur ! Il épousa, en 1907, Fernande Renée Nivoix. Il repose au Cimetière de l’Est depuis le 11 novembre 1920. (Source : J-Y Sureau : La Vie Rémoise)

Voir la fiche matricule d’Henri Herduin sur le blog du 347e RI

Ci-dessous, 4 photos du monument en hommage à H. Herduin et P. Millant, situé sur le site du village disparu de Fleury-Devant-Douaumont dans la Meuse.

Photos © Patrick Delpierre. Nous le remercions pour nous avoir permis d’utiliser ses photos.

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Vidéo : Sur la route de Cernay-lès-Reims

Court reportage dans les tranchées, près du village de Cernay. Les tranchées commencent dans les faubourgs de Reims et traversent maisons et jardins pour arriver aux premières lignes sur le champ de bataille (les tranchées sont appelées « boyaux » dans les cartons). Une patrouille de soldats répare les lignes téléphoniques. Une porte protégée par des fils de fer barbelé doit interdire le passage de la tranchée en cas d’attaque. Les poilus jouent aux cartes, et se chauffent devant un brasero.
Sur la route de Cernay (près Reims)

Cliquez sur le lien ci-dessous puis sur la vidéo :

Européana 1914-1918
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A cette époque le quartier « Europe » n’existe pas, la limite de la ville se situe au niveau des casernes « Jeanne d’Arc » situées sur le boulevard Pommery (aujourd’hui détruites). A la place c’est tout un réseau de boyaux qui mènent aux tranchées de premières lignes. A cet endroit on peut, à peu près situer le « No Man’s land », au niveau l’actuel autoroute A 34, qui mène dans les Ardennes. Par contre si l’autoroute se dirige ensuite vers le Nord-Est, la ligne de front elle, bifurque vers Bétheny à l’Ouest. Quant à la ville de Cernay-lès-Reims, elle est en zone occupée.

Merci à Thierry C.

 

 

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Souvenirs de Tranchées (Massiges 1916)

C’est une lectrice qui nous a envoyé ces photos provenant des souvenirs que son grand-père : Henri Guéganno, originaire de Lanester dans le Morbihan. Il est revenu de la guerre « en entier » mais fragilisé par le paludisme.

Il est mort à 46 ans en 1943.

Sur la photo ci-dessous, c’est le 3e en partant de la gauche.

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Correspondance2

Voici la transcription du texte : « Petits souvenirs de tranchées (Massiges 1916). Mes derniers jours de tranchées en 1916.

A ma rentrée de permission de détente (27/11/1916 je rejoignais la 11 Cie du 60e d’Infanterie où j’étais affecté. Elle (la Cie) se trouvait en 1ère ligne, sur la gauche de la Main de Massiges (Marne) dans le secteur de la « Demi-Lune ». Les boyaux de communications étaient presque impraticables pour nous, et pour cause : ils étaient à moitié plein d’eau, plutôt de boue où nous pouvions à peine nous mouvoir. Mon arrivée en ligne se termina non sans peine. Les camarades y étaient déjà depuis 6 jours et devaient encore rester 4 longs jours avant d’être relevés et cette fois je devais leur tenir compagnie jusqu’à la relève. Nous avions trop de pertes pour songer à nous reposer la nuit ; tout le monde au créneaux ! Le jour tant attendu de la relève arrive enfin le 31/11 à 3h du matin par le 161e d’Infanterie qui comme nous fut obligé de patauger dans la boue.

Pendant ce temps nous nous dirigions sur l’arrière, sac au dos, rompus, fatigués… Nous marchions sans aucune discipline, les uns après les autres. Nous devions nous rassembler dans un village (Courtémont) 12 km des lignes, où nous absorbons le jus avant d’achever l’étape qui ne se termina que 10 km plus loin.

Les jours suivant, les étapes se succédèrent sans discontinuer jusqu’au 17 janvier 17 à Chaudrey (Aube) pour prendre notre grand repos. Seulement, comme toujours, on ne nous laissa guère de repos. Exercices du matin au soir, jusqu’au 23 janvier date de notre départ pour un nouveau secteur du côté de Reims, et où nous arrivons le 10 février 1917. Total du parcours : 180 km. Le lendemain, 11/02, je fus évacué sur l’ambulance 7/10 pour abcès et de là, sur l’intérieur à Bourges pour O.R.L. le 21/02/17.

