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Dimanche 25 mars 1917

Cimetière de l'avenue de Laon

Paul Hess

Dimanche 25 mars 1917 – Beau temps. Journée très mouvementée.

Dès 8 h 1/2, bombardement sur le boulevard de Saint- Marceaux, le champ de Grève, le faubourg de Laon ; il dure jusqu’à 10 h 1/2 environ et reprend le soir, dans la direction de la Haubette, où quatre soldats et trois chevaux sont tués à proximité du pont de Muire. Une femme est tuée également rue Dallier.

Tir sur avions, toute la journée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cimetière de l'avenue de Laon

Cimetière de l’avenue de Laon


Cardinal Luçon

Dimanche 25 – Annonciation. Nuit tranquille. – 1° de froid. Beau temps. Bombes à l’heure de la messe et au sortir jusqu’à midi sur les batteries et contre les avions. Une femme tuée rue Souyn, à Sainte-Geneviève. Bom­bes sur la Haubette, la Route de Pargny, nombreuses. Avions français 4 à la fois ; tir contre eux. Retraite du mois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 25 mars

Au nord de la Somme, nous avons refoulé l’ennemi jusqu’aux lisières de Sovy où il s’est installé dans une ligne de tranchées préparées d’avance.

De la Somme à l’Oise, nos troupes, poursuivant leur marche, ont livré bataille à l’ennemi qui s’est défendu pied à pied. Elles l’ont rejeté à un kilomètre environ au nord de Grand-Séraucourt et de Gibercourt. Elles se sont emparées de la rive ouest de l’Oise, depuis les faubourgs de la Fère jusqu’au nord de Vandeuil. Deux forts de la Fère sont tombés entre nos mains.

Au sud de l’Oise, et bien que l’ennemi ait tendu des inondations, nous avons progressé sur la rive est de l’Ailette, conquis plusieurs villages et rejeté les arrière-gardes allemandes dans la basse forêt de Coucy.

Au nord de Soissons, peu de changement. Une pièce allemande à longue portée a lancé un certain nombre d’obus de gros calibre sur la ville de Soissons.

Lutte d’artillerie dans les régions de Berry-au-Bac et de Reims, en Alsace, près de Violu (sud du col de Sainte-Marie).

Nous avons descendu plusieurs avions ennemis et capturé un hydravion en mer, près d’Etretat.

Nos escadrilles ont lancé 1100 kilos de projectiles sur les usines de Thionville et du bassin de Briey, ainsi que sur la gare de Conflans.

On signale des émeutes sanglantes à Hambourg et à Kiel.

Les constitutionnels démocrates russes se sont prononcés en faveur de la République.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 25 octobre 1916

Louis Guédet

Mercredi 25 octobre 1916

774ème et 772ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps de pluie et brume, maussade. Ce matin allocations militaires, où dans une enquête pour supprimer une majoration à une malheureuse femme qui a une conduite déplorable et la reverser à la belle-mère qui a en garde un des enfants de cette malheureuse. Pendant la…

Le haut du feuillet suivant a été découpé.

…à 2h je sors pour faire des courses et prendre mon passeport, quand voilà les bombes qui commencent à tomber. J’entre au Palais de Justice, où je suis bloqué pendant une heure 1/2. Durant ce temps je cause avec le substitut du Procureur M. Mathieu de mon affaire de simple police du 3 octobre 1916. Tous ces militaires sont en train de bafouiller et de pagayer !! Maintenant ce n’est plus à moi qu’ils en veulent, c’est au Courrier de la Champagne !!!! Il ne manquait plus que cela. Bref, comme à la caserne, il faut que quelqu’un écope quand un galonné se croit atteint dans son autorité !! Qu’ils prennent garde de ramasser une nouvelle gifle !!…  Ils ne l’auraient pas volée !! Quels tristes sires !! A 2h12 je passe chez Ravaud, des bombes repleuvent. Je file à l’Hôtel de Ville où je reste jusqu’à 5h moins un quart, enfin je puis rentrer chez moi à 5h !! 3 heures de bombardement intense !! Le Barbâtre est atteint, mais surtout toute la partie de la rue de Vesle à partir du pont du canal jusqu’au pont du chemin de fer d’Épernay. Et aussi vers le pont de Muire, Place Colin, Hôtel de la Couronne, jardin Redont (appartenant à Jules Redont, célèbre paysagiste rémois (1862-1942)) ont surtout souffert, des victimes dont M. Hilaire Hayon, administrateur de l’Éclaireur de l’Est. Je prendrai de ses nouvelles demain. On m’a dit que ses blessures multiples n’étaient pas graves. Il faut attendre et voir. Quelle journée ! Ces bombardements intenses vous émotionnent toujours ! Ils ont du reste lancé des obus un peu partout. Mais le quartier Pont de Vesle – Porte Paris a surtout le plus souffert. Il faut que nous payions la reprise du fort de Douaumont. C’est ce qu’ils nomment de représailles militaires en…  tuant des civils !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

