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Jeudi 26 octobre 1916

Louis Guédet

Jeudi 26 octobre 1916

775ème et 773ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Assez beau temps, brumeux, pluie, nuages, se refroidissant fin d’après-midi. Le calme auprès d’hier. Beaucoup de victimes hier, et aussi des soldats, une douzaine. Il y a eu des bombes un peu partout.

Après-midi à 2h Réquisitions militaires, quitté à 5h, vu le Procureur M. Mathieu qui s’amuse toujours de mon affaire, et pour lui si les militaires disent vouloir se reporter sur Helluy, c’est tout simplement pour couvrir leur…  retraite…  J’ai prévenu ce dernier de ce qui le menaçait, et lui ai conseillé de se retrancher derrière la censure qui a laissé les mots qui ont choqué, blessé les nobles galonnards. Et même s’ils insistaient, de bien leur dire qu’ils font du chantage, et qu’ayant laissé les mots « qui les y incite », ils ont voulu avoir l’occasion de l’ennuyer. M. Mathieu approuve ma théorie. Landréat, mon greffier, et Croquet mon greffier militaire se tordaient en me racontant tout à l’heure que l’illustre Colonel Colas, commandant de la Place, avait hier demandé l’hospitalité chez Faupin, 59, boulevard de la République où ils travaillent, et qu’il les a forcés à descendre à la cave !!!… Et voilà un homme qu’on a décoré de la Croix de Guerre…  gagnée dans la cave !!!  Croquet m’a dit qu’il l’avait envoyé promener. Mais le Colas est descendu se mettre à l’abri dans la susdite cave !!

Au sujet du procès des pains de fantaisie Émile Charbonneaux en a causé au Colonel Colas et au Général Lanquetot, ceux-ci déclarèrent qu’ils ne savaient ce que cela voulait dire !! Charbonneaux insistant sur ce que le procès était fait par 2 gendarmes. Nous n’avons donné aucun ordre, déclaraient-ils !! Alors ?… Ils n’ont même pas de courage de leur opinion ! Quels pleutres !!… En tout cas me voilà sur du velours, et je les ai bridés, murés !!…  Toisés !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 26 – Toute la nuit, de quart d’heure en quart d’heure, coups de gros canons français. Pas de riposte allemande. Visite au Bon Pasteur, à l’Enfant-Jésus, à l’Espérance et rue du Barbâtre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 26 octobre

Au nord de Verdun, les Allemands ont lancé deux contre-attaques sur les ailes de notre nouveau front. L’une, dirigée sur les carrières d’Haudromont, a été repoussée. L’autre, prononcée contre la batterie de Damloup, a totalement échoué. Le terrain conquis par nous a été maintenu intégralement. Le commandant du fort de Douaumont a été capturé dans les souterrains.
Nous avons progressé à l’est du bois Fumin et au nord du Chenois. Le chiffre de nos prisonniers est passé à 4500.
Onze avions de bombardement anglais, accompagnés de cinq avions de protection, ont bombardé les haut fourneaux d’Hagondange sur lesquels ils ont jeté 1300 kilos de projectiles. Plusieurs incendies se sont produits.
Sur le front britannique, l’artillerie ennemie a montré de l’activité vers le Sars et Eaucourt-l’Abbaye.
Les Russo-Roumains, en Dobroudja, se sont repliés au nord de Czernavoda. En Valachie, ils ont gagné du terrain dans certains cols des Carpathes, mais ils ont reculé à la passe de Vulkan, entre la vallée du Maros et Craïova.
Les Allemands provoquent une irritation croissante en Norvège par leurs torpillages systématiques de navires scandinaves.
En Albanie, la cavalerie de l’armée de Salonique est entrée en contact avec la cavalerie Italienne d’Albanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 25 octobre 1916

Louis Guédet

Mercredi 25 octobre 1916

774ème et 772ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps de pluie et brume, maussade. Ce matin allocations militaires, où dans une enquête pour supprimer une majoration à une malheureuse femme qui a une conduite déplorable et la reverser à la belle-mère qui a en garde un des enfants de cette malheureuse. Pendant la…

Le haut du feuillet suivant a été découpé.

…à 2h je sors pour faire des courses et prendre mon passeport, quand voilà les bombes qui commencent à tomber. J’entre au Palais de Justice, où je suis bloqué pendant une heure 1/2. Durant ce temps je cause avec le substitut du Procureur M. Mathieu de mon affaire de simple police du 3 octobre 1916. Tous ces militaires sont en train de bafouiller et de pagayer !! Maintenant ce n’est plus à moi qu’ils en veulent, c’est au Courrier de la Champagne !!!! Il ne manquait plus que cela. Bref, comme à la caserne, il faut que quelqu’un écope quand un galonné se croit atteint dans son autorité !! Qu’ils prennent garde de ramasser une nouvelle gifle !!…  Ils ne l’auraient pas volée !! Quels tristes sires !! A 2h12 je passe chez Ravaud, des bombes repleuvent. Je file à l’Hôtel de Ville où je reste jusqu’à 5h moins un quart, enfin je puis rentrer chez moi à 5h !! 3 heures de bombardement intense !! Le Barbâtre est atteint, mais surtout toute la partie de la rue de Vesle à partir du pont du canal jusqu’au pont du chemin de fer d’Épernay. Et aussi vers le pont de Muire, Place Colin, Hôtel de la Couronne, jardin Redont (appartenant à Jules Redont, célèbre paysagiste rémois (1862-1942)) ont surtout souffert, des victimes dont M. Hilaire Hayon, administrateur de l’Éclaireur de l’Est. Je prendrai de ses nouvelles demain. On m’a dit que ses blessures multiples n’étaient pas graves. Il faut attendre et voir. Quelle journée ! Ces bombardements intenses vous émotionnent toujours ! Ils ont du reste lancé des obus un peu partout. Mais le quartier Pont de Vesle – Porte Paris a surtout le plus souffert. Il faut que nous payions la reprise du fort de Douaumont. C’est ce qu’ils nomment de représailles militaires en…  tuant des civils !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

