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Samedi 5 janvier 1918

Louis Guédet

Samedi 5 janvier 1918

1212ème et 1210ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Froid excessif, même degrés au-dessous de zéro. Toujours aussi glacés. Courrier assez chargé. Reçu mes procès-verbaux de constats d’ouvertures de coffres-forts (4) que j’envoie au Procureur de la République. Dans sa lettre d’envoi, Monbrun, mon greffier, me dit que l’autorité militaire, d’accord avec le Procureur de la République, a décidé d’arrêter les opérations jusqu’à ce que Lepage soit rentré. Je ne comprends plus, mon équipe (gardien séquestre et greffier) marchant bien, alors pourquoi me remettre sur les bras ce butor de Lepage ? Je retournerai à Reims mercredi prochain 9 courant, je verrai le Procureur à Épernay pour remettre tout au point. Bonnes nouvelles de Jean. Toujours pas de nouvelles de mon ruban. Je crois bien qu’il ne viendra jamais.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 5 – – 4°. Nuit tranquille, temps couvert.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 5 janvier


L’ennemi a tenté divers coups de main sur nos petits postes, dans la région de Juvincourt, sans obtenir aucun résultat.
En Champagne, et sur la rive droite de la Meuse, à l’est de la cote 344, la lutte d’artillerie a été, par moments, violente.
En Haute-Alsace, une tentative d’attaque ennemi en face d’Aspach a complètement échoué. Les Allemands, qui ont subi des pertes sensibles, ont laissé des prisonniers et une mitrailleuse entre nos mains.
Nos pilotes ont abattu deux avions et un ballon captif.
Six autres appareils ennemis sont tombés dans leurs lignes a la suite de combats aériens.
Nos escadrilles ont bombardé les usines de Rombach, les gares de Metz-Sablons, Conflans, Arnaville.
Un combat local s’est déroulé sur le front anglais de Cambrai, à proximité du canal du Nord.
Nos alliés ont légèrement avancé au sud de Lens.
En Italie, nous avons fait des prisonniers sur le Monfenera. Les Austro-Allemands ont bombardé par avions Trévise et Padoue.
Le chancelier allemand a répondu aux Russes à la commission du Reichstag. Il refuse de transférer le siège de la conférence de paix à Stockholm et d’évacuer la Pologne, la Lithuanie et la Courlande.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Dessin Delozanne

 

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Vendredi 28 décembre 1917

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

Louis Guédet

Vendredi 28 décembre 1917

1204ème et 1202ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps glacial. Le matin couvert et l’après-midi tempête de neige. Courrier en retard. J’attends toujours mon contrat de mariage !! Lettre de ma chère femme, de Mme Gambart toujours affectueuse, et surtout fort bien tournée. J’ai Dondaine à déjeuner. Causons très cordialement, de petit clerc il est arrivé à ce qu’il est. C’est un beau cerveau. Nous nous quittons à 1h1/2. Je cours rue des Murs pour mes coffres-forts. Personne, tout le monde est parti. Je cours à la Ville, ni Minet, ni Monbrun ne sont là. Tant pis, je laisse à ceux-ci un mot pour leur dire de venir me faire leur rapport. Je reste avec Houlon à qui je raconte mon travail de simple police, j’ai justement terminé ce matin mon examen des 237 procès faits par 132 gendarmes !! que je dois juger le 15 janvier 1918… Quelques uns à sabrer. Je cite 4 gendarmes à laver la tête, Viot, Pargny, Fournier et Blanc. Quelles brutes. Le filon pour eux en ce moment ce sont les voitures au trot. Les culottes de peaux militaires ont décrété qu’on ne devait pas courir dans les rues de Reims, ci 90 procès !!… Défense de circuler, bicyclette sans autorisation : coût 90 procès pour les Rémois. Et nos brutes galonnées sont satisfaits. Témoins ces gendarmes faisant un procès de bicyclette à D’Hesse le boulanger qui courait au ravitaillement pour sa farine afin de ne pas laisser crever de faim ses clients. « M’en fout : çà les dressera !… Et allez-y…