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Voici un autre de ses souvenirs que nous a transmis sa petit-fille : « Le 11 novembre 1918, Henri Guéganno, a entendu sonner le clairon qui annonçait la fin de l’horreur. Il se trouvait à Hirson dans l’Aisne et il avait rencontré une population civile qui manquait de tout, qui avait faim. Vers midi la roulante a apporté un repas mais les soldats habitués à manger la nuit, n’avaient pas faim. Les enfants étaient là et regardaient ; alors les soldats leur ont dit d’aller chercher des récipients pour partager le repas. Henri demanda à une femme si elle pouvait laver son linge. Elle voulait bien mais n’avait pas de savon. Henri en avait dans son paquetage et ensuite il lui en a fait cadeau. Ce fut comme si il lui avait offert un trésor ! »

Merci à Mme Gabrielle Le Métayer pour nous avoir permis de partager les documents de son grand-père.

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Des photos de Reims dans la revue « Le Pays de France »

Voici quelques pages tirées de différents numéros de la revue « Le Pays de France », elles montrent Reims dans ses ruines.

Merci à C. Lagrange pour ces photos.

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Brumes Mortelles 19-27 octobre 1915

Le 19 octobre 1915, 7h05. Un silence inquiétant règne entre le fort de la Pompelle et Prosnes. Les combattants français sont subitement atteints par une vague dérivante de chlore, la surprise est totale, causant une panique momentanée.Les vagues se succèdent et les soldats entendent avec effroi le départ de chacune d’elle par le sifflement émis à la sortie des tuyaux.

Le 27 octobre, les hommes voient arriver sur eux une brume épaisse, ils ont juste le temps d’ajuster leurs protections respiratoires. La densité du chlore est telle que l’odeur est perceptible à Châlons-sur-Marne, près de 30 km à l’arrière.

Cette série d’émissions de gaz à grande échelle est la deuxième du conflit (après Ypres, le 22 avril 1915), elle cause la mort par intoxication de plus de 900 hommes et fait près de 5 500 blessés. Interdite par les conférences de La Haye (1899-1907), l’arme chimique amplifie l’horreur du champ de bataille et produit chez les combattants un fort impact psychologique. (« L’Agenda du centenaire »)

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Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques

Une attaque chimique utilisant des conteneurs cylindriques

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Le blog du 409ème Régiment d’Infanterie

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« L’Eclaireur de l’Est » du mardi 1er mai 1917

« L’Eclaireur de l’Est » est un petit journal très populaire à Reims avant et pendant la Première Guerre Mondiale. Paul Hess dans son livre « La Vie à Reims pendant la Guerre 1914-1918 » (éditions Anthropos) y fait souvent référence, car c’est un des rares moyens qu’ont les Rémois pour se tenir informés sur la situation locale et nationale.

Voici l’édition du 1er mai 1917 :

Document de Vincent Piniarski

&quot;L'Eclaireur de l'Est&quot; du mardi 1er mai 1917
&quot;L'Eclaireur de l'Est&quot; du mardi 1er mai 1917

En 1911, Paul Marchandeau (ancien maire de Reims) fait ses débuts à L’Eclaireur de l’Est, il deviendra rapidement rédacteur en chef puis directeur de la publication.

A la reconstruction de Reims le journal s’installe dans de nouveaux locaux situés aux 87-91 place d’Erlon.

Après la Seconde Guerre Mondiale, L’Eclaireur de l’Est devient L’Union Champenoise puis L’Union.

Aujourd’hui le journal L’Union est installé dans le quartier Clairmarais mais les locaux historiques de la place d’Erlon sont toujours visibles.

 

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La Ferme Pierquin

Située à la sortie de Reims en direction de la route de Neufchâtel-sur-Aisne et limitrophe de la commune de Bétheny, cette ferme va se retrouver, dès fin septembre 1914, au cœur les combats de la ligne de front.

Après la Première Bataille de la Marne, les Allemands se retranchent sur les forts de la ceinture fortifiée de Reims, dont le fort de Brimont et comme beaucoup de fermes isolées, la ferme Pierquin devient un lieu à défendre et à conserver par les Français pour mieux progresser vers l’ennemi.

