• Monthly Archives: juillet 2015

Samedi 31 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, mais gros canons et bombes, fusillade un peu intermittente toute la nuit, à intervalles très rapprochés.

5 h., bombes sifflantes en petit nombre. Aéros et tir de canons contre eux. Visite de M. Émile Charbonneaux, venu me remercier de ma visite à La Verrerie.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 31 juillet

Actions d’artillerie assez violentes en Belgique. Autour de Saint-Georges et de Steenstraete, combats à coups de grenades et de pétards, de tranchée à tranchée, près de Souchez et au Labyrinthe. Entre Oise et Aisne, à Quennevières, lutte d’artillerie. Explosion de mines en Argonne, entre Boureuilles et Vauquois et à Malancourt, canonnade près de Saint-Hubert. Au bois Mortmare et au bois Le Prêtre, entre Meuse et Moselle, canonnade et attaque d’infanterie refoulées. Un taube jette sur Nancy quatre bombes qui ne produisent aucun résultat. Lutte violente dans les Vosges, au Barrenkopf : une contre-attaque allemande est brisée avec de lourdes pertes.
Nos avions opèrent à Passchendaele, entre Ypres et Roulers, sur les bivouacs de l’ennemi, à l’ouest de Combles; sur les organisations allemandes de la colline de Brimont, près de Reims; sur la gare militaire de Châtel, en Argonne; sur celle de Burthecourt, en Lorraine; sur une usine de gaz asphyxiants à Dornach, en Alsace; sur la gare de Fribourg-en-Brisgau; sur la gare de Chauny. Une escadrille de quarante cinq appareils a jeté 103 obus sur les usines pétrolifères de Pechelbronn, près de Haguenau. Des obus ont enfin été lancés sur la gare de Detwiller et sur les hangars d’aviation de Phalsbourg.
Au front oriental, les combats se poursuivent le long de la Narew, où les Allemands ont subi des pertes sérieuses : sur la rive gauche de la Vistule, où leurs avant-gardes ont été repoussées; entre la Wieprz et le Bug, où ils ont été décimés. Les Russes ont fait enfin 1500 prisonniers près de Sokal.
On annonce que les Turcs fortifient Constantinople, comme si cette ville devait, à bref délai, subir un siège. Des avions français et anglais ont bombardé Smyrne.
Les Italiens ont réalisé des progrès sur le Carso et maintenu leurs positions en Carn
ie.

Source : la guerre au jour le jour


 

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Source : collection Patrick Nerisson

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Vendredi 30 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf gros coups de canons.

Visite à la famille Gray, avenue de Laon, dont le père et la mère ont été tués du même coup, mardi à 6 h. du soir, par un obus. Une image du Sacré-Cœur était au-dessus de leur porte. 5 h. 1/2, bombes sifflantes, aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Vendredi 30 juillet

Actions d’artillerie dans le secteur de Souchez, autour d’Arras et de Soissons: en Argonne, à Marie-Thérèse et à Fey-en-Haye.
Près de Saint-Hubert et à Malancourt, nous avons fait sauter à la mine plusieurs postes allemands.
Au Ban-de-Sapt, à Launois (Vosges), nous avons poursuivi nos avantages. Saint-Dié et Thann ont reçu quelques obus. Au Lingekopf, nous avons trouvé 200 cadavres allemands, et 400 autres au Barrenkopf. Les ennemis ont vainement essayé par des contre-attaques de nous déloger. Nous avons fait en tout 201 prisonniers.
Les Russes contiennent les Allemands près de Mitau, en Courlande. Les combats se poursuivent sur la Narew. Nos alliés ont pris l’offensive entre la Wieprz et le Bug, capturé 1500 prisonniers, et remporté deux succès près de Groubechow et à Sokal, dans la région du Dniester.
Les Italiens ont réalisé de nouveaux proprès sur le Carso, élevant à 102 le chiffre des officiers autrichiens capturés. Ils ont repoussé plusieurs attaques dans les Alpes de Carn
ie.

Source : la guerre au jour le jour


 

Source : collection Patrick Nerisson

Source : collection Patrick Nerisson

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Jeudi 29 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit agitée de 2 h. à 3 h., bombes allemandes. De 3 à 4 h., canons français. Voyage à Châlons.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 29 juillet

Les Allemands ont lancé trois attaques, après un fort bombardement, sur nos tranchées de Souchez. Ils ont été rejetés des tranchées françaises dans lesquelles ils avaient réussi à pénétrer; ils n’ont gardé que 20 mètres d’une tête de sape en avant de notre front.
Ils ont bombardé Soissons. En Argonne, après une attaque dans le secteur de la Fontaine-aux-Charmes, ils ont été refoulés dans leurs tranchées.
Aux Dardanelles, nos troupes ont progressé à notre aile droite. Nos avions ont marqué une vive activité, bombardant avec succès le camp d’aviation des Turcs, près de Chanak. Ils ont déterminé un incendie dans les hangars et le dépôt d’essence.
Les Italiens ont remporté un sérieux succès sur le bas Isonzo, à San Michèle, à Sella San Martine, et au Monte Sei Busi. ILs ont fait 3.200 prisonniers, dont 42 officiers. Le Poète d’Annunzio a jeté des bombes sur l’arsenal de Trieste.
Les combats se poursuivent avec acharnement sur la Narew, au front oriental. Les Russes y font 700 prisonniers. Ils ont rejeté l’ennemi, plus au sud, à la gauche de la Vistule; entre Wieprz et Bug, ils continuent à maintenir les armées de Mackensen et de l’archiduc joseph-Ferdinand. Les Austro-Allemands ont réussi toutefois sur un point, près de Sokal, à franchir le Bug.
Dans la mer Noire, les torpilleurs russes ont détruit 150 voiliers ottom
ans.