25 octobre 1916 – A midi 1/2, les 95 du Port-sec commencent à taper.
Vers 14 h, les Boches se mettent à riposter ferme et bombardent en ville, tandis que nos pièces continuent.
Un tir simultané de ce genre est plutôt rare.
On ne cesse ni d’un côté ni de l’autre ; le duel d’artillerie devient au contraire de plus en plus sérieux et dure jusqu’à 17 heures.
Il y a des dégâts considérables, occasionnés par les obus arrivés pendant ce singulier bombardement, dans les rues du Barbâtre, Gambetta, etc. Les projectiles tombaient également le long du canal, de Fléchambault à la Brasserie du XXe siècle.
On évalue de 450 à 500, le nombre des obus envoyés en ville. Il y a des tués et des blessés.
— Le communiqué annonçait ce matin la reprise de Douaumont et une avance de 3 km. en profondeur, sur 7 km. de front.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 25 – Nuit tranquille. + 10°. Nouvelle de la reprise de Douaumont (1). De 2 h. à 3 h. coups de canons de marine du côté français formidables, 3 ou 4 à la fois. Riposte des Allemands par bombes sur batteries et sans doute aussi ailleurs. De 1 h. à 5 h. 1/2 bombardement terrible. Quelques gros coups de canons français. Avalanches ou rafales d’obus allemands ; un d’eux achève de démolir l’Espérance 1. A la visitation 8 obus : 5 dans le jardin, 3 dans la maison (destinés sans doute au collège Saint-Joseph où étaient cantonnés des soldats). Beaucoup de dégâts ; un certain nombre de blessés Place Collin. Les pièces de marine ont tiré dans l’après-midi (on évalue à 450 obus (2).

(1) Le fort de Douaumont est repris par le régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc et le 321e Régiment d’Infanterie de Montluçon. La nouvelle de cette victoire a tout de suite été diffusée puisque le Cardinal la consigne le jour même de l’évènement
(2) Pour l’emploi de l’artillerie lourde sur voie ferrée il avait été construit, comme d’ailleurs pour le ravitaillement et les relèves des troupes, des réseaux ferrés triplant ou quadruplant les lignes existantes et des gares de triage et des dépôts en dehors des agglomérations et des vues de l’ennemi.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 25 octobre

Sur le front de la Somme, lutte d’artillerie assez violente dans la région de Biaches et d’Ablaincourt. Aucune action d’infanterie.
Au nord de Verdun, après une intense préparation d’artillerie, nous avons prononcé une attaque sur un front de 7 kilomètres. Notre avance, qui a été très rapide et qui s’est effectuée avec des pertes légères, a été, sur certains points, de 3 kilomètres. Nous avons repris le village et le fort de Douaumont et nous sommes installés sur la route de Douaumont à Bras. Le chiffre de nos prisonniers est de 3500, dont 100 officiers.
Les troupes britanniques se sont consolidées sur le terrain conquis entre Gueudecourt et Lesboeufs.
Notre aviation a été très active. Un de nos avions a attaqué à la mitrailleuse les tranchées ennemies dans le bois de Saint-Pierre-Vaast. Sur le front de Verdun 20 combats ont été livrés: 3 avions ennemis ont été abattus; 2 autres ont dû atterrir en Lorraine; un aviatik a été abattu en Alsace.
Les Russo-Roumains se sont retirés à 12 kilomètres au nord de Constantza. Ils ont infligé des pertes aux Austro-Allemands dans les Carpathes, et gagné du terrain dans certains passages. Ils ont reculé, toutefois, au col de Predeal.
Une accalmie se prolonge sur le front russe de Galicie.
La presse autrichienne continue, par ordre, à présenter Fritz Adler comme un fou, de façon à enlever à son acte tout caractère politique. On annonce qu’il sera probablement pendu. Les partis, au Reichsrath de Vienne, continuent à délibérer sur l’opportunité d’une convocation de cette assemblée.
Le gouvernement grec a interdit à la presse toute attaque, toute injure contre les Alliés.
L’amirauté allemande a installé des sous-marins le long de la côte norvégienne, comme pour assurer un blocus effectif. Plusieurs bâtiments norvégiens et suédois ont été de nouveau coulés.
L’Angleterre augmente ses effectifs en appelant les hommes de 41 ans, en poursuivant les insoumis, en remplaçant les jeunes gens qui travaillent dans les usines.
Le gouvernement autrichien a prescrit l’évacuation de la population civile de Trieste.
Les troupes italiennes d’Albanie ont opéré leur jonction avec l’extrême gauche de l’armée de Macédoine.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 24 septembre 1916

