Paul Hess

18 mai 1916 – Le tir contre avions, qu’en cette saison nous voyons pratiquer quotidiennement, doit être très difficile à régler efficacement si l’on en juge par l’extraordinaire consommation de munitions qu’il né­cessite de part et d’autre.

Les Allemands envoient parfois des centaines et des centaines de coups de canon sur un même appareil et reprennent souvent plusieurs fois par jour cet exercice. Pourtant, si la ligne des flocons d’éclatements se prolonge, les explosions se succèdent sans résultat — les aviateurs ne paraissent même pas s’en soucier.

Nos artilleurs tapent ferme aussi, sur les aéros boches qui ne circulent pas toujours à leur aise.

Nous suivons des yeux, du bureau ou de la maison, lorsque cela devient intéressant, l’arrivée des shrapnells les accompagnant quelquefois de près dans leurs déplacements, mais, dans ce genre de chasse, nous n’avons pas encore vu provoquer de chute.

Cependant, il est à constater que notre tir est généralement le meilleur.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 18 – Nuit tranquille, sauf grosses rafales canon vers 3 ou 4 h. + 13°. Aéroplane allemand : tir. Bombardement sur batteries. Bombes sif­flent notamment à 10 h. Très violent bombardement de 3 h. à 6 h. Envoyé 3000 f. à S. Germaine, Union Remo-Ardennaise, et 100 à Madame Lancereau.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 


Jeudi 18 mai

Dans la région de Verdun, grande activité des deux artilleries dans les secteurs d’Avocourt, de la cote 304 et entre Douaumont et Vaux.
Lutte de mines en Argonne. 13 de nos avions de bombardement on lancé 24 obus sur des bivouacs dans la région Damvillers-Ville-Devant-Chaumont, 11 sur la gare de Brieulles et Cléry, 14 sur des cantonnements à Nantillois et à Romagne; 21 sur la gare d’Apremont et sur Grand-Pré.
Un de nos Pilotes a abattu un taube au nord de Vic-sur-Aisne.
Une de nos escadrilles a lancé 20 obus sur les gares d’Ars et de Metz, 40 sur les hangars de Frescaty, 40 sur la gare d’Arnaville, 30 sur la voie ferrée et les gares entre Metz et Thionville; un autre a bombardé Metz-Sablons.
Un de nos pilotes, en combat singulier, a abattu un avion ennemi au nord-ouest de Rezonville. Un autre avion a été abattu au Ban-de-Sapt. Trois autres taubes ont été détruits dans la région de Verdun.
Il se confirme que l’offensive autrichienne annoncée a bien commencé sur le front italien.
Les contre-torpilleurs anglais ont mis en fuite des destroyers allemands sur la côte belge.
Un critique militaire hongrois reconnaît que les Français ont été victorieux à Verdun.
La conscription a été votée en troisième lecture aux communes anglaises.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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