Mercredi 18 juin 1919

Louis Guédet

Mercredi 18 juin 1919

1741ème et 1739ème jours

9h soir  Temps couvert, toute la nuit orageuse, impossible de dormir tant la température était lourde. Pluie battante. A peine le courrier arrivé Labitte part quand même. Je prends le train à 10h avec Jolivet pour Épernay, arrivés à 11h1/4, nous filons au Palais pour rendre visite au Président et au Procureur. Je prends ensuite mon temps à attendre le train de 4h qui me ramènera ici à 6h. Vu M. Gilbrin pour les 2 immeubles que la Banque de France désire acquérir à cause de leur contiguïté. Impossible de trouver les noms des propriétaires.

La moitié de la page a été découpée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 18 – Confirmation à Douzy. Visite au château d’Imécourt, et Di..

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


 Mercredi 18 juin

Les délégués allemands sont arrivés à Weimar avec les documents qui constituent le dernier mot de l’Entente et qui leur laissent jusqu’à lundi soir pour répondre. L’Assemblée nationale allemande siégera dans la même ville.
On apprend que des incidents se sont produits à Versailles au départ des Allemands. Le préfet de Seine-et-Oise et son commissaire de police ont été relevés de leurs fonctions.
M. Renner a remis à la Conférence un contre-projet détaillé.
Les Dix ont entendu, au quai d’Orsay, les délégués ottomans.
Des troubles sanglants ont eu lieu à Vienne. Il y a des morts et des blessés.
Les ministres italiens tiennent conseil sur conseil.
La crise espagnole semble être arrivée à un tournant.
On annonce qu’à Cronstadt, les bolchevistes auraient arboré le drapeau blanc et la menace pèse de plus en plus lourdement sur Petrograd.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 17 juin 1919

Louis Guédet

Mardi 17 juin 1919

1740ème et 1738ème jours

Chaleur exaspérante.

La moitié de la page a été découpée.

Demain à Épernay visite au Président du Tribunal et au Procureur de la République avec Jolivet. Visite officielle.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 17 – Confirmation à Mouzon. Visite à Villers devant Mouzon ; Glaise, hôpital et église, Donchery.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 17 juin

La réponse de l’Entente a été remise à Brockdorff-Rantzau. Le chef de la délégation allemande est parti pour Weimar.
La Chambre du Travail de Rome a renoncé à proclamer la grève générale.
Le cabinet chinois a démissionné.
De nouveaux troubles se sont produits à Zurich.
Le chancelier autrichien Renner a fait parvenir une nouvelle note à la Conférence.
Les élections au Sénat espagnol ont tourné contre le cabinet Maura.
Le cabinet italien a délibéré sur les affaires de l’Adriatique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 16 juin 1919

Louis Guédet

Lundi 16 juin 1919

1739ème et 1737ème jours

8h soir  Chaleur terrible, avec ces ruines sans ombre. Du monde, réunion des fondateurs de la Coopérative de Reconstruction d’Ormes. Cet après-midi Melle Devédeix quitte Reims, elle était réellement émue en me quittant, et ne savait comment me remercier de l’hospitalité que je lui avais offerte. Pauvre fille. En voilà une qui n’est pas gâtée non plus…

Lettre de ma chère Madeleine m’annonçant l’arrivée de Jean et Robert demain mardi.

Cet après-midi était organisé notre salle de réunion dans une salle de justice de Paix. On y aura chaud demain…  qui sera aussi pour moi une journée bien fatigante.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 16 – Confirmation à Carignan

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 16 juin

La réponse à l’Allemagne est prête. Elle comprend trois parties :

1° Une lettre d’envoi assez courte et relative aux principes généraux consacrés une fois de plus par l’Entente;
2° Un mémorandum de cinquante pages résumant les modifications apportées aux préliminaires du 6 mai, après examen du contre-projet allemand et délibération entre les cinq chancelleries;
3° Des annexes, – c’est-à-dire les rapports des diverses commissions et les conclusions auxquelles elles ont abouti.

