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Dimanche 4 novembre 1917

Paul Hess

Dimanche 4 novembre 1917 – Nous pouvons, M. Vigogne et moi, assister encore, ce diman­che, à un concert offert par la musique du 118e territorial d’infante­rie. Le programme, distribué aux assistants, est ainsi présenté :

Programme des morceaux exécutés au concert du dimanche 4 novembre 1917, de 14 h 30 à 15 h 30 Salle de l’Embarcadère, boulevard Louis-Roederer 48

1. Alsace-Lorraine Défilé Chassaigne
2. Le petit Quinquin Allègre Mastio
3- Ouverture du Jeune Henri Chasse Méhul
4. Oyème quérida Bolero Argaing
5. Sigurd Sélection Reyer
6. Quand Madelon Choeur Robert
7. Le Chant du Départ Défilé Méhul

Le chef de musique.- C. Vial

Il nous est donné là, au cours de l’exécution des différents morceaux, d’apprécier la musique de ce régiment composée évi­demment d’excellents éléments, et ceci nous rappelle les diman­ches de belle saison d’avant la guerre, où nous pouvions applau­dir, dans le calme, autour du kiosque des Marronniers, celle du 132e d’infanterie qui, elle-même, recrutait souvent des valeurs.

Le 118e territorial d’infanterie est formé, en grande partie par des méridionaux ; leur prononciation accentuée, agréable à entendre, s’est bien révélée et d’une manière toute collective, dans le chant de La Madelon.

Encore une fois, nous rentrons enchantés d’avoir pu profiter d’une aussi belle distraction, au milieu des ruines de notre pauvre ville de Reims.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 4 – + 10°. Nuit tranquille: service pour les fondations. Visite de Miss Robinson Smith, à la maison et à la Cathédrale. Visite de trois journalistes des Débats, de La Liberté et du Temps, conduits par le Lieute­nant de Jouvenel. visite de l’abbé Abelé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 4 novembre

Nos troupes ont continué à progresser entre le canal de l’Oise et la région de Corbeny et ont atteint sur tout le front la rive sud de l’Ailette.
L’ennemi s’est replié sur la rive nord, dont les ponts et les passerelles ont été coupés. La lutte d’artillerie s’est maintenue vive dans le secteur de Chavignon et en quelques points de la région des plateaux.
Dans le matériel capturé depuis le 23 octobre, nous avons actuellement dénombré 200 canons lourds et de campagne, 222 canons de tranchées, 720 mitrailleuses.
Sur la rive droite de la Meuse, action d’artillerie violente sur le front du bois Le Chaume. Un coup de main ennemi au nord de Saint-Mihiel n’a eu aucun résultat.
Du 21 au 3l octobre, nous avons abattu 23 avions allemands. En outre, 28 appareils ennemis ont été sérieusement touchés et descendus dans leurs lignes.
Les Anglais ont fait quelques prisonniers dans une rencontre de patrouilles à l’est de La Bassée.
L’artillerie ennemie a été très active à l’est d’Ypres.
Les Italiens ont arrêté des troupes austro-allemandes qui tentaient de franchir le Tagliamento.
Les Anglais ont détruit un croiseur auxiliaire allemand et dix chalutiers allemands dans le Cattégat et un autre navire ennemi sur la côte belge.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Dessin de Delauzanne

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Lundi 11 décembre 1916

Louise Dény Pierson

11 décembre 1916

L’image contient peut-être : plein air et nature

A l’automne, je reprends quelques cours à l’école, puis je travaille aux caves avec ma mère : surveiller les bouteilles couleuses, coller des étiquettes lorsqu’il y avait des expéditions de champagne à assurer. Pourtant, vers la fin de l’année, il me souvient qu’une nuit mes parents me réveillèrent en sursaut : « Viens voir un zeppelin ».
Le temps de passer manteau et sandales et nous étions dans la rue avec beaucoup de voisins. Je ne vis d’abord que deux grandes lignes lumineuses coupant le ciel en X, puis dans leur croisement j’aperçus qu’ils éclairaient un long cigare blanc très haut dans le ciel et qui semblait se diriger lentement vers Jonchery.
Un projecteur s’éteignit, un autre le remplaça et le cigare disparu derrière les arbres de la montagne au dessus de Rosnay.
Des coups de canon claquaient d’un peu partout, j’étais partagée entre la peur et la curiosité lorsque tout le monde rentra à la maison.

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Cardinal Luçon

Lundi 11 – Température 0°. Nuit tranquille, sauf coups de canons contre batteries. Matinée : duel entre batteries et contre avions français. Visite de M. l’abbé Abelé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 11 décembre

A l’extrémité sud-est de la butte du Mesnil, les Allemands ont fait jouer deux mines : un combat s’est engagé pour la possession des entonnoirs : ils sont restés entre nos mains.

Un coup de main ennemi dirigé sur l’une de nos tranchées au sud du col de Sainte-Marie (Vosges) a été repoussé.

Dans la nuit du 9 au 10 décembre, un groupe de nos avions a lancé de nombreux projectiles sur les gares et établissements militaires de Matigny, Ham et Mons-en-Chaussée.

Tempête de neige sur le Carso. Progression russe assez sensible dans les Carpates boisées, à la lisière de la Transylvanie.

Les Roumains ont fait une offensive heureuse entre Ploesti et Buzeu, mais dans la Valachie occidentale, l’avance austro-allemande continue et les Bulgares ont franchi à nouveau le Danube.

Le Reichstag a été brusquement convoqué pour le 12, le chancelier devant faire des déclarations. L’Allemagne a repoussé la protestation suisse contre les déportations belges.

Le roi de Grèce poursuit ses rassemblements de troupes autour de la capitale. Le comte Tisza, dans un discours à Budapest, lui promet le concours des empires centraux.

Source : La guerre au jour le jour

matigny

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Jeudi 31 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 31 août 1916

719ème et 717ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  La tempête a cessé cette nuit, beau temps chaud avec brise. Le calme. Journée monotone. Déjeuné en cave chez M. Henry Abelé, 48, rue de la Justice, avec l’abbé Pierre Abelé en civil, actuellement aux armées, à (?!), de Bruignac adjoint au maire, Abbé Camu Vicaire Général, M. Lartilleux et Marcel Heidsieck. Rien d’intéressant. Rentré chez moi après avoir passé à la Ville, sur mon chemin tout triste tout désemparé, de plus en plus. Il y a 2 ans je prenais le chemin de ce calvaire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Nuit tranquille. Pluie continuelle. Mitrailleuses au loin. Journée tranquille. Bombes dans la matinée sur batteries. Visite aux Frères à Courlancy et à Rœderer.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

roederer


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Jeudi 31 août

Sur le front de la Somme, activité moyenne d’artillerie. Le mauvais temps continue.
En Lorraine, dans le secteur de Reillon, des détachements ennemis ont, par deux fois, tenté d’approcher nos lignes; nos tirs de barrage les ont repoussés.
L’artillerie tonne sans discontinuer sur tout le front de Macédoine où l’on ne signale, toutefois, aucune opération importante.
les Italiens, au cours d’avances partielles sur le Haut-Boite et dans les Alpes de Fassa, ont capturé un certain nombre de prisonniers.
Les Russes ont progressé dans les Carpates boisées, à la frontière hongroise, et fait plusieurs centaines de prisonniers en Asie Mineure.
L’avance roumaine est générale à l’ouest des Alpes transylvaines et sur le bas Danube.
Les ministres de l’Entente ont fait une démarche à Athènes, auprès de M. Zaïmis.
Un meeting sur l’entrée en guerre de la Grèce a eu lieu à Salonique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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