De son côté Houlon me conte l’aventure qui arriva à Guichard, Vice-président des Hospices et au Maire. Guichard n’a pas eu son mandat renouvelé depuis 1914, en sorte que tout ce qu’il a fait…  est nul !! Houlon m’invite sur le pas de ma porte à déjeuner le jour de l’An. J’accepte quand Melle Dor m’arrive éplorée pour me dire que son fiancé a une bronchite et que le mariage (et par suite le contrat) est remis sine die. Je saute place d’Erlon retenir ma place à l’autobus pour demain. Pas de place. Par une tempête de neige, dans 10 centimètres de neige, ne voyant pas à 10 mètres devant moi, je cours à l’octroi Porte de Paris où j’attends l’auto venant d’Épernay voir si j’aurais une place demain à 9h ou à midi. Sauvé, j’aurai une place à 9h demain matin. Je rentre chez moi dans un vrai tourbillon de neige, couvert de neige, trempé, suant… Je m’attelle à mes préparatifs de départ et à la mise au point de tous mes services.

C’est fait.

Je vais quitter Reims demain pour n’y revenir qu’en 1918, vers le 10 janvier. Triste année !! Souffrances inouïes vécues. Que sera 1918. Je n’ose y songer… Tristesse, deuil, angoisses, tout m’a été donné en 1917… Rien, le néant, l’Injustice et l’Écœurement… Se dévouer, à quoi bon !… On ne récolte qu’injustice et haines… Je n’ose même pas formuler le moindre vœu pour 1918, à quoi bon !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 28 – – 4°. Nuit tranquille en ville. Via Crucis in Cathedrali. 3 h. 15, neige, qui couvre tout le dallage de l’église, c’est navrant. Réponse au P. Philippe. Visite à M. de Bruignac qui m’apprend qu’une femme a été tuée à 10 h. par un obus.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 28 décembre

Sur la rive droite de la Meuse, la lutte d’artillerie s’est poursuivie au nord du bois des Caurières.
Il se confirme que l’attaque exécutée la veille par les Allemands dans cette région a été très violente. Après une très forte préparation d’artillerie, l’ennemi a lancé deux bataillons à l’assaut : nos feux les ont obligés à se disperser.
Au cours d’une deuxième tentative des éléments ennemis sont parvenus à aborder nos positions, mais ils en ont été aussitôt rejetés après un vif combat. Le nombre des cadavres ennemis restés sur le terrain, entre les deux lignes et dans nos fils de fer, témoigne de l’importance des pertes subies par les Allemands, qui ont laissé des prisonniers entre nos mains.
Dans la soirée, nos batteries ont pris sous leurs feux des troupes ennemies qui se rassemblaient au nord-ouest de Bezonvaux et les ont dispersées en leur infligeant des pertes.
Faible activité sur le front belge. Tirs d’artillerie dans la région de Dixmude.
Mauvais temps sur le front de Macédoine.
En Italie, combat aérien au-dessus de Trévise. Nos alliés ont abattu onze avions ennemis.
Czernin et Kuhlman, à Brest-Litowsk, ont remis leur réponse aux propositions russes. Ils préconisent la paix générale, refusent toutes réparations pécuniaires, et considèrent que toutes les questions de nationalités regardent exclusivement la politique intérieure des Etats.
M.Pichon a prononcé à la Chambre un important discours sur la situation extérieure.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

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Mercredi 26 décembre 1917

Louis Guédet

26 décembre 1917

1h1/2  Pas de courrier ! par cette neige ce n’est nullement surprenant. Par suite rien à faire qu’à tâcher de tuer le temps, ayant préparé tout en vue de mon départ pour St Martin, départ suspendu par ces maudits mariés avec leur contrat, au Diable soient-ils ! Si cela ne tape pas trop fort, je vais tâcher d’aller voir ce que font…  mes aides-cambrioleurs… !!… Ils doivent commencer par le 9 de l’avenue de Laon ! Ayant déjà fait 4 immeubles, il ne m’en reste plus que 4 à vider…  en attendant le reste. Des dossiers 21 et des allocations militaires en appel, je vais les mettre au point, cela m’occupera toujours un peu.