Le maréchal Foch a rejoint le G.Q.G. Inter-allié.
Les premiers ministres des États allemands ont été convoqués à Weimar.
Une escadre anglaise a bombardé Cronstadt.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 15 juin 1919

Louis Guédet

Dimanche 15 juin 1919

1738ème et 1736ème jours

11h soir  Chaleur torride. Messe à 8h, vu personne. Adjudications à Bezannes et à Trois-Puits. Par une chaleur épouvantable j’ai vendu pour 3 000 Francs de foins. Accueilli très aimablement par tous les amateurs qui ne cessaient de me questionner sur ma vie à Reims !! Très affectueux et touchants. Reconduit par M. Marlin et sa femme jusqu’à la limite de Reims.

Je suis fatigué et en retard comme courrier.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 15 – Confirmation à Vrigny-aux-Bois(1). Visite à Floing, très belle ; beaucoup d’hommes.

(1) sans doute Vrigne-aux-Bois, Vrigny se situant dans le Loiret…
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Dimanche 15 juin

Les Quatre ont continué à délibérer sur la réponse à Rantzau, tandis que la commission de révision prenait connaissance des rapports déjà rédigés.
Les Cinq ont étudié la délimitation de la Pologne du côté de l’Ukraine.
On signale en Italie une aggravation du mouvement gréviste. Des bagarres ont éclaté en plusieurs villes, en particulier à la Spiezza et à Gênes.
Les Hongrois ont poursuivi leur offensive sur le front tchécoslovaque.
On ignore ce qu’est devenu le général Petloura, dictateur de l’Ukraine.
Foch a envoyé un ultimatum au cabinet de Berlin à propos des difficultés que celui-ci oppose au passage des troupes polonaises.
On annonce que l’Autriche va remettre un contre-projet.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 14 juin 1919

Louis Guédet

Samedi 14 juin 1919

1737ème et 1735ème jours

9h soir  Beau temps. Du monde, du travail. Société des Amis de la Cathédrale, visite de la Cathédrale avec eux, scènes scandaleuses d’allemands dormant dans le chœur et y mangeant, fumant, crachant, sifflant, etc… J’en interpelle un, décoré de la Croix de Guerre, un feldwebel qui trouve singulier que je le rappelle à plus de convenance. Ces gens-là sont odieux. Rentré, vu au passeport de Melle Devédeix que j’ai pu enfin lui avoir, mais quelle étourdie elle fait. La Guerre ne l’a pas changée !!

Vu les sœurs du Bon Pasteur qui ont acheté le 16 de la rue Gambetta contigüe à leur immeuble (n°18).

Demain adjudication de foins à Bezannes, encore une après-midi fatigante.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Samedi 14 – Confirmation à Sedan

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 14 juin

Les Quatre ont procédé à une nouvelle lecture de la réponse qui va être remise à Brockdorff-Rantzau.
La France, l’Angleterre, l’Amérique, le Japon et l’Italie ont fait savoir à Koltchak qu’il pourrait compter sur leur assistance. En même temps, on publie la réponse que l’amiral avait adressée le 4 aux puissances.
M. Orlando est parti pour l’Italie où la situation intérieure apparaît assez trouble.
La flotte bolcheviste a été mise en fuite par une escadre anglaise.
La commission des Affaires étrangères du Sénat américain s’est prononcée pour la motion Knox qui fait opposition à M. Wilson sur la question de la Société des Nations.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 13 juin 1919

Louis Guédet

Vendredi 13 juin 1919

1736ème et 1734ème jours

6h soir  Beau temps couvert, de l’air. Rien de saillant. Du monde. Été à la Maison de Retraite qui a l’air de devenir mon domaine comme notaire, grâce au Directeur M. Lepecqueur (à vérifier) et Mme Verdun, la Directrice. Après-midi du monde, des corvées. Visite de Lucien Masson (Père de Geneviève, épouse de Jean Guédet (1874-1948)) qui est bien découragé pour la reconstruction de Reims. Nouvelles contradictoires de Paris, mais on sent un réel malaise. Givelet me disait que Clémenceau aurait déclaré que les allemands avaient fait passer 80 millions par la Suisse pour susciter des grèves.

