Louis Guédet

Vendredi 22 septembre 1916

741ème et 739ème jours de bataille et de bombardement

Midi  Temps magnifique, il a gelé blanc ce matin. Aussi sommes nous gratifiés d’un bombardement de 10h à 11h1/2 un peu partout, il y a des victimes. J’étais à l’Hôtel de Ville pour mes procès de simple police. Je suis rentré quand même et malgré les obus qui sifflaient au-dessus de la tête.

6h1/2 soir  Été à Bezannes pour terminer mon inventaire Guillot – Vernier (à vérifier). Rentré à 5h. Ensuite fait courses et rentré.

Des éclats du bombardement de ce matin sont tombés ici sur la toiture : peu de choses.

Quantité de procès pour la simple police, plus arbitraires les uns que les autres. C’est la course aux abus de pouvoir suscités par le fameux Capitaine Girardot ! Mobilisés à embêter la population sérieuse, mais ne réagissant pas sur des affaires comme Pocquet, ils préfèrent laisser ces risques à nos malheureux agents ! Quels tristes sires.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

22 septembre 1916 – Bombardement dans la matinée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 22 – Nuit tranquille. Projections. Quelques coups de fusil. + 7°. 10 h. à 11 h. 1/2 bombardement violent. Environ 30 obus, bombe blesse la Supérieure de l’Assomption fermant les persiennes, rue du Jard. Une bombe chez les sœurs de l’Espérance. On dit que rue Flechambault 4 soldats ont été tués, dit M. Maitrehut et un civil père de 4 enfants. Plusieurs blessés. Visite à l’Assomption, à l’Espérance, à la Visitation. Reçu visite du Colonel du 403e. Via Crucis in cath.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

flechambault


Vendredi 22 septembre

Le mauvais temps a gêné les opérations sur les deux rives de la Somme.
En Argonne, une attaque ennemie, déclenchée sur nos positions du Four-de-Paris, à la suite de l’explosion d’une mine, a échoué sous nos tirs de barrage.
Sur la rive droite de la Meuse, nos troupes ont exécuté deux opérations qui ont brillamment réussi. Au sud-est de l’ouvrage de Thiaumont, nous avons enlevé plusieurs éléments de tranchée, capturé plus de 100 prisonniers, dont 2 officiers et pris 2 mitrailleuses. Dans la partie est du bois de Vaux-Chapitre, nous avons poussé notre ligne d’une centaine de mètres en avant.
Un avion allemand a été abattu près de Péronne.
Les Serbes ont repoussé une contre-attaque bulgare au Kaimakçalan et une autre à Bousnica. A l’aile gauche, nos troupes ont progressé jusqu’aux abords de la cote 1550. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers.
Les Roumains, après cinq jours de combat, ont infligé un échec signalé aux Bulgaro-turco-Allemands en Dobroudja.
La Grèce réclame de l’Allemagne la restitution des troupes hellènes qui se sont rendues aux Bulgares à Cavalla.
Les Russes ont fait en Galicie un millier de prisonniers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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