5h1/2 soir  Nous avons déjoué 4 coffres-forts, il n’en reste plus qu’un que le serrurier ouvrira demain. C’est donc fini pour le faubourg de Laon. Vendredi à 1h nous procédions à la même opération faubourg Cérès… Trouvé peu de choses, quelques montres, quelques médailles, un lingot en forme de poire, des pièces de 5 F en argent fondues au feu. Quelques papiers calcinés, c’est tout. Je viens d’écrire mon rapport au Procureur de la République. D’ici quelques jours je lui enverrai mes procès-verbaux signés. Tout a été remis à Minet, gardien séquestre, qui en fera un inventaire détaillé.

Courrier à 3h1/2, rien de saillant, une lettre de Langlet, notaire à Fismes, mobilisé, qui refuse d’accepter Bruneteau comme suppléant. Il a tord. Je communique sa lettre au Procureur de la République. La neige a cessé de tomber, il ne fait pas très très froid. Triste journée quoiqu’occupée, mais cela ne m’empêche pas d’être d’une profonde et angoissante tristesse. Dondaine doit venir vendredi ou samedi, il déjeunera avec moi. Sa femme va mieux. J’en suis bien heureux pour lui.

Le calme…  le calme avant la tempête, si l’on peut croire les journaux qui sont loin d’être rassurants. Tout cela me décourage. Il n’y aura donc pas un coup de théâtre qui nous délivrera du cauchemar et nous donnera la Victoire sans cette nouvelle grande attaque allemande !! mes pauvres enfants !! Pauvre moi-même.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

26 décembre 1917 – Journée calme, par forte gelée sur la neige.

Au cours de la nuit très claire, entendu à diverses reprises, des avions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 26 – 0°. Neige épaisse. Nuit silencieuse. Visite à M. Biaise avec Ephrem. Visite de M. Houlon. Expédié lettre à Mgr de Lourdes pour Neuvaine du 11 février. 2 h. soir, Avions boches.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 26 décembre

Canonnade intermittente sur divers points du front.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes du bois des Caurières n’a donné aucun résultat.
Au sud de Juvincourt, nous avons réussi une attaque dans les lignes ennemies et ramené des prisonniers.
Les Belges ont bombardé Schoore, Leke et la route de Schoorbakke en représailles d’un tir ennemi à obus toxiques dirigé sur Ramscapelle.
La lutte d’artillerie a été légèrement intense dans la région de Bixschoote.
Des prisonniers ont été faits à l’ennemi dans la région de Merckem.
Une escadrille anglaise a bombardé, avec d’excellents résultats, Mannheim sur le Rhin. Une tonne d’explosifs a été jetée sur la ville et des explosions ont été observées à la gare centrale, dans les usines et dans la ville, où des incendies ont été provoqués. Un feu très violent a accueilli les aéroplanes de nos alliés; l’un d’eux a été contraint d’atterrir avec des avaries. Tous les autres sont rentrés indemnes.
La bataille continue, acharnée au front italien, sur le plateau d’Asiago.
Les contre-attaques entreprises par nos alliés ont réussi à arrêter l’ennemi et à ramener le combat sur les positions évacuées par eux précédemment. Au cours de la lutte, de nombreuses mitrailleuses ont été capturées.
L’aviation britannique a bombardé les aérodromes de Flandre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


3 mars 1916 – Gabio sur la Suippes – Dessin Delozannes

 

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Lundi 17 décembre 1917

Cardinal Luçon

Lundi 17 – Nuit tranquille sauf coups de fusils et mitrailleuses. 0°. Neige couvre la terre, tombée pendant la nuit. Visite du Capitaine de Rochechouart au Mexique. Visite à M. Charles pour le Fourneau économique. Le local est trouvé. Visite de M. de Sorbier de Pugnadorette, Inspecteur Général des Finances, et de M. Guyon de la… inspecteur des Finances.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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Dimanche 16 décembre 1917

