Vendredi 27 – Matinée tranquille, 1 h, bombes.

Répondu à M. Fernand Laudet : Œuvre du Vêtement des Combattants.

Nuit terrible. Bombes à partir de 9 heures. Je descends au sous-sol et me couche à 9h 1/2, mais à 10 h ou 11 h, le bombardement devient si violent, les obus tombent si près autour de nous, je les entends siffler au-dessus de nous et exploser tout près. Je me lève. Une bombe tombe dans la cour ; une autre dans le mur de la maison Meltat, qui fait angle droit avec mon bureau, à 4 mètres du sol et à 8 de ma fenêtre environ.

Incendie dans la maison Balourdet, cela dure jusqu’à 1 h 1/2. A 1 h 1/2 nous nous couchons. Mais le sabbat continue toute la nuit, avec quelques intervalles. Tout finit vers 5 ou 6 h du matin. L’église Saint-Thomas dévastée par les obus est fermée, le culte se fera dans la Chapelle du Patronage de la Paroisse.

Écrit à M. le Curé de Saint-Sulpice, (M. Letourneau).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims
La maison Balourdet

La maison Balourdet

27 /n – Vendredi – Temps gris, brouillard. Toute la journée canonnade et bombardement n’occasionnent parait-il que des dégâts matériels. Vers 2 h du soir, un avion apparait et lance une bombe sans effet.

La nuit fut des plus terribles, pour le bombardement qui a commencé vers 9 h 3/4 du soir, 300 bombes seraient tombées parait-il, n’occasionnant que des dégâts matériels (4 incendies en ville).

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet visible sur le site de petite-fille Marie-Lise Rochoy

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