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Samedi 23 février 1918

Louis Guédet

Samedi 23 février 1918                               

1261ème et 1259ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Temps très doux, brumeux, pluvieux. Cette nuit mal dormi, j’ai trop d’émotions, et je suis brisé. Adèle est toujours souffrante et ne sait ce qu’elle a et se tourmente. Cette nuit elle voulait avoir la scarlatine !!

Vu Carbonneaux, de la Maison Charles Heidsieck, qui accepte de m’évacuer mes vins (3 500 bouteilles) de la rue de Chativesle, 20, ancienne maison de Mme Gambart, dans leurs caves de vins de Champagne 16, rue de la justice. Je serai plus tranquille, d’autant que les Clignet qui couchaient à côté de ma cave sont sans doute partis ! Alors! En attendant Carbonneaux mettra un ouvrier en garde. Quand cela sera fini ce sera un soulagement pour moi.

Mardi Bauler viendra voir à ma vaisselle et aux quelques objets que je vais évacuer, ce sera la fin. Le reste restera à la Grâce et à la Garde de Dieu ! Je n’aurais plus ainsi qu’à partir, s’il le fallait, avec ma valise.

Hier au Crédit Lyonnais j’avais ouvert 51 coffres, dont 19 vides, 2 vidés par les locataires qui sont venus durant les opérations (il était temps). Reste donc 30 qui sont partis à Paris.

6h1/2 soir  Après-midi mouvementée. Parti à 2h1/2 porter mon courrier, de là été à la Ville pour répondre à l’appel de M. le Capitaine Linzeler qui s’occupe des évacuations. La commune y a travaillé jusqu’à 5h du matin. Il faut encore revoir la liste car on doit encore trouver 1 500 noms à évacuer !…

Causé un instant avec Guichard et Houlon. On me fait espérer que je garderai Lise avec Adèle. J’en suis heureux pour Lise qui voyait avec effroi la perspective de quitter Reims. Ce serait sa mort du reste. Enfin, à la Grâce de Dieu. De là je vais à l’archevêché voir le Cardinal Luçon pour lui demander de vouloir bien condescendre à être membre correspondant de la société du Vieux Reims sur la demande de M. Krafft, Président de cette société. Tandis que nous devisions ensemble dans son cabinet un bombardement commença, et un obus vint couper un arbre au fond du jardin, faisant voler les vitres des fenêtres dont les éclats nous couvrirent. Nous descendîmes à la cave quelques minutes, puis je revins ici en hâte. Rue Chanzy une âcre fumée, vers la rue du Couchant. Je rétrograde, craignant que ce soit des gaz, un soldat me le crie du reste. Je descends la rue Libergier et arrive à la maison 1/2 heure après, étant descendu dans notre sous-sol pour me remettre de mes émotions et travailler un peu. Paf !! un obus touche à 50 mètres d’ici, au coin de la rue Boulard et de la rue Brûlée. Une fumée terrible qui traîne jusqu’à notre rue et allume du feu. Nous mettons nos masques, bref…  qu’une émotion et pas de dégâts. Quelle rage leur a-t-il pris ? Quel déboire leur est-il arrivé ?

Mon Dieu protégez-nous !… Adèle va mieux, le médecin l’a vue. Rien de contagieux comme elle le craignait. Bref, un peu de surveillance et régime. Tous ces derniers événements, évacuation, etc…  tout cela l’a remuée. Et il y a de quoi. Mon Dieu quand tout cela sera-t-il fini !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 février 1918 – Le vent est bien à l’évacuation — mais à une évacuation qui prend tout de suite un caractère différent de celle ordonnée en avril 1917.

A cette époque, des affiches avaient conseillé le départ des vieillards, des enfants, de ceux qu’aucune fonction ne retenait à Reims, mais les épouvantables bombardements commencés le 6 avril, à eux seuls, n’avaient pas été sans contribuer pour une bonne part, à réduire sensiblement le chiffre d’une population au moins trois fois plus importante qu’elle ne l’est actuellement, et, petit à petit, par la suite, la prolongation d’une situation terrible avait fait le reste.

Aujourd’hui, la fraction des habitants restée malgré tout, est beaucoup plus irréductible. Habitués au danger ou confiants, de­puis toujours, en la proche libération de Reims, nos concitoyens ou concitoyennes ne se résoudraient pas à quitter la ville sur un simple avis placardé sur les murs ou inséré dans le journal.

L’autorité militaire dirige, cette fois, l’opération.