Cardinal Luçon

Dimanche 16 – 0°. Nuit tranquille à Reims, sauf tir contre avions. Mgr Camus réunit à Tours les « réfugiés » dans cette ville. M. Lartilleux est organiste de la Cathédrale. Visite du Colonel Bonnery, Major de la garni­son, accompagné du Commandant Barré de Tepinière. Visite avant congé de permission.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Louis Delozanne – 26 mars 1916 – Bord de la route près pont de Suippes

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Lundi 15 octobre 1917

Louis Guédet

+ Lundi 15 octobre 1917

1130ème et 1128ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps. Quitté mes chers aimés ce matin à 5h1/2, fait des courses à Épernay. Vu le Procureur de la République, toujours fort aimable avec moi, pour causer d’une lettre du Parquet Général au sujet du transfert de mes justices de Paix à Épernay. Cela viendrait de l’autorité militaire ! Je suis tombé d’accord avec lui pour résister et refuser. En tout cas comme je vais à Paris la semaine prochaine, j’en causerai au Procureur Général.

Rentré par l’autobus, avec beaucoup de Rémois, Camuset, banquier, sa femme, sa fille. Il est bien gentil. Dupont-Nouvion, toujours aussi onctueux ! (Rayé) Hodgson (consul d’Angleterre), Henri Abelé, bien affaissé (Henri Abelé, négociant (1852-1923)). En descendant rencontré Charlier, qui m’aide à porter ma valise, et devant les Capucins (Edouard Benoist) Paff ! un obus contre avion qui tombe dans l’usine ! J’y suis abonné !! Vrai, à peine 5 minutes ici, il faut que j’essuie le feu ! C’est à croire que l’on me poursuit.

Me voilà…  seul ! solitaire rentré dans mon tombeau. En sortirai-je ? Quelle tristesse, quel serrement de cœur m’étreint ! Quand je songe aux miens, à ceux que j’ai quittés et à vous 2 chers Grands, mes 2 Croix de Guerre ! Je serais si heureux de me promener entre eux deux, entre leurs jeunes lauriers, leur jeune Gloire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 15 – + 3°. Nuit tranquille. Projections. Beau temps. Visite de 3 soldats de l’Ain ; 5 h. avions français : tir violent contre eux. Bombes alle­mandes sifflent de 6 à 7 h. soir.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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Dimanche 22 juillet 1917

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

Paul Hess

Dimanche 22 juillet 1917 – Toute la nuit, les 120 ont continué leur vacarme. Journée mouvementée ensuite.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Beau temps. Nuit assez tranquille en ville, sauf forte canonnade fran­çaise à 10 h. 1/2 soir et bombes sifflantes presque toute la nuit un peu au loin de notre quartier. Visite aux soldats et prédication à Villedommange, à la messe. Dîné avec eux au presbytère. Signé 30 ou 40 cartes postales pour les officiers. Visite à l’ambulance de Sacy, accompagné par le Géné­ral de Comulier Lucinière33. A Reims bombes sur Sainte-Geneviève de 2 h. à 4 h. Aumônier Brousse, de Versailles.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 22 juillet

Lutte violente dans la région Hurtebise-Craonne. Les Allemands ont renouvelé leurs attaques. Une puissante concentration d’artillerie avait précédé un assaut général mené avec des forces importantes sur la ligne de nos plateaux, en avant de Craonne et de Vauclerc. Des combats corps à corps se sont engagés sur toute l’étendue du front que nos troupes ont vaillamment défendu. Leur résistance a eu raison d’une furieuse offensive et partout elles ont maintenu leurs positions.
L’ennemi n’a réussi à prendre pied ni sur le plateau de Californie, ni sur le plateau des Casemates, ni plus à l’ouest. Le terrain, en avant de nos lignes, est jonché de cadavres.
Entre le plateau de Californie et celui des Casemates, nous avons resserré la poche où les Allemands avaient pénétré la veille. Nous avons dans son intégralité la crête du plateau. Nous avons fait une vingtaine de prisonniers de la garde.
En Champagne, un coup de main sur nos petits postes, entre la ferme Navarin et la route Saint-Hilaire-Saint-Souplet a échoué sous nos feux.
Les troupes britanniques ont brisé une attaque allemande contre leurs positions au sud de Lombaertzyde. Elles ont réussi des coups de main et ramené des prisonniers dans la région de Gavrelle et au nord d’Ypres.
Les Italiens ont repoussé une grosse patrouille ennemie dans le torrent du Masso, et lls ont fait des prisonniers.
Une colonne anglo-indienne a remporté un avantage brillant sur l’Euphrate.

