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Jeudi 5 avril 1917

Louis Guédet

Jeudi 5 avril 1917

…pauvres petits. Que faire ? Que dire ? Que décider ?

Vu M. et Mme Becker qui m’ont dit grand bien de mon grand Jean, son capitaine en dit beaucoup de bien, et son collègue le capitaine Cornet. Il est très bien noté par ses chefs.

Ce soir audience de réquisitions militaires, à 2h1/2.

6h1/4 soir  Vu ce matin à l’Hôtel de Ville M. Charlier, le chef de bureau des allocations militaires, commission cantonale, qui m’apprend que sa maison rue de Courcy, 52, (rue Roger-Salengro depuis 1946) a été broyée hier par le bombardement, 3 ou 4 obus. Vu Camuzet qui me dit les ruines des terribles bombardements, rue St André (rue Raymond Guyot depuis 1946), rue Jacquart, place de Bétheny (place du Docteur Knoëri depuis 1927) qui n’est plus qu’une ruine, rue Coquebert, rue de Savoye, clinique Lardenois, clinique Lardenois, rue Werlé, maison Girardin fort abîmée (rayé). Enfin de tout cela des ruines, toujours des ruines. Beau champ d’expériences militaires, comme le disait avec tant…  d’humour nos galonnards. C’est tout ce que trouvent à dire ces soudards à qui il ne manque plus que l’uniforme allemand pour être complets.

Les Postes Muire et Vesle sont installées au Palais de Justice dans la Chambre civile. Là j’y rencontrais hier l’un des Directeurs (rayé) qui hier, blanc de peur  me dit : « oh ! mais si çà bombarde…

La demi-page suivante a été découpée.

Audience de réquisition militaire, 2 affaires, dont l’affaire Janin, entrepreneur de bois de construction. Son frère, clerc de notaire est venu pour lui. J’ai saisi l’occasion de dire à celui-ci que je n’admettais pas que son frère qui ne jugeait pas à propos de se présenter, accusant Payen d’avoir voulu se dérober au danger il y a un mois lorsqu’il avait été convoqué la première fois !! Payen n’était pas venu à cause du verglas, et parce que l’autorité militaire ne lui avait pas permis de venir à Reims… Non ces gens-là sont inconscients. Ce sont eux qui se défilent depuis 1914 et accusant les autres de se dérober !! C’est un comble !!! Janin a senti la leçon ! Il pourra la répéter à son pleutre de frère.

Je ne pars pas demain. Je n’ai pas de voiture. Dois-je partir samedi ou dimanche ??? Je ne sais !! Cette incertitude me fait réellement souffrir. Je suis pris entre le Devoir civique et le Devoir paternel, l’affection paternelle ! Celui-ci, celle-ci, il est vrai doit passer après celle-là ! C’est dur ! Mon Dieu, éclairez-moi. Et faites que je puisse aller à St Martin embrasser mon père et ma femme et mes Petits. Il n’y aura que mon Robert qui me manquera. Pauvre Petit. Aucune épreuve ne m’aura été épargnée, aucun sacrifice !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Le communiqué en date de Paris, 4 avril, 7 h, que nous lisons ce matin dans les journaux, annonce notamment ceci :

L’ennemi a violemment bombardé la ville de Reims, qui a reçu plus de 2 000 obus ; plusieurs personnes de la population civile ont été tuées.

— Aujourd’hui, au cours de l’après-midi, des obus tombent à proximité des voies du chemin de fer, impasse Paulin-Paris, rue Duquenelle et, la nuit, les sifflements se font entendre de nouveau

à plusieurs reprises, tandis que les projectiles éclatent vers la porte de Paris, l’avenue de Laon, les Promenades, la rue de Cormicy,

— Le Courrier donne les différentes communications ou formations suivantes :

Nouvel avis à la population.

En raison de la fréquence et de l’intensité des bon dements, le sous-préfet de Reims, au nom du gouvement par son ordre, engage les habitants de Reims qu’une obligation impérieuse ne retient pas, à quitter la ville pour quelques temps. Il insiste principalement sur le devoir absolu des chefs de famille de mettre sans retard en sécurité leur femme et leurs enfants.

Ainsi qu’il a été dit, toutes facilités seront donnée: le retour des personnes qui se trouvent actuellement à Reims, dès que les circonstances le permettront.

Le sous-préfet de Reims : Jacques Regnier

Ville de Reims.

Le service du ravitaillement dispose de deux mille de cassoulet (viande et haricots) qui peuvent être cédées immédiatement à la population aux prix de :

– 0,85 F la boite de 500gr.
– 1,55 F la boîte de 1 kg.
et d’une petite quantité de morue.