25 octobre 1916 – A midi 1/2, les 95 du Port-sec commencent à taper.
Vers 14 h, les Boches se mettent à riposter ferme et bombardent en ville, tandis que nos pièces continuent.
Un tir simultané de ce genre est plutôt rare.
On ne cesse ni d’un côté ni de l’autre ; le duel d’artillerie devient au contraire de plus en plus sérieux et dure jusqu’à 17 heures.
Il y a des dégâts considérables, occasionnés par les obus arrivés pendant ce singulier bombardement, dans les rues du Barbâtre, Gambetta, etc. Les projectiles tombaient également le long du canal, de Fléchambault à la Brasserie du XXe siècle.
On évalue de 450 à 500, le nombre des obus envoyés en ville. Il y a des tués et des blessés.
— Le communiqué annonçait ce matin la reprise de Douaumont et une avance de 3 km. en profondeur, sur 7 km. de front.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 25 – Nuit tranquille. + 10°. Nouvelle de la reprise de Douaumont (1). De 2 h. à 3 h. coups de canons de marine du côté français formidables, 3 ou 4 à la fois. Riposte des Allemands par bombes sur batteries et sans doute aussi ailleurs. De 1 h. à 5 h. 1/2 bombardement terrible. Quelques gros coups de canons français. Avalanches ou rafales d’obus allemands ; un d’eux achève de démolir l’Espérance 1. A la visitation 8 obus : 5 dans le jardin, 3 dans la maison (destinés sans doute au collège Saint-Joseph où étaient cantonnés des soldats). Beaucoup de dégâts ; un certain nombre de blessés Place Collin. Les pièces de marine ont tiré dans l’après-midi (on évalue à 450 obus (2).

(1) Le fort de Douaumont est repris par le régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc et le 321e Régiment d’Infanterie de Montluçon. La nouvelle de cette victoire a tout de suite été diffusée puisque le Cardinal la consigne le jour même de l’évènement
(2) Pour l’emploi de l’artillerie lourde sur voie ferrée il avait été construit, comme d’ailleurs pour le ravitaillement et les relèves des troupes, des réseaux ferrés triplant ou quadruplant les lignes existantes et des gares de triage et des dépôts en dehors des agglomérations et des vues de l’ennemi.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 25 octobre

Sur le front de la Somme, lutte d’artillerie assez violente dans la région de Biaches et d’Ablaincourt. Aucune action d’infanterie.
Au nord de Verdun, après une intense préparation d’artillerie, nous avons prononcé une attaque sur un front de 7 kilomètres. Notre avance, qui a été très rapide et qui s’est effectuée avec des pertes légères, a été, sur certains points, de 3 kilomètres. Nous avons repris le village et le fort de Douaumont et nous sommes installés sur la route de Douaumont à Bras. Le chiffre de nos prisonniers est de 3500, dont 100 officiers.
Les troupes britanniques se sont consolidées sur le terrain conquis entre Gueudecourt et Lesboeufs.
Notre aviation a été très active. Un de nos avions a attaqué à la mitrailleuse les tranchées ennemies dans le bois de Saint-Pierre-Vaast. Sur le front de Verdun 20 combats ont été livrés: 3 avions ennemis ont été abattus; 2 autres ont dû atterrir en Lorraine; un aviatik a été abattu en Alsace.
Les Russo-Roumains se sont retirés à 12 kilomètres au nord de Constantza. Ils ont infligé des pertes aux Austro-Allemands dans les Carpathes, et gagné du terrain dans certains passages. Ils ont reculé, toutefois, au col de Predeal.
Une accalmie se prolonge sur le front russe de Galicie.
La presse autrichienne continue, par ordre, à présenter Fritz Adler comme un fou, de façon à enlever à son acte tout caractère politique. On annonce qu’il sera probablement pendu. Les partis, au Reichsrath de Vienne, continuent à délibérer sur l’opportunité d’une convocation de cette assemblée.
Le gouvernement grec a interdit à la presse toute attaque, toute injure contre les Alliés.
L’amirauté allemande a installé des sous-marins le long de la côte norvégienne, comme pour assurer un blocus effectif. Plusieurs bâtiments norvégiens et suédois ont été de nouveau coulés.
L’Angleterre augmente ses effectifs en appelant les hommes de 41 ans, en poursuivant les insoumis, en remplaçant les jeunes gens qui travaillent dans les usines.
Le gouvernement autrichien a prescrit l’évacuation de la population civile de Trieste.
Les troupes italiennes d’Albanie ont opéré leur jonction avec l’extrême gauche de l’armée de Macédoine.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 19 octobre 1916

