Dès ce matin, violent bombardement dans le quartier du Barbâtre et rue Gambetta, par volées de quatre, cinq et six gros obus à la fois. Plusieurs maison sont démolies ; la boulangerie Cochain-Courty, rue du Barbâtre 41, touchée sur l’arrière, l’est en partie.

– Le soir, vers 7 h 3/4, après être passé aux nouvelles rue du Cloître 10, je regagne par une véritable tempête et une totale obscurité, la rue Bonhomme, afin d’y passe ma deuxième nuit.

Le trajet, au milieu de la rue Cérès déserte – accessible seulement entre les énormes ta de décombres obstruant complètement les trottoirs et en grand partie la chaussée : avec des pans de murs resté en équilibre plus ou moins stables, à droite, d’où viennent les bruits divers produits par des persiennes en fer accrochées encore aux emplacements des fenêtres et violemment agitées par le vent ; par des moreaux de zinc, plus loin, furieusement balancé aussi et voulant s’envoler ; par des pierres ou d’autres matériaux tombant lourdement sur le sol – sans rencontre âme qui vive, est affreusement lugubre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
Collection : Véronique Valette

Collection : Véronique Valette

Mardi 1er – Nuit et matinée tranquilles. L’Action Française publie ma réponse au Duc d’Orléans qui m’avait écrit une belle lettre de sympathie. Écrit au Ministre de la Guerre par M. Elinot. A 10 h, bombes sur la ville, nous obligent à lever la séance du Conseil. Visite d’un prêtre, soldat à Lille (à Taissy) avec un autre soldat. Réception de la lettre du Cardinal Brown me priant de demander par Lettre Collective, à tous les diocèses de s’unir aux Catholiques Anglais pour Un jour de <prières demandées par le Roi.

Nuit tranquille. un seul coup vers 11 h ou minuit. Canon français ou obus allemands ? C’était une explosion, peut-être, du parc de Pyrotechnie des Allemands à Vitry-les-Reims. On en pâtit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Mois de Décembre 1e Mardi – Temps un peu couvert qui permet de voir au loin. Comme toujours canonnade et bombardement qui commence. Vers 12 h 1/2 du matin 8 ou 10 bombes rue des Orphelins et les abords ; 4 en 10 minutes tombent sur l’usine du Mont Dieu. En même temps un fort incendie à la Neuvillette parait-il. L’après midi fut un peu moins dur ; à 6 h du soir, le calme parait un peu rétabli. La pluie tombe abondamment. Nuit tranquille en apparence.

A 10 h 50, du soir, une explosion terrible se fit entendre, les maisons tremblèrent sur leur base. Les vitres des fenêtres semblaient se briser et on ne sut à quoi attribuer ce coup.

D’aucuns disaient que c’était le fort de Brimont que l’on avait faite sauter, d’autres disaient que c’était la fabrique d’auto à Vitry où les Allemands avaient un important dépôt de projectiles qui était sauté ; en un mot personne ne savait rien. le reste de la nuit fut assez calme à part un coup terrible à 3 h du matin, à quoi attribuer ce coup ! Comme les autres, je n’en sais rien.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet visible sur le site de petite-fille Marie-Lise Rochoy

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