S’adresser à l’abattoir municipal et aux soupes populaires de Melle Foubiaux et de Mme Perottin.

Départs.

Les autos militaires qui conduisent à Epemay nos concitoyens n’étant pas toutes remplies par les vieillards et les jeunes enfants, les places restantes seront mises à la disposition des autres personnes désirant quitter Reims.

On devra s’inscrire, à partir de 5 h du soir au commissariat central.

Contre les gaz asphyxiants. Conseils.

Des personnes ayant été incommodées en portant secours à d’autres personnes victimes d’accident, il est rappelé que le premier soin à prendre est de revêtir son propre masque, et, si possible, d’appliquer celui du blessé.

Revêtir également son masque lorsqu’on pénètre dans une maison qui a reçu des obus asphyxiants.

L’adieu aux partants.

M. le maire de Reims était présent au premier convoi automobile emmenant des vieillards et des enfants.

Il les a salués en termes pleins d’émotion et avec un at­tendrissement visible.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi-Saint – Jeudi 5 – + 3°. Nuit assez agitée ; bombardement violent jusqu’à 10 h. soir. Ronflement lointain de la canonnade toute la nuit, Berry- au-Bac et la Neuvillette, attaque allemande. Le matin, silence jusqu’à l’heure de la messe à 8 h. Visite à Clairmarais ; autel et abside anéantis. Retrouvé sept hosties sur 10. Les personnes pieuses ont demandé d’être communiées avec ces 7 hosties retrouvées. Ciboire écrasé sous le piédestal de la statue du Sacré-Cœur. Bombardement à partir de 2 h. Visite à Saint-Remi : un obus est entré par une fenêtre du chœur (Nord-Est à peu près) ; est tombé près du tombeau de Saint Remi, y a projeté des débris de maçon­nerie d’une arcature du triforium, sans faire aucun mal au tombeau. Bom­bes toute la soirée. Canons français de 10 h. à minuit. Bombes allemandes jusqu’à 4 h., sur l’abattoir où elles font une brèche à la maison du con­cierge ; le Café du XXe siècle a sa devanture brisée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 5 avril

Nos troupes ont continué à refouler l’ennemi sur le front de la Somme à l’Oise et l’ont rejeté au delà d’une position dominante très importante, jalonnée par les villages de Grugies, Urvillers, Moy, qui ont été enlevés brillamment par nos troupes.

Au nord de la ferme de la Folie, les Allemands, bousculés par une attaque irrésistible de nos soldats, ont lâché précipitamment trois lignes de tranchées précédées de réseaux de fils de fer en abandonnant des blessés, et un important matériel; trois obusiers de 150 et plusieurs camions d’escadrille sont tombés en notre possession.

Au sud de l’Ailette, aucun changement dans la situation.

Violente lutte d’artillerie dans la région de Margival et de Laffaux.

En Woëvre, nos pièces à longue portée ont pris sous leurs feux des détachements signalés en gare de Vigneulles.

Dans les Vosges, un avion allemand a été abattu par le tir de nos canons spéciaux.

Les Anglais ont infligé un échec aux Allemands à 1’ouest de Saint-Quentin.

Les Russes ont été refoulés sur le Stokhod par les Austro-Allemands.

Jusserand, ambassadeur de France, a été longuement acclamé par la foule à New-York.

Goremvkine, ancien premier ministre russe, qui avait été emprisonné, est devenu fou.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Dimanche 25 février 1917

Louis Guédet

Dimanche 25 février 1917

897ème et 895ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Beau temps, gare la gelée de nouveau pour un mois, en tout cas pas de neige. Bataille et canonnade toute la nuit ! mal dormi. Messe paroissiale de 8h1/2 quoique levé à 6h1/2. Répondu à mes lettres et vu Charles Heidsieck qui est venu s’excuser d’avoir oublié de m’offrir l’autre jour du café dont la cafetière était près de lui, je suis parti laissant ma tasse vierge de tout café. Il en a d’autant plus ri que ni l’un ni l’autre ne nous sommes aperçu de cet oubli. Notre entretien était certainement intéressant pour en oublier et cafetière et café etc…  etc…

Reçu nombre de lettres, ma chère femme est inquiète de Jean qui est fatigué et saigne du nez. Je lui confirme ce que demande Mme Becker, le nom de son capitaine et lui conseille d’écrire ses recommandations pour Jean à Madame Becker elle-même. Robert pense partir bientôt au front. Ma chère aimée me parait très désemparée…  et moi…  aussi. Sorti à 2h, porté mon courrier à la Poste, une 15aine (quinzaine) de lettres. Vu Porte de Paris aux trains pour Châlons, pas commodes du tout : il me faut coucher à Épernay si je veux voir mes Juges et Procureur. Poussé jusqu’à la Gare de la Haubette et redescendu, bavardé de droite et de gauche avec de braves gens qui aiment bien leur juge de Paix.

