Louis Guédet

Mardi 26 décembre 1916 

836ème et 834ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie froide et glaciale. Temps triste et lugubre. Le canon a fortement tonné. Travaillé, fait quelques courses. Je ne me sens pas encore assez fort pour partir à St Martin. Je recule mon départ à jeudi matin. Mais que je crains ce voyage et que j’appréhende cette fatigue. Je ne suis plus fort et puis je suis hélas de…  tout.

Rien appris. On parle d’ouverture de Paix, et on ne rengaine pas pour le traitre Wilson et…  son imbécile de Lansing (Robert Lansing, secrétaire d’État américain du 24 juin 1915 au 13 février 1920, il « haïssait les horreurs de la Guerre », mais plus encore les horreurs de la suprématie germanique (1864-1928)) ainsi que ces sales Suisses de la belle manière, tas d’allemands mâtinés, va !…  Je leur souhaiterais une bonne petite invasion de leur zone, cela les calmerait et ils ne seraient plus si chauds à nous donner des conseils…  intéressés…  Nous ne tomberons pas dans le piège. C’est tout un ou tout autre, si nous voulons exister et rester français, c’est à nous à dicter la Paix par la Victoire. Il n’y a pas à sortir de là ! Et c’est le sentiment de tous ici…  si les pleutres de l’arrière étaient dans le même état d’esprit, les journaux ne bavarderaient pas tant, et la réponse à Guillaume, Wilson, Lansing, Suisses et Cie serait bien simple : « Nous n’avons pas à causer avec vous ! » Et les allemands ne seraient pas si fiers que cela…  mais avec nos pleutres de Gouvernements. Heureusement que les Anglais ne les laisseront pas faire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 26 – + 3°. Nuit tranquille comme hier. Visite d’un aumônier et de deux officiers de la Messe de Minuit de Noël.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 26 décembre

Journée relativement calme sur l’ensemble du front.

Sur les rives de la Somme, trois avions allemands ont été abattus par nos pilotes. Le premier appareil ennemi est tombé en flammes au sud d’Epenancourt, le deuxième s’est écrasé sur le sol près d’Omiécourt, le troisième vers Liencourt.

Une de nos escadrilles a bombardé le terrain d’aviation de Vraignes, ainsi que les dépôts de munitions d’Athies, Ennemain et Mons-en-Chaussée.

Sur le front d’Orient, violente lutte d’artillerie au nord de Monastir.

Situation sans changement sur le front belge.

Les éclaireurs russes sur la Bistritza ont capturé des prisonniers et des fusils. Dans les Carpates boisées, sur la frontière moldave, l’ennemi a tenté de reconquérir des collines occupées par nos alliés. Il a été repoussé, laissant entre leurs mains 8 officiers et 218 soldats.

Violents combats sur le front de Valachie. Les troupes russo-roumaines ont évacué Isatcha et Tulcea, qui ont été occupées par Mackensen.

Les Anglais ont capturé un campement turc avec 1100 hommes, près d’El-Arish, a la frontière égypto-syrienne.

Source : La guerre au jour le jour

epenancourt

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