Louis Guédet

Jeudi 18 mai 1916

614ème et 612ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps magnifique. Bombardement intense ce matin sur les caves Pommery et le quartier Dieu-Lumière. Audience mensuelle de réquisitions militaires avec le sous-intendant militaire Racine. Causé de quantités de choses intéressantes, trop longues à rapporter ici. Racine se rend très bien compte de la situation d’ici, et des luttes et rancunes suscitées entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis, ceux qui restent et ceux qui voudraient partir, témoin notre magistrature assise…  etc…  Il les a jugés parfaitement. Il m’a dit qu’il avait pris ma défense parce qu’on avait dit que les tribunaux de Reims (Justice de Paix et Tribunal Civil) ne voulaient pas fonctionner. Il a protesté et dit que seul je m’étais occupé des réquisitions militaires, mais que j’étais souvent arrêté par le refus du tribunal civil de tenir des audiences civiles qui donneraient satisfaction aux protestations, et que j’étais le seul qui ait fonctionné régulièrement jusqu’à présent.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

18 mai 1916 – Le tir contre avions, qu’en cette saison nous voyons pratiquer quotidiennement, doit être très difficile à régler efficacement si l’on en juge par l’extraordinaire consommation de munitions qu’il né­cessite de part et d’autre.

Les Allemands envoient parfois des centaines et des centaines de coups de canon sur un même appareil et reprennent souvent plusieurs fois par jour cet exercice. Pourtant, si la ligne des flocons d’éclatements se prolonge, les explosions se succèdent sans résultat — les aviateurs ne paraissent même pas s’en soucier.

Nos artilleurs tapent ferme aussi, sur les aéros boches qui ne circulent pas toujours à leur aise.

Nous suivons des yeux, du bureau ou de la maison, lorsque cela devient intéressant, l’arrivée des shrapnells les accompagnant quelquefois de près dans leurs déplacements, mais, dans ce genre de chasse, nous n’avons pas encore vu provoquer de chute.

Cependant, il est à constater que notre tir est généralement le meilleur.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Jeudi 18 – Nuit tranquille, sauf grosses rafales canon vers 3 ou 4 h. + 13°. Aéroplane allemand : tir. Bombardement sur batteries. Bombes sif­flent notamment à 10 h. Très violent bombardement de 3 h. à 6 h. Envoyé 3000 f. à S. Germaine, Union Remo-Ardennaise, et 100 à Madame Lancereau.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 18 mai

Dans la région de Verdun, grande activité des deux artilleries dans les secteurs d’Avocourt, de la cote 304 et entre Douaumont et Vaux.
Lutte de mines en Argonne. 13 de nos avions de bombardement on lancé 24 obus sur des bivouacs dans la région Damvillers-Ville-Devant-Chaumont, 11 sur la gare de Brieulles et Cléry, 14 sur des cantonnements à Nantillois et à Romagne; 21 sur la gare d’Apremont et sur Grand-Pré.
Un de nos Pilotes a abattu un taube au nord de Vic-sur-Aisne.
Une de nos escadrilles a lancé 20 obus sur les gares d’Ars et de Metz, 40 sur les hangars de Frescaty, 40 sur la gare d’Arnaville, 30 sur la voie ferrée et les gares entre Metz et Thionville; un autre a bombardé Metz-Sablons.
Un de nos pilotes, en combat singulier, a abattu un avion ennemi au nord-ouest de Rezonville. Un autre avion a été abattu au Ban-de-Sapt. Trois autres taubes ont été détruits dans la région de Verdun.
Il se confirme que l’offensive autrichienne annoncée a bien commencé sur le front italien.
Les contre-torpilleurs anglais ont mis en fuite des destroyers allemands sur la côte belge.
Un critique militaire hongrois reconnaît que les Français ont été victorieux à Verdun.
La conscription a été votée en troisième lecture aux communes anglaises.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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