Recogné dans M. Heidsieck qui trotte comme un cerf maintenant et voulait m’entrainer à St Charles voir le Chef de gare. J’ai refusé énergiquement, ayant encore à finir mes lettres et à travailler. Il m’invite à déjeuner au Cercle mardi avec d’autres amis. J’ai accepté. Passé par les Tilleuls (rue Bazin depuis 1925) après l’avoir quitté au Pont de Vesle et rentré chez moi. En chemin rencontré Braudel (à vérifier), fondé de pouvoir de Charles Heidsieck. Causé un instant, il a perdu 2 fils tués : « Surtout ne conseillez pas à vos fils d’entrer dans l’artillerie de tranchées, où on est sacrifié !! » me dit-il, et surtout on expose les aspirants !… J’en ferai mon profit. Entretemps, canonnade sur des avions allemands, et en route on m’apprit qu’un de ceux-ci est tombé vers St Brice. C’est M. Floquet, mon voisin d’ici (au n°61) qui me dit cela au moment de rentrer, et il était accompagné de son dernier fils qui est actuellement devant Vailly (Vailly-sur-Aisne), pays natal de ma belle-mère. Il est au sud du canal et l’Aisne seule sépare français et allemands du village de Vailly. Comme je lui demandais si l’usine de caoutchouterie (usine de pneus de bicyclette Wolber depuis 1904) était encore là, il me répondit affirmativement, me disant qu’il était justement en face, et il me disait que les bâtiments de cette usine et ceux adjacents ne paraissaient pas avoir beaucoup souffert. C’est la demeure des grands-parents maternels de ma chère Madeleine, les Dopsent. (Rayé) environ (rayé), quelle brute que cet (rayé) là !! Rentré enfin travailler, fini mes lettres et étudié pour mon brave Dondaine une dévolution de succession entre neveux et petits-neveux germain et consanguins. Ces questions de dévolutions en matières collatérales sont toujours difficiles à bien saisir. Enfin j’ai mis l’affaire au point.

8h3/4  Il est temps de se coucher. Calme absolu, il fera encore froid cette nuit. Je suis fatigué, mais dormirai-je, ou bien mes insomnies persisteront-elles ??…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 25 – Violente canonnade jusqu’à minuit. Reste de la nuit tranquille. 0° ; beau soleil. Un officier qui commandait à la Pompelle, hier jusqu’à minuit, me dit qu’un Polonais(1) avait réussi à passer dans nos lignes. Il indique aux chefs qu’une relève de division devait avoir lieu et fait connaitre l’heure exacte et le lieu précis avec tous les détails : c’est pour contrarier la relève de cette division qu’a eu lieu la canonnade de samedi à dimanche.

Mgr Neveux va à ma place à la messe des soldats aux Caves Pommery.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Les malheureux Polonais, privés de patrie, servaient malgré eux dans l’Armée russe, l’Armée allemande et l’Armée austro-hongroise. Ils désertaient lorsqu’ils en avait l’occasion et les différents adversaires tentèrent de créer des unités avec les réfugiés politiques. Les travailleurs émigrés, les prisonniers de guerre et les déserteurs. Toutes ce fractions disparates qui, comme les Tchèques, changèrent parfois de camp sans préavis, finirent cependant, après 1918 par former les bases d’une Armée polonaise qui connût pas mal de soubresauts.

Ets Pommery-P-Freville


Dimanche 25 février

Dans les Vosges, un de nos détachements a pénétré dans les lignes ennemies, au nord de Senones. Après un bombardement violent, les Allemands ont tenté sans succès un coup de main sur nos tranchées de Wissembach. Ils ont fait deux autres tentatives infructueuses sur nos tranchées du Nolu (Alsace).

Activité d’artillerie soutenue sur tout le front belge. Violente lutte de bombes dans la région Steenstraete-Hetsas.

Un de nos dirigeables a bombardé les usines en activité dans la région de Briey et est rentré sans incident à son port d’attache. Quatre cents kilos de projectiles ont été lancés par nos avions sur les bivouacs allemands dans la forêt de Spincourt.

Engagement sur tout le front roumain.