Les capitaines Linzeler et La Montagne ont passé la plus grande partie de la nuit dernière à la mairie, examinant de près les listes de recensement, afin d’y noter les noms des personnes à évacuer et ce matin, ils sont revenus pour donner toutes indica­tions à la police.

La journée presque tout entière s’écoule encore à la mise sur pied de directives précises, en collaboration avec l’administration municipale, et le soir, le personnel de la mairie disponible, est sollicité d’aider le service de la police à remplir des ordres de dé­part, car il s’agit d’aller vite.

En l’absence de M. Raïssac, secrétaire en chef de la mairie, qui vient de subir une grave opération, du commissaire central et de son secrétaire, en congé tous les deux, les officiers ont dû pro­céder eux-mêmes à la préparation d’un travail délicat et le premier résultat ne leur donne pas satisfaction, quant au nombre des par­tants, lorsqu’ils en totalisent le chiffre. Ils vont réviser leur désigna­tion des premiers à éloigner. C’est à recommencer.

Sur de nouvelles données, on se remet à l’ouvrage ; il est en­fin terminé à 23 h.

Voici le libellé des ordres de départ :

Exécution de l’arrêté du général commandant l’armée

en date du 20 février 1918

Ordre de départ

M……………………………………………………………………………….

M »* ……………………………………………………………………………..

Demeurant rue…………………………………… n°…………….

se rendra le lundi 25 février 1918, à … heure, à la place d’Er- lon, avec les bagages dont le transport est autorisé (30 kg. au maximum par personne).

Des voitures les achemineront vers la gare d’embarque­ment.

Reims, le 23 février 1918. La commission municipale

En vertu des ordres de l’autorité militaire, aucune éva­cuation ne pourra se faire dans les communes au nord de la Marne.

Ces ordres devront être distribués demain dimanche 24 fé­vrier, dans la matinée ; l’heure du départ, pour lundi matin 25, est fixée à 4 h.

L’Éclaireur de l’Est, reproduisant son insertion d’hier, rela­tivement à l’évacuation, la fait suivre de cette note :

Communication de la commission municipale.

Ne pourront être autorisés à rester à Reims, que les per­sonnes « indispensables » :

  • pour les services publics ;
  • pour la garde des caves, des usines et de propriétés privées ;

Aucun enfant de moins de 16 ans ne pourra rester, ceux dont les parents ne partiraient pas, seront accompagnés en convoi spécial.

Les partants pourront emporter 30 kg de bagages par tête ; le transport est gratuit jusqu’à destination.

Les mobiliers des personnes évacuées auront la priorité pour l’expédition dans les conditions ordinaires.

—   D’autre part, le journal mentionne, sous sa rubrique : « Le bombardement », plus de 500 obus, dans la journée du 21, entre 14 et 17 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 23 – Nuit tranquille, sauf un coup de chien de 7 ou 8 bombes tout près d’ici vers 9 h. + 8°. Temps couvert. Via Crucis in Cathedrali à 8 h. matin. Visite du Commandant Comte de Clermont-Tonnerre, celui qui a fait un soir une Conférence aux Chapelains ; il est à Rilly. Visite de Madame Ricou, de Cholet-Angers et de deux autres Dames de Nantes, infirmières à l’ambulance de Sapicourt. 3 h. Bombes sur batteries ; une très bruyante pas très loin de nous. Vers 4 h., visite de M. Guédet, pour l’Association des Amis du Vieux Rheims. Bombardement pendant la visite, un obus tombe sur le bouleau du jardin et le brise ; laboure la pelouse, et fait tomber toutes mes vitres. Plusieurs éclats dans ma bibliothèque, dans les persiennes de la porte. Nous sommes préservés, je ne sais comment, probablement par le mur qui est entre la porte et la fenêtre. « Il ne fait pas bon chez vous »… M. Guédet, et nous descendons à la cave. Nuit assez agitée jusqu’à minuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 23 février

Violentes luttes d’artillerie sur l’ensemble du front, principalement dans les régions de la forêt de Pinon, Chevreux, Californie, Butte du Mesnil, Hartsmannswillerkopf et la Doller.
Sur le front britannique, canonnade vers Saint-Quentin et la route Arras-Cambrai, au sud et à l’ouest de Lens, au sud d’Armentières et à l’est d’Ypres. Les Anglais ont étendu assez sensiblement leurs lignes.
Les forces britanniques ont occupé Jéricho, en Palestine.
Sur le front italien, lutte d’artillerie du Stelvio à l’Astico et particulièrement vive sur certains points du front.
Les batteries de nos alliés ont exécuté des concentrations de feux sur des troupes ennemies, dans les environs de Foza et sur les pentes nord-ouest du mont Grappa. Elles ont combattu énergiquement l’artillerie ennemie dans le secteur val Feanzela-val Brenta. L’adversaire a battu plus fréquemment les pentes sud-est du Montello.
Des explorateurs ennemis ont été repoussés aux Graves.
Une patrouille anglaise a eu un engagement avec un groupe important adverse.
Les journaux officieux allemands disent que l’Allemagne tardera avant de répondre à l’offre de paix russe et qu’elle exigera la Livonie et l’Estonie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Jeudi 31 janvier 1918