Louis Guédet

Jeudi 19 octobre 1916

768ème et 766ème jours de bataille et de bombardement

9h3/4 soir  Pluie diluvienne toute la journée, couru en ville. Reçu une souscription à l’Emprunt, la seule sans doute que je recevrai moi-même. Réquisitions militaires, toujours aussi camarade avec mon sous-intendant Payen. Peu d’affaires. Mais très occupé par une lettre plus qu’amicale de mon cher Procureur Bossu au sujet de mon affaire de simple police. Que d’encre ! que d’encre !! Vu le Président qui tonne contre les soudards et contre tout le monde, n’admettant pas qu’on me touche. Texier affectueux et bon ami. Cela m’encourage, car je vois que tous m’aiment !! bien et fort et fidèlement. M. Mathieu très affectueux et navré avec moi de toute cette histoire, tout en lui occasionnant un travail formidable. Je viens d’écrire 10 pages de lettres à mon vénéré Procureur, pour lui faire la Genèse de toute cette histoire. Enfin je vais me reposer ! Je suis éreinté ! Pas écrit à ma Pauvre femme ! Je n’en n’ai pas le temps. Je n’en puis plus.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – + 10°. Nuit tranquille. Pluie. Vers 3 h. gros canons français. Pluie toute la journée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 19 octobre

Au nord de la Somme, nous avons achevé la conquête du village de Sailly-Saillisel et occupé les croupes qui se trouvent au nord-ouest et au nord-est du village.
Au sud de la Somme, la première ligne allemande a été enlevée d’un bond sur tout le front entre la Maisonnette et Biaches. Nous avons fait 250 prisonniers dont 5 officiers et capturé plusieurs mitrailleuses.
Notre aviation de chasse s’est montrée très active: 3 avions ennemis ont été abattus sur le front de la Somme.
Sur la rive droite du Vardar, nous avons enlevé les tranchées ennemies sur une profondeur de 400 mètres. Les troupes serbes ont progressé sur les pentes nord-ouest du Dobropolie. Fusillade et canonnade dans la plaine de Monastir. Des contingents turcs sont signalés sur la basse Strouma.
Les Italiens ont détruit deux colonnes autrichiennes au Pasubio.
Les Roumains, qui tiennent bon sur tous les cols des Alpes transylvaines, ont fait 440 prisonniers
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Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 18 octobre 1916

Louis Guédet

Mercredi 18 octobre 1916

767ème et 765ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie froide, journée maussade. Déjeuné avec Marcel Heidsieck (Marcel Heidsieck (1883-1975), épousera à Paris le 16 janvier 1917 Suzanne Cuvillier (1893-1987) qui m’a annoncé ses fiançailles avec Melle Suzanne Cuvillier, fille du docteur Cuvillier (Jean Henri Cuvillier (1864-1914)), bien connu à Paris – grosse fortune – Il parait très heureux. Couru à l’Enregistrement et au Pont de Muire à la Poste pour envoyer une procuration urgente, passé au Tribunal, vu mes juges toujours charmants. M. Mathieu est convaincu que mon affaire n’ira même pas au Ministère de la Justice, car que si elle y allait ils recevraient une tape, et qu’on ne me dirait rien. Bref, çà va bien ici à Reims ou à Paris ou autres lieux. J’ai une presse excellente. Il y a (rayé) qui se ressemble s’assemble (rayé) pas au paradis. Voilà ma journée !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 18 – + 8°. Nuit tranquille. Pluie. Visite de M. le Commandant d’Orgeval

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 18 octobre

Au nord de la Somme nous avons conquis un nouvel ilot de maisons du village de Sailly-Saillisel. L’ennemi a prononcé une contre-attaque violente et a réussi à pénétrer dans quelques éléments de notre première ligne. Une contre-attaque immédiate l’a entièrement rejeté. Nous avons fait 90 prisonniers et capturé 2 mitrailleuses. L’ennemi a lancé à l’est de Belloy-en-Santerre, de nouvelles attaques qui, comme les précédentes, ont été complètement repoussées et ont subi de fortes pertes.
Des avions allemands ont lancé quelques bombes sur Amiens sans aucun résultat militaire.
Les Belges ont fait une vingtaine de prisonniers aux alentours de la Maison du Passeur.
Nos avions ont livré soixante-cinq combats; deux appareils ennemis ont été abattus, trois autres ont dû atterrir précipitamment.
En Macédoine, le duel d’artillerie continue. Il est particulièrement violent sur la rive droite du Vardar.
Les troupes serbes ont repoussé des contre-attaques sur la Bela-Voda et la Cerna.
Succès italiens au Pasubio.
Les Roumains ont repoussé les attaques allemandes qui se multiplient maintenant dans les cols de la frontière.
Des manifestations contre l’Entente ayant eu lieu à Athènes à la suite d’une revue passée par le roi Constantin, et les réservistes s’étaient livrés à des excès, l’amiral Dartige du Fournet a débarqué 240 fusiliers marins qui ont pris possession du théâtre. En même temps il exigeait et obtenait du cabinet Lambros des mesures propres à nous assurer le contrôle de la police et des voies ferrées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 17 octobre 1916