Louis Guédet

Dimanche 24 septembre 1916

740ème et 738ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps splendide même fort chaud. Dimanche comme tous les autres forts tristes pour moi, si seul. Messe de 8h où l’on annonce que le Cardinal Luçon, comme tous les évêques et archevêques de France, prononcera un vœu national au pèlerinage de Lourdes. Travaillé ensuite et mis ma correspondance à jour. A 3h posté mon courrier rue de Vesle et poussé jusqu’au Pont-de-Muire pour tuer le temps. Vers 1h une demi-douzaine de bombes sont allées tomber au vélodrome. Les allemands tiraient sans doute sur la saucisse qui était vers ces parages. Rentré vers 5h, et là…  souffert, pleuré…  en songeant à tous mes aimés. Je souffre le martyr, si seul, si abandonné, et puis quand je songe à l’avenir de tout ces malheureux, femme et enfants, Jean qui va peut-être partir sur le front !!…  Je suis sans courage, sans force. Certainement je mourrai de chagrin, de douleur et de souffrances morales. Non, c’est trop long et trop pour les mêmes épaules, pour le même, toujours le même et les mêmes. Pauvres aimés.

7h1/4 soir  A six heures nos canons tonnaient vers Pommery, ne sachant que faire je sortis et je vis 3 pompiers se diriger vers les caves Pommery. Rencontré Elloire, adjudant pompier qui me dit que c’est au château de Polignac. Peu de chose. Oui, ils ont la chance que les pompiers de Paris soient là, tandis que moi, le 1er mars 1915, il n’y avait personne pour me secourir !! J’étais seul à lutter contre le fléau qui a détruit ma maison, mes meubles, mes archives !! Je suis sans logis !!!

Il manque les feuillets 366 à368, le suivant se résume à une demie-page, recopiée par son épouse Madeleine.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 24 – Nuit tranquille. Beau temps ; + 7°. Lecture de la Lettre Collective du Vœu. Retraite du mois. Visite du Vicomte de Montois (voir Cahier du Conseil mardi 26 septembre). Visite de M. Abelé pour son projet de Comité. 4 h. à 6 h. aéroplanes français, tir continuel contre eux. Bombes sifflantes (32 + 10 dit le Courrier du 26) tombent à Saint-Benoît, à la biscuiterie, près la chapelle provisoire actuelle du culte, et rue de Pontgivart en face du presbytère et de la maison vicariale. Une d’elles près des Caves Pommery a blessé gravement un soldat et fait exploser un dépôt de munitions. Il y a eu 450 obus qui ont éclaté, et autant d’avariés qui n’ont pas éclaté.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 24 septembre

Nos patrouilles, poussant jusqu’aux lisières sud du village de Combles, ont trouvé de nombreux cadavres d’Allemands. Elles ont fait 15 prisonniers.
Lutte d’artillerie assez vive dans la région de Bouchavesnes et dans le secteur Belloy-Berny. Pas d’action d’infanterie.
Dans les Vosges, l’ennemi a fait une tentative contre nos positions au sud du col de Sainte-Marie. Après un assez vif combat à la grenade, il a été rejeté dans ses tranchées.
Sur le front belge, combat à coup de bombes près de Boesinghe.
Au sud de l’Ancre, les Anglais ont réalisé une nouvelle avance à l’est de Courcelette. Ils se sont emparés d’un important système de tranchées ainsi que d’un certain nombre de prisonniers et ont avancé leurs lignes sur un front de 800 mètres.
Une attaque ennemie a été brisée avec fortes pertes à l’ouest de la ferme du Mouquet.
A l’est de Béthune, l’artillerie britannique a fait exploser un dépôt de munitions ennemi.
Les Russes ont refoulé une offensive allemande sur le Naroch.
Les Roumains ont progressé dans les Carpates septentrionales et infligé un nouvel échec en Dobroudja, sur le littoral, aux Germano-Bulgares.
Les Autrichiens ont fait trois vaines attaques sur le Carso.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 20 septembre 1916

