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Vendredi 8 mars 1918

Louis Guédet

Vendredi 8 mars 1918                                                 

1274ème et 1272ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Beau temps, j’ai la tête absolument vide. Toujours des cauchemars la nuit. Peu de courrier ce matin. Ecrit à Bossu qui me demande des nouvelles de Reims, au Procureur de la République de Reims pour mes audiences de réquisitions militaires. Je lui envoie en même temps 2 fragments des vitraux de la Cathédrale de Reims recueillis par moi le 19 septembre 1914. Lettre de Lorin qui me demande ce que devient et va devenir Reims. Je lui ai répondu, et puis c’est tout. Avec ce peu j’ai la tête en marmelade et je suis rompu de fatigue, d’émotions et d’angoisses.

L’Echo de Paris parle avec insistance de l’offensive sur Reims. Il ne manquerait plus que cela. Alors ce serait la disparition de notre pauvre cité, que nous avons défendue et cherché à sauver et faire survivre de ses ruines depuis près de 43 mois !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Nuit du 7 au 8 mars 1918 – Même genre de bombardement qu’au cours de la nuit précé­dente. Par séries de quinze à vingt, les obus s’abattent sur les bat­teries et dans le centre de la ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 8 – + 1°. Beau temps, soleil. Toute la nuit, notamment de 2 h. à 5 h., bombardement continu, intense, des batteries. Via crucis 7 h. 30 in Cathedrali. L’horloge intérieure de la Cathédrale, au transept, est démontée. On démonte la tuyauterie des deux Orgues. Visite au Bon Pasteur. Déménagement du mobilier. Les jours précédents de cette semaine déménagement chez nous des effets pour les pauvres, et des Archives. Vers 7 h. puis vers 9 h. bombardement violent des batteries (?) pas loin de nous ; reprise de 10 à 11 h. nuit. Me suis levé. Cette nuit, 8-9, deux obus au Bon Pasteur ; deux à l’Enfant-Jésus.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 8 mars

Bombardement assez violent de la région de Reims et vers Prunay.
Nous avons arrêté des coups de main ennemis en Champagne, dans le secteur des Marquises, dans les Vosges et dans la région du Linge.
Au Violu, assez grande activité des deux artilleries.
Des avions allemands ont bombardé la région au nord de Nancy. Pas de victimes.
De notre côté, nous avons abattu quatre avions allemands.
Notre aviation de bombardement a lancé 12.000 kilos d’explosifs sur les gares et dépôts de munitions de la zone ennemie.
Sur le front britannique, une tentative de raid ennemi, effectuée à la faveur d’un violent barrage d’artillerie, à l’est d’Epehy, a complètement échoué. D’autres détachements, qui tentaient d’aborder nos lignes au sud-est du bois Grenier et à l’est de Poelcapelle ont été également repoussés.
Activité de l’artillerie allemande dans la vallée de la Scarpe, à l’ouest de Lens et à l’est d’Ypres et grande activité dans le secteur de Neuve-Chapelle.
Sur le front de Macédoine, actions d’artillerie sérieuses sur le front Doiran-Vardar, au nord de Lomnica et dans la boucle de la Cerna. Nous avons ramené, par coup de main, des prisonniers bulgares.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Prunay

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Mardi 30 octobre 1917

Rue Buirette

Louis Guédet

30 octobre 1917

…Je le cloue en lui disant : « si vous êtes ici dans le foin avoir si si cée moi je viens de Reims qui est sans doute dans votre esprit la zone de l’arrière !!! » (Quelle brute !!) Donc je passe… !… Pandore dit avoir pris racine à l’entrée de Romigny tandis que je continue tranquillement ma route. J’arrive à Olizy (3h de voiture) vers 10h. Je trouve mon monde ou je noue connaissance avec les maîtres de céans. On signe le partage et l’on cause des événements. La mère d’un des héritiers Hédouin est une évacuée de Brimont qui a failli être fusillée le 17 septembre avec sa belle-fille parce qu’elle courait dans les rues de Brimont pour se sauver des bombes et de l’incendie ! Après explication on l’expédia à Chaumont-Porcien avec sa bru et son petit-fils, chez les parents de cette dernière. Celle-ci est encore là-bas avec son enfant, sans nouvelles de son mari qui est mobilisé… Cette vieille dame me disait que ce dont elle avait le plus souffert c’était du manque de nouvelles de France. Elle me confirme tout ce qu’on dit sur la méchanceté, la brutalité, la fourberie, le plaisir de torturer moralement des allemands.