Si des cartes postales de cet endroit sont éditées dès octobre 1914, il y a beaucoup moins d’écrits concernant cette ferme. Néanmoins il existe des récits de soldats y ayant combattu et qui nous sont parvenus par l’intermédiaire de leur carnet de guerre. Pour exemple voir le lien ci-dessous :
Blog du 409e R.I. de Christophe Lagrange

Et il n’est pas improbable de retrouver des mentions de cette ferme dans les journaux de marche des régiments qui s’y sont battus, où qui sont passés dans la région. (Si vous avez des informations, nous les rajouterons à cet article).

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La ferme Pierquin sera définitivement détruite vers la fin des années 1990. Elle se trouvait approximativement à cet endroit :

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N’hésitez pas à « cliquer » sur les photos pour les agrandir.

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L’ambulance Sainte-Marie (avenue de Laon)

Dès le mois d’août 1914 des hôpitaux militaires sont mis en place sur les zones de combats pour soigner les blessés. Parfois leur durée est éphémère selon qu’ils sont soit bombardés, soit qu’ils se retrouvent en zone occupée.

On distingue plusieurs types d’hôpitaux : permanents HP, temporaires HT, complémentaires HC, auxiliaires HA dit aussi « Ambulance »… pour plus de compléments suivre ce lien sur le Forum Pages 14-18

A Reims différents hôpitaux complémentaires ou auxiliaires vont être installés pour une brève période (Pages 14-18).

Voici une carte postale de l’ambulance de Sainte-Marie située dans les Etablissements Sainte-Marie Dupré et qui a fonctionné du 13 au 14 septembre 1914 !

Cette usine avait deux entrées, une au 270 avenue de Laon et l’autre au 10 rue Boudet.

Le 14 septembre deux obus allemands tuèrent 14 ou 16 soldats , 2 infirmières et 1 brancardier :
Melle Germaine Gosse
Mme Fontaine Faudier
Mr Léon Bobenrieh

Ils ont été inhumés à l’époque au cimetière, du Nord.

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Carte Postale : Collection Thomas Geffrelot.

Merci aux contributeurs du Forum Pages 14-18

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12 septembre 1914 : « La Chaise au Plafond »

Le 12 septembre 1914, marque la fin de la Première Bataille de la Marne (commencée le 6 septembre 1914).

Au cours de cette première bataille décisive, les troupes franco-britanniques réussissent à arrêter puis repousser les Allemands.

Reims occupée depuis le 3 Septembre par l’ennemi, est alors libérée. Mais les Allemands s’accrochent aux forts situés à l’Est de la ville et édifiés trente ans plus tôt (Brimont, Witry-lès-Reims, Nogent-l’Abesse). De là ils bombardent à vue durant quatre ans.

Le Café des Sportsmen situé Avenue d’Épernay se retrouve sous le feu des obus. Sous le souffle de l’explosion, une chaise se fige entre les lattes du plafond. Elle y est toujours.

En 1914 on en fit le symbole de la victoire (provisoire) de la victoire française sur les Allemands.

Ce café bien connu s’appelle aujourd’hui : « La Chaise au Plafond ».

Lien : Septembre 1914

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CPA et montages : Béatrice Keller

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Haybes-sur-Meuse : Ville Martyre

En ce mois d’août 1914, quittons Reims pour nous rendre dans le département des Ardennes, plus précisément dans la vallée de la Meuse à quelques kilomètres de la frontière Belge, dans la petite ville de Haybes, qui va devenir en quelques jours l’une des premières Villes Martyres de France.

Rappelons que l’Allemagne, dès la déclaration de guerre, viole la neutralité de la Belgique et envahit ce pays, en direction de la France, l’objectif du plan Schlieffen étant de prendre Paris

L’invasion de la Belgique est brutale, la ville historique de Louvain est réduite en cendres, Liège, Dinant, puis tout le pays, après une résistance remarquable de l’héroïque armée Belge, tombent aux mains de l’ennemi. Et du 21 au 23 août c’est la très célèbre Bataille de Charleroi qui voit s’affronter la Ve armée française du général Lanrezac et la IIe armée allemande du général Von Bülow.

Déjà la population Belge est victime des atrocités allemandes.

