Louis Guédet

Mardi 14 novembre 1916

794ème et 792ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps gris maussade. Des obus à longs intervalles, fort agaçants car on ne sait si on doit ou non sortir. Travaillé toute la journée d’arrache-pied, et je ne vois pas encore clair à ma lourde correspondance. Vu le Procureur après-midi pour lui demander de joindre à sa liste de citations à l’ordre du jour Landréat, mon greffier de paix, qui en réalité a dirigé tous les greffes et dressé Dondaine pour le 1er canton. Il m’a promis de la faire au 2ème tour, le premier lot étant parti à la Chancellerie. Il est furieux que le Président ait voulu joindre à cette liste un tas de comparses qui ne sont revenus que petit à petit. Il aurait voulu que je sois le seul en tête, étant le seul resté tout le temps ici depuis le 31 août 1914. Ce que cela m’indiffère !! En tout cas mon brave Procureur est dans le vrai. Je vais être accolé à un tas de pleutres qui ont tremblé tout le temps et je suis le seul à être resté depuis tout le siège et l’occupation allemande.

Vu Lesage, qui m’a prié de le recommander auprès du Procureur pour la place de chimiste expert à l’École de Médecine qui va être vacante à la suite du départ du titulaire actuel. Je le lui ai promis et je ne doute pas de réussir.

Voilà ma journée…  semblable aux autres, toujours tristes.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

14 novembre 1916 – Bombardement pendant midi et reprise dans le courant de l’après-midi.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mardi 14 – Nuit tranquille. Journée assez bruyante. Canons français et bombes sifflantes allemandes de 10 h. à 4 h. : une personne tuée, deux blessées rue de Contrai et rue des Murs. Visite du Capitaine des Pompiers de Paris et de…. Les pompiers de Reims ne suffisant pas, on avait fait venir une section de ceux de Paris, mieux outillés et bien exercés ; ces sections se succèdent tous les quinze jours ou tous les mois ou deux mois. Continuation du bombardement après-midi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 14 novembre

Les Anglais ont attaqué les positions allemandes sur les deux rives de l’Ancre. Ils ont capturé 3.300 soldats ennemis. L’artillerie allemande a continué à tirer sur les positions britanniques de Lesboeufs et de Gueudecourt. Une émission de gaz a réussi sur les tranchées allemandes face à Ransart. Au sud-est d’Armentières, un raid a pénétré dans les tranchées ennemies. Dans la région de la Cerna, la bataille continue avec un succès croissant pour les Serbes. Ceux-ci ont forcé les contingents germano-bulgares à abandonner le village d’Iven et à se replier de 3 kilomètres. Cinq contre-attaques ennemies ont été brisées. Plus à l’ouest, les troupes serbes, soutenues par des effectifs français, ont accentué leurs progrès au nord de Velieselo. Un millier de prisonniers ont été dénombrés, 16 canons ont été capturés. Sur le front moldo-valaque, de rudes combats continuent dans toutes les vallées qui percent la frontière. En Dobroudja, l’aile gauche russo-roumaine a avancé. Les Autrichiens concentrent de nouvelles forces dans le Trentin. Une escadrille d’avions ennemis bombardant Padoue, a fait 60 victimes. Le ministre d’Allemagne à Athènes a protesté contre les violations de neutralité qu’il impute à la Grèce.

Source : La guerre au jour le jour

 

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