Les Anglais ont réalisé une forte avance dans la région de l’Ancre et se sont rendus maîtres du Petit-Miraumont. Ils ont progressé également, et sur un front de 2400 mètres, dans la région de Serre.

Ils ont accentué leur cheminement dans les alentours de Kut-el-Amara, en Mésopotamie.

Deux navires brésiliens sont arrivés, malgré le blocus des sous-marins, au Havre.

Le gouvernement anglais publie une liste de marchandises dont l’importation sera provisoirement interdite. Il veut réserver sa marine de commerce aux besoins immédiats de la guerre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 24 février 1917

Louis Guédet

Samedi 24 février 1917

896ème et 894ème jours de bataille et de bombardement

7h3/4 soir  Temps brumeux sans pluie. Le calme jusqu’à maintenant, mais depuis 7 heures moins 20 de vraies marmites de 5 minutes en 5 minutes, assez proches, en avant de nous vers le quartier du Barbâtre. Gare cette nuit, il y avait trop longtemps que nous étions tranquilles. Je souhaite que ce ne soit qu’une alerte car ma fidèle domestique est toujours souffrante, mais rien de grave, le médecin l’a vue ce matin (Dr Hoël (dont la fille Elisabeth avait épousé Jean-Louis Langlet, le fils du Maire de Reims)) et il a pensé que lundi elle pourra être sur pied, mais en attendant j’aimerais mieux que nous ne soyons pas obligés de descendre à la cave, pour elle et…  aussi un peu pour moi.

C’est extraordinaire l’impression pénible qu’on ressent dès qu’on entend siffler tout proche un obus, surtout la nuit, on est comme anéanti, annihilé. On attend la mort et on l’entend siffler. C’est douloureux et dans ces secondes on ne sait le monde de pensées qui vous assaillent nettement, clairement !

Les nôtres répondent, gare la mauvaise nuit.

8h05  Voilà les salves des nôtres qui commencent. Pourvu que la réponse ne soit pas de notre côté. J’ai donc perdu toute ma matinée avec cette pauvre Adèle. Enfin elle va mieux c’est le principal. J’ai déjà assez de soucis sans ajouter celui de mon service. J’ai déjà aussi si peu de temps pour arriver à ma tâche. Il est vrai que j’ai deux braves et bons secours de plus dans Jacques et Lise, mais ils ne sont pas à ma solde, mais à celui de Mme Mareschal qui me fait déjà l’aumône de son toit.

Après-midi sorti faire des courses, porter mon courrier et en passant rue de l’Étape devant le Casino j’aperçois une bande d’officiers plus guindés les uns que les autres, plus pommadés aussi et sur le seuil 2 soldats du 118ème Territorial, baïonnette au canon. Je puis à peine franchir cette foule galonnée qui est chez elle, et non moi, citoyen libre de Reims martyr. Je m’enquière et j’apprends que ces Messieurs donnent une après-midi de gala pour eux et leurs…  femelles ! actrices de choix, électricité à profusion, moi que ne connait plus ici cette lumière-là !! Bref, c’est choquant, c’est honteux ! et tous ceux à qui j’en ai parlé, ainsi qu’à l’Hôtel de Ville en sont outrés. Nous souffleter ainsi de cette veulerie, de cette fête de mauvais aloi, nous qui sommes dans les ruines, le sang, les larmes, le feu, le fer, les angoisses des bombardements comme en ce moment. Venir faire la fête, la noce, l’orgie en centre de la Ville ! C’est ignoble. Oh ! Messieurs les officiers, vous ne savez pas les rancunes et les rancœurs que vous accumulez dans le cœur de nos ouvriers, de nos habitants qui souffrent le martyr depuis 2 ans1/2 ! Ce sera terrible le retour après la Guerre et même la délivrance de Reims. Je crois que vous ferez bien de ne plus montrer vos galons !! Néanmoins, j’en avais les larmes aux yeux et la rage au cœur en voyant cela, je sentais le soufflet lancé à la face de tous les Rémois… (Rayé) que pendant (rayé) faire tâche pour cette (rayé) là. Comment avec ces gens-là pouvons-nous, après la victoire…  la délivrance ! même !

