Paul Hess

Les journaux de ce matin parlent d’une seconde bataille, à Dinant, où les Allemands auraient encore été repoussés sans avoir pu franchir la Meuse. Au bureau, où naturellement le personnel commente les communiqués, on espère qu’ils n’y parviendront pas, malgré leurs efforts.

Nous n’avons cependant pas tous la même confiance, ou la même manière de voir les choses, un collègue ne nous apprenait-il pas hier, en revenant à 13 h 1/4 reprendre son service, que les Allemands étaient à Mézières : ses propos nous ont paru inconsidérés – nous le connaissons pessimiste – mais, malgré tout il faut reconnaître qu’ils ont produit, sur l’ensemble, l’effet d’une douche glaciale.

Après déjeuner, accompagné de mon fils Jean, je vais lire les dépêches à la sous-préfecture. Nous sommes avides de nouvelles, à Reims, car elles ne nous sont pas prodiguées depuis quelques jours. Celles d’aujourd’hui ne me semblent pas de bon augure. Il est annoncé uniquement ceci : « On apprend que les Allemands, en forces imposantes, auraient réussi à passe la Meuse, entre Liège et Namur », sans autres détails pour un événement aussi considérable ; je pense que c’est bien peu et quant à la nouvelle elle-même, beaucoup trop, malheureusement. Ce ne doit pas être sans une sérieuse résistance qu’ils sont parvenus enfin à franchir la Meuse que, sitôt l’entrée en campagne, ils ont cherché à traverser à Visé et deux fois depuis, à Dinant sans réussir. Il nous faut forcément attendre pour savoir autre chose, et il me paraît évident qu l’on ne nous dira plus dorénavant, que ce qu l’on ne pourra pas cacher.

 Source : Paul Hess dans La vie à Reims pendant la guerre de 1914-1918 - Notes et impressions d'un bombardé

ob_bb1e99_004

Chargement
Centrer
Circulation
A vélo
Transports

Jeudi 20 août

Les Allemands ont atteint, en Belgique, à l’est de la Meuse, la ligne Dinant-Neufchâteau.

Des masses ennemis ont franchi la Meuse, près de Huy, et sont arrivées sur la Dyle,entre Bruxelles et Anvers.
Enfin, une avant-garde de cavalerie allemande a occupé Bruxelles.
Dans la Haute-Alsace, brillant succès français. Combat à notre avantage entre Altkirch et Mulhouse, reprise de cette ville; capture de nombreux prisonniers et de 24 canons. Occupation de Guebwiller. En Lorraine annexée, nos avant-gardes rétrogradent jusqu’à la Seille et au canal de la Marne au Rhin. Mais le gros de nos troupes est là solidement établi.
Succès des Russes qui, après avoir culbuté les Allemands à Eydtkuhnen, ont pris la ville importante de Gumbinnen en Prusse. En Galicie, ils poursuivent leur marche vers Lemberg.
Échange de télégrammes cordiaux entre M.Poincaré et Georges V.

Share Button