Nuit tranquille. Quelques bombes dans la journée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

5 Mardi – Même temps toute la journée. Canonnade de la part de nos grosses pièces et bombes en ville ce à quoi on finit par s’habituer. A 6 h 1/4 du soir, il fait un temps affreux et on n’entend plus rien.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918
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Mardi 5 janvier
Notre artillerie prend un avantage marqué entre Oise et Aisne,en Champagne et sur les Hauts-de-Meuse; nous n’avons pas réussi à prendre Boureuilles, près de Montfaucon en Argonne, mais Steinbach, après un combat de plusieurs jours et livré pas à pas, nous appartient tout entier.
La flottille anglaise a bombardé Zeebrugge sur la mer du Nord.
Les Russes déclarent que la bataille des quatre rivières s’est terminée à leur avantage. Les Allemands se sont repliés; les Autrichichiens ont livré les débouchés de la Hongrie aux armées du tsar qui, cette fois, s’y répandent, méthodiquement.
On annonce que le général Potiorek qui fut écrasé par les Serbes à Valievo et à Ouchitsé le mois dernier, va être déféré à un conseil de guerre. Nombre de généraux sous ses ordres ont été relevés de leur commandement.
Trois navires de guerre italiens ont bombardé la ville de Durazzo, capitale de l’Albanie. Les insurgés albanais, après avoir refoulé les troupes d’Essad pacha, réclamaient qu’on leur livrât les ministres de France et Serbie.
Les cérémonies funèbres qui ont eu lieu à Rome en l’honneur de Bruno Garibaldi, mort sous notre drapeau, en Argonne, ont provoqué des démonstrations franco-italiennes très significatives.
L’agitation grandit contre les Allemands à Constantinople et le gouvernement turc, tombé sous la tutelle germanique, a mis ses archives en lieu sûr, sur le littoral d’Asie.
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