Louis Guédet

Vendredi 27 décembre 1918

1568ème et 1566ème jours

Matin  Nous allons coucher dans le salon du 52 de la rue des Capucins, maison Mareschal. Chacun sur un lit de fer pliant et des couvertures. M. Thomas gardien de la maison voulait absolument nous céder son lit établi dans la chambre au-dessus de la salle à manger où je couchais au commencement.

La salle à manger où je couchais aux derniers temps et où je travaillais est en état de me recevoir avec son mobilier presque intact comme je l’avais organisé. Il n’y aura qu’un lit à me mettre et je reprendrai ma vie, comme au 25 mars 1918. Triste vie ! Triste perspective au milieu de ces ruines de ce cimetière qui est Reims !… Je crois bien de ne pouvoir trouver de sitôt une maison à habiter et à louer. (Rayé)!

Hier soir nous avions dîné à la soupe populaire établie rue Libergier à l’École Professionnelle, tenue par Melle Fouriaux et des Croix-Rouges Américaines, soupe, bœuf et fromage pour 2 sous… Vu là bien de nos anciens compagnons de bombardement, le Maire, Charbonneaux, de Bruignac, Sarazin (Charles Sarazin, historien rémois (1879-1953)) et Maria Secrétaire Général de la Marne, attaché au Ministère de l’Intérieur, etc…

Repris le train à 10h1/2 et rentré à St Martin vers 5h1/2 du soir par une pluie battante !!! Je suis de plus en plus découragé. Trouvé un courrier formidable auquel je me suis attelé aussitôt.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Vendredi 27 – Conseil.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 27 décembre

De nouveaux troubles ont éclaté à Berlin, où les marins ont tenté un coup de force et se sont rendus temporairement maîtres de la chancellerie. Ils ont même fait prisonniers plusieurs membres du gouvernement, qu’ils ont relâchés à la suite d’un compromis avec les troupes restées fidèles. Il y aurait eu 68 morts et blessés. Le commandant de la place, Wels, qui déplaisait de longue date aux Spartaciens, a remis sa démission. Richard Molkenburg a pris possession du poste. Deux amiraux ont été arrêtés à Kiel.
Un tribunal spécial a été constitué à Stamboul pour juger les tortionnaires.
M. Wilson a harangué les soldats américains qu’il avait passés en revue dans la HauteMarne.
Une réunion importante a eu lieu à Leipzig en faveur de l’annexion de L’Autriche allemande à l’Allemagne.
Les Allemands ont commencé à restituer les valeurs volées. Plus de 6 milliards ont déjà été rendus par eux. Les valeurs provenant de Lille, Roubaix, Tourcoing, Valenciennes ont été réintégrées dans ces villes mêmes; celles de Douai, Cambrai, Caudry et Saint-Quentin ont été remises à Paris, Lille ou Valenciennes. Un train en chargement à Bruxelles rapportera à Valenciennes des coffres-forts que les Allemands déclarent n’avoir pas ouverts.
Des délégations Parisiennes ont visité Metz.
Un ultimatum italien a été adressé à l’Autriche allemande. L’Autriche a accepté sur-le-champ les conditions formulées

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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