Louis Guédet

Jeudi 31 janvier 1918

1238ème et 1236ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Du brouillard, assez intense. Il n’a pas gelé ou bien peu. Froid pénétrant. Hier soir je suis descendu au sous-sol vers 5h3/4, cela bombardait et les éclaboussures venaient  jusqu’ici. C’était plus prudent, cela a duré jusqu’à 9h du soir avec des intervalles assez irréguliers. C’était de gros morceaux, malgré moi j’étais impressionné. Je n’ai plus la même résistance qu’il y a 3 ans. Quand cette vie-là cessera-t-elle. On est bien las.

Cet après-midi audience de Réquisitions militaires.

6h1/2 soir  Rien de saillant ce matin. Courrier assez chargé. Lettre de ma chère femme qui s’inquiète toujours de nous 3 (Jean, Robert et moi). Je donne mes signatures et j’écris mes lettres avant midi, car à 2h j’ai mon audience de Réquisitions militaires avec ce brave Raux. Il me dit du reste qu’on lui reproche d’être trop conciliant, et que peut-être on me donnerait un sous-intendant plus dur. Ce à quoi je lui ai répondu que ma fonction, mon rôle deviendrait très facile dans ce cas : Toutes les fois que je serais compétent je donnerais le maximum au prestataire, et en cas d’incompétence je rendrais un jugement d’incompétence. Les affaires iraient très vite. Il pourra rapporter cela à ses supérieurs (rayé)!!

En passant à la Poste vu Beauvais qui me dit que le Sous-préfet est toujours assez souffrant. Après l’audience je vais acheter un journal. Je rencontre le Docteur de Bovis et Houlon. Le docteur me donne des nouvelles de Raïssac qui va bien, mais il faut attendre. Houlon m’accompagne jusqu’à l’archevêché où j’ai à faire pour une fondation Herbeux d’Epoye et pour le Vieux Reims qui désire avoir le cardinal comme membre correspondant. Houlon passe à la Permanence Croix-Rouge, rue de Vesle (Maison Luzzani) pour voir à m’enlever mes archives à la consigne à Épernay où je les ferai suivre quand j’irai à St Martin. Chose convenue pour partie.

Nous remontons la rue du Cardinal de Lorraine et en route Houlon m’apprend que Guichard lui a fait avoir dit qu’il allait avoir son ruban incessamment avec Hoël et Sainsaulieu, qui remue ciel et terre pour la décrocher(Rayé)??

A l’archevêché je quitte Houlon et entre, il était vers 4h3/4 à peine, causons, rions avec l’abbé Lecomte qu’un arrosage arrive. Nous descendons dans les sous-sols de l’Hôtel Henri Lucas où viennent nous rejoindre Mgr Neveux et Son Éminence le Cardinal Luçon. Nous causons tout en attendant la fin de la rafale. Le cardinal dans un fauteuil, moi assis sur une malle, l’abbé Lecomte sur une chaise et Mgr Neveux debout assez nerveux. L’entourage est plutôt peureux (concierge, religieuses, valet de chambre, ce dernier voulant absolument que nous ayons des gaz !) Cela tape dur néanmoins. Au bout de 3/4 d’heure je me décide, malgré leurs instances, à partir. Du reste l’arrosage a cessé. Rentré à 5h1/2. Je travaille et me décide à descendre en sous-sol à 6h1/2.

Adèle n’est pas rentrée ce qui ne m’étonne nullement. Elle ne rentrera que demain ou après, sachant que je ne partirai que vers le 6.

