Paul Hess

Dimanche 18 mars 1917 – Un fusant de 77, tiré sur aéro, éclate en retombant, devant un cantonnement rue du Barbâtre. Un lieutenant du 403e d’infanterie est tué et d’autres officiers blessés. Au cours de la matinée, plu­sieurs projectiles allemands sont retombés dans les mêmes condi­tions, en différents endroits de la ville, rue Jacquart, rue Werlé, etc.

Il est à noter que la même chose se produit maintenant, presque tous les jours, à chaque tir contre avion.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 18 – 8°. Nuit assez tranquille. Beau temps. Visite au 7e Corps. Allocution à la messe à Trigny. Général de Bazelaire, et Général de la Guille, Commandant, des Généraux (de Coligny….) Prise de Bapaume (1),

Roye, etc. Dîné avec le Général et ses officiers. Visite au campement dans les bois, à gauche, en descendant. Entretien avec M. Sainsaulieu et M. Abelé pour leurs œuvres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ces « prises » n’ont aucun caractère de victoire. Nous occupons le terrain volontairement abandonné par la Allemands pour raccourcir leur front et faire d’importantes économies de personnel. Tout ce terrain « reconquis » a été sauvagement détruit, miné, défiguré par l’ennemi qui a coupé tous les arbres, fait sauter les habitations, empoisonné les puits, etc.

Dimanche 18 mars

Sur-tout le front compris entre Andéchy et l’Oise, l’ennemi, refusant la bataille, a abandonné sous la pression de nos troupes les lignes puissamment et savamment fortifiées qu’il tenait depuis plus de deux ans. Notre mouvement en avant a continué avec rapidité. Nos pointes d’avant-garde ont pénétré dans Roye, poursuivant les contingents ennemis qui ont fait sauter les carrefours des rues à l’intérieur de la localité. 800 habitants de la population civile, que les Allemands n’avaient pas eu le temps d’évacuer, ont fait à nos soldats un accueil enthousiaste.

Au nord et au nord-est de Lassigny, que nous avons également occupé, nous avons atteint et même dépassé la route Roye-Noyon. Nous avons fait des prisonniers.

Violentes canonnades en Champagne et sur la rive droite de la Meuse (bois des Caurières).

Nos escadrilles ont bombardé les organisations ennemies de la région d’Arnouville, les usines de Wolklingen, les gares de la région de Ham et de Saint-Quentin. Un de nos avions a bombardé Francfort-sur-Mein. Un zeppelin aété abattu près de Compiègne, au retour d’un raid qu’il avait fait sur la côte anglaise.

Les troupes britanniques ont enlevé Bapaume et avancé sur un front de 25 kilomètres en occupant en tout 14 localités.

Le grand-duc Michel, désigné par Nicolas II comme héritier de la couronne, a déclaré qu’il subordonnerait son acceptation finale à une ratification de la Constituante. Le cabinet Briand a démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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