Source : la guerre au jour le jour

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Mercredi 28 juillet 1915

Paul Hess

À 16 h 1/2, un obus vient subitement éclater dans la rue Paulin-Paris, à hauteur de la rue Lesage. Ses éclats atteignent, de l’autre côté de cette dernière rue, six soldats, dont deux sont tués au coin le l’impasse où se trouve un magasin des Établissements économiques. Ils en sortaient et la gérante dudit magasin, Mme Ducellier, est en même temps grièvement blessée à la tête, alors qu’elle se trouvait encore à son comptoir.

La triste nouvelle et les détails du tragique événement, pour le quartier, me sont donnés par les témoins qui se sont portés aussitôt au secours des malheureuses victimes dans le voisinage immé­diat, lorsque je rentre place Amélie-Doublié, la journée terminée.

— À 17 heures, M. Raïssac vient au bureau de la comptabili­té, me prévenir que M. le maire me demande. Je me rends au cabinet de l’administration municipale et M. le Dr Langlet, seul à ce moment, me faisant asseoir auprès de lui, m’annonce ceci :

« L’administration du mont-de-piété, dans sa réunion du 26 juillet, prenant en considération ce que vous avez fait de­puis la guerre, a pris l’engagement de vous proposer en première ligne pour la direction, quand les circonstances per­mettront de penser à la reconstitution de l’établissement. »

Puis, me tendant la main, il ajoute avec un bon sourire, qu’il a plaisir à me faire part, lui-même, de cette nouvelle.

Si je suis très flatté de cet accueil de la part du maire, ma sur­prise est grande. En le remerciant comme il convient de l’amabilité qu’il a bien voulu me témoigner et de la confiance de l’administra­tion, je me retire heureux mais un peu soucieux en songeant immédiatement à l’importance de la charge à prendre dans des conditions exceptionnellement difficiles, envisagées et acceptées cependant, puisque j’avais été amené à faire acte de candidature d’une façon assez singulière.

Le 26, en effet, alors que j’ignorais totalement, depuis septembre 1914, les décisions prises ou à prendre par le conseil, un ad­ministrateur était venu me trouver à la « comptabilité », et, en quel­ques mots, m’avait dit à peu près ceci :

« Nous sommes en séance ; je viens vous demander si vous postuleriez l’emploi de Directeur ».

Ma réponse avait été :

« Certainement. – Mais, vous n’avez pas présenté de demande », m’avait-il ajouté.

Séance tenante, j’en avais formulé une sur un en-tête de la mairie, et la lui avais remise, sans même prendre le temps de lui déclarer que je ne savais pas que le poste fût devenu officiellement vacant et sans le retenir pour le questionner. Malgré mes états de services, semblable demande, rédigée au pied levé, me paraissait produite de manière assez aléatoire. Il était retourné auprès de ses collègues, réunis sous la présidence du maire et je venais d’apprendre ce qui en était résulté, sans que cela ne m’eût obligé à solliciter un appui, auprès de qui que ce soit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 28 – Nuit tranquille ; couché dans le corridor ; aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Mercredi 28 juillet

Les Allemands ayant bombardé Furnes et Oost-Dunkerque, nous avons canonné, par représailles, les cantonnements allemands de Westende et de Middelkerke.
Cinq bombes lancées sur Dunkerque n’ont causé aucun dégât. Canonnade à Souchez, en Artois. Bombardement d’Arras et commencement d’incendie aussitôt éteint.
Deux attaques allemandes ont été enrayées dans l’Argonne, près du layon Binarville-La-Harazée. La canonnade a été violente.
Dans les Vosges, en dépit de plusieurs contre-attaques de l’ennemi, nous avons poussé nos avantages sur le Lingekopf, au-dessus de la vallée de la Fech et de la route des Trois-Epis. Nous avons capturé plusieurs officiers et plus d’une centaine d’hommes. L’artillerie allemande a bombardé le col de la Schlucht.
Sur le front russe, les Allemands ont été repoussés à proximité de Chlok, à 50 kilomètres à l’ouest de Riga. Ils ont échoué dans de nouvelles attaques sur la Narew tandis que les contingents qui avaient réussi à passer la rivière étaient refoulés vers l’embouchure. Ils ont également échoué davant Ivangorod et entre Bug et Wieprz.
L’infanterie italienne a progressé sur l’Isonzo infèrieur, où elle a fait 1600 prisonniers dont 30 offici
ers.

Source : la guerre au jour le jour

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Mardi 27 juillet 1915

Paul Hess

À 17 h 1/2, bombardement.