8h20  Allons ! bon ! voilà les torpilles qui s’en mêlent. En tout cas pour une marmite que nous envoie les allemands, les nôtres répondent par une salve de 8/10…  Qu’est-ce que tout cela peut bien préparer. Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! Pan ! douze en salve, et allez-y donc !! Les nôtres y vont de bon cœur !! De l’autre côté on parait ne vouloir plus répondre, ni continuer la conversation ! Nous verrons cela ! Je crois que notre nuit va être fort compromise. Et cependant je dormirais si bien ! Après ma journée qui a été plutôt fatigante !… Ce sont des torpilles maintenant ! Il me faut pourtant essayer de me reposer, je suis fatigué, exténué. Quelle misérable vie que la mienne ! et toujours seul, abandonné de tous, loin de tous ceux que j’aime et qui ne s’en doutent pas ! Ils ne sauront jamais ce que j’ai souffert pour eux.

Vu M. et Mme Becker qui m’ont dit qu’ils retourneraient à Fontainebleau vers le 15 mars et qu’ils verraient mon Jean. On me demandait tout à l’heure qui visait l’article du Courrier de la Champagne d’il y a quelques jours « Suspect ». C’est de Chapuis fils qui va tous les mois voir sa femme malade à Leysin (Suisse). Tout de suite nos galonnards et embusqués qui nous gouvernent ont trouvé là une affaire d’espionnage. Bref on a filé mon Chapuis et on l’a même appelé ici à la Division. Ces gens-là, à force de ridicule deviennent grotesques. Bien entendu Girardot et Lallier étaient à la tête du mouvement ! Il ne manquait plus que Colas cet âne pour faire le brelan ! de cuistres ! avec Delautel en serre-file ! il parait que Chapuis l’a…  en…  enguirlandé dans les grands prix !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 24 – Idem. Soir : de 7 h. 1/2 à 8 h. 1/2 violente canonnade française et riposte allemande (pas bombes sifflantes) jusqu’à minuit. Je n’ai entendu siffler les bombes allemandes qu’entre 7 h. et 8 h. S’il y en a eu après, elles allaient tomber au loin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 24 février

Lutte d’artillerie en Lorraine et en Alsace.

En Champagne, nos tirs d’artillerie ont allumé un important incendie dans les lignes allemandes, près de la Butte-du-Mesnil. Nous avons repoussé deux coups de mains de l’ennemi, l’un à l’est de Soissons, l’autre près de Bezonvaux. Nous avons réussi deux coups de main sur la Meuse.

Les Anglais ont amélioré leur position, au nord de Gueudecourt, en s’emparant d’un élément de tranchée, d’un mortier de tranchée et de plus de 30 prisonniers. Une avance a été également réalisée au sud du Petit-Miraumont, où un poste ennemi a été occupé.

Nos alliés ont exécuté avec succès un coup de main au sud-est de Souchez. Les Allemands ont eu des morts. Des raids ennemis ont été repoussés au sud d’Armentières et vers le bois de Ploegstaert. Ceux des assaillants qui avaient réussi à atteindre les tranchées britanniques ont été tués ou capturés. Activité de l’artillerie allemande vers la Somme au sud d’Arras.

Sur le front italien comme sur le front russe, simples opérations de détail.

Un paquebot, l’Athos, a été coulé en Méditerranée. 1450 passagers ont été sauvés.

M. Lloyd George annonce aux Communes anglaises d’importantes restrictions aux entrées de marchandises.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Gueudecourt

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Mardi 13 février 1917

Louis Guédet

Mardi 13 février 1917

885ème et 883ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps toujours très froid, brume, soleil malade s’élevant un peu l’après-midi. Le ciel s’éclaircit. Toute la journée du canon, mais depuis 5h ce soir c’est une tempête, un roulement de tonnerre formidable, on ne s’entend plus. Toutes nos batteries tonnent. C’est effrayant, on dirait le roulement de 100 express lancés à toute vapeur, qui grondent, heurtent, choquent. Il parait que c’est un coup de main vers le Linguet pour avoir des prisonniers. Avec cette débauche de mitraille, la livre d’allemand pris reviendra chère. Pourvu que nous, pauvre civils, nous ne payons pas cela cette nuit ou demain !! Cette pensée nous angoisse et nous obsède toujours chaque fois que nous arrosons leurs tranchées. Cette attente est pénible.

Ce matin un conseil de famille pour des clients de Cormontreuil, Louis Vuattier, tué au mois de juillet dernier (Paul Louis Vuattier, caporal au 23ème RIC, tué le 30 juillet 1916 à Flaucourt (80)), une jeune femme et une enfant de 2 ans1/2 qui n’aura pas connu son père. Après-midi fait des courses. Vu Monsieur et Mme Becker qui très gentiment avait demandé à Jean de venir les voir quand ils étaient chez Mme Bayle leur fille à Fontainebleau, mais mon Grand n’était pas libre. Là j’ai vu aussi Madame Camuset (Marie-Héloïse Becker, épouse Camuset), l’abbé son fils et Melle Becker. Causé longuement avec eux. Mmes Becker et Camuset sont toujours très bonnes et très affectueuses pour moi. Rentré ensuite, juste au moment où la…  « danse » a commencée et jusqu’à présent.

