Paul Hess

Éprouvant le besoin de respirer le bon air matinal avant d’aller m’enfermer au bureau, je me dirige, vers 7 h 1/2, du côté du champ de Grève. Au bas de l’avenue de la Suippe, je me heurte à un poteau portant l’inscription : « Défense de passer – zone militaire ». Je n’ai qu’à faire demi-tour, mais je monte alors le boulevard de la Paix pour voir à gagner le but de ma promenade par la rue Lagrive ; au bout de cette rue, la même indication m’oblige également à retourner sur mes pas. J’aperçois, en outre deux sentinelles, rue de Sillery, dont la présence est assez significative.

Renonçant alors à mon circuit quasi journalier d’avant la guerre, dans ces parages, je me contente d’examiner le terrain que je connais parfaitement et devant moi, je vois des abris dissimulant probablement des pièces d’artillerie, car leurs caissons se trouvent incomplètement cachés en contrebas, sur la gauche, dans l’emplacement longeant le mur de clôture de l’ancienne propriété Luzzani.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Lundi 25 – Nuit tranquille pour la ville. Canonnade et fusillade française toute la journée. Récit de M. l’Archiprêtre sur le voyage de Mgr Baudrillart, à Rome.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Chausson

25. Lundi. Temps gris. Toujours le canon jusqu’à 1 heure du soir. L’après-midi et la nuit, canonnade légère et bombardement

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


 

Lundi 25 janvier

L’ennemi a bombardé la région de Nieuport-Lombaertzyde en Flandre, mais sans pouvoir exécuter l’attaque d’infanterie qu’il préparait. Ses rassemblements ont été, en effet, dispersés par notre artillerie.
Arras a été encore une fois bombardée, tandis q’une vive fusillade s’engageait à proximité. Près de Vermelles, nous avons contraint les Allemands à évacuer une tranchée avancée; nous avons fait taire leurs canons aux alentours de la Boisselle. Nous avons jeté des obus, qui ont produit des effets utiles, sur leurs ouvrages entre Reims et l’Argonne, spécialement vers Beauséjour et Massiges.
En Argonne, où des combats violents se sont livrés, depuis plusieurs jours, dans la région du Four-de-Paris, nous avons gardé nos positions. En Alsace, nous avons progressé dans le massif d’Hartmannsweilerkopf et repoussé une offensive à Uffholtz.
Une escadre de croiseurs légers anglais a arrêté un raid naval allemand en mer du Nord. Le croiseur allemand Blücher, que montaient 847 hommes, a été coulé; deux autres bâtiments, parmi ceux qui l’accompagnaient, ont été endommagés. Les pertes anglaises sont insignifiantes : quelques hommes blessés.
M. Millerand, ministre de la Guerre, qui s’était rendu à Londres, est revenu à Paris.
M. Bryan, secrétaire d’État de l’Union américaine répond à l’Allemagne par une fin non-recevoir : on sait que le cabinet de Berlin avait protesté contre les fournitures faites par l’Amérique aux alliés.
La Hollande déclare officiellement qu’elle se tient toujours sur ses gardes.
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