M et Mme Gray-Coret, fabricants de poteries, sont tués tous les deux à leur domicile, avenue de Laon 139, dans une explosion d’obus.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 27 – Nuit tranquille. 6 h. soir. Aéroplanes qui ont tué Monsieur et Madame Gray à Saint-Thomas. Quelques bombes allemandes. Visite du Commandant Barrot. Expédition de la lettre aux Cardinaux pour l’Assomp­tion, écrite à la machine, imprimée en première épreuve, corrigée dans l’après-midi de lundi, aussitôt après la réception des réponses des Cardi­naux. Donné le matin, pour le diocèse, une Lettre Pastorale (n° 80).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 27 juillet

Canonnade moins intense en Artois. Quelques obus encore sur Arras. Lutte de mines en Champagne (Perthes-Beauséjour) et à Vauquois. Actions d’artillerie dans la région de Soissons, au bois Le Prêtre, près de Pont-à-Mousson, au Ban-de-Sapt, où l’ennemi essaie en vain de reprendre ses positions, et à l’Hartmannswillerkopf.
Nos avions ont bombardé la gare militaire de Nancillois, au nord de Montfaucon.
Au front oriental, les Russes ont de nouveau infligé de très grosses pertes aux Allemands sur la Narew. Ceux-ci n’ont pu passer nulle part entre Ostrolenka et Rojany, mais ils ont jeté deux bataillons sur la rive gauche, entre Rojany et Pultusk. Sur la rive gauche de la Vistule, ils ont prononcé des attaques stériles. Entre Vistule et Bug, ils ont été partout arrêtés, comme leurs alliés les Autrichiens. Sur le Bug, la Zlota-Lipa et le Dniester, aucune action d’artillerie.
La Turquie, tout en fournissant à la Grèce de vagues explications, continue à molester les Hellènes d’Asie.
De Monfalcone au Monte-Nero, les Italiens, en dépit des contre-attaques furieuses des Autrichiens, poursuivent leur avance. La flotte autrichienne est bloquée dans les bouches de Catta
ro.

Source : la guerre au jour le jour


 

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Photographie : collection Patrick Nerisson

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Lundi 26 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Au loin sourde canonnade. Matinée silen­cieuse. Réception de la réponse des Cardinaux de Bordeaux, Lyon, Mont­pellier au sujet des Prières à prescrire pour le 15 août. Aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

La manille dans une cagna - Photographie : collection Patrick Nerisson

La manille dans une cagna – Photographie : collection Patrick Nerisson


Lundi 26 juillet

Quelques actions d’artillerie : en Artois, autour de Souchez; entre Aisne et Oise, à Quennevières et au bois Le Prêtre. Ici la fusillade s’est jointe à la canonnade.
Nous avons remporté un nouveau succés au Ban-de-Sapt, dans les Vosges. Nous avons enlevé des organisations défensivives très puissantes, entre la hauteur de la Fontenelle et le village de Launois. Nous avons capturé 11 officiers et 825 soldats allemands; les tranchées regorgeaient de cadavres et nous y avons aussi trouvé six mitrailleuses. Les effectifs engagés par nous n’étaient que de deux bataillons.
Les Allemands ont subi un échec en Flandre, dans une attaque contre les troupes britanniques, – à Hooge.
Le cheminement des troupes germaniques continue en Courlande. Sur le front de la Narew elles ont été repoussées, vers la rive gauche de la Pissa, – mais plus loin, vers Rojany, le combat continue. Sur la Vistule, elles ont été arrêtées à Novo-Georgievsk et à Ivangorod. Entre Vistule et Bug, succés russe à Voislavitz, mais avance de l’ennemi à Groubechow. Bataille opiniâtre sur le Bug, près de Sokal. Les torpilleurs russes de la région du Bosphore ont bombardé un camp ottoman.
Goritz a été évacué par l’état-major autrichien. Les Italiens ont remporté un nouveau succès sur le Corso. Le chiffre total des prisonniers qu’ils ont faits depuis le début de la campagne monterait à 18.000.
La France remplace son ministre à Athènes, M. Deville, par M. Guillemin.

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Dimanche 25 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Visite à Jonchery ; aux prêtres à qui je parle au presbytère, aux paroissiens à l’église.

Visite au Général Franchet d’Esperey.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Le général Franchet d'Esperay passe en revue la 5 armée greque en Macédoine en 1918

Le général Franchet d’Esperay passe en revue la 5 armée grecque en Macédoine en 1918


Dimanche 25 juillet

Journée relativement calme, hormis quelques canonnades sur notre front. Dans les Vosges, toutefois, l’ennemi prononce plusieurs attaques au Reichakerkopf et à l’est de Metzeral : il est partout repoussé.
Les Allemands, sur le front oriental, poursuivent leur progression en Courlande et le gouvernement russe décide de transférer de Riga vers l’intérieur les industries qui travaillent pour l’Etat. Sur la Narew, violentes attaques de la tête de pont de Rojany.
Sur la rive gauche de la Vistule, l’ennemi donne assaut aux ouvrages avancés d’Ivangorod, mais cet assaut est brisé avec de grandes pertes pour lui. Les troupes austro-allemandes, qui ont Lublin pour objectif, ont essuyé de lourdes pertes sur le front Khmiel-Miasky. Les Russes ont fait 500 prisonniers. Ils ont également remporté un nouveau succès près de Sokal; plus au sud-est, ils ont fait quelques centaines de prisonniers.
Les Turcs ont attaqué aux Dardanelles les tranchées britanniques. Ils ont été repoussés. L’affaire a été chaude et courte.
La presse américaine approuve unanimement la note très énergique que le président Wilson a adressée au gouvernement allemand.
Un steamer américain a été capturé par les Allemands dans la mer Balti
que.

