Paul Hess

15 novembre 1915 – Pendant toute la journée, activité sérieuse de notre artillerie, dont le tir est visiblement réglé par les avions.

— Le soir, à 19 h, commence brusquement une canonnade effrayante, comme celles entendues déjà lors des démonstrations. On suppose qu’il s’agit d’une attaque allemande ; c’est du côté de Courcy-Brimont que nos pièces tirent ensemble, en rafales et sans discontinuer, pendant une demi-heure. Le vacarme est assourdissant.

Vers 20 h, le calme se rétablit peu à peu, puis la batterie du Port-sec qui s’est mise à tirer seule, lorsque les autres commençaient à se taire, prolonge la séance encore pendant vingt minutes environ. Ensuite, c’est le silence pour la nuit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 15 – Nuit tranquille en ville ; autour de Reims nuit bruyante, tirs fréquents de mitrailleuses, et je pense aussi de grenades et torpilles, toute la nuit. + 2° ; beau soleil. Visite de M. le Curé de Trigny. Rentrée à Reims de M…. Aéroplanes toute la journée ; tirs contre eux. Aéros allemands et français. Bordées de gros canons français de 2 à 3 h. Bombes sifflent à plusieurs reprises de 3 à 4 h. Journée des plus bruyantes de la part surtout des Français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Mercredi 15 novembre

Au sud de la Somme, l’artillerie ennemie, énergiquement contrebattue par la nôtre, a bombardé avec violence la région de Pressoir et le secteur Biaches-la-Maisonnette. En Argonne, nous avons occupé, au Four-de-Paris, un entonnoir provoqué par l’explosion d’une mine allemande. Sur le front de Verdun, canonnade intermittente, plus active dans les régions de Douaumont et de Vaux. Les Anglais, progressant toujours, ont pris le village de Beaucourt-sur-Ancre. Le nombre des prisonniers qu’ils ont faits dépasse de beaucoup 5000 et d’autres sont encore annoncés. Ils ont gagné du terrain à l’est de la butte de Warlencourt, au cours d’une action locale, faisant 80 prisonniers. Les troupes franco-serhes ont pris en tout sur la Cerna 1.447 ennemis dont 20 officiers. Elles ont capturé 25 canons, dont 8 lourds. Les Roumains ont quelque peu reculé dans la vallée de l’Olt. Leur flottille a canonné la rive du Danube en Dobroudja, à 6 kilomètres au nord de Cernavoda. Un torpilleur norvégien a canonné un steamer allemand qui portait, au mépris des règlements, un appareil de T.S.F, et qui s’était aventuré dans les eaux territoriales de Norvège. La Douma s’est réunie; le président, Radzianko, a écarté comme humiliante toute idée de paix séparée entre la Russie et les empires du centre. Le groupe polonais a formulé une protestation solennelle contre la germanisation de la Pologne. Le gouvernement anglais, dans une déclaration aux Communes, dit de nouveau que M. Venizelos est reconnu comme pouvoir de fait, mais que le gouvernement de Salonique n’a pris aucune allure anti-dynastique. M. Poincaré a reçu à l’Élysée le nouvel ambassadeur d’Italie, le marquis Salvago Raggi. Le baron Burian est parti pour Berlin où il doit conférer avec le chancelier allemand. Le général Porro, chef d’état-major de l’armée italienne, est arrivé à Paris. Les pourparlers entre l’Amérique et le Mexique subissent à nouveau un temps d’arrêt. L’Angleterre va procéder à toute une série de mesures tendant à assurer des économies. En même temps, elle envisage le moyen d’augmenter ses effectifs, et elle annonce son intention de poursuivre énergiquement la campagne d’hiver.

Source : La guerre au jour le jour

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