Louis Guédet

Mardi 17 octobre 1916

766ème et 764ème jours de bataille et de bombardement

6h soir Journée grise, froide. Pour la première fois j’ai été obligé de faire du feu. Je vais dîner ce soir dans ma chambre aussi pour la première fois. Reçu lettre de Madeleine me disant que Jean et Robert sont très fatigués !! Il faut que tout s’en mêle. Mes épreuves ne cesseront donc pas. Vu le président Hù qui prétend que si la Chancellerie me faisait la moindre observation que je devrais leur jeter ma démission à la figure. A la Ville Raïssac, Houlon et le Maire sont d’un avis contraire : « Les habitants de Reims, disent-ils, vous font confiance et vous sont tous reconnaissants d’avoir élevé la voix pour les défendre. Si vous donnez votre démission, ils vous reprocheraient de déserter et de les abandonner ! » C’est un peu mon avis. Enfin attendons et Dieu veuille que le Procureur Général envoie promener toutes ces brutes galonnées qui n’admettent pas qu’on leur résiste. Ce sont des brutes ! Le substitut Mathieu est arrivé quand j’étais avec le Président pour lui communiquer une lettre du Général qui renvoyait mon jugement Simon sous prétexte que les considérants n’étaient pas les mêmes que ceux publiés dans les journaux. Le Président lui a dit d’envoyer coucher le Général en lui disant qu’il n’avait qu’à se rapporter aux considérants du jugement qui est l’acte authentique, et non au texte des journaux qui ne le regardent pas…  Pan !! attrape ! (rayé)…foiré ! encore une bûche !

Parti à 2h, rentré à 5h1/2. Je suis éreinté. Mon Dieu pourvu que je sorte avec honneur de tout cela. C’est tout ce que je demande. Du reste ce que j’ai fait, c’est pour l’honneur que je l’ai fait.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 17 – Nuit tranquille. + 5°. Huit bombes (sur batteries ?). Visite à l’Ambulance, à M. le Doyen de Saint-Remi, au Lieutenant Colonel Colas. Rentrée en France et visite de M. l’Abbé Poreau, prisonnier en Allemagne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 17 octobre

Nous avons pénétré dans le village de Sailly-Saillisel et occupé les maisons en bordure de la route de Bapaume jusqu’au carrefour central. L’ennemi a réagi très violemment. Nous nous sommes néanmoins consolidés dans la partie conquise.
Au sud de la Somme, nous avons repoussé une violente contre-attaque à l’est de Berny-en-Santerre; nous avons enlevé un petit bois et pris deux pièces de 210 et une de 77 entre Genermont et Ablaincourt. Au cours de ces actions, nous avons fait 110 prisonniers dont 4 officiers. Dans le secteur de Lassigny, un avion allemand atteint par notre artillerie est tombé en flammes dans ses lignes.
Sur le front belge, duel d’artillerie vers Ramscapelle, Dixmude et Steenstraete.
Les Anglais signalent un violent bombardement ennemi au sud de l’Ancre. Au nord de Courcelette, une attaque à la grenade a été aisément rejetée, une autre plus considérable a été repoussée à la redoute Schwaben. Nos alliés ont exécuté avec succès des coups de main au nord-est d’Ypres, au sud-est de Saint-Eloi et à l’est de Ploegsteert. Ils ont ramené des prisonniers.
Les Russes ont fait 1200 prisonniers en Galicie.
Les Roumains ont brisé de nouvelles offensives austro-allemandes tout le long de la chaîne des Alpes transylvaines.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 14 octobre 1916

Louis Guédet

Samedi 14 octobre 1916

763ème et 761ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Beau temps, mais toujours couvert. Journée agitée. Vu Honoré, comme il me l’avait promis. Il est chargé de faire des rapports confidentiels au Général de la Ve Armée à l’insu des autorités militaires de Reims, même donc de Colas. Il m’a lu plusieurs de ses rapports parfaitement faits, qui sont fort intéressants et amusants au possible. On voit tous les dessous de ces intrigues, compromissions, le jeu de cette police occulte qui se déchire comme un voile. Il m’a recausé de Colas qui ne décolère pas et qui écrit à qui veut l’entendre que j’ai eu la tête lavée par le Commissaire Central, un peu plus il dirait qu’il m’a donné la fessée comme un bébé pas sage qui a manqué de respect à son papa. Imbécile. C’est entendu qu’Honoré va me donner les noms des personnes à qui il a dit cela, et alors j’écrirai au Général de la Ve Armée une lettre qui ne sera pas dans une musette, et Colas en prendra encore pour son rhume (être réprimandé, recevoir des reproches). Il n’a pas fini avec moi le citoyen.

Honoré m’a lu le rapport qu’il a fait sur « Casque d’or », la maitresse dudit Colas, à qui il donnait tous les soirs le mot d’ordre de la Place !! pour permettre à cette fille de sixième ordre de se promener dans Reims. Elle a été expulsée en 5 sec malgré ses menaces d’en référer au susdit Colonel Colas !! Il m’a lu son rapport fait sur ma fameuse audience du 3 octobre. Il avait vraiment touché juste, et il n’hésitait pas à conclure que si je m’étais élevé ainsi contre les abus des gendarmes, c’était pour en finir une bonne fois, et il concluait à dire que je désignais comme les vrais fautifs Colas et Girardot, ce qui était vrai. Il doit encore faire un rapport sur cette affaire, alors je lui ai donné quelques renseignements et il doit conclure au déplacement simple de ces 2 citoyens. La troupe est aussi exaspérée que la population rémoise.