Le bombardement a eu lieu vers rues Chanzy, Gambetta, Gerbert, Orphelins comme hier du reste. Que cherchent-ils de ce côté ? Les journaux annoncent un raid d’avions allemands sur Paris. A grand tam-tam, Paris s’est couvert de gloire !! Je demande que les Parisiens viennent ici durant un mois !! Il y aurait eu des bombes Gare de l’Est, mon beau-frère a dû faire dans ses culottes, la Banque de France et Pantin. Grands incendies… Attendons à demain pour être entartinés.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

31 janvier 1918 – Bombardement à peu près du même genre que ceux des deux jours précédents — avec mélange d’obus à gaz — commencé à 16 h 3/4. Nombreuses explosions d’arrivées.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Nuit tranquille pour la ville à partir de 10 h. 30 ou 11 h… 0°. Temps couvert, brouillard. Visite à Saint-Remi, à Saint-Maurice, trouvé personne. Retour sous les obus dont les éclats pleuvent par les rues et sur les maisons. Très violent bombardement de 4 h. à 5 h. Descente à la cave, où je trouve M. Guédet. Nuit tranquille à partir de 9 h. 1/2. Bombardement de Paris par avions : 45 à 50 victimes tuées.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 31 janvier

Assez grande activité des deux artilleries dans la région de la Miette, sur le front du bois des Caurières et en Woëvre.
Un coup de main ennemi au nord de Seicheprey n’a pas donné de résultat.
Deux avions allemands ont été abattus par nos pilotes et trois sont tombés dans leurs lignes avec de grosses avaries, par suite de combats.
Sur le front britannique, une patrouille de nos alliés a attaqué avec succès un poste allemand au nord-est d’Havrincourt. Une partie de la garnison a été tuée ou capturée.
Des rencontres de patrouilles vers Bullecourt ont permis à nos alliés de faire subir des pertes à l’ennemi et de lui enlever une mitrailleuse.
En Macédoine, actions d’artillerie dans la boucle de la Cerna et au nord de Monastir. Grande activité des aviations alliées qui ont exécuté de nombreux bombardements au nord de Monastir, dans la vallée du Vardar, et dans la région du lac de Doiran.
Les troupes italiennes ont enlevé à l’ennemi des positions fortifiées à l’ouest du lac Frenzela et plusieurs passages des montagnes ainsi que le mont del Val Bella. Deux divisions ont été anéanties.
Le butin comprend 100 officiers, 2500 hommes prisonniers, 6 canons de gros calibre, 100 mitrailleuses, plusieurs milliers de fusil. 17 avions ennemis ont été abattus.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 16 janvier 1918

Louis Guédet

Mercredi 16 janvier 1918

1223ème et 1221ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Tempête toute la nuit jusqu’à 4h soir, la pluie heureusement a abattu cette rafale. Rien de saillant. Quelques courses. Vu Becker agent de change, la supérieure du Bon Pasteur, 48, rue Gambetta, qui m’a chaudement félicité. Quelques lettre de félicitations, notamment de l’Évêque de Dijon Mgr Landrieux qui a eu un accident, chute la nuit qui lui avait fendu le nez. Il est mieux. Répondrai demain. Visite de S.E. le Cardinal Luçon et Mgr Neveux, causé longuement. Rencontré M. Baudet de la Maison Pommery (Victor Baudet, fondé de pouvoir de la Maison Pommery (1859-1921)) qui m’a chaudement félicité aussi, il me conduit à l’Hôtel de Ville où j’avais à faire. Rentré mettre un peu d’ordre à mes affaires, je vais aller faire signer mon contrat, je ne sais à quelle heure je rentrerai, restant à dîner. Lettre de ma chère femme, heureuse d’avoir de bonnes nouvelles des 2 grands et des galons de Jean.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 16 – + 11°. Tempête toute la nuit. Canonnade de 9 h. à 10 h. soir (de mardi à mercredi). Visite à M. Guédet ; à l’Assomption ; à l’Espérance rue Chanzy.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 16 janvier

Sur la rive droite de la Meuse, actions d’artillerie violentes sur le front Beaumont-bois des Caurières.
En Alsace, nos patrouilles ont ramené des prisonniers.
Sur le front britannique, un fort coup de main ennemi a été repoussé au nord-est d’Armentières.
Nos alliés ont pénétré dans des tranchées allemandes au nord de Lens, lancé des grenades dans les abris et ramené des prisonniers et une mitrailleuse.
Les aviateurs anglais ont exécuté en plein jour et avec le plus grand succès, un raid aérien en Allemagne. Ils avaient pris pour objectifs la gare et les usines de munitions de Carlsruhe, dans la vallée du Rhin. Une tonne et quart de projectiles a été jetée avec d’excellents résultats. Des explosions ont été observées dans le bâtiment et sur les voies de garage du grand noeud de voies ferrées du centre de la ville, dans les ateliers du chemin de fer et sur le noeud de voies ferrées de moindre importance. Les observateurs ont aperçu un très grand incendie dans les usines qui bordent la voie ferrée.
La défense anti-aérienne s’est montrée fort active. Les canons spéciaux ont tiré au-dessus des objectifs. L’escadrille britannique est rentrée tout entière sans avoir subi aucune perte.
Sur l’ensemble du front italien, actions intermittentes d’artillerie.
En Macédoine, action réciproque d’artillerie dans la région de Monastir.
Les aviations alliées ont exécuté avec succès des bombardements sur la voie ferrée de Séres à Drama et sur les établissements ennemis, dans les régions de Demir-Hissar et l’Allchar, au nord de Vetrenik.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Vendredi 11 janvier 1918