Louis Guedet

Mercredi 20 septembre 1916

739ème et 737ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps de pluie maussade. Un peu de canon hier soir (10 minutes) Allocations militaires ce matin. Rien de saillant. Quelques demandes absurdes comme toujours. Vu au commissariat central mes procès en simple police pour examiner 2 cas d’arbitraire et de force brutale des Gendarmes de la Prévôté qui recommencent sans doute à vouloir nous molester…  Un cocher (Hentz) conduisant une femme et ses enfants à Cormontreuil est arrêté par un Gendarme de la Prévôté, rue Ledru-Rollin, devant l’église Sainte-Clotilde. Il demande leurs passeports à la femme et au cocher ; ce dernier dit qu’il va bien conduire sa cliente à Cormontreuil, mais qu’il n’a pas de laissez-passer pour aller à cette localité. Devant l’observation du Gendarme qui prétend (étant encore sur le territoire de Reims) qu’il est en contravention et qu’il lui dresse un procès-verbal (sur Reims, et non sur Cormontreuil) ! Le cocher débarque sa cliente et retourne en Ville ! Ainsi voilà un gendarme qui a fait un procès à un homme qui se disposait à commettre une infraction (soit), mais ne l’a pas perpétrée ! Ce serait grotesque si ce n’était odieux.

Même aventure est arrivée au Docteur Simon qui, appelé à Tinqueux pour un cas urgent de malade, est arrêté au Pont de Muire par le même gendarme qui lui demande son laissez-passer. Le Docteur lui répond qu’appelé d’urgence pour sa profession, il n’a pas eu le temps de faire renouveler son passeport expiré de la veille. Sur l’observation du gendarme il déclare retourner chez lui et renoncer à secourir sa malade. Le Gendarme dresse quand même un procès-verbal « pour usage de laissez-passer périmé !! » Où et quand !! et il a la naïveté de consigner dans son procès la déclaration du Docteur Simon qu’il renonce à aller à Tinqueux !

Pour ces brutes les intensions sont prises pour des faits accomplis !!! C’est honteux. J’ai déclaré au Commissariat Central que s’il n’obtenait pas une sanction du major de la Place contre de tels abus provoqués par les Capitaines de Gendarmerie Girardot et Théobald, j’en réfèrerais au Ministère de la Guerre. Il faut que cela finisse.

Que ces brutes aillent dans les tranchées, cela vaudrait mieux !…  et qu’ils laissent la Paix à notre malheureuse population.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 20 – + 7°. Nuit tranquille. Allocution à la Messe des soldats du 403e (1), Chapelle de l’École Professionnelle S.J.B. de la Salle. Visite de M. l’abbé Saunier. Visite de M. de Gailhard Baucel et du Colonel de Halgouet.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Les régiments d’Infanterie de la série des « 400 » sont des régiments créés pendant la guerre et qui n’eurent qu’une existence éphémère

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Mercredi 20 septembre

Le mauvais temps a gêné les opérations sur la plus grande partie du front de la Somme. Rien à signaler en dehors d’une assez grande activité d’artillerie sur les deux rives de la Somme et sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur Fleury-Vaux-Chapitre.
Sur le front belge, grande activité d’artillerie. Les pièces belges ont pris violemment à partie les pièces de l’adversaire.
Sur le front britannique, la situation générale est demeurée sans changement. Activité d’artillerie au sud de l’Ancre. Une attaque allemande sur les tranchées à l’est de Martinpuich a été aisément repoussée. Un ballon allemand a été abattu à l’est de Ransart. Un dépôt de munitions allemand a explosé sous le feu anglais.
Les Russes livrent d’âpres combats sur la Zlota-Lipa.
Les Roumains ont dû reculer quelque peu devant des forces supérieures dans la vallée du Strechu (Transylvanie). Ils ont refoulé, dans la Dobroudja, deux attaques des troupes de Mackensen.
La progression franco-russo-anglo-italo-serbe s’accentue sur le front de Macédoine.
La garnison de Volo s’est révoltée et a opté pour le comité de défense nationale de Salonique.
Combats d’artillerie sur tout le front italien.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 13 février 1916