Je suis fatigué.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 13 – Départ pour Sedan.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 13 juin

Les Quatre ont arrêté leurs dispositions sur la question des réparations et sur la question de Pologne. Il y aura en Haute Silésie plébiscite sous garanties.
Renner a remis une seconde note à la conférence.
La loi martiale et la mobilisation ont été proclamées en Tchéco-Slovaquie contre la Hongrie.
Les bolchevistes ont annoncé qu’ils ont repris Oufa.
Youdenitch a été nommé commandant en chef sur le front anti-bolcheviste contre Petrograd.
On annonce un remaniement ministériel à Rome.
La crise espagnole semble s’aggraver.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 12 juin 1919

Louis Guédet

Jeudi 12 juin 1919

1735ème et 1733ème jours

7h soir  Chaleur torride avec des vents en tourbillons, et orage dans la journée !! Oh ! cette poussière de nos rues faite de plâtras, etc…  quel supplice.

Jean est reparti ce matin. Jolivet. Audience l’après-midi. Conseils de familles. 2 ou 3 conciliations. Rien de saillant, et de là à 5h été à l’Hospice Civil rue Simon pour une enquête d’accident du travail, un pauvre enfant de 16 ans qui a eu la jambe cassée dans un accident d’automobile.

Lettre de Melle Devédeix, ma malheureuse cliente qui ne peut conserver un centime devant elle, malgré mes conseils de sagesse lui disant d’éviter cette dépense de ce voyage de Namur à Reims. Rien à faire, elle veut venir voir Reims. Elle mourra sur un grabat d’hôpital !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Hôpital civil


Cardinal Luçon

Jeudi 12 – Réunion des Doyens au Waridon

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Jeudi 12 juin

On espère remettre tout de suite la réponse à l’Allemagne.
M. Renner a communiqué à la Conférence une première note de protestation.
Koltchak a reculé, mais Denikine avance.
Sommé par l’Entente de cesser les hostilités contre les Tchécoslovaques, Bela Kuhn convoque ceux ci, les Serbes et les Roumains à une conférence à Vienne.
Les Cinq se sont réunis pour statuer sur les frontières de la Hongrie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 11 juin 1919

Louis Guédet

Mercredi 11 juin 1919

1734ème et 1732ème jours

8h1/2 soir  Chaleur accablante, torride. Visite de M. Schoen, le vieil ami était fort ému de nos ruines. Nous avons parcouru Reims toute la journée et il est reparti à 4h. Avec une délicatesse toute alsacienne, il m’a offert d’une façon charmante 20 000 Francs sans intérêts, ajoutant même que si je ne pouvais les lui rembourser que je n’aurais nullement à m’en tourmenter, on ne peut être plus charmant. Je lui ai refusé son offre, lui disant que je pouvais m’en passer, mais que si jamais j’avais besoin de conseil, d’une directive pour Jean et Robert ou mes autres enfants, je n’hésiterais à avoir recours à lui. Je ne puis traduire ici la manière, le ton charmant qu’il mettait à me dire et…  m’offrir cela !! C’était tout le cœur de l’Alsace qui vibrait en lui et tout le Parfum de cette province reconquise, retrouvée, qui s’échappait de ses lèvres. Merci ami !!

Le camion est arrivé ce matin à bon port, tout est au 42 de la rue Clovis, et emporté mon lit. Demain je m’occupe des rayonnages avec Champenois, toujours aussi dévoué et obligeant. Je suis bien fatigué…  et ce soir ma vie de misère me semble plus lourde.