Louis Guédet

Vendredi 11 janvier 1918

1218ème et 1216ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Le dégel complet, il fait doux. Toute la journée je n’ai pas désemparé de répondre aux lettres de félicitations que je reçois. A midi j’en ai encore eu un lot de 40. En voilà 200 en 3 jours, au moins. Reçu le matin le fils Veith qui venait me causer affaires. Ils deviennent bien définitivement mes clients. Après-midi été à la Poste, de là chez Dor pour mettre le contrat de mariage de sa fille au point. Pris mon billet de voiture pour le 18. Passé chez Camuset banquier, prendre sa signature pour Bigot, mon confrère de Reims, filé d’ici à la première heure. De là rendu visite au bon abbé Camu. Poussé jusqu’à l’Éclaireur de l’Est où les braves et héroïques typos m’ont félicité d’une façon vraiment touchante, et rentré chez moi en passant par le Courrier de la Champagne pour prendre des enveloppes et commander des cartes pour remercier. L’ouvrier qui tient le magasin me dit qu’il avait appris ma décoration par un soldat qui lui avait dit : « Voilà M. Guédet décoré, maintenant il va quitter Reims ! » Mon brave litho a presqu’en…  guirlandé le fantassin !! « Vous ne connaissez pas notre juge de Paix ! Lui nous quitter ? Vous fouterez le camp de Reims avant qu’il ne la quitte !!! Sale embusqué !! » Çà a faillit tourner mal, mais le litho a clos l’incident en mettant à la porte l’embusqué !! (Rayé).

Rentré chez moi, trouvé une carte du bon abbé Divoir, qui venait s’assurer de la part de l’archevêque si c’était vrai ! Il est maintenant fixé. Demain je rendrai visite au Cardinal Luçon.

Lettre de mon Robert qui me félicite et me donne de ses bonnes nouvelles, ainsi que de celles de Jean. Que Dieu les protège !

Je suis surtout très touché des manifestations des ouvriers, des humbles qui me félicitent avec ne simplicité charmante. A l’Éclaireur un typo n’ose me tendre sa main toute noire et me tend son petit doigt. Je lui prends la main en lui disant : « Une main d’ouvrier ne salit jamais !! » Lui de me répondre : « Oh ! M. Guédet, nous savons bien que vous nous aimez et nous comprenez, aussi votre décoration nous a fait tous plaisir ; car vous l’avez bien méritée ! » Et tous paraissent enchantés ! Ah ! pour qui sait connaître et deviner le cœur du peuple, de l’ouvrier, quel joli trésor de satisfactions !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 11 – Nuit tranquille. + 3°. Dégel. Visite de M. Guédet. Visite à M. de l’Epinière (transféré à Ormes) ; à M. le Sous-Préfet, non trouvé ; à M. le Doyen de S. Jacques. Donné Mandement de Carême. De 6 h. à 9 h. soir tir sur ravitaillement, 4 hommes tués et 3 chevaux, rue Jeanne d’Arc. Neige.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 11 janvier

Nous avons aisément repoussé un coup de main ennemi sur nos petits postes à la lisière ouest de la haute forêt de Coucy.
Activité réciproque d’artillerie en Champagne, dans la région des Monts et sur le front Bezonvaux-bois des Caurières.
Sur le front britannique, activité des deux artilleries en un certain nombre de points au sud de la Scarpe. L’artillerie ennemie s’est également montrée active au nord-est d’Ypres.
En Macédoine, activité d’artillerie réciproque à l’ouest du lac Doiran. Patrouilles ennemies repoussées vers Stavavina (rive droite de la Cerna).
Sur le front italien, engagements d’importance secondaire.
Les Japonais ont envoyé un croiseur à Vladivostock.
Le message de M. Wilson est chaudement approuvé par toute la presse de l’Entente.
On parle en Allemagne d’une retraite de von Kuhlmann, qui serait imposée par le grand état-major.
Le roi d’Espagne a signé le décret de dissolution des Cortès.
Le Comité des Soviets russes a reconnu l’indépendance de la République finlandaise.
Les délégués maximalistes et austro-allemands à Brest-Litowsk ont discuté de l’opportunité de transférer ailleurs le siège des pourparlers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 17 novembre 1917

Louis Guédet

 

Samedi 17 novembre 1917

1163ème et 1161ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Nuit calme. Temps gris bleuté élevé, froid. Je reçois à l’instant la lettre de M. Gilbrin, Directeur de la Banque de France de Reims, et qui doit être publiée par cette Banque.