Déjeuner ensuite. Déjeuner plantureux de campagne. Pâté de lapin, pigeons aux petits pois, salade et dessert. Tout cela délicieux. Ces braves gens ne se doutent pas du plaisir qu’ils m’ont fait, et aussi du bonheur qu’ils ont d’être à l’abri du danger. Je les quitte à 2h et reprend la route de Reims. A Romigny Pandore avait disparu, il était déraciné, le Pôvre !! Le long de la route est un vaste camp bondé de troupes. J’arrive à Reims à 5h1/4. Ces 6 heures de voiture m’ont fatigué. Roland mon cocher me demande 40 F pour ce voyage. J’avais un coupé 2 chevaux et n’ai pas eu froid, quoique le matin il ait givré et la bise d’Est était piquante.

En rentrant je trouve peu de courrier, je le règle en quelques instants. La pluie tombe en ce moment assez fortement. Le calme.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

30 octobre 1917 – Après une courte période de calme, pour le centre, des sif­flements inattendus se font entendre ce soir, à 21 h, tandis que je commençais à m’endormir.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 30 – + 1°. Nuit tranquille. Canon français vers 4 h. Beau temps, sans nuages. Visite au Bon-Pasteur, à l’Enfant-Jésus. Bombes vers 9 h. soir ; à 7 h. pluie.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 30 octobre

Au sud-est de Saint-Quentin, nous avons réussi un coup de main qui nous a permis de ramener des prisonniers et une mitrailleuse. Sur le front de l’Aisne, la lutte d’artillerie se poursuit assez vive dans le secteur, au nord de Vaudesson et vers Hurtebise. Nos détachements ont pénétré dans les tranchées allemandes en Argonne et sur la rive gauche de la Meuse et ramené une dizaine de prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, l’artillerie ennemie a bombardé violemment nos positions sur le front bois Le Chaume-Bezonvaux. Une attaque s’en est suivie. L’ennemi, refoulé par nos feux, n’a pu aborder nos lignes qu’en un seul point, au nord du bois des Caurières, où il a pris pied sur un espace de 500 mètres environ dans nos éléments avancés. Une contre-attaque immédiate de nos troupes nous a rendu la plus grande partie du terrain occupé et nous a permis de faire des prisonniers.
En forêt d’Apremont, une tentative de l’ennemi sur un de nos petits postes, n’a donné aucun résultat.
En Macédoine, activité moyenne de l’artillerie ennemie sur l’ensemble du front, plus vive au nord-ouest de Monastir. Rencontres de patrouilles sur la basse Strouma.
En Estonie, les Allemands ont évacué la presqu’î1e de Werder.
Les troupes italiennes se replient en arrière de Goritzia et de Cividale, selon le plan de l’état-major du général Cadorna.
Guillaume II a offert la succession de Michaelis au comte Hertling.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Rue Buirette

Rue Buirette

 

 

 

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Mardi 31 juillet 1917

Louis Guédet

Mardi 31 juillet 1917

1053ème et 1051ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Nuit assez calme. Temps lourd qui s’est terminé à partir de 1h par une pluie battante. Triste et lugubre journée. Je suis allé à l’Hôtel de Ville où en route j’apprends par Beauvais la décoration de la Croix de Guerre de Marcelot (chef fontainier du Service des Eaux), Speneux, Melle Luigi que je connaissais déjà, et celle de Palliet, pas enchanté, il aurait préféré le ruban rouge et du du Docteur Gaube (Joseph Gustave Raoul Gaube (1858-1950))!!! C’est raide quand on voit de Docteur Hoël mis de côté, lui qui n’a jamais quitté Reims, tandis que le Docteur Gaube lui s’est sauvé à l’arrivée des allemands, et n’est rentré que…  très tard !!! Enfin on en voit de drôles…

