Louis Guédet

Dimanche 29 décembre 1918

1570ème et 1568ème jours

Matin  Pluie battante toute la nuit et tempête. Ce matin il fait très doux. Messe, avec Veni Creator pour la Paix. Te Deum pour notre victoire ?? Et de profundis etc… etc… attelé à ma besogne. Je suis las, dégouté.

4h  Courrier toujours chargé, répondu, mon principal clerc Touzet à l’air d’hésiter à me revenir, je serais bien planté !! Enfin je n’en sors pas, je suis réellement maudit !!

Marie-Louise est partie à Vitry-la-Ville au-devant d’André, s’il arrive par ce train. Pluie et temps lugubres.

J’aurais douloureusement fini cette année 1918. Et…  je n’ai nul espoir en 1919. Rien ne me réussit et ne peut me réussir !… 1919 !! verra ma misère et ma ruine ! Je n’attends plus que cela !! Si c’était seulement la Mort !!

C’est bien de se dévouer !! On n’en recueille que du Malheur !! La Justice (rayé)!! Voilà ceux (rayé)!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Dimanche 29 – Assisté à la grand’Messe. Allocution aux assistants. Emballage de nos livres, et de notre mobilier

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Dimanche 29 décembre

Lénine

Le débat de politique générale a commencé à la Chambre à propos des douzièmes. Un premier scrutin a donné au gouvernement 382 voix contre 93. M. Marcel Cachin a posé des questions au sujet de l’intervention en Russie, de la rive gauche du Rhin et plus spécialement du bassin de la Sarre. M. Briand, dans une intervention, a fait une distinction entre pourparlers confidentiels et traités secrets.
Boris Savinkof, qui fut un des plus rudes adversaires de Lénine, est arrivé à Paris.
Les bolchevistes avançant dans les provinces baltiques, les habitants s’enfuient en masses sur leur passage. Deux contre-torpilleurs bolchevistes ont été capturés par les Anglais dans le voisinage de Reval.
Les socialistes français qui avaient donné leur démission à la commission de l’armée ont décidé de reprendre leurs sièges.
M. Wilson a prononcé un toast au banquet de Buckingham Palace, en insistant sur son désir de fonder la Société des nations.
M. Kramarcz, président du Conseil de l’Etat tchéco-slovaque, a prononcé devant notre ministre à Prague, M. Clément Simon, un discours d’hommage à la France.
On annonce que le gouvernement d’Ebert aurait démissionné à Berlin. En tout cas, la situation est des plus critiques. Les Spartaciens disposeraient, contre le pouvoir, d’armements considérables.

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