Louis Guédet

Dimanche 11 août 1918

1430ème et 1428ème jours de bataille et de bombardement

7h matin  Temps magnifique, une belle journée se préparer. Il n’en sera pas de même pour moi qui sera livré à mes tristes pensées, à mes lugubres souvenirs. Quelle obsession ! avoir toujours dans l’esprit et dans les yeux des flammes, des ruines et du sang !

10h  Le commandant, un peu cramponnot, nous donne le communiqué de cette nuit qui est très bon. Du côté français Montdidier est pris et débordé de plus de 10 kilomètres, 200 canons au moins, 8 000 prisonniers. Pourvu que le pauvre Jean sorte indemne de tout cela. C’est un succès, soit ! mais ce n’est pas encore la triquée magistrale et finale. Il faut que nous allions en Allemagne.

6h soir  Peu de courrier. Enfin des nouvelles de mon greffier à Épernay Landréat qui a été fort malade de la grippe. Lettre de Bossu. Journée fastidieuse. Visite de Pierre Jacquinet (Terminera sa carrière comme Inspecteur Général du Service Géographique de l’Armée (1896-1966)), fils du Docteur Jacquinet de Reims, qui venait voir si sa femme pourrait venir ici ou dans les environs pendant qu’il suit des cours d’officier géographe à Saint Jean sur Moivre. Ma femme lui a expliqué que ce n’était guère possible, attendu que la lettre de sa femme à la mienne avait été ouverte par la censure militaire. Ce serait se jeter dans la gueule du loup.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 11 – Visite de Mademoiselle Demogues. Vénéré la Sainte Couronne d’Épines (à l’Adoration réparatrice). Visite de M. Mennesson-Dupont. Reçu le Diplôme de Chevalier de la Légion d’Honneur, signé du Gen. Florentin

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 11 août

Douglas Haig

La quatrième armée britannique et la première armée française, sous le commandement du maréchal sir Douglas Haig, ont attaqué sur un large front à l’est et au sud-est d’Amiens.
Entre l’Oise et l’Aisne, après un violent bombardement, l’ennemi a tenté deux coups de main près de Bailly et de Tracy-le-Val et a été repoussé.
A l’est de Braisne, quelques-uns de nos éléments agissant en liaison avec les troupes américaines ont franchi la Vesle et se sont installés sur la rive nord. Ils s’y sont maintenus malgré deux violentes contre-attaques ennemies.
Au nord de Reims, nous avons avancé notre ligne de 400 mètres entre les voies ferrées de Rethel et de Laon.
En Macédoine, au nord-ouest du Vardar, l’artillerie ennemie a vigoureusement bombardé nos positions du Skra di Legen.
En Albanie, des détachements bulgares, qui tentaient de pénétrer dans nos lignes, dans la région de Gramsi, ont été repoussés et ont laissé des prisonniers entre nos mains.
L’aviation française a bombardé les dépôts ennemis au sud de Topeleance, et l’aviation britannique, des dépôts dans la région de Sérès.
Sur l’ensemble du front italien, activité normale des deux artilleries. Entre Astico et Brenta, les patrouilles italiennes ont harcelé efficacement les lignes de l’ennemi, lui infligeant des pertes et capturant des prisonniers.
Six avions ennemis ont été abattus au cours de combats aériens.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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