Source : la guerre au jour le jour

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Samedi 24 juillet 1915

Paul Hess

Sifflements, vers 10 heures, matin.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Samedi 24 – Nuit tranquille. 10 h., bombes sifflantes (fusantes) aéro­plane.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Photographie : Patrick Nerisson


 

Samedi 24 juillet

Canonnade en Artois, autour de Souchez. Quelques obus sur Soissons et sur Reims. Entre Oise et Aisne (Quennevières et Nouvron) et sur la rive droite de l’Aisne (Soupir), actions d’artillerie.
En Argonne, fusillade et canonnade autour de Bagatelle, où l’une de nos compagnie a pris une tranchée et rectifié le front à notre avantage.
Pont-à-Mousson a été bombardée. Au bois Le Prêtre, nous avons repris une tranchée et repoussé deux contre-attaques.
Près d’Arracourt, une reconnaissance ennemie s’est retirée devant nos feux.
Nous avons brisé une offensive dans les Vosges, à la Fave, et une autre à l’est de Metzeral.
Nos avions ont bombardé la gare de Conflans-en-Jarnisy.
Un dirigeable italien a opéré avec succés au-dessus de Nabrésina, entre Gradiska et Trieste.
De violents combats se poursuivent en Courlande et en Pologne, sur la Narew. Les troupes russes couvrent les positions avancées d’ivangorod, sur la Vistule. Elles résistent avec succès sur la Wieprz et sur le Bug. Elles ont fait 1500 prisonniers près de Sokal, sur la rive droite de ce fleuve.
M. Tittoni est rentré à Paris, après avoir conféré avec MM. Salandra et Sonnino. La tension italo-turque s’accroît.

Source : la guerre au jour le jour

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Vendredi 23 juillet 1915

Paul Hess

11 heures, bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Nuit tranquille, bombes sifflantes de 11 h. 1/4 à midi.

Réception des Bulles de Mgr de la Villerabel, des insignes du Sacré- Cœur.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

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Photographie : collection Patrick Nerisson


Vendredi 23 juillet

Quelques actions d’artillerie en Artois. Un faubourg d’Arras est à nouveau bombardé.
En Champagne, les aviateurs ennemis essayent de bombarder les villages et les gares de ravitaillement ; ils ont été violemment canonnés et leurs bombes incendiaires n’ont produit aucun dégât.
Violent bombardement entre Meuse et Moselle, dans la Woëvre septentrionale et au bois Le Prêtre.
En Lorraine, à Bioncourt-sur-la-Seille, nous repoussons une reconnaissance allemande.
Combat dans les Vosges. Nous attaquons utilement à l’ouest de Munster, et malgré neuf contre-attaques de l’ennemi, nous occupons 150 mètres de tranchées. Au nord de Munster, nous occupons la crête du Linge et prenons pied au sud de celle-ci, sur le Barrenkopf. Nous faisons 107 prisonniers.
Nos avions ont bombardé la gare d’Autry (Ardennes), à quelques kilomètres de Binarville.
Sur le front oriental, les Russes contiennent les Allemands à la droite de la Narew et sur la rive gauche de la Vistule. Les Allemands subissent aussi de grosses pertes sur les deux rives de la Wieprz et laissent 1000 prisonniers aux mains des Russes, près de Sokal, sur le Bug.
M. Wilson a fait partir sa réplique à l’Allemagne au sujet du Lusitania. Les grèves provoquées par les Progermains se multiplient aux Etats-Unis.
Les Italiens ont capturé un avion autrichien près d’Udine. Le député Bissolati, chef des socialistes réformistes, a été blessé en comb
attant.

Source : la guerre au jour le jour

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Jeudi 22 juillet 1915

Benoit Hess

Il paraît qu’avant-hier, une délégation de journalistes étrangers était venue visiter notre ville. Elle tombait bien. Voici ce que ra­conte Le Courrier; à ce propos :

Autour du bombardement d’avant-hier.

Ce n’est pas une mission officielle hispano-américaine, mais une délégation de journalistes appartenant à la plupart des pays neutres, qui est venue visiter notre ville avant-hier.

Il y avait là, outre les Américains du Nord et du Sud, des Espagnols, des Suédois et des Suisses représentant les grands journaux de la presse mondiale, qui tenaient à se rendre compte des ravages causés par les brutes allemandes dans la cité rémoise.

Nos hôtes ont été servis à souhait. Ils ont pu se rendre compte, non seulement de visu mais encore de auditu de la façon d’opérer des Boches.

Ceux-ci, avec le sens de l’à-propos et de l’opportunité qui les caractérise, ont fait — comme si on les en avait priés et comme s’ils avaient été prévenus du passage de nos hôtes — une démonstration décisive de leur savoir-faire.

Les journalistes neutres n’en revenaient pas de ce bom­bardement « dans le tas », exécuté sauvagement, sans aucune nécessité militaire.

Après cet arrosage sensationnel, nos hôtes, sous la con­duite de M. le sous-préfet de Reims, ont parcouru les différents quartiers de la ville. Ils ont vu les ruines du jour et les ruines anciennes. Ils ont été spécialement frappés de l’état dans lequel les Boches ont mis le quartier de la cathédrale et le pâté de maisons compris entre la place royale, la rue de l’Université, la place Belle-Tour, le boulevard de la Paix (le bien nommé !) et la rue Cérès.

