Louis Guédet

+ Lundi 15 octobre 1917

1130ème et 1128ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps. Quitté mes chers aimés ce matin à 5h1/2, fait des courses à Épernay. Vu le Procureur de la République, toujours fort aimable avec moi, pour causer d’une lettre du Parquet Général au sujet du transfert de mes justices de Paix à Épernay. Cela viendrait de l’autorité militaire ! Je suis tombé d’accord avec lui pour résister et refuser. En tout cas comme je vais à Paris la semaine prochaine, j’en causerai au Procureur Général.

Rentré par l’autobus, avec beaucoup de Rémois, Camuset, banquier, sa femme, sa fille. Il est bien gentil. Dupont-Nouvion, toujours aussi onctueux ! (Rayé) Hodgson (consul d’Angleterre), Henri Abelé, bien affaissé (Henri Abelé, négociant (1852-1923)). En descendant rencontré Charlier, qui m’aide à porter ma valise, et devant les Capucins (Edouard Benoist) Paff ! un obus contre avion qui tombe dans l’usine ! J’y suis abonné !! Vrai, à peine 5 minutes ici, il faut que j’essuie le feu ! C’est à croire que l’on me poursuit.

Me voilà…  seul ! solitaire rentré dans mon tombeau. En sortirai-je ? Quelle tristesse, quel serrement de cœur m’étreint ! Quand je songe aux miens, à ceux que j’ai quittés et à vous 2 chers Grands, mes 2 Croix de Guerre ! Je serais si heureux de me promener entre eux deux, entre leurs jeunes lauriers, leur jeune Gloire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 15 – + 3°. Nuit tranquille. Projections. Beau temps. Visite de 3 soldats de l’Ain ; 5 h. avions français : tir violent contre eux. Bombes alle­mandes sifflent de 6 à 7 h. soir.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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