En arrivant je me heurte à Palliet que je félicité, alors de dire qu’il est furieux qu’on ait rien donné à ses subordonnés, etc…  etc…  criant même contre le Maire. Est-ce comédie ou réalité, on ne sait jamais avec ces policiers !! Je vois le Docteur Langlet, avec Raïssac, à qui je conte mon affaire de justice de Paix de Bossu qui a empêché à Leroux et Herbaux de me donner le soufflet de nommer un juge titulaire comme on essayait de leur faire faire. Il a parfaitement compris pourquoi je ne voulais pas quitter Reims et je crois qu’il m’en est reconnaissant. Il sait que si je tiens c’est pour que les quelques dirigeants restés ne se désagrègent pas petit à petit, et que le cœur de Reims palpite encore. Il m’apprend une bonne nouvelle, c’est que la question de l’évacuation de Reims est complètement et définitivement abandonnée par l’autorité militaire, sauf pour les indésirables. Je le quitte, et passant à la Poste j’y trouve Houlon qui me reconduit jusqu’à ma porte. Il grogne toujours contre le ridicule des décorations d’hier. (Rayé) qu’ayant ce qu’ils voulaient (rayé) vraiment trop (rayé)! et de fil en aiguille il me conte que la nouvelle décoration de Melle Luigi est la suite d’un conflit de l’autorité militaire avec Poincaré. Celui-ci avait décoré, comme on le sait, de la Croix de Guerre Melle Luigi et Mme Tonnelier, des Hospices, l’autre jour. Or ceci ne plut pas à nos galonnards à qui on n’avait pas, parait-il, soumis l’affaire. Alors pour faire sentir à mon Poincaré qu’il avait outrepassé ses droits, l’autorité militaire a fait paraître à l’Officiel la citation de Melle Luigi qui se trouve maintenant à la tête de 2 Croix de Guerre (rayé) en guise de (rayé). Quant à Mme Tonnelier, de ce fait se trouve avoir la Croix de Guerre sans l’avoir. Quelle comédie encore !

Mais quelle mesquinerie de tous ces autocrates galonnés !! Tu as décoré 2 femmes sans nous le dire de la Croix de Guerre, dont nous seuls avons le…  droit !!?? de disposer ? Eh bien ! tiens mon vieux Poincaré, nous n’en décorerons qu’une et te laisserons l’autre pour compte !…

Après-midi simple police à 1h1/2 avec Palliet comme ministère public. 79 affaires, dont 26 pour défaut d’autorisation de circuler à bicyclette. Il y en avait 3 qui étaient intéressantes, c’est que les gendarmes avaient saisis à Villemet et les 2 Goérand leurs bicyclettes, contre tout droit, mais elles leur avaient été rendues 15 jours ou 3 semaines après…  sans leurs accessoires qui avaient été barbotés !!! Malheureusement ces jeunes gens, tout heureux d’avoir leurs machines ne songèrent pas à faire des réserves pour leurs accessoires volés…  par les Pandores !! J’étais désarmé ! Une affaire Ménard, employé d’octroi, dont le chef, prévenu par téléphone que l’autobus Reims – Épernay était en panne à Montchenot, était prié d’aviser la Place pour qu’on envoyât du secours. Il demande à Ménard d’y de courir à la Place prévenir, et pour aller plus vite lui dit de prendre sa bicyclette à lui. En débouchant du Pont de Vesle mon Ménard tombe sur 3 Pandores, Toureng (à vérifier), Caen et Rossignol qui l’arrêtent, lui demande son autorisation de circuler à bicyclette dont il n’était nullement muni, puisqu’il n’avait pas de machine à lui ! Subséquemment on le gratifie d’un procès-verbal, bien qu’il explique que c’était pour le service et pour l’autorité militaire, Pandore fut impitoyable ! J’ai acquitté, cela va de soit. Le procès était du 15 juillet 1917.