Source : La guerre 14-18 au jour le jour

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

Carnet de Louis Delozanne originaire de Serzy-et-Prin

 

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Samedi 21 juillet 1917

Paul Hess

  1. juillet 1917 – Canonnade sérieuse de nos 120.

Les Boches ripostent sur la ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 21 – + 15°. Nuit assez mauvaise. Pendant des heures les obus sifflaient et tombaient sur la ville, loin de nous. Journée tranquille. Visite de soldats de l’Ain ; du photographe Demay, avec des officiers.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 juillet

Canonnade active entre Somme et Aisne.
Au sud de Saint-Quentin, l’ennemi a tenté sur le mamelon de Moulin-sous-Touvent une nouvelle attaque qui a complètement échoué. Après un bombardement d’une extrême violence, qui a duré toute la matinée, les Allemands ont attaqué nos positions depuis le nord-est de Craonne jusqu’à l’est d’Hurtebise. L’ennemi a fait donner la 5eme division de la garde, qui s’est engagée en vagues épaisses. L’attaque a complètement échoué aux deux ailes. Au centre seulement, elle a pu atteindre quelques éléments de notre tranchée de première ligne où nos contre-attaques l’ont arrêtée avec de lourdes pertes.
Les Allemands ont prolongé leur bombardement au sud de Corbeny et vers Cerny : ils n’ont pu déboucher.
Les Anglais ont réoccupé une ligne d’avant-postes qu’ils avaient abandonnée plusieurs jours auparavant, à l’est de Monchy-le-Preux. Ils ont repoussé des partis ennemis à l’est de Cherisy, et réussi des coups de main au nord et à l’est d’Ypres. Ils ont capturé quelques Allemands près d’Oostaverne.
Les Russes ont fait prisonniers 8 officiers et 220 soldats près de Novitsa; ils ont pris en outre 35 mitrailleuses.
Les Italiens ont brisé une forte offensive autrichienne à l’est de Versio; violentes canonnades sur le front des Alpes juliennes. Un avion ennemi a été abattu près d’Asiago.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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Jeudi 19 juillet 1917

Cardinal Luçon

Jeudi 19 – + 18°. Nuit tranquille en ville, sauf canonnade intermittente allemande, jusque vers minuit. Combat à l’est.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 19 juillet

Activité des deux artilleries dans la région de Cerny-Ailles et sur le plateau de Californie.
En Champagne, l’ennemi a renouvelé ses attaques au nord du mont Téton et a repris pied sur certains points dans les éléments de tranchées que nous lui avons enlevés le 14.
Violente lutte d’artillerie dans le secteur du mont Haut, où nous organisons le terrain conquis.
Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons exécuté avec plein succès une opération à la cote 304. Après une forte préparation d’ artillerie, nos troupes se sont portées à l’attaque avec une vigueur irrésistible. Malgré une défense énergique de l’ennemi, nous avons repris en quelques minutes les tranchées qu’il occupait depuis le 29 juin. Nous avons ensuite enlevé de haute lutte les positions allemandes situées au delà. Sur un front de 2500 mètres, la première ligne allemande est tombée tout entière entre nos mains. Notre avance en profondeur atteint un kilomètre. Nous avons infligé à l’ennemi de lourdes pertes, capturé 8 officiers et 417 soldats.
Les Russes ont ramené leurs lignes sur la rive droite de la Lomnitza et évacué Kalusz. Un violent combat s’est déroulé autour du village de Novitsa. Sur le front roumain, une colonne d’éclaireurs russes a pris le village de Donnaiwetz et capturé deux compagnies.
Les Italiens ont fait sauter un large four de mine au Colbricon. Une centaine d’Autrichiens y ont péri.
Canonnade en Macédoine, sur le vardar et autour de Monastir.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