6h40  Silence complet, ce n’est pas dommage puisqu’en 2 heures de cette sérénade on en a la tête cassée. On n’entend plus les coups, mais rien qu’un roulement. Écrit quelques lettres que je tardais à écrire par lassitude, fatigue. Je suis comme sans force, sans courage, et n’ai de goût à rien.

8h20  Le calme absolu. Quelques rares coups de canon. Et nos pauvres blessés qui sont là, à quelques cent mètres de nous, qui souffrent sur le champ de bataille du froid…  Cela fait mal d’y songer…  Écrit quelques lettres…  sans conviction, sans courage, j’alignais des mots. Je n’en n’ai plus qu’une à écrire pour être à jour avec mes correspondants et correspondantes…  et que leur écrire ?? Toujours la même chose, notre vie est si monotone, si triste et si uniforme, et par ce froid écrire est une souffrance physique, ajoutée à la souffrance morale qui me torture depuis 30 mois…  Souffrir, toujours souffrir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

13 février 1917 – Démonstration formidable de notre artillerie, pour la préparation d’un coup de main « au Mamelon ». La mission de faire des prisonniers a été confiée à 71 volontaires du 293e, devant sortir des tranchées à 17 h 35, sous le commandement du Capitaine C…

Commencé à 11 h 1/2, le vacarme des pièces de tous calibres se ralentit seulement un peu avant 20 heures, puis il recommence pour toute la nuit. Ce ne sont que détonations des départs et bruit des explosions d’arrivées, car les éclatements s’entendent fort bien, sur les tranchées allemandes, du côté du Linguet.

Au cours de l’opération qui, paraît-il a parfaitement réussi, nos hommes ont fait 23 prisonniers, dont deux sous-officiers. Nos pertes seraient de quatre tués et six blessés, par un coup de 75 trop court.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 13 – – 8°. Nuit tranquille. Pas dit la Messe. Dans l’après-midi, préparation d’artillerie de notre côté, pour prendre un point auquel on tient : Linguet ou voisinage, jusqu’à 6 h. L’attaque a dû avoir lieu vers 4 h. 1/2. Ensuite, duel d’artillerie entre batteries adverses. Bombes sifflantes sur nos batteries, on a fait 23 prisonniers. Il y a eu 100 tués, dit le Docteur d’Herbigny. La lutte d’artillerie a duré depuis 11 h. avant midi jusqu’à 2 h. après minuit, intense toute l’après-midi, de 8 à 2 h. extrêmement violente. 3 ou 4 bombes sur l’église Saint-André, plusieurs travées de voûtes, écroulées ; au-dessus de la chaire on voit le ciel. Dégâts considérables.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Saint-Andre


Mardi 13 février

Activité intermittente des deux artilleries dans la région de Bezangis (Lorraine), et dans quelques secteurs des Vosges.

Sur le front belge, activité de patrouilles dans la région de la Maison-du-Passeur. Vers Hetsas, lutte à coups de bombes et de grenades. Activité moyenne de l’artillerie en divers points. Les Anglais ont réalisé de nouveaux progrès au nord de l’Ancre, vers la route de Beaumont à Puisieux. A la suite d’une petite opération exécutée sur un front restreint, ils ont occupé sans difficulté 600 mètres de tranchées et fait un certain nombre de prisonniers.

L’ennemi a attaqué les nouvelles positions britanniques au sud de Serre. Pris sous des tirs de barrage et des feux de mitrailleuses, il a été aisément rejeté.

Les patrouilles anglaises ont pénétré en un certain nombre de points dans les lignes ennemies. Un détachement a fait exploser un dépôt de munitions au sud-est d’Armentières et ramené des prisonniers. Un détachement ennemi qui se concentrait au nord-est de Neuville-Saint-Vaast a été dispersé par des tirs d’artillerie. Des bombardements ont été exécutés avec succès au nord de la Somme, ainsi que vers Armentières et Ypres.