Nos confrères emportent de leur séjour à Reims, une im­pression d’admiration et de sympathie profondes pour nos con­citoyens, le dégoût inexprimable pour la bande infernale qui s’acharne depuis dix mois, et sans aucun profit stratégique, contre une des plus belles villes d’art de l’univers civilisé.

Dans son numéro d’hier, le même journal, faisant mention du bombardement du 20, disait, entre autres choses, ceci :

…Ce bombardement précipité et rageur trouve son explication dans le communiqué d’aujourd’hui. Les Boches ont voulu tirer vengeance de l’expédition de nos avions au-dessus de la gare de Challerange.

On dit aussi qu’une batterie de notre secteur a fait sauter un important convoi de munitions aux environs de Berru. Quoiqu’il en soit, les Allemands ont entassé un peu plus de ruines dans notre ville et mis au cœur de ses habitants un plus âpre désir de résistance et de libération.

Et il ajoutait alors :

La mission hispano-américaine, de passage dans notre ville, est arrivée au plus fort du bombardement.

– Le communiqué publié aujourd’hui, en date de Paris, le 21 juillet, 7 heures, dit simplement ceci, à propos du bombardement de mardi 20 :

Un violent bombardement a fait à Reims plusieurs victimes dans la population civile.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 

Cardinal Luçon

Jeudi 22 – Nuit tranquille (couché à la cave). Visite à M. le Curé de Saint-Thomas, à l’ambulance Sainte-Geneviève.

Écrit à M. le Commandant de Beaucourt.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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jeudi 22 juillet

Canonnade en Artois, autour de Souchez et de Neuville; lutte à coups de torpilles et de grenades; aucune action d’infanterie.
Soissons a été bombardée. Dans la partie orientale de l’Argonne, l’ennemi a pris pied dans une de nos tranchées avancées qui faisait saillant.
Dans la forêt d’Apremont et au bois Le Prêtre, il a été complètement repoussé.
Dans les Vosges, vives actions d’infanterie. Sur les hauteurs qui donnent à l’est la vallée de la Fecht, nous avons pris une partie des organisations offensives allemandes. Saint-Dié a été bombardée par l’ennemi.
Trente et un de nos avions ont opéré au-dessus de Conflans-Jarny. Leurs obus ont endommagé la gare et le dépôt de locomotives. Deux autres de nos avions ont jeté des obus à nouveau sur la gare de Colmar.
Sur le front oriental, la progression allemande a continué en Courlande. L’ennemi a occupé quelques tranchées au nord-est de Suwalki; l’artillerie de la forteresse de Novo-Georgiewsk, à 45 kilomètres de Varsovie, a canonné efficacement les têtes de colonnes de Hindenburg. Les Russes ont fait 500 prisonniers sur le Dniester.
Les relations se tendent de plus en plus entre la Roumanie et l’Allemagne, comme d’ailleurs entre la Turquie et la Grèce, et aussi la Turquie et l’Italie.
On dément l’arrestation de M. Ghenadief à
Sofia.

Source : la guerre au jour le jour

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Mercredi 21 juillet 1915

Louis Guédet

Du mercredi 21 juillet 1915 312ème et 310ème jours de bataille et de bombardement au mercredi 4 août 1915 326ème et 324me jours de bataille et de bombardement :

Voyage à Paris et repos auprès de mes chers aimés à St Martin. J’en reviens plus triste, plus endolori, mais plus déterminé à faire mon devoir jusqu’au bout, quoique bien découragé.

Ne sachant que faire que décider pour mon déménagement d’ici. Dois-je le faire et quitter enfin mes Ruines qui m’accablent et m’attristent à chaque jour, à chaque instant. Je ne sais quelle résolution prendre. En avons-nous pour quelques semaines avant d’être délivrés et respirer, ou dois-je envisager un second hivernage…  sur le front ?? Quelle angoisse ? Que faire ? Que décider ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

L’Éclaireur de l’Est, parlant du bombardement d’hier, dit qu’il a été envoyé en ville, de 500 à 600 obus.

Au cours de la tournée que j’ai l’habitude de faire, en pareil cas, on m’apprend, rue du Cloître, qu’un projectile, le cinquième, est tombé hier chez mon beau-frère P. Simon-Concé ; j’en vois en effet les dégâts dans le vestibule d’entrée du n° 10, où il a éclaté après avoir traversé une fenêtre et le plancher d’un appartement au 1er étage.

Il est tombé un obus, – ce n’est pas le premier non plus – sur la maison 96 rue Ponsardin, appartenant à mon beau-père et habitée, avant la guerre, par M. Gossiôme, commissaire-priseur.

Toute la rue du Barbâtre a été fort éprouvée. La boulangerie Cocain-Courty, au 41 a reçu, elle aussi, un obus, le second, qui y a fait de nouveaux dégâts. En face, la maison de vins de Champagne Quenardel, où est installé un cantonnement du 291e d’Infanterie, a eu son toit entièrement défoncé, etc.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Mercredi 21 – Nuit tranquille. Écrit (fait écrire) à la machine la Lettre aux Cardinaux, pour Prière publique n°80.

