Louis Guédet

Dimanche 9 avril 1916

575ème et 573ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Silence général, beau temps. Été à la messe rue du Couchant à la chapelle de St Vincent de Paul qui est notre Cathédrale maintenant. Là on nous a annoncé qu’il n’y aurait plus de messes tardives dans les paroisses. Il n’y aurait plus que les messes du matin, et celle de 8h de la rue du Couchant sera la messe chantée de Paroisse. Il en sera ainsi jusqu’à la fin du siège de Reims. Il y a longtemps qu’on aurait du prendre cette mesure. Passé ma journée à rien, à m’occuper, etc…

Reçu à 2h visite de Charles Heidsieck avec M. Joseph Dières-Monplaisir (sa sœur Jeanne a épousé Charles Heidsieck, lui-même avait épousé en premières noces Gabrielle Dubourg-Maldan (1885-1907), sœur de ma grand-mère maternelle), qui est maréchal des logis dans l’artillerie lourde au 112ème et actuellement cantonné à Cormontreuil, chez le Docteur Colleville (Docteur Henri Colleville (1854-1938)). J’ai été enchanté de le revoir. Il était dans la République Argentine où il faisait de la grande culture depuis plusieurs années et aussitôt la guerre il est revenu. Arrivé fin octobre il a toujours été autour de Neuville-Saint-Vaast, Souchez, Carency, etc… Il n’est ici que depuis 15 jours. J’ai été bien heureux de le voir. Voilà ma journée.

Demain je pars à 8h du matin à Fismes en auto avec Jacques, je vais en substitution de Bruneteau. Je pense être rentré à 6h du soir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Dimanche 9 – Nuit tranquille, sauf quelques rafales à rares intervalles ; + 4 ; Beau soleil. Aéroplanes dans l’après-midi et tir contre eux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 9 avril

Au sud de l’Avre, les tirs de notre artillerie ont détruit le moulin de Saint-Aurin, où se trouvait un observatoire et bouleversé les tranchées ennemies au nord de Beuvraignes.
En Champagne (Navarin), nous avons répondu par des tirs de barrage à un violent bombardement. Aucune attaque d’infanterie.
En Argonne, lutte de mines à la Fille-Morte; concentration de feux sur les batteries ennemies du bois de Cheppy et de la région Montfaucon-Malancourt.
A l’ouest de la Meuse, les Allemands ont subi un échec à l’est d’Hautcourt et réussi à prendre pied dans deux petits ouvrages entre Hautcourt et la cote 287 que nous occupons.
A l’est de la Meuse, nous repoussons une attaque ennemie à la grenade au nord de la croupe du fort de Vaux.
Activité de notre artillerie dans la vallée de la Fecht (Vosges); nous dispersons une reconnaissance près de Sandernach.
Un sous-marin français a coulé un transport autrichien dans la mer Adriatique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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