Louis Guédet

Jeudi 27 février 1919

1630ème et 1628ème jours

7h 1/2 soir  Temps pluvieux, giboulées glaciales. Rien de saillant. Courrier, lettre de ma pauvre femme qui se tourmente de la maison. Visite de Jolivet !

Porté mes lettres, vu un jeune homme pour ma caisse, mais…  impossible, Hannoteaux son ancien patron m’a donné de mauvais renseignements sur lui. Je n’ai pas moins écrit à Heckel pour le mettre au pied du mur ! Vu pas mal de monde. Visite de Cailteaux, notaire à Witry-les-Reims qui est revenu ici sauver les débris de ses archives ! Tant que Lacoisne son beau-père a été vivant ses archives ont été sauvées, mais lui disparu tout a été livré aux hasards des caprices des allemands. Il en a retrouvé dans les décombres à Charleville et à Rethel. Dans cette dernière localité surtout ses testaments. Heureusement. Comme nous tous il est bien désemparé et ne sait où nous allons ! En résumé toutes nos Études du front et des pays envahis n’existent plus ! C’est bien simple… Alors que faire ? quel parti prendre ! Lâcher tout ou se cramponner ?!…  C’est bien décourageant !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 27 –Visite d’une mission suisse ; de M. Letourneau,M. Compant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 27 février

Les ministres des puissances alliées et associées ont siégé an quai d’Orsay.
M. Crespi, au nom de la commission financière interalliée, a exposé les mesures à prendre pour éviter que les coupons à échéance du ler mars des dettes austro-hongroises ne fussent pas payés faute d’accord entre les différents États de l’ancienne Autriche-Hongrie. Les propositions de la commission ont été adoptées.
La question du transport en Pologne des divisions polonaises formées en France et en Italie a été ensuite étudiée avec le concours du maréchal Foch. Des instructions à cet effet ont été envoyées par la conférence à la commission interalliée de Varsovie.
L’étude d’une révision de la question marocaine conditionnée par le traité d’Algésiras, a été confiée à la Conférence. M. de Peretti, sous-directeur d’ Afrique, a exposé les demandes françaises tendant à la suppression de l’acte d’Algésiras et à l’imposition à l’Allemagne des garanties nécessaires pour qu’elle ne puisse renouveler au Maroc l’action hostile qu’elle a poursuivie coutre la France.
Les pourparlers qui avaient été entamés à Spa pour le ravitaillement de l’Allemagne, ont été ajournés. Ils ne doivent pas commencer avant une quinzaine.
Un cabinet comprenant des majoritaires et des minoritaires s’est constitué à Munich où le calme semble rétabli. L’Assemblée de Weimar a commencé le débat sur la Constitution. M. Preuss, au nom du gouvernement, a expliqué pourquoi il voulait maintenir le mot empire, symbole de l’unité.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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