Vu Émile Charbonneaux qui me disait que Marcel mon beau-frère n’avait pas l’intention de revenir à Reims !!  qu’il avait l’intention de rester dans l’affaire Benoiston (belle-famille de Marcel Bataille) !! (Rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 11 – Départ pour le Waridon

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 11 juin

Les Quatre ont siégé pour discuter la question des réparations dues par l’Allemagne. Les ministres des Affaires étrangères ont discuté les clauses politiques -intéressant l’Italie- des préliminaires de Saint-Germain, clauses qui, on le sait, avaient été réservées.
On annonce le prochain retour de M. Wilson aux Etats-Unis.
La France a reconnu officiellement le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes.
Les États-Unis réclament cinq milliards de dollars à l’Allemagne, pour dommages causés à leurs nationaux.
Les Alliés ont adressé une sommation à la Hongrie pour qu’elle cesse d’attaquer la Tchécoslovaquie.
Ebert a fait une nouvelle déclaration pour protester contre les préliminaires de Versailles.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 10 juin 1919

Louis Guédet

Mardi 10 juin 1919

1733ème et 1731ème jours

8h soir  Temps et chaleur terribles, rentré ce matin de St Martin fatigué, découragé, délabré. Rentré ici et trouvé un travail terrible, et une procession de monde.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mardi 10 – Visite de 25 ou 30 élèves de Stanislas avec le Supérieur, M. l’Abbé Laucrenon. Visite de M. Rome apportant le legs de Mme Froiny.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 10 juin

Les Trois, c’est-à-dire, MM. Clemençeau, Wilson, Lloyd George, M. Orlando étant absent, se sont réunis, pour examiner les questions qui se rattachent à la frontière polonaise (rectification au nord et Haute-Silésie).
Les quatre ministres des Affaires étrangères de France, d’Angleterre, d’Italie, d’Amérique, ou leurs représentants, ont siégé pour établir les clauses des préliminaires avec l’Autriche qui intéressent la frontière austro-italienne.
La Tchécoslovaquie a adressé un appel à l’Entente contre l’invasion hongroise.
L’Assemblée nationale autrichienne a déclaré inacceptables, les clauses de Saint-Germain.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 9 juin 1919

Cardinal Luçon

Lundi 9 – Visite de M. Delpech de Frayssiner, Vice-Consul pour les Œuvres des Régions libérées, Équipe de Fismes. Visite (non reçue) de la Princesse Anne Galitzine, de Mme Hamilton Wilhem Cary Comtesse de Chabrillon née Levis-Mirepoix ; de trois Américains à 8 h du soir.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 9 juin

Les Quatre ont décidé qu’une commission enquêterait en Estonie, sur les menées allemandes.
M. Orlando a eu une entrevue à Oulx, à la frontière, avec M. Colosimo, vice-président du conseil italien,au sujet du règlement de l’affaire de Fiume.
Le bombardement de Cronstadt par les Finlandais continue.
La situation du cabinet espagnol apparaît toujours instable.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 8 juin 1919 – Pentecôte

Louis Guédet

Dimanche 8 juin 1919 – Pentecôte

1731ème et 1729ème jours

8h matin  Encore une terrible journée de chaleur qui se prépare. Pentecôte. Triste Pentecôte, nuit blanche passée avec mes tristes et désolantes pensées… !! C’est mon lot ! Autour de moi je ne vois que des gens heureux, joyeux, tout leur sourit. Et moi je suis livré à mes souffrances, à mon agonie, de voir ma femme malade, malheureuse, et nos enfants dans la détresse !! Qu’ai-je donc fait pour être tellement maudit, et n’avoir toujours que souffrance, martyre, soucis, peines, découragements, et de voir toutes mes entreprises vouées d’avance à la stérilité et à la catastrophe. Non, c’est trop, trop, toujours les mêmes !! Je vais partir à 10h. Comment vais-je trouver tout mon monde à St Martin ? Ma femme est-elle à Paris ? J’en serais heureux, car du moins elle serait peut-être tranquillisée. Sinon a-t-elle reçu ma dépêche d’hier lui annonçant que je n’arriverai qu’aujourd’hui ? Et puis après tout ?!! Qu’importe ! que je m’y prenne de quelque façon que ce soit. Ce sera toujours mal, cela tournera toujours contre moi, pour mon malheur !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 8 – Visite de la société des Arts et Sciences, manquée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 8 juin