Vu le maire, Raïssac, de Bruignac et Chézel, à qui j’ai raconté toutes ces histoires. Le brave Docteur Langlet s’amusait beaucoup de ce que je disais, je crois vraiment qu’il m’estime et m’aime. Tous du reste m’approuvent haut la main. Ce n’est (rayé) qui ne sont rien (rayé)!!…  Enfin nous verrons à le (rayé) un de ces jours !

Rentré chez moi. Et après-midi vu le président Hù au Lion d’or où il déjeunait avec le sous-préfet et 2 journalistes. Nous avons mis au point mes considérants généraux, en particulier du procès du Dr Simon que la Place réclame pour être remis au Général de la Ve Armée. En tout cas ils ne peuvent rien faire contre moi et ils ne peuvent même plus aller en cassation. Ils ont ramené une forte bûche déjà. C’est un colonel de Gendarmerie et un officier d’État-major de Châlons qui sont venus voir M. Mathieu, substitut, pour lui demander de me laver la tête, etc…  ce que des galonnards qui n’admettent pas qu’on leur résiste pensent demander et exiger. Ils ont été plutôt reçus fraichement par le brave M. Mathieu qui leur a tout simplement dit, avec son calme imperturbable qu’il n’avait pas d’observations à me faire, et encore bien moins de réprimandes ! Tête des 2 galonnés qui dirent qu’ils allaient alors en référer au Président du Tribunal ! Mathieu bon prince leur a dit qu’ils n’auraient pas plus de succès après du bon papa Hù, et qu’ils feraient mieux de s’abstenir, ce qu’ils ont fait du reste. Le brave Président m’a fait une musique là-dessus ! « Eh bien, je les aurais bien arrangés. J’ai même dit à Mathieu qu’il avait eu tort de les empêcher de venir me voir, ils auraient été bien reçus ! » Bref les pandores et aiguilleteurs ont rentré leurs honneurs dans leurs musettes et sont repartis bredouille à Châlons ! C’était bien la peine de les déranger pour ce joli résultat !!… Mais cela a eu un avantage, c’est qu’ils ont déchargé leur bile et leur colère sur le citoyen capitaine Girardot qui, parait-il, a été arrangé de la belle façon ! C’était déjà cela. En attendant sans doute le reste. Bref, pour une bûche, c’est un vrai bûcher qu’ils ont pris ! Remis à Valot mes attendus, et enfin rentré me reposer un peu. J’en ai besoin. Je suis rompu et fort nerveux. Pourvu que je dorme cette nuit. J’en ai bien besoin. Pas de nouvelles de ma pauvre femme. C’est à peine si j’ai eu le temps de lui écrire 2 mots. Vais-je enfin avoir un peu de bonheur et de réussite ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 14 – Nuit tranquille à Reims ; mais violent combat au loin de 10 h. à minuit. Visite de M. Charlier avec sa fille qui apporte des aquarelles de la Cathédrale en feu. A 11 h. 1/2 des bombes sifflent sur batteries. Visite à M. Camuset ; à Mme Rogelet.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Samedi 14 octobre

Au sud de l’Ancre, violent bombardement ennemi au cours de la journée, particulièrement dans les secteurs de Gueudecourt et de Martinpuich et au nord de Courcelette.
Un détachement ennemi qui tentait un coup de main contre les tranchées anglaises, au nord-est de Wulverghen, a été rejeté. Au nord de la Somme, une attaque allemande avec lance-flammes a repris quelques éléments de tranchées à la lisière du bois Saint-Pierre-Vaast.
Activité d’artillerie intermittente de part et d’autre dans la région de Verdun.
Sur la Strouma, l’ennemi tient le front Sérès-Savgak-Barakli-Djousah-Senimah. Les forces britanniques sont en contact. Duel continu d’artillerie au centre et à gauche.
Les Roumains repoussent une série d’attaques austro-allemandes du nord au sud des Alpes transylvaines.
Les Italiens ont à nouveau progressé sur le Carso. Ils ont fait 400 prisonniers.
M. Venizelos organise le gouvernement de Salonique : il y aura un Triumvirat qui prendra la régence, et à côté de lui un ministère responsable.
40 avions français et anglais ont jeté 1340 kilos de projectiles sur la fabrique de fusils d’Oberndorf (Wurtemberg).