Les éclaireurs russes, dans la région de Borowoymlyn (nord-est de Smorgon) ont attaqué les avant-postes ennemis et pris une mitrailleuse. Une attaque allemande a été repoussée près de Kiaselin; une autre au sud de Halicz, sur le Dniester. Nouveaux succès britanniques près de Kut-el-Amara, en Mésopotamie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 15 novembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 15 novembre 1916

795ème et 793ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps magnifique. On s’est battu toute la nuit, et nos batteries n’ont cessé de tonner toute l’après-midi, c’était un vrai vacarme. Les allemands répondaient peu, quelques obus sur la ville, bien entendu. Déjeuné chez mon vieil et charmant ami Charles Heidsieck si bon pour moi. Il a reçu 2 bombes les 27 et 31, éclatant sur son refuge, pas mal de dégâts. Causé de choses et d’autres, ses affaires vont bien. Il a su s’assurer des agents de Mumm en Amérique, c’est un succès. Goulden serait passé au conseil de Guerre mardi dernier 7 novembre. Le Verdict sera rendu incessamment. En faisant mes courses à l’Hôtel de Ville j’ai rencontré Honoré, le pompier, qui fait la police secrète pour l’État-major de la Ve armée directement. Il m’a demandé des renseignements sur Henri Lanson (1852-1938), négociant en vins de Champagne, boulevard Lundy, sur son esprit, sa mentalité, son patriotisme, etc…  il me demandait cela parce qu’il était chargé de faire une enquête sur lui parce qu’il entretenait une correspondance commerciale (?) (rayé) avec Bâle. Honoré avait l’air de dire que c’était une seconde affaire Goulden ! Je lui ai dit très nettement que Lanson était à l’abri de tout soupçon sur ce point

Vu M. et Mme Becker, et causé longuement. Madame Becker si courageuse depuis les hostilités. Son fils dont elle n’a pas de nouvelles est tué ou disparu (décédé le 22 août 1914 à Paimpont en Lorraine). On a parlé de Jean et de son admission à Fontainebleau, et très aimablement elle me propose de le recommander à sa fille, Mme Bayle, qu’elle doit voir à Fontainebleau, 17, rue Carnot et où elle dit partir demain. Son mari est capitaine, ancien professeur à l’École, et elle le recommandera à tous les officiers professeurs camarades de son mari, ainsi qu’au capitaine Vauthier, professeur et père d’un camarade de Jean, qui lui-même fait partie de cette promotion. J’ai accepté avec reconnaissance. Ma pauvre Madeleine sera heureuse en apprenant cela et Jean aussi dont j’ai reproché la timidité.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

15 novembre 1915 – Pendant toute la journée, activité sérieuse de notre artillerie, dont le tir est visiblement réglé par les avions.

— Le soir, à 19 h, commence brusquement une canonnade effrayante, comme celles entendues déjà lors des démonstrations. On suppose qu’il s’agit d’une attaque allemande ; c’est du côté de Courcy-Brimont que nos pièces tirent ensemble, en rafales et sans discontinuer, pendant une demi-heure. Le vacarme est assourdissant.

Vers 20 h, le calme se rétablit peu à peu, puis la batterie du Port-sec qui s’est mise à tirer seule, lorsque les autres commençaient à se taire, prolonge la séance encore pendant vingt minutes environ. Ensuite, c’est le silence pour la nuit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Mercredi 15 – Nuit tranquille en ville ; autour de Reims nuit bruyante, tirs fréquents de mitrailleuses, et je pense aussi de grenades et torpilles, toute la nuit. + 2° ; beau soleil. Visite de M. le Curé de Trigny. Rentrée à Reims de M…. Aéroplanes toute la journée ; tirs contre eux. Aéros allemands et français. Bordées de gros canons français de 2 à 3 h. Bombes sifflent à plusieurs reprises de 3 à 4 h. Journée des plus bruyantes de la part surtout des Français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 15 novembre

