Louis Guédet

Dimanche 19 mars 1916

554ème et 552ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Journée de travail forcé pour arriver à répondre à mon courrier en retard. C’est fait, mais j’ai travaillé et écrit toute la journée. D’un autre côté cela a été une bonne chose à cause de la foulure de mon pied qui va beaucoup mieux avec cette immobilité forcée. Vu Charles Heidsieck, son fils Georges (né en 1896, tué à Vincelles (51) le 16 juillet 1918) vient de quitter Éclaron (près de Saint-Dizier, en Haute-Marne) où son régiment était cantonné pour partir comme volontaire sur le front. M. Charles Heidsieck m’a écrit sa lettre d’adieu qui est bien noble, simple et généreuse. Pauvre enfant ! Que Dieu le protège ! Le père était assez ému en m’apprenant cela, je le comprends ! Vu M. Lesage, l’interne de M. Ravaud, pharmacien, qui m’a massé un peu comme je faisais moi-même, du reste. Et voilà ma journée terminée. La nuit passée, canonnade qui m’a réveillé souvent, je n’y étais plus habitué. Dans la journée, quantité d’avions se tiraillent et canonnés par les uns les autres selon qu’ils étaient amis ou ennemis. Avec tout cela nous recevons les schrapnels qui n’ont pas éclatés et qui nous retombent dessus ! Comme si nous n’avions pas assez de ceux que les allemands nous envoient sans compter !! Hier après-midi il en est tombé ainsi dans le voisinage, et un français, un 75 !… Tout cela respire la reprise de l’activité, pourvu que nous n’en recevions pas les éclaboussures !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Alfred Wolff

Petite bataille aérienne, c’est palpitant, les mitrailleuses crachent.

Du 3 septembre 1914 au 20 décembre 1916, Alfred Wolff, maître-tailleur spécialisé dans l'habillement militaire, raconte son parcours et ses journées en tant qu'agent auxiliaire de la police municipale. Affecté au commissariat du 2ème arrondissement (Cérès), il se retrouve planton-cycliste et auxiliaire au secrétariat. Il quitte Reims le 25 octobre 1914 pour Chatelaudren (Côtes du Nord), mais reprend son service à Reims le 6 novembre 1915.

Source : Archives Municipales et Communautaires de la Ville de Reims


Dimanche 19 mars

En Belgique, notre artillerie a bouleversé les tranchées de la région de Boesinghe. Entre Oise et Aisne, nous canonnons une troupe allemande qui se dirigeait vers Vasseur, nord ouest de Soissons. A l’ouest de la Meuse, les Allemands ont bombardé la région des bois Bourrus. A l’est, après une intense préparation d’artillerie, ils ont dirigé, au cours de la journée, une série d’attaques partielles, entre le village de Vaux et la région au sud de la ferme d’Haudremont. Mais ils ont été arrêtés partout par nos tirs de barrage. Nos batteries ont été très actives en Woëvre où elles ont provoqué l’explosion d’un dépôt de munitions. Une attaque allemande s’est produite en Lorraine contre nos positions de la régnon de Thiaville. Une contre-offensive immédiate a rejeté ceux des ennemis qui avaient pu pénétrer dans notre tranchée avancée. Deux obus de gros calibre ont été lancés dans la direction de Belfort. L’artillerie russe a dispersé une colonne ennemie en marche près de Dvinsk. Nos alliés ont occupé Malsamohun, à 90 kilomètres à l’ouest d Erzeroum, sur l’Euphrate. Ils ont fait plus de 8oo prisonniers turcs. Les partis pangermanistes ont déposé au Reichstag des motions en vue du maintien de la politique sous-marine.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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