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 8 octobre 1916

Louis Guédet

Dimanche 8 octobre 1916

757ème et 755ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps couvert, brume s’élevant un peu l’après-midi, lourd. Nuit pluie battante. Messe de 8h1/2, écrit des lettres. Après-midi porté à la Poste ces lettres et poussé jusqu’à l’ancien bureau télégraphique pour réclamer une dépêche de l’Intendant de Châlons qui me l’avait envoyée hier matin, et qui ne me l’avait pas transmise. De là été à St Remy en passant par les Tilleuls, remonté la rue de Fléchambault, rues tristes et désertes. Cette place de St Remy à pareil jour si animée et bruyante, morne et lugubre. Je suis arrivé juste pour la bénédiction du St Sacrement, il y avait tout de même quelques fidèles. Repassé par le commissariat du 3ème canton place Suzanne pour communiquer à M. Speneux une plainte faite contre lui par une de nos justiciables de mardi dernier, à qui il a fait une réflexion qu’il n’aurait pas dû faire, car c’est une très honnête femme. Je ne l’ai pas trouvé mais lui ai demandé de venir me voir demain matin pour arranger cela. J’en ai déjà causé avec le Procureur M. Mathieu, substitut, que j’ai rencontré avant et qui est de cet avis. Repassé voir Croquet, mon greffier militaire, au 161 de la rue du Barbâtre, pour lui faire contremander (avertir quelqu’un de ne pas se rendre à l’invitation qui lui a été faite) mes convocations du 17 pour le 19 ainsi que Payen me le demandait dans sa dépêche. Pas trouvé, mais il sort d’ici, je lui ai donné mes ordres et une dépêche pour l’Intendant de Châlons. Je suis rentré à 4h1/2 éreinté. Je ne suis plus fort ! et comme toujours fort impressionné des ruines que j’ai revues et du morne de notre ville.

Voilà ma journée de dimanche ainsi « traînée », que c’est dur et triste. Quand je pense qu’il va falloir passer encore un hiver comme cela, j’en frissonne d’angoisse.

8h1/2 soir  Pendant que je dinais, grand débat entre nos 3 braves gardiens, Jacques, Lise et Adèle. Ceux-ci discutant gravement, voire âprement sur leur juge de Paix, sa compétence, sa justice, etc… C’était fort amusant : on arriva à parler du départ du Tribunal Civil à Épernay.

Adèle de dire : Monsieur reste et restera.

Jacques : Croyez-vous ?

Lise : …………….. ???

Adèle : Je vous dis que si ! à preuve que j’ai vu dans le Petit Rémois que Monsieur resterait et que de plus il aurait bien plus d’ouvrage là !!

Jacques : Comment çà ?…

Lise : ……………….. (silence)…………….

Adèle : Pardi, puisque le Tribunal s’en va, Monsieur restera, vous le savez bien, et puis j’ai lu dans le Petit Rémois, et j’ai lu attentivement, que pour ne pas déranger les gens de Reims M. le juge restera et sera chargé d’instruire les ceux qui ne voudront pas aller à Épernay : comprenez-vous ??…

Jacques : Ah !…

Lise : …… (silence)…

Adèle : Vous voyez bien que Monsieur aura bien plus à faire. Quand je vous le disais !!

Silence général.

Adèle triomphe !!

Mais, il y a un mois, c’est que mon brave chien de garde qui prend tour pour alentour.

Dans l’article du Petit Rémois (l’Évangile d’Adèle) on parle du transfert, de départ du Tribunal à Épernay où il est ajouté que pour l’instruction des affaires correctionnelles les habitants n’auront pas à se déranger : « M. le Juge devant se tenir à la disposition des habitants de Reims et instruire comme par le passé les affaires relatives à Reims ». Or, pour la brave Fille, « M. le Juge », c’est « Monsieur ». Donc me voilà de par elle passé « Juge d’instruction !!!… » Et elle n’en démordre pas croyez m’en. Du reste Jacques et Lise n’ont pas protesté…  Voilà comme on écrit l’histoire !!

Je me suis bien amusé, in-petto en tout cas !!…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 8 – Nuit tranquille. + 12° ; pluie. Voyage à Bouzy où Mgr Neveux confirme. Je donne confirmation à Ambonnay. Enchanté de la cérémonie, de l’assistance. Le Général Debet envoie ex officio le Colonel Mallet pour me présenter ses hommages. Très belle cérémonie par l’affluence et des fidèles et des soldats. Rencontré à Ambonnay l’Abbé Desgranges. Temps pluvieux la matinée ; passable l’après-midi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

ambonnay


Dimanche 8 octobre

Au nord de la Somme, notre infanterie a attaqué, en liaison avec l’armée britannique, en partant du front Morval-Bouchavesnes, et a brillamment atteint tout ses objectifs. Notre ligne a été portée à 1200 mètres au nord-est de Morval. Elle couronne les pentes ouest de la croupe de Sailly-Saillisel, toute la route de Bapaume à 200 mètres environ de l’entrée de Sailly et borde les lisières ouest et sud-ouest du bois de Saint-Pierre-Vaast, d’où elle se dirige sur la cote 130. On compte 400 prisonniers, dont 10 officiers et une quinzaine de mitrailleuses. De gros rassemblements ennemis ont été pris sous le feu concentrique de nos batteries.

Sur le front de Macédoine, succés alliés. Les Anglais ont enlevé six villages à la droite de la Strouma. Les Italiens ont pris l’offensive. Les Serbes ont escaladé le plateau de Dobro-Polié. Nos troupes ont occupé German. C’est l’investissement de Monastir.