Au sud de la Somme, l’artillerie ennemie, énergiquement contrebattue par la nôtre, a bombardé avec violence la région de Pressoir et le secteur Biaches-la-Maisonnette. En Argonne, nous avons occupé, au Four-de-Paris, un entonnoir provoqué par l’explosion d’une mine allemande. Sur le front de Verdun, canonnade intermittente, plus active dans les régions de Douaumont et de Vaux. Les Anglais, progressant toujours, ont pris le village de Beaucourt-sur-Ancre. Le nombre des prisonniers qu’ils ont faits dépasse de beaucoup 5000 et d’autres sont encore annoncés. Ils ont gagné du terrain à l’est de la butte de Warlencourt, au cours d’une action locale, faisant 80 prisonniers. Les troupes franco-serhes ont pris en tout sur la Cerna 1.447 ennemis dont 20 officiers. Elles ont capturé 25 canons, dont 8 lourds. Les Roumains ont quelque peu reculé dans la vallée de l’Olt. Leur flottille a canonné la rive du Danube en Dobroudja, à 6 kilomètres au nord de Cernavoda. Un torpilleur norvégien a canonné un steamer allemand qui portait, au mépris des règlements, un appareil de T.S.F, et qui s’était aventuré dans les eaux territoriales de Norvège. La Douma s’est réunie; le président, Radzianko, a écarté comme humiliante toute idée de paix séparée entre la Russie et les empires du centre. Le groupe polonais a formulé une protestation solennelle contre la germanisation de la Pologne. Le gouvernement anglais, dans une déclaration aux Communes, dit de nouveau que M. Venizelos est reconnu comme pouvoir de fait, mais que le gouvernement de Salonique n’a pris aucune allure anti-dynastique. M. Poincaré a reçu à l’Élysée le nouvel ambassadeur d’Italie, le marquis Salvago Raggi. Le baron Burian est parti pour Berlin où il doit conférer avec le chancelier allemand. Le général Porro, chef d’état-major de l’armée italienne, est arrivé à Paris. Les pourparlers entre l’Amérique et le Mexique subissent à nouveau un temps d’arrêt. L’Angleterre va procéder à toute une série de mesures tendant à assurer des économies. En même temps, elle envisage le moyen d’augmenter ses effectifs, et elle annonce son intention de poursuivre énergiquement la campagne d’hiver.

Source : La guerre au jour le jour

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Samedi 12 août 1916

Louis Guédet

Samedi 12 août 1916

700ème et 698ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps, chaud et lourd. Quelques obus cet après-midi. Payen, le sous-intendant militaire était étonné de ce que nous les entendions venir de très loin durant notre audience de réquisitions militaires au Palais de Justice. Cela s’organise et cela marchera. Nouvelles des miens, bonnes nouvelles de Robert, lettre de Maurice le pauvre petit, je lui répondrai demain. Voilà toute ma journée, quand même fatigante. Vu ce matin M. et Mme Eugène Becker, celle-ci bien courageuse. (Leur Fils Maurice, lieutenant d’artillerie au 40ème RA, a été tué le 22 août 1914 à Pierrepont (54), sa fille posthume Élisabeth épousera un polytechnicien, aura 8 enfants et décèdera à l’âge de 101 ans).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 12 – Nuit et journée tranquilles. Visite de M. Faire pour Prisonniers (Œuvre de secours). A 4 h. 1/2 aéroplane allemand ; tir contre lui des canons français ; tir des canons allemands ; bombes sifflantes contre nos batteries. Un éclat d’obus allemand tombe dans la cour. Aéroplanes français entrent en scène. Un éclat tombe dans le jardin, à 1 mètre du banc, le long de la bordure, devant mon bureau. Un soldat tué boulevard de la Paix ; un autre blessé très gravement rue du Barbâtre, je crois fils d’un boulanger. A 11 h. un aéroplane allemand laisse tomber des bombes près de la gare de la Haubette.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 12 août

Au nord de la Somme, nous avons, au cours de la nuit, accompli des progrès dans la région du bois de Hem et porté à une centaine le nombre de nos prisonniers. Nous avons capturé 6 mitrailleuses.
Au sud de la Somme, une reconnaissance allemande, qui tentait d’aborder nos lignes en faisant usage de liquides enflammés, a été dispersée à l’ouest de Vermandovillers.
Sur la rive droite de la Meuse, bombardement intermittent de la région de Fleury et de Vaux-Chapitre.
Dans les Vosges, un coup de main ennemi, précédé d’un bombardement, sur un saillant de nos lignes au nord-ouest d’Altkirch, n’a eu aucun succès et a causé des pertes aux assaillants.
Nous avons abattu un avion allemand sur le front de la Somme; deux autres ont été contraints d’atterrir. Nos escadrilles ont jeté des obus sur le front de Lassigny-Combles, sur les gares de Digny, d’Apilly, de Bazincourt et de Spincourt.
Les Anglais ont poursuivi leur progression au nord-ouest de Pozières, exécuté un coup de main heureux au sud d’Arras et repoussé une tentative analogue de l’ennemi près d’Hulluch.
Les Russes, après leur grand succès de Tysmenitza, ont continué d’avancer vers Stanislau en faisant des prisonniers.
Les Italiens, maitres de toute la rive gauche de l’Isonzo, de Tolmino jusqu’à la mer, ont dirigé des raids de cavalerie sur les lignes ennemies. Les prisonniers continuent à affluer dans leurs centres de concentration; on en compte plus de 12.500.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


paix

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