Louis Guédet

Dimanche 13 février 1916

519ème et 517ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Journée assez calme, froide, pluvieuse, de saison. Trois grosses marmites sont passées au-dessus de la maison à 10 minutes d’intervalle à 1h comme je déjeunais. C’est tout. Travaillé d’arrache-pied pour rattraper mon retard. Ma correspondance est à jour. Il me faut attaquer maintenant le résumé de mon voyage et mettre tout au point, avec la vie coutumière, les dérangements, les audiences, etc… Pas de nouvelles des miens. Écrit à M. Georget à l’occasion de la mort de mon jeune confrère Montaudon (Albert Montaudon, notaire à Reims, né en 1880, tué à l’ennemi le 27 janvier1916 à Neuville-Saint-Vaast(62)). C’était un brave cœur, un bon confrère. Vu Dondaine, mon dévoué confrère de Beine qui m’est d’un bien grand secours comme avoué suppléant,  greffier de Paix et clerc de l’Étude Jolivet. Si je ne me trompe, c’est un garçon de valeur et qui fera son chemin. C’est (ce sera) une bonne recrue pour notre corporation.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 13 février 1916 – Quelques projectiles sifflent dans la matinée.

—- Vers 13 h 1/4, quatre ou cinq obus tombent à la Haubette ; il y a des blessés.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche l3 – Nuit tranquille dans l’ensemble sauf violente canonnade à certains moments ; + 3 ; Bombes sifflantes sur la ville, et à Sainte-Clotilde à 8 h. 1/2. Violente canonnade française à 9 h. De midi à l h., toutes les 10 minutes, grosses bombes sur la ville, Pont de chemin de fer à l’embranchement de la route d’Épernay ; abattoir, Pont de Muire. Nuit bruyante un peu au loin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Dimanche 13 Février 1916.

Je crois que le bombardement va reprendre comme auparavant. Aujourd’hui dimanche j’étais partie à 6 heures du matin pour aller dire bonjour à la marraine et à Jean-Pierre. Ils s’ennuyaient après moi. En sortant de chez eux je suis allée dire bonjour à M. Cristé et à Mme Mitouard. Au moment de repartir le bombardement commençait sur le quartier Cernay et la batterie Walbaum.

J’ai attendu un moment mais voyant que cela n’arrêtait pas je me suis décidée à revenir. Je t’assure que je n’ai pas été longtemps. Si je venais à être tuée, pense donc, mes deux pauvres tout petits ! Enfin je suis rentrée sans mal mais ils ont bombardé une partie de la journée. Ils ont fait des victimes jusqu’au pont d’Épernay. Les demoiselles Malaizé qui étaient réfugiées porte de Paris ont été blessées toutes deux. C’est un vrai cauchemar.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


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Dimanche 13 février

En Belgique, après une préparation d’artillerie assez violente, les Allemands ont plusieurs fois tenté de franchir le canal de l’Yser, près de Steenstraete et d’Hetsas. Ces tentatives ont échoué sous le feu combiné de notre artillerie et de nos mitrailleuses.
En Champagne, vive canonnade près de la butte du Mesnil et de Navarin. Dans la région de Navarin, après un bombardement de plusieurs heures, l’ennemi a pu pénétrer dans un petit saillant de notre ligne. Au nord-est de la butte du Mesnil, où nous avions pris environ 300 mètres de tranchées, les Allemands ont procédé à une contre-attaque. Ils ont été repoussés, puis nous avons progressé de nouveau, en faisant des prisonniers.
Lutte de mines à notre avantage en Argonne (Four de Paris).
Dans les Vosges (nord de Wissembach, est de Saint-Dié), nous avons, par nos feux d’infanterie, brisé une attaque.
Une note officielle italienne annonce que L’Italie participera prochainement à une conférence des alliés tenue à Paris.
Une troupe anglaise a été assaillie par les Arabes en Mésopotamie.
M. Sasonof déclare que la guerre ne peut plus durer longtemps.

 

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Mardi 9 février 1915

Abbé Rémi Thinot

9 FEVRIER – mardi

Je rentre de Châlons…

Je vais voir Mgr Tissier[1], très paternel, très bon. Monseigneur est bien d’avis que c’est lamentable la façon dont les officiers se conduisent, s’amusent, dépensent, scandalisent.., Ah ! ce n’est pas un élément de victoire, cela !

J’ai fait la route avec un médecin qui raisonnait de bonne façon. Nous étions d’accord pour dire que si la guerre fait bien des conversions individuelles, le gros demeure dans ses vieux sentiments. Tant et tant qui n’auront pas souffert de la guerre ! Tant qui seront « sur le front », solidement embusqués à l’arrière, bien en sûreté !, qui se gardent pour leurs ambitions, leurs divers égoïsmes !