Les Italiens sont maîtres de la cote 2456, dans le massif de la Dusa Alta (Haut-Avisio). La garnison a été détruite.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 16 août 1916

Louis Guédet

Mercredi 16 août 1916

704ème et 702ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps, de la canonnade la nuit vers 10h, j’ai crains un moment que nous ne recevions quelque chose. Travaillé toute la matinée, fait un rapport au Procureur de la République pour répondre à une demande d’enquête formulée par l’autorité militaire aux fins de m’accorder un soldat comme greffier adjoint pour le service litigieux des réquisitions militaires. Sans cela mon greffier n’y pourrait suffire. J’ai vu M. Mathieu substitut qui appréciera mon rapport.

Mangé ce matin un demi-pigeon, il y a bien 3 ans que je n’en avais mangé, cela m’a paru délicieux, d’autant plus que c’est un peu…  de contrebande et ensuite j’ai un léger remord de conscience d’avoir couvert par ma gourmandise le…  crime (?) commis par mon brave Jacques qui a rompu une idylle sous les bombes. Voici : Jacques est chargé de surveiller quelques maisons de Reims, notamment la maison du Docteur Barillet et du Docteur Chémery, rue du Petit-Four, 5, au coin de la rue Thiers. Cette maison a reçu une bombe et est un peu ouverte à tous les vents, quoique obstruée avec des planches. Or comme mon brave Jacques n’y était pas allé faire un tour depuis assez longtemps, la velléité le prit hier d’y voir. Il entre et dans la salle à manger sur le buffet il trouve…  toute une famille de pigeons « s’aimant d’un amour tendre » qui avait fait leur nid sur une tablette du buffet, le père, la mère et les petits. Bref l’instinct de chasseur de mon Jacques reprit le dessus et fit main-basse sur deux pauvrets ! Les autres s’étant réfugié dans un trou d’obus il ne put mettre la main, mais il se promet d’y retourner et de capturer les autres… !! Je le regretterai car n’est-ce pas charmant cette nichée faisant son nid dans un trou de bombe sous les bombes !! Une idylle que j’aurais aimé voir laisser se continuer. Mais le mal était fait !! N’empêche que je me souviendrai de ces pigeons.

Sorti faire 2 ou 3 courses après-midi. Vu Helluy du courrier, causé de son article sur l’incendie de l’Hôtel-Dieu massacré par la censure. Je lui ai proposé d’envoyer aux membres de ce bureau un sécateur pour remplacer les ciseaux d’Aspasie (confusion possible avec Anastasie, mais Aspasie ayant été une courtisane influente, la confusion est peut-être volontaire). Car ce n’est plus du taillage, c’est de l’élagage ! Idiot. Rentré et voilà ma journée. Tout est calme en ce moment. On dit que les allemands préparent une offensive quelque part sur notre front, on dit que c’est nous au contraire, on dit…  on dit bien des choses de choses qui ne vont pas vite…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

16 août 1916 – Parti en congé, à Épernay, le 12 courant, j’apprends à mon retour, aujourd’hui, que des avions allemands volant très haut, à la faveur d’un temps à moitié couvert, le dimanche 13, ont lancé des bombes incendiaires sur la ville.

Plusieurs sinistres se sont déclarés — le plus important dans les locaux de l’hôtel-Dieu, rue Simon, qui a été en partie détruit.

Trois personnes auraient été carbonisées chez elles, rue Soussillon et trois autres tuées avenue de Paris, devant l’auberge « Au Soleil d’or », parmi lesquelles un cocher, M. Rozière, qui ramenait en ville, dans sa voiture, M. le Dr Hoel, lequel a été blessé.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 16 – Nuit tranquille sauf le dialogue de 9 à 10 h. (ci-dessus). Journée silencieuse ; ni canons, ni avions. Visite à Rœderer.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 16 août

Au nord de la Somme, canonnade assez vive dans la région de Maurepas. Nuit calme sur les autres secteurs.
Au sud de la Somme, nous avons élargi nos positions au sud-ouest d’Estrées, en enlevant plusieurs éléments de tranchées à gauche du chemin de Fay à Deniécourt. Nous avons fait des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Meuse, on signale quelques escarmouches à la grenade aux abords du réduit d’Avocourt. Une tentative des Allemands sur nos tranchées à l’est de la cote 304 a été enrayée par nos mitrailleuses.
Sur la rive droite, nos grenadiers ont repoussé deux attaques, l’une dans le village de Fleury, l’autre sur nos positions au sud-est.
Reims a été bombardée par avions: 6 civils ont été tués.
Sur le front britannique, un coup de main a réussi à l’ouest de Pozières.
Les Russes ont infligé un échec a l’ennemi sur la rive occidentale du Stokhod. Ils ont refoulé les Autrichiens sur le Sereth supérieur. Dans la région de la Strypa moyenne et de la Koropietz, ils ont progressé, puis ils ont atteint la rive nord du Dniester, près de Mariampol. Ils dénombrent leurs prisonniers : 83.000 depuis le 4 août dernier.
L’offensive turque continue près d’Hamadan, en Perse.
Les Italiens ont défoncé une nouvelle ligne de retranchements sur le Carso, en faisant 800 prisonniers.
Les Autrichiens ont bombardé Monfalcone par avions sans y faire d’ailleurs ni victimes, ni dégâts.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 10 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 10 août 1916

698ème et 696ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Pluie le matin et temps lourd et orageux ensuite. Calme. Déjeuné chez le Président Hù, 79, avenue de Paris. Il y avait Payen, sous-intendant militaire, Mathieu, substitut du Procureur de la République, Dupont-Nouvion avocat, Robert Lewthwaite et Léon de Tassigny. Conversation quelconque, émaillée d’histoires plus ou moins graves.