Brockdorff-Rantzau

M. de Brockdorf-Rantzau est parti pour Cologne.
Les Quatre ont discuté la question de la frontière de Pologne.
La question du plébiscite demeure posée pour la Haute-Silésie. L’argumentation que M. Paderewski a développée contre cette procédure, n’a pas été sans faire impression. Il a allégué d’abord les difficultés matérielles, puis demandé comment on déterminerai l’autorité militaire qualifiée pour présider à l’opération, et, enfin, signalé l’emprise économique que l’Allemagne exerce sur la province et qui fausserait les résultats, si l’on recherchait, par ce moyen, un règlement à brève échéance.
Le chancelier autrichien Renner est de retour à Saint-Germain.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 7 juin 1919

Louis Guédet

Samedi 7 juin 1919

1730ème et 1728ème jours

4h soir  Temps et chaleur torride. Ce matin j’ai manqué mon train à cause d’imbéciles qui m’ont arrêté en route pour me causer de leurs affaires qui ne valaient même pas qu’on s’en occupe. Pourvu que ma pauvre femme ait reçu ma dépêche, sinon dans quelle inquiétude va-t-elle être !! Je partirai demain…  mais voilà mon repos qui m’échappe ! Toujours me sacrifier et en être la victime, voilà mon lot !!!

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Photo Otto (Paris) – Colonel Galembert

Cardinal Luçon

Samedi 7 – Visite du Colonel de Galembert, de M. Paquis, Curé de Wer-Thuizy, de P. Neydillot.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 7 juin

Les quatre ont délibéré sur la réponse à faire à l’Allemagne.
Ils ont envisagé diverses rectifications qui ne toucheraient pas aux bases mêmes du traité.
La première aurait trait à la fixation des indemnités que l’Allemagne devrait verser à l’Entente.
La seconde vise la question des frontières polonaises.
Cette question est longuement traitée dans le contre-projet allemand. Les races sont enchevêtrées dans la Haute-Silésie, si bien qu’il n’est pas toujours facile de discerner laquelle est numériquement dominante.
Une commission, où figurent, pour la France, le général Lerond, pour l’Angleterre, M. Hedlam Morley, pour l’Amérique, M. Lord, et, où l’Italie, désignera aussi un mandataire, sera chargée de tracer définitivement la lisière entre Pologne et Prusse.
La délégation sud-slave a remis un memorandum à M. Wilson sur l’affaire de Fiume.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 6 juin 1919

Louis Guédet

Vendredi 6 juin 1919

1729ème et 1727ème jours

6h soir  Beau temps lourd. Journée exténuante du monde reçu. Vu M. Lorin qui m’a dit que l’affaire des Galeries de Meaux et de Chartres allait peut-être entrer dans une nouvelle phase. Il offre de reprendre lui et Tricot le tout, ou Marcel seul. (Rayé). (Marcel Bataille ayant exprimé dans un premier temps vouloir racheter les parts des deux autres associés, ceux-ci les estimèrent largement. A la lecture de cette proposition Marcel Bataille déclara qu’à ce prix il n’était plus acheteur, mais vendeur. Et c’est ainsi que les Galeries Rémoises devinrent les Établissements Lorin & Tricot).