13 mars 1916 – carnet Louis Delozanne

 

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Vendredi 13 juillet 1917

Cardinal Luçon

Vendredi 13 – Via Crucis in Cathedrali. Hora 6a post meridiana. + 14 °. Journée ordinaire. Échanges fréquents d’obus entre artilleries adverses. De 9 h. à 11 h., activité allemande très grande. Toute la nuit, activité des artil­leries autour de Reims. En ville, 1600 obus (communication officielle). En ville, nuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 13 juillet

Lutte d’artillerie assez vive au nord de Jouy.
Dans la région de Sapigneul et en Champagne, nous avons repoussé deux attaques en faisant des prisonniers.
Canonnade sur la rive gauche de la Meuse aux abords de la cote 304.
En Woëvre, nous brisons une offensive allemande accomplie en force.
Les Anglais ont subi une vigoureuse attaque sur leurs positions du front de Nieuport. La violence des tirs convergents de l’artillerie allemande a réussi à détruire entièrement les organisations défensives du secteur des Dunes, près de la côte. Sur ce point, l’ennemi a pénétré dans les tranchées britanniques sur un front de 1300 mètres et une profondeur de 600, en sorte, qu’il a pu atteindre la rive droite de l’Yser, près de la mer.
Plus au sud, il a été mis en échec près de Lombaertzyde.
Les Allemands ont continué à bombarder Furnes sur le front belge.
Violente activité d’artillerie autrichienne dans le Trentin. L’artillerie italienne a riposté avec énergie. Échec des Germano-Bulgares à l’ouest de Monastir.
Les aviateurs britanniques, après avoir repéré le Goeben devant Constantinople, l’ont attaqué et atteint à coups de bombes. Ils ont aussi bombardé le ministère turc de la Guerre.
Les Russes ont occupé Halicz, rejetant les Autrichiens sur la rive gauche du Dniester. Ils ont pris encore trois villages, capturé 2000 hommes et 30 canons. Leur butin, en trois jours, monte à 10000 hommes et 80 canons.

Source : La guerre 1914-1918 au jour le jour

Louis Delozanne

 

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Jeudi 12 juillet 1917

Cardinal Luçon

Jeudi 12 – + 16°. Nuit tranquille, sauf quelques bombes sur le soir vers 9 h. à 10 h. Temps sans nuages. Visite de M. l’Aumônier Ladalle de Meudon. M. le Comte de Prufontaine et le Capitaine de G…Visite à l’ambulance d’Aubilly (Bouleuse) : 500 malades ou blessés. Visite avec allocu­tion aux Prêtres cantonnés là comme infirmiers.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Louis Delozanne, 1917, Pont d’Arcy


Jeudi 12 juillet

Violent bombardement en différents secteurs du front de l’Aisne.
Des tentatives locales sur nos tranchées au nord du moulin de Laffaux et au sud-est d’Ailles, ont échoué sous nos feux.
Plus à l’est, l’ennemi a déclenché une forte attaque sur nos positions du monument d’Hurtebise et du Dragon. Les vagues ennemies n’ont pu aborder nos lignes et se sont dispersées, fortement éprouvées.
Des coups de main sur nos postes avancés au sud-est de Corbeny, aux environs de Courcy, dans le secteur d’Auberive et vers le bois des Caurières, ont valu des pertes aux assaillants sans aucun résultat. L’ennemi a laissé entre nos mains un certain nombre de prisonniers.
Les Belges ont repoussé une attaque allemande dans le secteur de Saint-Georges. Lutte très vive de Nieuport à Dixmude.
Les Anglais ont progressé à l’est de Oosttaverne. Ils ont exécuté avec succès un coup de main au sud du canal Ypres-Comines.
Les Italiens ont brisé une offensive autrichienne sur le Vodice, et d’autres tentatives dans le Haut-Cordevole et sur le piccolo Laganyoi.
Sur le front russe, les troupes du général Kornilof ont poursuivi leur avance à l’ouest de Stanislau. De violents combats ont eu lieu dans la région de Halicz où l’ennemi a été défait. Quatre villages ont été enlevés par nos alliés qui ont capturé 1000 hommes et 3 canons. L’avance est de 10 kilomètres en profondeur.