Une bien bonne arrivée à un nommé Neu, de la Maison Krug. On le charge d’une course pour la Place, pressé-pressé. Des gendarmes qui cantonnaient à la Maison Krug, entendant cela, lui dirent qu’il n’arrivera jamais à temps, et lui offrent une de leurs bicyclettes. Il l’enfourche et au tournant d’une rue, Paf ! le voilà sur un Gendarme ! « V’savez autorisation d’circuler sur machine ? Hein, civil ? » – « Non ! » – « Ah, alors procès-verbal, scrogneugneu !! » – « Mais c’est un de vos collègues qui m’a prêté sa machine ! » – « M’en fout ! et puis pas de plaque, deux procès j’vous réitère !!… » Je n’ai qu’un regret, c’est que le Pandore n’ait pas suivi la machine. Têtes des confrères de la Maison Krug !! si cela fut arrivé !

Un autre est arrêté au Pont de Muire par le gendarme qui lui demande s’il a une autorisation de bicyclette. Il répond négativement. Le gendarme ne lui dit rien et le laisse partir pour Pargny. A son retour le même gendarme l’arrête de nouveau et lui donne Procès-verbal !! comme si celui-ci n’aurait pas dû arrêter l’homme lorsqu’il sortait de Reims en le prévenant que s’il sortait quand même il verbaliserait ! mais c’eût été trop simple, et…  trop honnête !…

Demain matin j’irai visiter cette pauvre Cathédrale qui, parait-il, a été fort abîmée encore hier…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 31 – + 16°. Nuit tranquille en ville. Au loin et sur les batteries, activité. Journée pluvieuse, assez tranquille. Vers 2 h. à 5 h. bombes au loin. Visite à la Visitation ; la Supérieure est venue de Paris, où les Sœurs sont réfugiées. Il n’en reste que trois ou quatre à Reims. Visite à l’Enfant- Jésus incendié la veille. Écrit au Vatican. Visite de M. Brousse, aumônier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 31 juillet

Lutte d’artillerie très vive dans la région Cerny-Craonne.
Les Allemands ont prononcé sur Hurtebise une attaque que nos feux d’artillerie et d’infanterie ont fait complètement échouer. Vive activité de l’artillerie sur la rive gauche de la Meuse, particulièrement dans la région de la cote 304.
Canonnade sur une partie du front italien. Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers.
Leurs hydravions ont laissé tomber des bombes et des mines sur les hangars de Presea, puis ils sont rentrés indemnes.
Un sous-marin allemand est entré avarié à la Corogne. Le gouvernement espagnol a décidé qu’il serait interné au Ferrol.
Les milieux militaires allemands manifestent une inquiétude croissante au sujet du bombardement qui se poursuit en Flandre. Gand a été bombardé par les aviateurs alliés.
Les troupes russo-roumaines ont encore avancé de quelques kilomètres entre les vallées du Cosinu et de la Putna. 6 nouveaux villages ont été occupés par elles. De nouveaux prisonniers ont été faits; une batterie d’obusiers a été capturée.
On annonce que von Kuhlmann aurait été nommé ministre des Affaires étrangères d’Allemagne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Source : collection Patrick Nerisson

 

 