Après-midi Commission rogatoire en remplacement du juge d’instruction, qui est…  à Épernay ! alors j’écope de la corvée. Accident du travail, assez compliqué. Cet interrogatoire m’a pris 2 heures. Je suis fatigué…  et découragé. Je marche comme un automate !! avec le souci de la santé de ma pauvre femme en plus !! J’agis sans goût, sans espoir, vaille que vaille, à quoi bon ! Je ne sortirai jamais de ma vie misérable, alors je n’ai qu’à me laisser aller…  en attendant avec impatience la mort qui me serait une délivrance. Pauvre Être sans espoir. Pauvre Paria ! qui se sera sacrifié, tué pour le Devoir et tâcher de gagner un peu quelque chose pour les siens, et qui ne voit que des ruines et que tout ce qu’il peut entreprendre est frappé de stérilité d’avance. Ανἀγκη Fata !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Les Galeries Rémoises avant la Grande Guerre


Cardinal Luçon

Vendredi 6 – Visite du Lieutenant Navoli pour tombes recherchées. Bois des Bouleaux(1)

(1) Pendant encore de nombreuses années on va tenter de regrouper dans des cimetières importants toutes les tombes dispersées, tout en proposant aux familles de leur rendre les corps qui auront pu être identifiées. On estime actuellement à 100 000 le nombre de morts au champ d’honneur dont les corps n’ont pas été retrouvés.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Vendredi 6 juin

Les quatre ont continué l’examen du contre-projet allemand. Ils ont discuté spécialement les questions qui se rattachent à la frontière polonaise et au statut de la Haute-Savoie.
Les Cinq ont adopté une procédure pour le débat, qui s’est élevé entre la Belgique et la Hollande en ce qui concerne la révision du traité de 1839. Cette procédure va être notifiée aux deux gouvernements intéressés.
A la suite de la proclamation de la république rhénane, le gouvernement de Berlin a décidé de faire des concessions au particularisme.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 5 juin 1919

Louis Guédet

Jeudi 5 juin 1919

1728ème et 1726ème jours

8h soir  De la pluie d’orage, la température est plus agréable. Journée chargée. Audience de l’après-midi fort chargée. Quantité de réquisitions et de conciliations, dont une roulant sur 191 000 francs (Triaud). Jugement rendu dans l’affaire Dejardin contre la virago (Weimann contre Triche) qui m’avait signifié que son mari n’avait rien à dire et que c’était elle que je devais écouter, attendu qu’elle portait les…  culottes !! Bref je lui ai rendu son jardin mais à charge de payer les semences ! elle n’y a rien compris !

Dispute entre Gérin, Directeur de l’Hôtel Lafayette, rue de Thillois (au numéro 35), et une de ses femmes de chambre…  plutôt d’une vertu facile !…

Celle-ci lui réclamait des gages qu’il ne lui a jamais promis, en échange sans doute de ses…  formes !!! L’entretien (?!) devant moi était plutôt…  transparent !! Joli monde !! Comme elle me demandait si je connaissais un huissier auquel elle pourrait s’adresser pour citer…  son Céladon ! récalcitrant, je l’ai envoyée à Babé mon audiencier, qui en est resté estomaqué !!! et…  offusqué !!…

Pauvre Babé, il n’en n’est pas encore revenu !! Rentré chez moi à 5h, fatigué, et trouvé du courrier dont une lettre de Lévêque avec une de ma pauvre femme qui se désole de son état. Il me conseille de la pousser à aller à Paris consulter au plus tôt afin qu’elle soit tranquillisée. Tout cela me tue, et me décourage énormément.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Jeudi 5 – Visite de M. de Curé de Merfy.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 5 juin

Les Quatre ont continué l’examen des contre-propositions allemandes.
Les Cinq ont entendu M. Van Kaarnebeck, ministre des Affaires étrangères de Hollande, sur la révision des traités de 1839. Les délégués belges ont ensuite pris la parole, mais le débat n’est pas encore sorti de la phase préliminaire et aucune méthode n’a été adoptée pour la discussion au fond.
La solution du problème de Fiume demeure en suspens; les Yougoslaves font des réserves importantes sur la proposition que le colonel House avait suggérée, et que MM. Orlando et Sonnino avaient accueillie en principe.
MM Pachitch, Vesnitch et Trumbitch, n’acceptent pas la délimitation de l’État autonome de Fiume, telle qu’elle a été conçue, et ils demandent que le plébiscite, dans cet État, ait lieu au bout de trois ans et non de quinze. De plus, ils se refusent à abandonner Zara et Sebenico à l’Italie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 4 juin 1919