A 2h, Audience de conciliations de réquisitions militaires, nous marchons. Je vais avoir un soldat affecté spécialement à ce service, au courant des réquisitions. Été à la Ville pour faire passer une note dans les journaux pour prévenir les prestataires de se pointer exactement sinon le dossier sera classé pour après la Guerre. Causé avec le Maire, de Bruignac et Raïssac, secrétaire en chef. Rentré chez moi fort fatigué. Demain audience civile le matin.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 10 – Nuit et journée tranquilles. Écrit au Cardinal Gasparri : Prisonniers transférés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

100

Photo : Louis Corré, Collection Gérard Corré


Jeudi 10 août

Nous avons réalisé quelques gains au nord de la Somme où nous nous sommes emparés d’un petit bois et d’une tranchée fortement organisée par l’ennemi au nord du bois de Hem. Nous avons conquis, dans cette région, depuis le 7, toute une ligne de tranchées sur un front de 5 kilomètres.
Des détachements ennemis ont été dispersés par notre feu en Champagne.
Violent combat sur la rive droite de la Meuse dans le secteur Fleury-Thiaumont. L’ennemi avait pris pied dans quelques tranchées et dans l’ouvrage de Thiaumont. Nos contre-attaques nous ont permis de reprendre les tranchées et de rentrer dans l’ouvrage.
De même, nous avons enlevé des tranchées allemandes dans le secteur le Chapitre-le-Chenois, faisant 200 prisonniers.
Un taube a bombardé Nancy : 5 blessés.
Les Russes, avançant sur le Sereth, ont porté à 8500 le nombre de leurs prisonniers.
Au sud du Dniester, ils ont progressé sur un large front, enlevant la ville de Thonacz. De ce côté, ils ont capturé 2000 Allemands et plusieurs canons lourds.
Les Italiens, qui ont pris l’offensive dans le Carso, près de Monfalcone, ont remporté un brillant succès. Ils ont capturé la tête de pont de Goritz dans la même région, faisant 8000 prisonniers, dont 200 officiers : 11 canons sont tombés entre leurs mains.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


goritz

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Mercredi 9 août 1916

Louis Guédet

Mercredi 9 août 1916

697ème et 695ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps chaud et lourd. Je suis fatigué. Reçu la visite de Mgr Landrieux et de l’abbé Camu. Causé de choses et d’autres, Mgr Landrieux regagne Dijon demain. Couru par la ville. Beaucoup d’occupations. Vu aussi l’abbé Dage qui m’a promis de recommander Robert à des jeunes gens qu’il connait à St Brieuc. L’abbé Camu de même. Reçu lettre de Madeleine qui est bien triste, très triste. Voilà une journée monotone et occupée. Demain je déjeune chez le Président et ensuite Audience de Réquisitions Militaires. Des avions et de la canonnade dans la journée. Rendu visite à M. Mathieu substitut, qui fait l’intérim pendant les vacances de M. Bossu, Procureur de la République. Homme froid qui parait fatigué, il a été grièvement blessé à la cuisse. Légion d’honneur et Médaille Militaire – ce n’est plus mon vieux Procureur – heureusement que ce n’est que pour 2 mois.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 9 – Nuit tranquille, 9 h. 1/2 bombes sifflantes mais non sur la ville, par-dessus la ville. Aéroplanes ; tir contre eux, de 11 h. à 5 h. Mgr Landrieux dîne chez nous. Visite au Lieutenant-Colonel Claret ; et au Colonel (maison Poullot, boulevard Gerbert) Bourrot (ou Bouriet ?).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 9 août

Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont bombardé avec violence l’ouvrage de Thiaumont, nos positions de Fleury, du bois Chapitre et du Chenois. Ils ont lancé ensuite une attaque sur l’ouvrage de Thiaumont. Arrêté par nos tirs de barrage, l’ennemi n’a pu déboucher et a été rejeté dans ses tranchées de départ.
Dans le bois de Vaux-Chapitre s’est produite également une action offensive. Brisée par nos tirs d’artillerie et nos feux de mitrailleuses, elle a totalement échoué.
La situation n’a pas changé sur les deux rives de la Somme. Le bombardement réciproque se poursuit entre l’Ancre et la Somme sur les premières lignes, ainsi que sur les lignes de soutien.
L’ennemi a prononcé diverses contre-attaques à l’est de Pozières, elles ont toutes été repoussées avec pertes pour l’assaillant; nous gardons le terrain conquis, dit le communiqué anglais. Nos alliés ont exécuté un coup de main heureux contre les tranchées ennemies à l’est de Neuville-Saint-Vaast. Les Allemands en ont tenté un sur les tranchées anglaises au sud-est du bois Grenier. Ils ont été repoussés avec pertes.
Le nombre des prisonniers faits par les Russes au sud de Brody dépasse 5500.
Les Italiens ont remporté des succès dans le val Sugana et dans le Haut-Cordevole.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


pozikère

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