Coups de canon la nuit. Bombardement violent toute la journée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Jeudi 12 – 4 h du matin, bombes, presque toute la nuit, mais lointaines.

Bombes vers 1 heure sur la maison Boquillon rue de l’École de Médecine, chez M. Thinot l’Abbé. On semble nous viser.

Visite de la Maison S. J.-B. de la Salle, et familles Becker, Camuset et Rome avec M. Landrieux. Rencontré M. Jacques Simon, verrier, dans la rue.

Visite à la Clinique Mencière. Vu le Commandant, frère du Préfet des Vosges, qui ne veut pas d’obsèques religieuses.

Réception de nombreuses lettres recommandées, parmi lesquelles une du Duc d’Orléans (2 octobre), celle du Pape (7 octobre).

De 8 h 1/2 à 9 h bombes ; de 9 h 1/4 à 9 h 1/2 silence ; de 9 1/2 à 11 h, terrible bombardement autour et auprès de nous. Descendu à la cave à 9 h, à 10 h jusqu’à 11 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims
Rue de l'Ecole de médecine - ReimsAvant - Montage : Véronique Valette

Rue de l’Ecole de médecine – ReimsAvant – Montage : Véronique Valette

Sans interruption, le canon s’est fait entendre de 6 à 22 heures, et comme d’usage les bombes ont été partagées entre les différents quartiers.

À 13H1/2, lettre de Marie-Thérèse (8 9bre) demandant que j’envoie copies des pages d’André des 28 août et 5 7bre. Je les prépare ; bien souvent mes yeux se mouillent pendant ce travail, et c’est bien péniblement que j’arrive à le terminer.

En les envoyant demain à Limoges, je prierai qu’on m’autorise à y adresser aussi les originaux, que je trouve trop exposés ici.

À 22 heures, descente forcée en cave avec séjour jusque minuit.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires

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