Ah ! l’humanité n’est pas belle !

Déjà, j’avais causé hier avec le lieutenant Delpret (prêtre) de tous les motifs et mobiles qui sont à la base d’actions pourtant si graves, si solennelles ! Ce colonel Vély, du 59ème [2], qui commande la brigade, qui veut ses deux étoiles et qui ordonne des attaques dans des conditions si lamentables ! Les hommes ne veulent plus marcher. Ils sont las. Ils ne sortent pas des boyaux… ou bien il faut que l’officier les pousse avec son révolver.. !

Mon Dieu, comme c’est grand de confesser quelqu’un qui part à l’attaque ! qui ne sait pas s’il en reviendrai Mon Dieu, élevez mon âme, que je sois moins indigne dans ce ministère très saint, que je sois l’autre Christ qu’il faut auprès de ces âmes.

[1] Joseph-Marie Tissier, évêque de Chalons https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph-Marie_Tissier

[2] Colonel Vely ou Velly (selon les sources) du 59e RI (68e brigade d’infanterie ; 34e division d’infanterie ; 17e corps d’armée.

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à Reims

Paul Hess

La nuit a été calme. Bombardement dans la matinée vers le faubourg de Laon et l’après-midi sur le 3e canton.

– Vers 10 h, nous pouvons assister, de la cour de l’hôtel de ville, par un temps très clair, à la une chasse au Taube fort intéressante. Cela n’est pas pour faciliter sa promenade car de nombreux obus sont tirés sur lui, venant parfois éclater bien près dans son sillage. A-t-il été atteint ? Il finit par filer dans ses lignes, jugeant certainement qu’il deviendrait dangereux de rester plus longtemps en observation au-dessus de la ville.

– Depuis quelques jours, des ouvriers travaillent à garantir les parties basses de la cathédrale restées intactes après l’incendie du 19 septembre 1914 et non atteintes ensuite par les bombardements, en entassant des sacs de sable le long de pièces de bois clouées sur des montants allant jusqu’à la base des ogives, aux portails du centre et de droite de la façade.

– Je suis heureux d’avoir pu, ce jour, me débarrasser de trois grands caisses qui m’avaient été confiées par un voisin, bijoutier, alors qu’il partait pour la Creuse, avec sa famille, le 30 août 1914.

Lorsque ce dépôt m’avait été laissé, je ne pouvais soupçonner, en l’acceptant bénévolement, pour rendre service, combien il m’occasionnerait de soucis et d’ennuis quand la situation de Reims me ferait un devoir impérieux de chercher à la restituer.

Ce n’est, en effet, qu’après des pourparlers longs et laborieux, par correspondance, que ces trois caisses volumineuses, dont deux étaient remplies de pièces d’argenterie contrôlée (cafetières, théières, etc.), ont été livrées à la maison de roulage Rondeau, pour être transportées à Épernay et remises, en cette ville, à un oncle de l’intéressé, pour leur acheminement définitif.

Pour moi, oui, c’est un réel débarras, car après avoir sauvé de ma cave effondrée cette marchandise précieuse, le 26 septembre 1914, je n’avais pu que la placer sous un hangar, au fond du jardin de la maison de mon beau-père, 57 rue du Jard, où elle était susceptible de se ressentir des intempéries.

Il m’avait fallu déclarer nettement que je ne voulais pas prendre la responsabilité de la garder plus longtemps, sous le bombardement, et demander à plusieurs reprises des instructions pour son expédition.

Alors, deux fois, sur rendez-vous de Rondeau, qui avait été chargé du nécessaire, j’avais dû faire à faux le trajet mairie-rue du Jard, tandis que les obus pleuvaient, pour aller inutilement attendre… leur enlèvement.

J’étais exaspéré.

Aujourd’hui, j’ai poussé un soupir de soulagement en voyant enfin arriver, alors que je me tenais prêt pour la troisième fois, l’homme qui avait pour consigne de charger les caisses dans sa voiture – et je lui ai souhaité bon voyage avec satisfaction.

Mais on ne m’y reprendra plus à rendre des services de ce genre !