Source : La guerre 1914-1918 au jour le jour

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Louis Delozanne

Le journaliste de France 3 nous avait contactés après avoir vu nos publications sur notre site.
vous pouvez revoir ici une partie de ses carnets de dessin et  voir l’émission…

© – Collection privée Annick Delozanne et Paul Lasserre – Pathé Gaumont – Editions des Amis du Vieux Crugny crayonnés de Louis Delozanne

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Jeudi 20 avril 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 20 – Nuit comme les précédentes ; + 6°. Visite du rédacteur du Lien d’Arras. Journée tranquille. Premières hirondelles. A 5 h. aéroplanes français et allemand : tir contre eux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 20 avril

Bombardement assez violent à l’est de la Meuse, dans la région sud du bois d’Haudromont.
La victoire russe à Trébizonde apparaît très grosse de conséquences, et la presse neutre la tient pour un événement considérable. Un sous-marin turc a été coulé au large du port ottoman.
Une escadrille aérienne française a opéré un raid de nuit sur les lignes ennemies en avant de Salonique.
Sur le front russe, duel d’artillerie près d’Ikskul; échec allemand près de Kervo; échec autrichien en Galicie à Popova; le butin de nos alliés a été très appréciable de ce côté.
La progression italienne continue sur la rive ouest du lac de Garde. De violentes attaques autrichiennes ont été brisées, laissant plus de 200 prisonniers aux mains de nos alliés.
Des hydravions ennemis ont fait un raid sur Trente; on signale l0 morts et 20 blessés; l’un des hydravions a été abattu et ceux qui le montaient, capturés.
Trois hydravions français et un hydravion italien escortés des torpilleurs italiens, ont bombardé efficacement, près de Trieste, des endroits ayant une importance militaire.
Les Anglais, sur le front occidental ont pénétré en plusieurs endroits dans les tranchées ennemies.

Source : la Grande Guerre au jour le jour.


Louis Delozanne - 26 mars 1916 - Bord de la route près pont de Suippes

Louis Delozanne – 26 mars 1916 – Bord de la route près pont de Suippes

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Mardi 18 avril 1916

Cardinal Luçon

Mardi 18 – Nuit tranquille sauf rafales à diverses heures ; + 6° – Visite au Commandant Billard pour clocher S. Benoît : empêcher qu’on ne s’en serve pour observations militaires(1). Visite du P. Flamboin et du P. d’Halluin. Visite d’un Trappiste de Tamié.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Il était très tentant d’utiliser les cochers encore intacts et à proximité de la ligne de feu pou y établir des observatoires. C’est d’ailleurs un vieux débat que de savoir si des observateurs n’ont pas été placés sur les tours de la Cathédrale au moment du retour de la Ve Armée à Reims – ce que les Allemands affirment pour justifier leurs tirs et ce qui nient les Français ; mais des curieux, des imprudents ou des indisciplinés ont probablement été vus sur les tours par les observateurs allemands. Faute de clochers, ce sont les cheminées d’usine qui abritèrent des observatoires.

 

Mardi 18 avril

En Argonne, nous canonnons les routes de la région de Montfaucon, où l’on signalait des mouvements de troupes.
A l’ouest de la Meuse, l’ennemi a bombardé nos positions du bois des Caurettes et la région d’Esnes.
Sur la rive droite, nous avons déclenché une attaque sur les positions allemandes au sud de Douaumont. Cette tentative a réussi et nous a permis d’occuper quelques éléments de tranchées ennemies et de faire 200 prisonniers, dont deux officiers.
Bombardement intermittent en Woëvre.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’ennemi a bombardé avec violence nos positions du bois d’Avocourt et de la cote 304.
Les Russes ont pris l’offensive dans la région de Dwinsk; ils ont repoussé plusieurs attaques allemandes dans la région de Gorbornosvka. 14 de leurs avions ont bombardé les gares de Bouckza et de Czernovitz. Nos alliés ont fait 243 prisonniers à Tspavanopla. Ils ont dispersé une division turque dans la région de Bitlis et capturé 363 officiers et soldats.
Les Italiens ont pris d’assaut la position de Santo Oswaldo, dans le val Siegecca.
Les Anglais ont brisé une série d’attaques allemandes près de Saint-Eloi. Activité d’artillerie sur leur front, dans la région de Souchez. La Roumanie entreprend de nouveaux préparatifs militaires.
Quelques escarmouches d’avant-postes sont signalés sur le front de Salonique.