Banque de France
Epernay 16 novembre 1917
Succursale d’Epernay                   

M.G.
A Son Eminence le Cardinal Luçon

Eminence,

J’ai l’honneur de vous adresser les prospectus du 3e Emprunt de la Défense Nationale qui doit avoir lieu du 26 novembre au 16 décembre.

En vous demandant de les envoyer également à votre clergé, la Banque de France vous serait particulièrement reconnaissante d’adresser un appel à vos suffragants et aux fidèles du diocèse qui ne resteront pas insensibles aux paroles éloquentes sorties de votre cœur de grand patriote.

Les mêmes paroles du Doyen des Cardinaux auront certainement un grand retentissement en dehors de votre diocèse et vous rendrez à nouveau, Monsieur le Cardinal, un grand service à la France.

Daignez agréer, Éminence, le respectueux hommage de votre dévoué serviteur.

Le Directeur de la Succursale de Reims
Gilbrin
25, rue Radziwill – Paris 1e

Je porterai cette lettre au Cardinal cet après-midi vers 2h.

5h1/2 soir  Peu de courrier et rien appris. Vu tout à l’heure S.E. Mgr Luçon pour lui remettre le pli de la Banque de France ci-dessus copié « in extenso ». Le cardinal a toujours été affectueux…  mais j’ai deviné que cette démarche de Gilbrin et Dubosc d’hier l’avait un peu gêné (ce que m’a confirmé l’abbé Lecomte que j’ai vu après) et voici pourquoi : Ces Messieurs demandaient une lettre, un mandement qui peut être interprété par eux comme un appel de la part de Mgr Luçon à tout le clergé et l’Épiscopat de France, or le Cardinal m’a dit très nettement qu’il ne pouvait faire cela, et c’est ce que n’ont pas compris Gilbrin et Dubosc. J’écris à ceux-ci pour leur faire bien sentir cette nuance. En tout cas la lettre sera faite et envoyée à tout le clergé du diocèse. C’est le principal. Le reste sera une question de doigté de la part de la Banque de France, et comme je l’écris à M. Gilbrin à celle-ci de monter que sa diplomatie peut égaler la diplomatie romaine. En quittant le cardinal vu l’abbé Lecomte avec qui j’ai mis l’affaire au point, et à qui j’ai pu dire plus facilement et sans fard ce que la Banque de France voulait et obtenir de lui déjà l’esprit de ce que sera l’esprit de cette lettre dans le cerveau du Cardinal Luçon. Bref çà ira. Çà colle… Et puis je veillerai au grain.

Rentré de ce pas chez moi. Rien d’extraordinaire dans les journaux, si ce n’est la constitution définitive du ministère Clemenceau. C’est Nail, député du Morbihan, avocat, qui devient Ministre de la Justice (Louis Nail, radical socialiste, décédé accidentellement après avoir été renversé par une voiture à Paris (1864-1920)). (Rayé). Souhaitons que Clemenceau montre sa poigne et sabre toute cette bande, Caillaux, Bolo, Turmel et Cie.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 17 – Nuit tranquille. + 6°. Brouillard ; visite de M. Guédet pour l’Emprunt.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 17 novembre

En Belgique, les Allemands ont tenté d’enlever l’un de nos points d’appui au nord de Veldhoek. L’attaque a complètement échoué et a valu des pertes sensibles à l’ennemi.
Sur le front britanniqne, un coup de main a été exécuté avec succès au nord-est de Sampoux par des troupes du Worcestershire.
Les Italiens ont tenu sur tout leur front, du Stelvio à la mer et même contre-attaqué sur plusieurs points. Ils ont tendu sur la Piave de larges inondations qui ont arrêté l’ennemi.
Les troupes britanniques de Palestine sont arrivées à 5 kilomètres de Jaffa et menacent de plus en plus Jérusalem.
Le cabinet Clemenceau s’est constitué.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Clemenceau