Visite à M. le Lieutenant-Colonel Colas. Dans l’après-midi, 4 aéroplanes français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

21 rien le 21 le poulain est …(?) vive discussion avec ceux du moulin

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mercredi 21 juillet

Violent bombardement, en Artois, autour de Souchez et de Neuville-Saint-Vaast. Combat à la grenade à proximité du château de Carleul.
Canonnade dans la vallée de l’Aisne. Soissons a été bombardée. Reims a subi le même sort et plusieurs victimes sont tombées, dans la population civile.
Sur les Hauts-de-Meuse, deux attaques allemandes ont été repoussées aux Eparges. Canonnade à Fay-en-Haye et au bois Le Prêtre.
Quatre de nos avions ont jeté en tout quarante-huit obus sur la gare de Challerange, au sud de Vouziers. Six avions ont bombardé la gare de Colmar, atteignant les bâtiments, les voies et les trains. La ville n’a pas été touchée. Nos appareils sont rentrés indemnes; un dirigeable français a lancé 23 obus sur la gare militaire et le dépôt de munitions de Vigneulles-les-Hattonchâtel.
Les Allemands avancent en Courlande, dans le secteur Riga-Chavli. Les Russes ont pris une nouvelle ligne de défense sur la Narew, tout en faisant de brillantes contre-attaques. Ils ont cédé à l’ennemi certains passages entre Wieprz et Bug, et repoussé de furieux assauts à Grabovietz. On calcule que les Austro-Allemands ont maintenant quatorze corps d’armée près de Lublin et disposent de forces beaucoup plus grandes encore dans la Pologne septentriona
le.

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Mardi 20 juillet 1915

Paul Hess

A 11 heures, un violent bombardement commence, alors que nous sommes à travailler tranquillement, au bureau. Personnellement, je suis occupé, à ce moment, avec trois ou quatre boulangers et commerçants qui m’entourent, attendant des bons de livraison de farine, essence, etc.

Au premier sifflement, en succèdent d’autres très rapprochés et avant qu’il m’ait été possible d’établir les pièces pur tout ce qui m’a été demandé, un shrapnell de 105 vient éclater sur la partie du bâtiment de l’hôtel de ville, rue de la Grosse-Écritoire, au 1er étage.

L’explosion nous a fait quitter le bureau ; le personnel des différents services s’était déjà répandu, partie dans les couloirs, partie dans les sous-sols – et le tir continue, venant de plusieurs côtés. il est très serré jusqu’à midi. Trois cent cinquante à quatre cents projectiles sont ainsi envoyés sur la ville, ajoutant de nouveaux dégâts considérables dans le quartier de la cathédrale, touchée elle-même encore plusieurs fois, le Barbâtre, la rue de Vesle, la place d’Erlon, la rue des Moulins, la rue Petit-Roland, etc.

On signale neuf tués et une vingtaine de blessés.

A midi dix, le calme paraissant revenu, M. Vigogne et moi pouvons quitter la mairie pour aller déjeuner.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Rue de la Grosse Ecritoire – Photographie : Gallica-BNF fond Valois


Cardinal Luçon

Mardi 20 – Nuit tranquille, sauf quelques gros coups de canon contre les avions allemands. Vers 4 h 1/2 à 5h du soir. De 11 heures à midi, Conseil. Bombardement terrible : n tué, trois blessés mortellement à Saint-Marcoul ; A « L’Homme d’Osier », 2 jeunes filles tuées, une coupée en deux ; 30 blessés.

Visite au Bon-Pasteur : 1 bombe dans la salle de bains. A la Visitation, 4 bombes.

A la Cathédrale, la fenêtre de la Chapelle Saint-Joseph perd son meneau, un obus frappe et meurtrit un contrefort.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 20 juillet

L’ennemi bombarde, en Belgique, nos tranchées de Saint-Georges, ainsi que le village et l’église de Boesinghe.
En Artois, attaque d’infanterie repoussée sur un front de 1200 mètres, près de Souchez.
En Argonne, à Saint-Hubert, une offensive allemande est rejetée.
Sur les Hauts-de-Meuse, près de Sonvaux, deux offensives ennemies ont été brisées; une série d’attaques secondaires sont enrayées avec de fortes pertes pour nos adversaires.
Combats d’avant-postes, en Lorraine, près de Manhoué, sur la Seille, et près de Parroy.
La lutte a atteint à son maximum d’acuité sur le front oriental. L’ennemi a remporté quelques avantages sur la Wieprz et dans la région de Prasnych, mais partout ailleurs il a été battu et a laissé de nombreux morts sur le terrain. Les Russes ont fait 500 prisonniers en Courlande, près de Chavli, et plus de 2000 sur le Dniester, où ils ont aussi capturé des mitrailleuses.
La flotte italienne a bombardé les forts de Cattaro qu’elle a endommagés. Au retour, le croiseur Guiseppe Garibaldi a été torpillé par un sous-marin autrichien. L’armée italienne a remporté une victoire sur le plateau de Carso, près de Gorizia, et fait 2000 prisonn
iers.