Source : la Grande Guerre au jour le jour.


Louis Delozanne, 21 mars 1916.

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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Lundi 17 avril 1916

Cardinal Luçon

Lundi 17 – + 6° – Nuit tranquille jusqu’à 11 h. 1/2 ou minuit ; ensuite de temps à autre grosses bombes ou canon. Visite du P. Prudhommeau.Visite de M. Becker ; opinion du contrôleur : Reims pas obligé à Déclarations.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 17 avril

Au nord de Roye, une reconnaissance ennemie qui abordait nos tranchées a été dispersés par notre feu.
En Argonne, activité de nos batteries dans la région de Saint-Hubert et aussi sur les routes et cheminements allemands de la région Montfaucon-Malancourt.
A l’ouest de la Meuse, l’ennemi bombarde nos positions entre le bois de Malancourt et la cote 304. Nos batteries se sont montrées actives notamment à l’ouest du bois des Corbeaux et sur les points de passage du ruisseau de Forges.
Bombardement intermittent à l’est de la Meuse et en Woëvre.
A l’ouest de Pont-à-Mousson, nous dispersons de nouveaux convois.
Dans les Vosges, rencontres de patrouilles : une reconnaissance allemande est très éprouvée par notre feu au sud du col de Sainte-Marie-aux-Mines.
Les Russes accusent un sérieux succès sur la Strypa, où toutes les tentatives de l’ennemi pour leur reprendre les tranchées conquises sont demeurées vaines. Un taube a été accueilli à coups de fusil et a dû rebrousser chemin à la frontière de la Bessarabie.
Après six jours de combat, l’armée russe du Caucase a rejeté une forte offensive turque.
Les Italiens ont conquis les points culminants du massif de l’Adamello, à 3500 mètres au-dessus de la Vatteline.

Source : la Grande Guerre au jour le jour.


3 mars 1916 - Gabio sur la Suippes

Louis Delozanne, 3 mars 1916 – Gabion sur la Suippes

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Dimanche 16 avril 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 16 – Rameaux – + 5°. Nuit assez tranquille autour de Reims, calme en ville – 10 h. Aéroplane français ; 11 h. Bombes sifflent sur batte­ries ; Item jusqu’à 5 h. avec sifflement. Retraite du mois. B. Visite de M. Abelé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 16 avril

Bombardement violent sur la rive gauche de la Meuse, devant nos lignes de la cote 304. Sur la rive droite, les Allemands ont déclenché, en fin de journée, une petite attaque sur nos positions de Douaumont. Cette attaque a été complètement repoussée.
La nuit a été calme, sauf un bombardement vers Haudromont.
Duel d’artillerie en Woëvre (Moulainville).
La dernière note allemande au sujet du Sussex a fortement mécontenté les États-Unis. Le président Wilson a prononcé à New-York un discours qui trahit son irritation.
Le général Carranza a demandé à l’Union américaine de cesser la poursuite des bandes de Villa au Mexique. Le cabinet de Washington a refusé de retirer les ordres donnés.
Sept terroristes allemands ont été arrêtés aux États-Unis.
Les Anglais bombardent les positions ennemies dans le Pas-de-Calais (Souchez et Carency). Ils ont rejeté plusieurs attaques accompagnées d’émissions de gaz lacrymogènes.
Le cabinet portugais reste au pouvoir.
Le général Porro, sous-chef d’état-major italien, est allé contrôler les installations de Vallona.
Les parlementaires français ont visité la flotte britannique.

Source : la Grande Guerre au jour le jour.


13 mars 1916 - carnet Louis Delozanne

13 mars 1916 – carnet Louis Delozanne

 

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