Louise Dény Pierson

15 mai 1917

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

Un soir calme, alors que nous prenions le frais dans le jardin un bombardement sourd nous alerta, c’était en direction de la Pompelle, puis l’on entendit de véritables hurlements malgré la distance, mon père me dit : « Ce sont des coloniaux qui attaquent ». Le lendemain nous sûmes que les ruines de la ferme d’Alger avaient été reprises, mais à quel prix ? Peu après mes parents voulant que je prenne des vacances m’envoient chez mes grands parents à Vrigny et j’y resterai plusieurs mois. Là on se croyait bien loin de la guerre dont on ne percevait que les échos.
Des chasseurs d’Afrique étaient cantonnés dans le village. Leur présence était bénéfique par le complément de ravitaillement qu’ils apportaient aux habitants lorsqu’il en était besoin. J’ai apprécié le « singe » bien qu’un soldat ait dit en m’ouvrant une boîte : « Attention sa queue va sortir la première ».
Ils nous procuraient du pain plus blanc que celui que nous avions à Reims. Lorsqu’ils partirent vers la fin de l’année, ils furent regrettés de tous pour leur gentillesse et leur bonne tenue.

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Cardinal Luçon

Mardi 15 – + 19°. Bombes de 4 h. à 5 h. ; relevé un éclat devant mon cabinet de travail. Matinée tranquille ; visite du Commandant Marzy (ou Marty, Marcy ?) et d’un Père… Jésuite.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 15 mai

Au cours de la journée, l’artillerie allemande, violemment contre-battue par la nôtre, a bombardé le front au nord de Braye-en-Laonnois et de Cerny.
Actions d’artillerie assez vives à l’est de Berry-au-Bac et en Champagne, dans la région du Mont-Haut.
Sur les Hauts-de-Meuse,une tentative ennemie sur un de nos petits poste, au bois des Chevaliers, a été aisément repoussée.
Dans les journées des 13 et 14, six avions ennemis ont été abattus. Un autre appareil s’est ecrasé sur le sol à la suite d’un combat. Nos escadrilles de bombardement ont lancé 4000 kilos d’explosif sur les gares et bivouacs en arrière du front allemand.
Les Anglais ont repoussé des raids allemands au nord-est d’Epéhy et au nord d’Ypres. Un certain nombre de prisonniers ont été capturé par eux. Ils ont réalisé une avance dans le village de Roeux. Le butin des armées franco-anglaises du 9 avril au 12 mai se décompose ainsi : 49579 prisonniers, dont 976 officiers, 444 canons lourds et de campagne, 943 mitrailleuses, 386 canons de tranchées.
Le zeppelin L-22 a été détruit en mer du Nord.
M. Goutchkof, ministre de la Guerre russe, et le général Kornilof, commandant la place de Petrograd, ont démissionné. Les généraux Broussilof et Gourko, commandants de groupes d’armée, ont également démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button