Source : La guerre au jour le jour

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Reims14-18… Une bague-souvenir en métal boche

Reims14-18... Une bague-souvenir en métal boche Torcy, le 20 juillet 1915
Ma chère Marie,
j’ai reçu hier par la poste ton petit colis, merci.
Quand tu auras un autre colis à envoyer, il est préférable de l’expédier en colis postal par la gare de Torcy qui te permet de mettre 3 kilos et ne te coûtera que 0F60 au lieu de 1F35 par la poste.
Ma chère Marie, cette semaine va me paraître très longue, il est fort heureux que vos lettres ne soient pas arrêtées et nous parviennent le surlendemain, mais malgré cela, le temps va me paraître long.
Aujourd’hui, j’envoie par le même courrier dans une boîte à cirage 2 petites bagues faites suivant les mesures envoyées.
Il est bien certains que les bagues seront arrivées bien avant cette carte.
J’ai reçu une lettre de Mlle Marlore, je vais lui répondre pour la remercier.
J’espère que quand cette lettre te parviendra, Marie Ciboi sera encore avec toi si parfois cela lui ferait plaisir d’avoir une bague-souvenir en métal boche,
qu’elle envoie la mesure, je ferai mon possible pour lui en faire une.
Embrassez-vous bien pour moi, et surtout
mon petit Robert.
20 000 baisers…
Albert

Un courrier qui pourrait paraître un peu étrange, mais il faut penser qu’à cette époque, les correspondances, c’est un peu comme les SMS aujourd’hui, presque aussi simple qu’un coup de téléphone, et qu’au jour le jour, les courriers se suivent.

Nous avons affaire à un soldat habile de ses mains, qui semble s’être fait une spécialité dans ce que l’on nomme aujourd’hui « artisanat de tranchée », et plus particulièrement dans les bagues souvenir « sur mesure », réalisées en métal issu des douilles d’obus allemands… cela permet d’occuper les longues journées d’attentes, dans les tranchées.

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La carte est rémoise, et nous montre la rue du Cardinal de Lorraine, à l’angle de la Rue de l’Université. C’est une vue assez courante, que l’on retrouve avec des cadrages similaires chez de nombreux éditeurs (ex. ci-dessous).

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L’expéditeur, le soldat Albert se trouve à Torcy. Des Torcy, il y en a beaucoup en France, Torcy-le-Petit, Torcy-le-Grand, Torcy-en-Brie etc… mais il y a fort à parier qu’il s’agissent ici de Torcy-en-Valois, en Picardie, à 65 km de Reims. Cette commune était fin 1914 au cœur de la zone des combats, mais derrière la ligne de front à la date où a été écrite cette carte postale, le 20 juillet 1915.

Cette commune de l’Aisne, comme beaucoup d’autres, a énormément souffert de la guerre, comme le prouvent les quelques cartes ci-dessous.

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Lundi 19 juillet 1915

Paul Hess

Bombardement à 15 heures.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Lundi 19 – Nuit tranquille sauf quelques gros coups de canons, vers 10 h soir et de temps en temps, rarement, durant la nuit. Aéroplane français vers 6 h. Visite de Mgr Marre, venu à 2 h pendant que j’étais à Merfy. Il a couché au sous-sol ; à 9 h visite de M. le curé de Jonchery. J’irai à Jonchery dimanche. Arriver à 2 h. Réunion sacerdotale au presbytère. 3 h 1/2 cérémonie à l’église : allocution ad populum. Salut. Visite aux ambulances 14 et 15 de 55 (ou 35) malades, chacune.

Vers 4 h visite de M. l’Archiprêtre au sujet de la reconstruction de la Salle du Tau ; conservation de l’Archevêché Palais-Royal. Bombes sifflantes, aéroplanes vers 6 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Lundi 18 juillet

Actions d’artillerie en Belgique, près de Saint-Georges, et en Artois, près de Souchez.
Une dizaine d’obus de gros calibre ont été lancés sur Arras.
Vive action d’infanterie sur les Hauts-de-Meuse. Une contre-attaque nous a rendu l’élement de tranchée que nous avions perdu à Sonvaux.
Nous avons repoussé une nouvelle offensive allemande, qui était accompagnée de jets liquides enflammés. L’ennemi, qui a subi de très lourdes pertes, a laissé entre nos mains deux officiers et plus de 200 hommes prisonniers appartenant à trois régiments différents.
Les Allemands ont avancé en Courlande, sur la rive droite de la Windawa. Le combat continue de plus en plus violent sur l’Orjitz, où les Russes ont anéanti à la baïonnette plusieurs groupes ennemis. Ils se sont repliés légèrement dans la région de Mlava. Les Austro-Allemands ont été repoussés sur plusieurs points, entre la Vistule et le Bug, et sur le Bug. Une bataille se déroule sur le Dniester.
Les Italiens ont pris une série de contreforts montagneux près du col de Lana dans le Cadore. Ils ont repoussé, sur l’Isonzo, une offensive autrichienne contre la tête de front de Plava.
Deux sous-marins autrichiens se sont perdus dans l’Adriat
ique.

Source : La guerre au jour le jour

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Dimanche 18 juillet 1915

Paul Hess

Bombardement le matin. De trente à quarante obus vers le faubourg Cérès.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 18 – Nuit tranquille, sauf quelques coups vers 9 h 1/2 et dans la nuit par intervalles. 6 h 1/2 aéroplanes. Item 8 h bombes sifflantes très fortement et vivement.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Dimanche 18 Juillet 1915. J’avais reçu un avis du Ministère des Affaires étrangères disant qu’ils allaient faire des recherches te concernant. J’ai aussi reçu une lettre d’une dame à qui j’ai écrit et dont le fils a disparu à Autrèches en même temps que toi. Elle me dit n’avoir reçu de son fils qu’une simple carte lui disant qu’il est en bonne santé. Si elle a d’autres nouvelles, elle me le fera savoir.

