Cardinal Luçon

Nuit très tranquille. Visite à Saint-Benoit (codex) ; à la laiterie de la rue des Capucins ; rue du Jard. A 1 h 1/2 orage, peu violent et lointain ; pluie. Visite de M. Goloubef et un Colonel russe, chef de l’Ambulance, dans la fabrique de bougies, à la Haubette.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mercredi 23 Juin 1915. Neuf mois aujourd’hui. C’est navrant. Où es-tu mon pauvre Lou ? Ce que tu dois souffrir aussi, encore plus que nous ! Car peut-être as-tu faim, toi qui avais si bon appétit. Quel courage mon dieu faut-il avoir.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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Renée Muller

Le 23 passe le lieut. en vélo, très pressé mais qui vient nous tenir compagnie toute l’après midi, pendant quelques jours aucun coup de canon mais de l’orage mais hier attaque côte de Perthes et avant-hier 3 obus sur Taissy il revient même au soir avec le lieut.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Collection Gallica-BNF

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Mercredi 23 juin
Dunkerque a été bombardée par une pièce d’artillerie à longue portée qui a fait des morts dans la population civile et qui a été prise à partie par notre artillerie lourde. Les troupes belges ont progressé prés de Saint-Georges. Au nord d’Arras, les contre-attaques allemandes ont pris fin, après que l’ennemi eut subi de lourdes pertes dans la région du « Labyrinthe ». Une offensive allemande a été enrayée par nous à l’est de la ferme de Quennevières. Nos adversaires y ont fait usage de bombes asphyxiantes. Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, ils ont prononcé une violente attaque pour reprendre les positions qu’ils avaient perdues: ils ne sont parvenus à occuper qu’une partie de leur ancienne deuxième ligne, qui est aussitôt presque entièrement retombée entre nos mains. Près de Marchéville-en-Woevre, une demi-compagnie allemande, qui prenait l’offensive, a été dispersée par notre feu. Nos progrès se sont accentués en Lorraine (région de Gondrexon-Leintrey). En Alsace, dans la vallée de la Fecht, nous avons dépassé Metzeral vers Sondernach. Les Russes ont repoussé leurs ennemis sur la Narew, sur la rive gauche de la Vistule et le Dniester. Ils se sont retirés, par contre, des lacs de Grodek sur les positions de Lemberg.
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