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

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Henri Abelé

Mardi 9 – Nuit tranquille. Visite de M. Henri Abelé. des officiers lui ont dit que l’on amenait autour de Reims 225 (1) canons de 105, avec des munitions pour 1000 coups chacun. Chaque jour on fabrique en France 80000 obus. 40000. sont envoyés sur le front et emmagasinés et mis en réserve. Le Père Screpel dit que Pie X est apparu à une religieuse digne de confiance, et lui a dit que la Victoire n’était pas si loin qu’on le pensait ; et quelle se produirait de telle manière qu’il serait manifeste à tous qu’elle viendrait de Dieu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

(1) Il n’existe pas de canons de 105 mm à cette date dans l’armée française. Peut-être s’agit-il de canons anciens de 120 mm du système de Bange mais leur présence serait plus probable à l’Est de Reis ou sera lancée la première offensive de Champagne le 16 février 1915 (voici des officiers bien bavards !). La production quotidienne d’obus de 75 qui était de 10000 en 1914 va attendre 150000 en 1915 pour culminer à 230000 en 1917 et 1918. En 1915 on fabrique 3600 coups de 155 par jour et 460 de 220


Eugène Chausson

9/2 – Mardi – Beau temps dès le matin, les aéros circulent sur Reims, on leur expédie de nombreux obus. A midi, c’est assez calme. C’est toujours les mêmes cantons qui supportent le choc, 2e, 3e et 4e canton. Nuis assez calme. Ce jour, l’après-midi la (XX), par autorité militaire, a donné l’ordre de fermer les cafés les 10 et 11 courant. Conseil de révision au Pont de Muire.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


collection : Jean-Claude Thuret

collection : Jean-Claude Thuret


Mardi 9 février

Duel d’artillerie à Guinchy, près de la Bassée. A Carency, prise d’une tranchée allemande par nos troupes: ses défenseurs sont tués ou capturés. A la Boisselle, l’ennemi après avoir fait exploser des fourneaux de mines avait lancé des troupes à l’assaut de nos positions : ces troupes avaient été arrêtées. Une contre-attaque exécutée par une de nos compagnies a ensuite brillamment réussi. Les Allemands ont laissé 200 morts sur le terrain.
En Champagne, tir efficace de notre artillerie. Au nord de Massiges, nous enrayons une attaque; au nord de Mesnil-les-Hurlus, nous nous emparons d’un bois; nous refoulons une attaque à Fontaine-Madame dans l’Argonne, et une autre à Bagatelle dans la même région.
La lutte sur le front oriental continue à se dessiner en faveur des Russes (Bzoura, Borgimoff, Carpates). Un de leurs corps d’armée a fait 10000 prisonniers austro-hongrois dans les montagnes. En Bukovine seulement, ils ont dû se replier en attendant l’arrivée de leurs renforts.
La Bulgarie a emprunté 150 millions à 71/20/0 à Berlin et a Vienne. Elle touchera 75 millions tout de suite et le reste par quinzaines.
Le peuple allemand murmure d’autant plus contre le rationnement qui lui est imposé pour le pain, que le prix de la bière renchérit, en même temps que les cours de toutes les denrées.
La presse de Rome dénonce les mauvais traitements infligés aux Italiens à Trieste et dans le Trentin.

 

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Mardi 2 févier 1915

Cardinal Luçon

Mardi 2 – Nuit tranquille. Visite à l’Ambulance Sainte-Geneviève.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Chausson

2 – Mardi. Toujours temps gris, un peu de gelée.

Dès 8 h du matin nos grosses pièces commencent à faire furie. à 1 h du soir, arrivé du 274e de ligne qui entre par le pont de Muire, tambours et clairons en tête, c’est impressionnant et peut-être un peu téméraire ; mais il y a si longtemps que l’on n’a entendu des tambours et clairons français que l’on se réjouit quand même. La même chose se produit au retour de leur marche en ville.

Pas d’obus ce jour, nuit calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