Maintenant M. Dreyer étant parti au feu depuis environ trois mois du côté de Notre Dame de Lorette, Mme Dreyer, sans nouvelles, a écrit et on lui a répondu qu’il avait été blessé mais qu’on ne peut lui dire où il est soigné. La voilà navrée. Elle habite à La Haubette. Tout le monde a sa peine.

Je devais aller chez tes parents ce matin mais les boches continuent de nous bombarder. Je ne suis donc pas partie. Hier il y a encore eu des victimes. Le beau-père de M. Marie, le boucher, un dénommé Cordier, a été tué dans la Rue Cérès près de Saint André et la mère Dreyer, en voulant lui porter secours, a reçu des éclats et il aurait fallu lui couper les jambes et elle en serait morte. Tu vois mon Charles, ce n’est pas rassurant de sortir des enfants. Tu seras saisi quand tu reviendras ; plus de civils que de soldats tués à Reims !

Je te quitte. Bons baisers de loin. Je t’aime

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

le 18 messe à 11 h à la chapelle, cap. DE FORMIGNY, son lieut- le l d’artillerie et le major y assiste

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Dimanche 18 juillet 1915

La canonnade, violente pendant la nuit précédente autour de Souchez, de Neuville et de Roclincourt, s’est affaiblie au cours de la journée. Quelques obus sont tombés sur Arras.
Reims a été également bombardé.
Lutte de bombes et de pétards dans l’Argonne, à Marie-Thérèse, et au ravin des Meurissons. Deux attaques allemandes échouent à l’ouest de Boureuilles (cote 263).
Sur les Hauts-de-Meuse, après un vif bombardement des Eparges et du ravin de Sonvaux, les ennemis ont attaqué nos positions de la tranchée de Calonne jusqu’aux Eparges. Ils ont été repoussés avec de lourdes pertes.
En Lorraine, une offensive allemande a été dispersée, près de Parroy; une autre, enrayée immédiatement, au Ban-de-Sapt. Près du village du Bonhomme, dans les Vosges, aux Fermes Tournies, un coup de main allemand a échoué.
Sur le front oriental, les Allemands ont progressé en Courlande (vallée de la Vindava). Ils ont été refoulés au nord-est de Souvalki. Sur le front de la Narew, les Russes se sont légèrement repliés. Par contre, ils ont repoussé leurs adversaires près de l’Otjiz, au sud de la Pilitza et sur la Zlota-Lipa.
Trois avions autrichiens ont survolé Bari, en Italie. Leurs bombes ont tué trois perso
nnes.

Source : La guerre au jour le jour


 

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Samedi 17 juillet 1915

Louis Guédet

Samedi 17 juillet 1915

308ème et 306ème jours de bataille et de bombardement

10h1/2 matin  Tempête de vent et de pluie toute la nuit. J’ai peu dormi. Vais-je tomber ? Toute la nuit et le matin le canon a grondé fortement au loin.

Toujours grand vent, ondées et soleil. Je désespère de tout. Je ne puis plus vaincre mon découragement. J’aime mieux la mort que cette vie. Que Dieu ait pitié de ma femme et de nos enfants, et de mon Père s’il n’a pas pitié de moi.

Absence du feuillet 243, les deux premières lignes du feuillet 244 ont été rayées.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit tranquille – pluie ; quelques bombes de 11 h à 11 h 1/2.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Renée Muller

le 17 on n’entend plus le canon le cap. DE FORMIGNY revient de permission Mr FRÈRE vient dîner avec nous, le capitaine vient nous rendre visite, on parle que le 58 ch. revient, j’attends

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Samedi 17 juillet 1915

Dans le Nord, l’ennemi, qui a tenté de sortir de ses tranchées, près du Château de Carleul, est immédiatement arrêté par nos feux d’artillerie et d’infanterie. Il se venge en bombardant le village de Bully, et l’une des fosses de cette région, où deux civils sont tués. Nous mettons le feu à une ferme, près de Vimy, par nos obus.
Sur la rive droite de l’Aisne, à l’ouest de Soissons, les Allemands lancent 4000 obus sur le secteur de Fontenay, puis ils tentent contre un de nos ouvrages un coup de main qui échoue. En Argonne, vive canonnade, mais l’ennemi renonce à de nouvelles attaques d’infanterie. Sur les Hauts-de-Meuse, bombardement aux Eparges, à Sonvaux, à Apremont; combat de grenades au bois d’Ailly; fusillade et canonnade à Flirey.
En Lorraine, les Allemands attaquent sur un front de trois kilomètres les positions que nous leur avons enlevées à Leintrey. Ils bombardent toute notre ligne de Chainpenoux à la Vezouze. Une attaque qu’ils tentent à Parroy leur vaut de lourdes pertes.
Nos avions jettent des obus sur la gare militaire de Chauny.
Les Russes contiennent l’ennemi en courlande, repoussent une attaque près de Lomza, se retranchent au sud de Prasnych, et contiennent les Austro-Allemands sur le Dniester. Guillaume II tient un conseil de guerre à Posen avec Hindenburg et le chef d’état-major Falkenha
yn.


 

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Source : site de la Ville de Reims

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