Louis Guédet

Mercredi 15 décembre 1915

459ème et 457ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Ce matin allocations militaires. Discussions sans fin avec le fameux conseiller municipal (rayé). Quelle tête de pioche !! Il est indécrottable. On serait que 100/99 contre lui, il faudrait céder. Cet homme là est peu intelligent. Ainsi désormais, plus de discussion et des votes purement et simplement. Il en arrive à être insolent !…  Temps froid, glacial. Rentré pour déjeuner à 12h1/4 et à 1h procession d’un tas de gens jusqu’à 3h1/2, et j’avais un rendez-vous à 2h à l’archevêché avec Mgr Neveux et l’abbé Lecomte (qui deviendra évêque d’Amiens en 1921). Rentré pour tâcher de mettre mon courrier en ordre !! Je ne sais si je suffirais à ma tâche, qui devient de plus en plus lourde.

Absence du feuillet 281

…Demain l’inventaire et levées des scellés à Ville-Dommange après le décès du Chanoine Mimil. Remis à Henri Abelé 200 Fr pour moi et 200 Fr pour Maurice Mareschal en sa mémoire, pour mon cadeau au nouvel évêque de Dijon, Mgr Landrieux, curé de la Cathédrale. Comme fabriciens (un fabricien est un membre du conseil de fabrique d’une paroisse, ce sont les décideurs de l’administration des fonds) tous nos collègues donnent la même somme. L’ensemble devra servir je crois à acheter la chaîne qui supporte la croix pectorale de Mgr Landrieux, croix qui doit être offerte par le Chapitre de Reims.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 15 – Nuit silencieuse. Gros coups de canons ou bombes sur les tranchées pendant la messe. 11 h., aéroplanes français, canonnade. 2 h, aéroplane allemand. Arrivée des 100 balles envoyées par M. Carroll de Carrolton, venant du Canada.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume

Mercredi 15 décembre

Lutte d’artillerie intense et qui tourne à notre avantage sur divers points du front. Nous dispersons des détachements ennemis sur la route de Villiers (secteur de Roye), et bombardons un convoi près de Thiescourt.
Nos batteries ont provoqué une explosion en Champagne (à l’est de la butte du Mesnil).
En Woëvre (sud de Thiaucourt), nous prenons à partie une batterie allemande, dont les abris ont subi de sérieux dégâts.
Dans les Vosges, au Ban-de-Sapt, nous provoquons l’explosion d’un dépôt de munitions à Laitre.
Onze de nos avions ont bombardé la gare et les bifurcations de Mulheim; vingt-deux autres ont opéré à Hauriaucourt; douze autres encore dans la région de Chateau-Salins, et au château de Burthecourt. Une escadrille ennemie a été mise en fuite.
Tous nos contingents du Vardar sont maintenant rassemblés en deçà de la frontière grecque. Les Bulgares ont pris Guevgueli et Doiran.
Les pertes subies par les Turcs aux Dardanelles sont très considérables.
Des émeutes, causées par la cherté de la vie, ont eu lieu à Cologne. Elles ont été durement réprimées. Il y a des femmes blessées. Le Reichstag a entendu le débat sur les questions de M.Liebknecht. Les représentants du gouvernement ont écarté toutes questions. Trente-quatre députés socialistes ont formé un groupe dissident qui doit voter contre les crédits militaires demandés à nouveau au Reichstag.
La canonnade est intense sur l’Isonzo, entre Autrichiens et Italiens.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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