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Mardi 9 janvier 1917

Louis Guédet

Mardi 9 janvier 1917

850ème et 848ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Tempête de neige fondue, sale temps triste et sombre comme tout ce qui nous entoure. Fait quelques courses ce matin. Rendu visite au Cardinal Luçon après-midi. Causé longuement. Ayant affleuré la conversation sur un article de journal disant que le Pape avait demandé au Kaiser de laisser réparer la Cathédrale et de prendre l’engagement de ne pas tirer sur les travailleurs, son Éminence m’a déclaré qu’il était obligé de garder le secret sur cela…  mais qu’il y avait du vrai…  Il n’y avait pas à insister, mais il m’a dit qu’il avait déjà songé depuis longtemps et que par un intermédiaire il en avait fait parler à Paris, mais que le Gouvernement n’avait pas voulu, parce qu’il ne voulait pas demander quoique ce soit à l’Allemagne qui put donner à celle-ci prétexte de dire qu’on tentait de causer indirectement avec Elle. C’est juste. Demain matin allocations militaires. Service à la Caisse d’Épargne comme administrateur, et après-midi réunion du Conseil de Fabrique à 2h à l’archevêché…  la première depuis la Guerre !!

J’ai trouvé le Cardinal moins confiant que naguère, il croirait presque à une paix boiteuse, cela m’a surpris. Comme je lui disais que ce serait regrettable et dangereux, il m’approuvait mais il répliquait qu’en raison de l’épuisement de tous les belligérants, il craignait qu’on ne traitât trop tôt, et comme moi malgré tout il affirmait qu’il fallait que l’Allemagne fût abattue sans rémission, mais il craignait qu’on ne le puit…  à moins d’un miracle. C’est ce que je crois qui arrivera bientôt. Il le faut ou alors tout espoir serait perdu et adieu l’Existence de la France. Qui vivra verra ! mais il faut que ce soit bientôt…  tout de suite !!…

Vu aussi la Supérieure du Bon Pasteur, qui (comme je lui déclarais que devant partir pour Paris samedi je devais absolument être rentré à Reims pour le 17 janvier,) se mit à sourire et me dit : « Ah ! vous voulez être rentré pour l’anniversaire de Pontmain (apparition de la Vierge le 17 janvier 1871 à Pontmain en Mayenne), et voir si ce qu’on dit arrivera, c’est-à-dire la fin de la Guerre comme en 1871… !… »  Je lui ai répondu que je ne croyais pas cela possible, attendu qu’il fallait que nous soyons Victorieux et en Allemagne, et nous ne sommes ni l’un ni l’autre, et ce n’est pas en 8 jours que semblable chose précise arrivera. Rentré chez moi travailler.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 9 – Nuit tranquille, + 2°. Neige. A 3 h. canon français, riposte allemande entre batteries. Visite de M. Guédet, et de M. Thulié. 4 h. bombes sifflantes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 9 janvier

Rencontres de patrouilles dans la région de Bouchavesnes et dans la forêt de Parroy.
Sur la rive droite de la Meuse, lutte d’artillerie assez active au pied des Côtes de Meuse. Nos batteries ont exécuté des tirs de destruction sur les organisations allemandes de la Woëvre et du bois des Chevaliers.
Journée relativement calme sur le reste du front.
En Belgique, sur tout le front de l’Yser, grande activité d’artillerie réciproque, particulièrement à Dixmude et Steenstraete.
La canonnade a beaucoup augmenté d’intensité sur le Carso. Des avions italiens ont opéré dans la région entre Nabresina et Trieste.
Les Russes ont pris 16 canons et 800 prisonniers allemands dans la partie nord de leur front occidental. Leurs avions ont bombardé Kovel. Les Allemands pensent que la reprise d’offensive de Broussilof se produira en Volhynie.
Les communiqués de l’état-major allemand annoncent la prise de Focsani, en Valachie, où 3900 hommes auraient été capturés.
Les ministres français et anglais sont revenus de la conférence de Rome; les ministres anglais ont continué leur route vers Londres.
Le Kaiser annonce la
guerre sous-marine sans restriction.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Bouchavesnes

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Lundi 28 février 1916

Louis Guédet

Lundi 28 février 1916

534ème et 532ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Nuit calme. Beau temps, avion, canon, voilà toute la journée. On n’entend aucun bruit du côté de Verdun où l’on se bat toujours disent les journaux. C’est une grande bataille, mais le vent n’est pas favorable pour que nous puissions entendre quelque chose. Rendu visite au Cardinal Luçon avec lequel j’étais fort en retard. Il a été très bon comme toujours, très affectueux pour moi. Je suis resté presque une heure à causer avec lui. Et en me quittant : « Je vous ai gardé longtemps pour que vous veniez me voir plus souvent, et que vous voyez bien que je ne vous en veux pas. » Conversation sur les événements actuels et toujours en reposant le même point d’interrogation : quand serons-nous délivrés … ?

