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Jeudi 27 juillet 1916

Louis Guédet

Jeudi 27 juillet 1916

684ème et 682ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Temps très beau, lourd, chaud. Temps de saison. Hier soir jusqu’à 1h du matin canonnade incessante et très forte, impossible de dormir. Aucune réponse allemande sur la Ville, c’est étonnant. Je suis toujours décidé à partir lundi à St Martin. Demandé mon laissez-passer, vu à l’Hôtel de Ville Raïssac, Commandant Rousseau (à vérifier) mon client, causé longuement. Vu Charlier des allocations militaires très excité contre la citation à l’ordre du jour de Loriquet (Henri Loriquet, archiviste-paléographe, archéologue (1857-1939)) comme bibliothécaire de la Ville. C’est Émile Charbonneaux qui a mijoté cela avec le Dr Langlet qui laisse faire bien des choses ! De Bruignac et Beauvais qui étaient là trouvaient cela choquant, comme moi du reste ! Il y a d’autres fonctionnaires de la Ville à citer que Loriquet. Simple police à 1h1/2, peu d’affaires, 30 jugées sur 33. Toujours des abus de la part des Gendarmes. Il me va falloir encore réagir et sévir contre eux !

En entrant au Palais, rencontré le Procureur tout guilleret, il est heureux de recevoir M. Herbaux, le Procureur général, dimanche. Et surtout rencontrer le susdit de nouveau, causé ensemble jusqu’à la rue des Capucins en descendant la rue de Vesle. Pour dimanche, tenue de jour en veston. C’est une simple présentation intime. Rentré à 4h. Je suis fatigué, et la tristesse s’empare de moi malgré moi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

27 juillet 1916 – Sifflements vers 16 h. Quelques obus tombent rue Landouzy, dont un au n° 11, chez M. Charbonneaux ; un autre projectile arrive sur le talus du chemin de fer, derrière la maison n° 16. rue Lesage.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 27 – Visite chez le dentiste.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 27 juillet

Au cours du combat qui nous a permis d’enlever l’îlot de maisons situé au sud d’Estrées, nous avons fait 117 prisonniers. Nous avons pris 4 canons de 105 et un nombreux matériel. Un coup de main nous a rendus maîtres d’une maison fortifiée.
Sur la rive droite de la Meuse, grande activité de l’artillerie dans le secteur de Fleury. Nous avons pris sous notre feu et dispersé des détachements ennemis au nord de la chapelle Sainte-Fine.
Les Anglais ont occupé tout le village de Pozières. Les troupes territoriales ont poursuivi leur progression à l’ouest de la localité; elles ont enlevé deux tranchées fortement tenues et ont fait des prisonniers, parmi lesquels 5 officiers.
Les Russes ont pris Erzindjan, complétant ainsi leur conquête de l’Arménie. Les Turcs sont en pleine déroute.
Le général Zakharof, au sud de la Lipa, a remporté un succès signalé, faisant plus de 4000 prisonniers aux Austro-Allemands. Brody est menacé et, plus loin, Lemberg.
Les Italiens out repoussé plusieurs offensives dans la région de Posina-Astico.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 13 mars 1915

Abbé Rémi Thinot

13 MARS – samedi –

Je me lève de bonne heure pour préparer l’instruction pour la messe des soldats défunts, que Je vais dire à 9 heures pour le 14ème, à La Cheppe.

Eglise archi-comble ! Combien il en reste dehors? Le général Delmotte est là, ainsi que le colonel et tous les commandants.

Le général est venu me remercier à la sacristie, aussitôt la messe. Je sentais que je tenais mes hommes. Du reste, le texte de mon instruction, avait jailli très spontanément ce matin. Le colonel de Riencourt m’a invité à déjeuner ; J’y vais de ce pas.

9 heures soir ; Réunion merveilleuse ce soir. J’ai, par ailleurs, passé toute mon après-midi à confesser et le soir, jusqu’à 8 heures ; j’ai promis d’être à l’Eglise demain, dès 5 heures 1/2.

Braves gens, qu’il est facile de réveiller, de remuer, de jeter dans le bien.

Je vais décidément adopter ces deux régiments. Les colonels et les officiers sont charmants.

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à Reims

Louis Guédet

Samedi 13 mars 1915 

182ème et 180ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Journée calme. Je m’organise…

Le quart de feuillet suivant a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Bombardement.

À midi, je me rends chez mon beau-frère Montier, place Amélie-Doublié. Il a reçu son ordre d’appel pour le 32e d’Infanterie, à Châtelaudren (Côtes-du-Nord) et doit partir demain dimanche.

Lorsque j’arrive rue Lesage, qui me paraît absolument déserte, les obus tombent sur les voies du chemin de fer, à hauteur à peu près de la rue Landouzy, devant laquelle je passe un instant après, remarquant alors un soldat occupé à chercher l’endroit où vient d’éclater le dernier projectile, contre le talus limitant le trottoir. Plus loin, un habitant de la rue Duquenelle qui vient se renseigner sur les points de chute, me demande de son pas de porte, puisqu’il me voit sortir de la zone :

« C’est par là ? »

Je lui réponds sans m’arrêter et en entrant sur la place, je comprends que je suis attendu avec quelque inquiétude, par mon beau-frère et ma sœur, causant avec deux voisines appuyées à la fenêtre du rez-de-chaussé, au n°2. Tous, en m’apercevant, ont dit :

« Le voilà ! Et naturellement, on me demande où « ça vient de tomber.»

Je m’attendais à cette question avant toute autre ; c’est celle qu’en ce cas, on se pose mutuellement à Reims depuis 6 mois.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Samedi 13 – Nuit comme la précédente. Bombes d’heure en heure.

Confirmation d’un jeune conscrit. Incendie des bâtiments de Saint-Walfroy (dans la nuit du 13 au 14).

Visite au Fourneau de Saint-Remi ; aux habitants sinistrés de la place Saint-Timothée, et à une femme sinistrée la nuit même, dont le visage a été criblé par la mitraille, tout tuméfié.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Hortense Juliette Breyer

Samedi 13 Mars 1915.

C’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort de Lisa. Pauvre Lisa, je l’aimais bien et si elle voyait la peine que j’ai aujourd’hui, elle y prendrait part. Elle a bien fait de partir avant. Elle ne voit pas tous les malheurs dont nous souffrons.

Je suis allée voir ta maman aujourd’hui et je suis allée chez ma tante Augustine. Elle m’a fait cadeau de petits effets pour notre Blanblan. Pendant que j’y étais, les grosses pièces qui sont installées chez elle ont marché car il y avait une attaque allemande et elle était saisie que la petite ne sursautait pas. Pauvre crotte, elle y est habituée.

Je te quitte, mon cœur à toi toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

Merci à Jackie MANGEART et Pierre Coulon pour nous avoir fait découvrir cette correspondance

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


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