Louis Guédet

Mercredi 4 juin 1919

1727ème et 1725ème jours

9h soir  Beau temps, du monde, du courrier, de la fatigue, du surmenage, de la tristesse. Nouvelles tristes de ma femme, tout cela me décourage et me tuera. Rien d’autre de saillant, et puis à quoi bon s’intéresser à quoi que ce soit, puisque c’est en vain, et inutile ! Quoiqu’il arrive je ne puis qu’être malheureux et misérable.

Demain audience, en toge, ayant eu jugement à rendre, quand donc disparaitrais-je de cela, pour rester toujours dans l’ombre auquel j’aspire de plus en plus.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 4 – Visite de deux Sulpiciens dont M. Bonnard ; visite du Comte et de la Comtesse de Bourbon-Lignières ; de M. Hemphill, Président du « Secours National » à New-York, très dévoué, me pressant d’aller en Amérique.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 4 juin

Blason de la Yougoslavie

Le chancelier Renner, après avoir étudié le texte des préliminaires de paix qui lui avait été remis à Saint-Germain, est parti pour Innsbrück où il doit conférer avec Otto Bauer.
L’Angleterre reconnaît l’État des Serbo-Croato-Slovènes.
L’année russe du Nord continue sa marche sur Petrograd.
0n annonce la démission du président de la République portugaise.
L’émir d’Afghanistan qui s’était révolté, demande la paix à l’Angleterre.
Le gouvernement allemand a décidé de déférer à la justice, pour haute trahison, les dirigeants de la république rhénane. Ceux-ci ont adressé un appel à l’Entente et décidé d’envoyer une délégation à Paris.
M. Maura annonce que les conservateurs auront, aux Cortès espagnoles, 230 mandats sur 410.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 3 juin 1919

Louis Guédet

Mardi 3 juin 1919

1726ème et 1724ème jours

9h soir  Temps couvert avec vent d’Est froid. Les Rogations sont en retard de 8 jours. Du monde, du courrier, je ne sais comment j’ai passé ma journée. Je me fatigue de plus en plus. Rencontré Jolivet qui allait dîner au Buffet. Je l’ai accompagné pour causer tandis qu’il mangeait. Vu Turon de l’Indépendant qui veut voir s’il pourrait reconstituer l’Indépendant !! A quoi bon !! Jolivet m’a dit que Couronne (Léon Jean Couronne (1858-1926) avocat à Paris l’avait vu pour reprendre l’affaire de Thiénot père (rayé), avec la Chambre en Cassation pour faire réviser la décision de la Chambre qui l’avait forcé à céder. C’est une honte !… Enfin on verra !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 3 – Réunion de la Commission pour l’office départemental des Pupilles de la Nation. Visite de Mad. Périnet ; de la Baronne de Montenoch, le Comte Woinonitch, délégué Yougoslave à la Conférence de la Paix. Visite de Soeur Geneviève, entente entre elle et M. Renaud

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 3 juin

La république rhénane a été proclamée à Mayence, Wiesbaden, Aix-la-Chapelle, etc. Le nouveau gouvernement siégera à Wiesbaden, sous la présidence du Dr Dorden.
Les conditions de l’Entente ont été communiquées à l’Autriche, à Saint-Germain-en-Laye.
Les journaux socialistes indépendants allemands disent qu’il faut livrer Guillaume II.
Les troupes grecques ont pris possession d’Aivali en Asie-Mineure.
Les élections espagnoles ont eu lieu. Elles ont donné la victoire aux gauches à Madrid, aux régionalistes à Barcelone; ailleurs, les candidats gouvernementaux ont la majorité.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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