Au fur et à mesure de l’avancée de l’ennemi, cela va être le tour des populations du nord-est de la France de subir cette barbarie. Les habitants de la Marne ne tarderont pas à voir arriver dans leurs villes des réfugiés des ces régions envahies, fuyant en masse devant l’horreur.

Haybes-sur-Meuse : Ville Martyre

C’est le 24 août que les Uhlans arrivèrent à Haybes. Extrait du blog La Libre Gazette : « Un soldat allemand fut tué par un soldat français embusqué sur la rive faisant face au village. En signe de représailles, les civils allaient payer un lourd tribut, alors qu’ils étaient parfaitement innocents. Le village sera occupé durant tout le temps de cette guerre, après avoir été pillé et bombardé par l’aviation allemande. 60 habitants seront humiliés, avant d’être exécutés, et 600 maisons seront incendiées.

Des Uhlans, ces fanatiques sanguinaires autant que primitifs, n’hésitèrent pas une seconde à poursuivre femmes et enfants, à travers ruelles et jardins, voire à l’orée du bois. Ils ne tirèrent pas pour se défendre, face à une population désarmée et apeurée, mais juste pour le simple plaisir de tuer et de voir couler le sang, tels de véritables bourreaux et bouchers, sans une once de sentiment et sans l’ombre d’un regret. »

Lire la suite sur La Libre Gazette

Lire également l’émouvant témoignage de Marie-Louise DROMART, poétesse et infirmière, native de Haybes, qui sera témoin du massacre. Extrait :  » Une patrouille de Ulhans qui effectue alors une reconnaissance à cheval est prise pour cible par les soldats français du 348ème Régiment d’Infanterie (ou 148ème de ligne), alors postés dans la colline qui surplombe Haybes. Un Uhlan est abattu. Les habitants sont accusés de cette attaque, malgré les fermes dénégations du maire. En représailles, le bourg va être bombardé. Il fallait un prétexte à la destruction de Haybes, l’ennemi l’a trouvé.

Les ordres sont donnés. Bientôt, les obus s’abattent sur les maisons durant plusieurs dizaines de minutes. Sitôt l’arrêt des tirs, l’ennemi poursuit sa progression dans Haybes, protégé par des habitants faits prisonniers et placés en tête des détachements. Marie Louise Dromart proteste énergiquement et se propose de remplacer seule ces malheureux Haybois. Le commandant allemand refuse la proposition de cette femme qui, peu de temps avant, avait déjà sauvé la vie d’un douanier à la retraite en interposant son bras muni de l’insigne des Croisés, entre le canon d’un fusil allemand et le pauvre homme mis en joue ». Cliquez ICI pour lire la suite.

Haybes-sur-Meuse : Ville Martyre

Le 1er décembre 1919, le président de la République Raymond Poincaré décore la ville de la Croix de Guerre. La mairie occupe un baraquement provisoire.

Haybes-sur-Meuse : Ville MartyreHaybes-sur-Meuse : Ville Martyre

Annotations des cartes postales ci-dessous :

– HAYBES (Ardennes) — La Grand’Rue en ruines — Cet important village de 2 200 habitants, fut incendié complètement par les Allemands le 24 août 1914. 600 maisons furent détruites et 60 civils massacrés.

– Les crimes des Allemands à HAYBES (Ardennes) – Tombe renfermant 17 personnes fusillées le 24 août 1914. A cette date les Allemands incendièrent complètement l’important village de Haybes (2 200 habitants). Ils détruisirent ainsi 600 maisons et massacrèrent 60 civils.

Haybes-sur-Meuse : Ville MartyreHaybes-sur-Meuse : Ville Martyre
Haybes-sur-Meuse : Ville Martyre

Rappelons aussi que le département des Ardennes sera le seul département de France entièrement occupé pendant 50 mois. Ses habitants subiront au quotidien : les exécutions, le travail obligatoire, la famine, les humiliations, les réquisitions, les camps, le bagne de Sedan, les déportations en tout genre… Le département sera pillé pendant quatre ans.

Liens :

Haybes.fr

Centenaire.org : exposition Visages d’Ardennais dans la Grande Guerre

Centenaire.org : tourisme de mémoire dans les Ardennes

Livre de Roger Szymanski : « les Ardennes terre de France oubliée en 1914-1918″

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