Rentré chez moi pour travailler, mais je n’y avais pas le cœur, et puis je suis un peu inquiet, car je n’ai reçu aucune lettre de ma pauvre femme depuis samedi. Sa dernière lettre est datée du 25. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé, ni à ses petits. Je suis si impressionnable en ce moment, qu’un rien, un doute me fait souffrir beaucoup. Pourvu que je reçoive une lettre demain.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 février 1916 – Bombardement, de 16 à 17 heures, du côté des boulevards de Saint-Marceaux et Carteret.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 28 – Nuit tranquille sauf quelques grosses bordées de canon de temps à autre, spécialement vers 3 h. m. Température : + 3. Aéroplanes 7 h.1/2 ; tir acharné contre eux. 4 h. 1/2 terrible bombardement sur les batteries, boulevard de la Paix, dit-on, après passage d’un taube. Aéroplane. Visite de M. Guedet. Écrit au Cardinal Amette pour projet d’acte collectif.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 28 lévrier

Dans la région au nord de Verdun, nous avons continué à renforcer nos positions. Plusieurs attaques allemandes contre la ferme Haudromont (est de Poivre) et contre le bois d’Haudromont (est de Douaumont) ont échoué. Une autre attaque entre la hauteur de Douaumont et le plateau au nord de Vaux a également été repoussée. Les alentours de la position de Douaumont sont couverts de cadavres ennemis. Nos troupes enserrent des fractions allemandes qui ont pu y prendre pied et s’y maintiennent difficilement.
La cote du Talon rendue intenable par le bombardement des deux artilleries, n’appartient à personne. En Woëvre, prise de contact de l’ennemi avec nos avant-postes, vers Blanzée et Moranville.
Entre Soissons et Reims, nous opérons des tirs de destruction.
Dans les Vosges, nous brisons un assaut au sud-est de Celles (vallée de la Plaine); nous dispersons un rassemblement allemand près de Senones. Duel d’artillerie à l’Hartmannswillerkopf; nous bombardons les dépôts de ravitaillement de Stosswhir (vallée de la Fecht).
Canonnade sur le front italien. Essad pacha est arrivé à Rome.
De nouvelles séances tumultueuses ont eu lieu à la Chambre de Prusse.


En Champagne - Collection Patrick Nerisson

En Champagne – Collection Patrick Nerisson

 

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Mercredi 16 janvier 1918

Cardinal Luçon

Mercredi 16 – + 11°. Tempête toute la nuit. Canonnade de 9 h. à 10 h. soir (de mardi à mercredi). Visite à M. Guédet ; à l’Assomption ; à l’Espérance rue Chanzy.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 16 janvier

Sur la rive droite de la Meuse, actions d’artillerie violentes sur le front Beaumont-bois des Caurières.
En Alsace, nos patrouilles ont ramené des prisonniers.
Sur le front britannique, un fort coup de main ennemi a été repoussé au nord-est d’Armentières.
Nos alliés ont pénétré dans des tranchées allemandes au nord de Lens, lancé des grenades dans les abris et ramené des prisonniers et une mitrailleuse.
Les aviateurs anglais ont exécuté en plein jour et avec le plus grand succès, un raid aérien en Allemagne. Ils avaient pris pour objectifs la gare et les usines de munitions de Carlsruhe, dans la vallée du Rhin. Une tonne et quart de projectiles a été jetée avec d’excellents résultats. Des explosions ont été observées dans le bâtiment et sur les voies de garage du grand noeud de voies ferrées du centre de la ville, dans les ateliers du chemin de fer et sur le noeud de voies ferrées de moindre importance. Les observateurs ont aperçu un très grand incendie dans les usines qui bordent la voie ferrée.
La défense anti-aérienne s’est montrée fort active. Les canons spéciaux ont tiré au-dessus des objectifs. L’escadrille britannique est rentrée tout entière sans avoir subi aucune perte.
Sur l’ensemble du front italien, actions intermittentes d’artillerie.
En Macédoine, action réciproque d’artillerie dans la région de Monastir.
Les aviations alliées ont exécuté avec succès des bombardements sur la voie ferrée de Séres à Drama et sur les établissements ennemis, dans les régions de Demir-Hissar et l’Allchar, au nord de Vetrenik.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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