Cardinal Luçon

Samedi 22 – Nuit tranquille à Reims. Ciel sans nuages. Visite du Major de la Place annonçant que la Visite du Duc de Connaugth est ajournée. Probablement il veut féliciter les troupes anglaises de leurs succès dans le nord à Test d’Ypres(1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le duc de Connaugth est un neveu par alliance du roi George V. L’offensive franco-britan­nique des Flandres se terminera très difficilement par la prise de Passchendaele, le 6 no­vembre 1917.

Samedi 22 septembre

Nous avons aisément repoussé des coups de main ennemis au nord de Vauxaillon, dans le secteur de Cerny et sur le front de Verdun, vers Lamorville et Béthincourt.
En Champagne, activité d’artillerie dans la région des Monts. Une attaque allemande sur le mont Haut a été dispersée par nos feux avant d’avoir pu aborder nos lignes. L’ennemi a subi des pertes sérieuses.
L’offensive anglaise de Flandre, à l’est d’Ypres, s’est développée sur un front de 13 kilomètres, entre le canal d’Ypres à Comines et la voie ferrée d’Ypres à Stades. Nos alliés ont obtenu un succès considérable, conquérant les positions de grande importance et infligeant à leurs adversaires de lourdes pertes.
Les premiers objectifs furent atteints de bonne heure : ils consistaient en points d’appui bétonnés et en fermes organisées. Le bois d’Inverness, le bois de Glencorse et Nonne Bosschen furent pris d’assaut, ainsi que les fermes de Potsdam, de Vampir et le point d’appui de Gallipoli. A droite, il y eut un violent combat au nord du canal d’Ypres. Au centre, le gain fut de 1600 mètres en profondeur. Au nord, Zevankote fut enlevé. Le nombre des prisonniers dépasse 2000. Les pertes britanniques sont légères.
Sur le front russe, on signale toute une série de combats aériens, et des bombardements par avions.
Le croiseur anglais Glasgow, arrivé à Buenos-Aires, a été acclamé par la population, dont la colère monte contre l’Allemagne.


 

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