collection : Jean-Claude Thuret

collection : Jean-Claude Thuret


Mardi 2 février

Combat d’artillerie très vif dans le Nord. Nous brisons, par des feux combinés d’artillerie et d’infanterie, une attaque allemande, près d’Ypres. Nos canons détruisent des ouvrages ennemis sur tout le front de l’Aisne. Près de la Bassée, nous infligeons de fortes pertes à nos adversaires que nous contraignons à la retraite. En Argonne, ils déploient, mais sans résultat, une grande activité dans la région de Fontaine-Madame et dans le bois de la Grurie. La neige qui tombe en Alsace arrête les opérations.
M.Lloyd George, le chancelier de l’Échiquier, est venu à Paris pour rencontrer avec MM. Bark et Ribot. Les trois ministres des Finances de la Triple Entente vont examiner les intérêts financiers communs.
Les Turcs, avant d’évacuer Tauris, ont pillé la ville et les sanctuaires des environs.
La consommation du pain est désormais limitée à Berlin par décision du bourgmestre de la ville.
Un nouveau vapeur anglais a été coulé en mer d’Irlande par un sous-marin allemand.
On apprend que le baron Burian, au cours de ses entretiens avec Guillaume II et le chancelier allemand, avait soulevé la question de la paix. Il s’est résigné à la guerre à outrance sur la promesse qui lui a été faite qu’un million d’Allemands seraient envoyés au secours de la Hongrie.
M. Giolitti dément les intrigues qui lui ont été prêtées et qu’il aurait nouées avec le prince de Bulow.
L’invasion de la Serbie semble improbable – du moins pour le moment – les crues des rivières arrêtant l’armée austro-hongroise.

 

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Mercredi 18 novembre 1914

Abbé Rémi Thinot

18 NOVEMBRE – mercredi –

Conduit, de 3 heures à 4 heures 1/2, le Cardinal qui voulait faire un tour dans la cathédrale. Il voulait voir les revers brûlés. Je l’ai fait monter au grand orgue… Il a paru très intéressé.

J’ai besoin de la revoir de temps en temps. Personne n’a de raisons comme moi pour désirer la revoir ! Je m’ennuie quand il y a quelque temps que je ne l’ai pas revue…

Lui ai causé de la lettre du Pape. Il proclame qu’elle est remarquablement insignifiante… Le Cardinal Casquet, qui a été la route d’envoi s’en excusait en l’adressant. Le Pape n’a pas voulu se compromettre. Le Cardinal désirerait lui faire adresser quelques photographies bien caractéristiques des ruines accumulées par cet incendie. Il pense que quand Benoit XV tiendra notre rapport, il changera d’avis.

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à ReimsAvant en 2017 pour numérisation et diffusion par Gilles Carré.

Paul Hess

Vers 10 h, la nuit dernière, un éclair précédant le sifflement et l’éclatement d’un obus tombé bien près, nous avait inquiétés. A 3 h du matin, la détonation sourde d’un autre départ, au loin, se faisait entendre et quelques secondes après, arrivait, en sifflant fortement, un nouveau projectile qui, s’enfonçant probablement dans la terre d’un jardin à côté, n’éclatait pas.

Comparativement à la précédente, la nuit a été, à part cela assez bonne.

– Température le matin, 4° au-dessous de zéro.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 18 – Aéroplane, bombes, canonnades active.

Réception des épreuves de la Lettre collective des Cardinaux aux Évêques pour Prières publiques.

Nuit tranquille (17-18). Visite à la Cathédrale.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Paul Dupuy

Mercredi 18 La nuit passée a été d’une absolue tranquillité et a permis de bien reposer, compensant ainsi l’insomnie de la précédente.

Il est heureux qu’on n’ait pas été obligé de la couper par une descente au sous-sol, car l’épaisse couche de givre qui, au réveil, couvre les toits prouve qu’elle a été très froide.

À 8 heures, nos gros canons donnent avec une violence et une sonorité non encore entendues ; les détonations sont tellement fortes que la maison en est toute secouée et on se demande si les vitres pourraient supporter longtemps un pareil ébranlement.

Heureusement, cela dure peu, et dans son ensemble la journée est assez paisible.

À 17H3/4, au lieu de Félicien attendu c’est M. Jacques Charbonneaux que j’introduis en cuisine. Un mot du gendre l’accrédite près de moi et lui donne qualité pour recevoir les titres et coupons qu’on me dit de lui confier ; le tout est pour remettre à sa tante Mme Jules Benoist qui, retournant demain à Épernay, veut bien se charger de les porter à C. Lallement.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires


Eugène Chausson

18 – Mercredi – Temps superbe, forte gelée. Ce jour, révision au Pont de Muire de la classe 1915. A cet effet s’attache peut-être le tapage infernal qui a eu lieu dès le matin. Canonnade et aéro tout est en marche avec fureur. Enfin, vers 9 h matin, un peu de calme relatif et non complet car on tire toujours un peu le canon et quelques aéros. Nuit assez calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Merci à Marie-Lise Rochoy, sa petite-fille pour avoir mis en ligne ce beau carnet visible sur ce lien


Victime civile de ce jour à Reims

  • CRUPEAUX André Edmond   – 28 ans, Soldat – 132e R.I. [Infanterie] Mort des suites de maladie contractée en service, rémois d’origine
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