Louis Guédet

Jeudi 14 décembre 1916

824ème et 822ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps couvert gris sombre, pluie froide, glaciale, grand vent. Rien de saillant. Réquisitions militaires ce soir. Je suis rentré éreinté, fatigué, découragé. Vu le Maire et M. Raïssac. Le brave docteur Langlet est aussi énervé, il y a de quoi ! Causé des statues de Pigalle place Royale, que l’autorité militaire, dans sa haute intelligence, a défendu de protéger avec du sable. Pensez-donc, les Allemands auraient dit que nous avions des canons dans Reims, alors leur peau de…  chagrin aurait été très exposée !! Pantins !! Alors l’Académie de Reims propose d’enlever ces soubassements qui ne sont pas scellés, et de les transporter en lieu sûr… (Rayé)

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Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 14 – Saint Nicaise. + 3°. Nuit tranquille à Reims. Combats très très au loin. Visite de M. Archambault, de M. Capitaine d’Orgeval, d’une Sœur de Bethléem. Vers 3 h. quelques bombes sifflantes. Au loin canonnade d’artillerie lourde continuelle. Propositions de paix de l’Allemagne adressées par les Neutres aux Alliés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 14 décembre

Au sud de la Somme, l’artillerie ennemie, énergiquement contrebattue par la nôtre, a violemment bombardé nos tranchées du secteur de Biaches, de la Maisonnette et de Barleux.

En Argonne, un coup de main dirigé sur un saillant ennemi au nord du Four-de-Paris, nous a permis de détruire les travaux de mines de l’adversaire et de ramener des prisonniers.

Un ballon captif allemand a été détruit par le tir de notre artillerie près de Bouvancourt.

Sur le front belge, dans la région de Dixmude et vers Steenstraete, ont eu lieu des bombardements réciproques qui ont acquis au cours de l’après-midi une intensité particulière à la suite de tirs de destruction exécutés avec succès par les batteries belges contre les organisations défensives de la borne 18 de l’Yser.

Sur le front britannique, des patrouilles ennemies ont tenté de pénétrer dans les tranchées de nos alliés à l’est d’Armentières. Elles ont été rejetées. Activité ordinaire de l’artillerie – surtout autour de Festubert, de Neuve-Chapelle et d’Ypres.

La presse neutre est unanime à traiter de pire manoeuvre la démarche de l’Allemagne et de ses coalisés en faveur de la paix.

Le cabinet Briand s’est présenté reconstitué devant la Chambre.

Source : La guerre au jour le jour

bouvancourt