Paul Hess

22 décembre 1917 – Beau temps. Aéros toute la journée. Bombardement. Tir sur avions à la nuit et nouveau bombardement serré vers 19-20 h.

Reprise très violente de bombardement à 22 h. Des obus tombent rues de l’Ecole-de-Médecine, Gambetta, de Venise, des Capucins, Petit-Roland, des Chapelains, des Moissons, etc. Dans cette dernière rue, une femme est tuée dans son lit, à côté de son mari, blessé à la tête et au bras gauche (Mme Blavier).

Nuit très mouvementée.

Obus lacrymogènes, dont quelques-uns autour de la cathé­drale ; plusieurs personnes sont incommodées. Les effets d’un de ces obus se font sentir également dans les sous-sols de l’hôtel de ville, où couchent des camarades des bureaux de la mairie et de la police.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Rue de l’École de médecine – ReimsAvant


Cardinal Luçon

Samedi 22 – – 3°. Beau temps. Nuit tranquille, sauf ce qui précède. Vi­site au Capitaine du Génie que nous avons vu chez le Général Coignard, rue Jeanne d’Arc. A 7 h. soir avions allemands au-dessus de nous, bombar­dement infernal autour de nous, tout près de nous. Obligés d’interrompre notre souper pour descendre à la cave, après y avoir envoyé précipitam­ment les Sœurs. Durée : 1 heure environ. Nous remontons ; finissons notre repas ; prière à l’oratoire. Travail dans mon bureau. A 9 h. 1/2 coucher. A10 h., avion allemand nous survole ; nouveau et terrible bombardement ; 1 obus frappe la maison de Madame de La Morinerie, rue de l’Ecole de Médecine, à l’angle supérieur gauche de la porte. Un autre tombe dans l’angle de la maison Chartin ; j’ai vu de mon lit comme deux morceaux de fer incandes­cents se précipiter dans cet angle. Le bombardement étant extrêmement dangereux, on vient de la cave (Ephrem), me dire qu’il faut descendre, qu’on est inquiet de moi. Je me lève donc. A peine étais-je rendu au pied du lit, un obus tombe dans le jardin, fait sauter les vitres, et crache des éclats dans les persiennes, dans mon cabinet, crible le canapé, les fauteuils, la bibliothè­que. J’en ai retrouvé un certain nombre le lendemain : toute la pièce en est criblée. Comment se fait-il que je n’aie pas été touché. Il y en a qui m’ont frôlé. L’un d’eux a percé la reliure d’un volume des Institutions liturgi­ques de Dom Guéranger ; d’autres les volumes des œuvres de Mgr Freppel (cours d’Éloquence), un autre déchiquète un volume de ma Bible. Des­cendu et couché au sous-sol. Un homme tué rue Chanzy, sa fille blessée ; 9 obus à la Visitation ; 12 au Collège Saint-Joseph ; obus rue des Moulins ; Chanzy, Gambetta ; 2 au Bon-Pasteur.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 22 décembre

Activité d’artillerie intermittente en quelques points du front, plus vive dans la région du bois des Caurières.
En Alsace, les Allemands qui tentaient d’aborder nos tranchées à l’ouest de Cernay ont été repoussés par nos feux. A l’Hartmannswillerkopf, l’ennemi, à la faveur d’un très important coup de main qu’il avait fait précéder d’un bombardement intense, avait pu pénétrer dans les éléments avancés de notre première ligne; il en a été entièrement rejeté a la suite d’un combat corps à corps au cours duquel il a subi de lourdes pertes.
Définition stratégique de la manoeuvre dans la bataille défensive.
118 obus ont été lancés sur la ville de Reims.
Sur le front belge, activité d’artillerie peu intense.
Nos alliés ont bombardé les organisations ennemies des abords de Dixmude et de Kippe, en représailles de quelques tirs ennemis effectués vers nos batteries.
En Macédoine, les troupes anglaises ont capturé 1 officier et 54 soldats bulgares.
Sur le front britannique, une tentative allemande, a échoué au nord-est de Messines sous les feux d’infanterie et de mitrailleuses. Les Italiens, sur le mont Asolone, ont réussi à enlever à l’ennemi une grande partie des gains qu’il avait pu obtenir le 18.
Une forte contre-attaque autrichienne a été enrayée.
Nos alliés ont fait des prisonniers sur le plateau d’Asiago.
Les Capronis ont bombardé les troupes autrichiennes sur la Basse-Piave

 

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