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Lundi 30 juillet 1917

Cardinal Luçon

Lundi 30 – + 17°. Nuit tranquille ; de 11 h. à midi, bombardement. Entre 2 et 3 h. obus autrichien pas loin de nous ; éclats sur la maison. A 3 h. un obus atteint la tour sud ; fumée enveloppant la tour ; 2e obus chevet de la Cathédrale à 3 h. 35, 3 h. 38, 3 h. 41, 3 h. 44 et 47. (chaque trois minutes). Visite de 3 aumôniers : un de Nancy ; un autre du Poitou ; et le P. Laureng. Incendie de l’Enfant-Jésus. J’étais en train d’écrire au Cardinal Gasparri, lui racontant ce qui se passait concernant la Cathédrale, lui disant qu’au moment même où je lui écrivais on la bombardait. Tout à coup le tir change, et les obus tombaient sur l’Enfant-Jésus. Nous y courons. Les Pompiers sont là qui travaillent activement. Le feu a été mis au clocher, à la cha­pelle, d’où il s’est communiqué au corps de bâtiment contigu. On démé­nage le corps de bâtiment de la rue du Barbâtre. On sort les fauteuils, les tableaux encadrés. La Supérieure est là, qui fait compassion, et puis penser à la Sainte Vierge à la catastrophe du Calvaire. Les Allemands continuent de bombarder jusqu’à 8 h. Plusieurs obus sont lancés dans l’incendie. No­tre artillerie est muette (?).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 30 juillet

Les Allemands ont exécuté, à l’ouest de la ferme d’Hurtebise, une violente attaque, qui est venue se briser contre la vaillance de nos troupes. Par contre, nous avons engagé une attaque contre Hurtebise et la pointe sud de la Bovelle. Cette action nous a permis de progresser sur tous les points, notamment dans la région du Monument.
En Champagne, dans le secteur de Tahure, l’ennemi a exécuté un fort coup de main que nous avons repoussé.
Sur la rive gauche de la Meuse, après un intense bombardement, les Allemands ont tenté d’attaquer les tranchées récemment conquises par nous entre les bois d’Avocourt et la cote 304. La précision et la vigueur de nos tirs les ont arrêtés en leur infligeant de lourdes pertes.
Sur la rive droite, un coup de main ennemi sur les tranchées, à l’ouest de Moulanville, a subi le même et sanglant échec.
Les Anglais ont exécuté plusieurs coups de mains heureux. Leurs troupes ont pénétré après un vif combat, dans les lignes allemandes, près de Roeux. Elles ont fait subir de lourdes pertes à l’ennemi et ramené 30 prisonniers.
La retraite russe continue.
Les troupes russo-roumaines de Moldavie ont élargi la brèche faite au front ennemi et occupé les positions adverses sur une longueur de 30 kilomètres et une profondeur de 15. Elles ont fait encore 1245 prisonniers et capturé des canons.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 10 mai 1917

Louis Guédet

Jeudi 10 mai 1917

971ème et 969ème jours de bataille et de bombardement

8h3/4  Beau temps, trop chaud qui tourne à l’orageux. Nuit tranquille, j’ai pu me reposer un peu. Journée calme (?) jusqu’à 2h1/2. Et alors bombardement vers Cérès, Jacquart, etc… Le sifflement continu, incessant, éclatement suivant le sifflement et le sifflement suivant l’éclatement tous les 1/4 de secondes ! C’est agaçant. Poste pris mes dernières lettres, les autres suivront à St Martin. Vu voisins et voisines ; Melles Payard et Colin, M. et Mme Morlet, M. et Mme Champenois. Mon commissaire de Police qui veillera à la maison. Et le bon Père Desbuquois qui m’a apporté des lettres à mettre à la Poste. Causé longuement en nous promenant dans le 2nd jardin. Je retrouve en lui beaucoup du Père Jenner (à vérifier)!… Tout est prêt pour mon départ, et si rien n’arrive cette nuit, je partirai demain matin à 5h1/2 pour Épernay, journée qui sera fatigante.

Reçu lettre de mon Jean qui est absolument au feu, lettre fort gentille, et surtout pour son frère Robert qu’il conseille de rester à l’échelon à cause du danger, sinon les 2 frères seraient à leurs pièces à quelques mètres l’un de l’autre. Ils font surtout des tirs de nuit dits « de harcèlement », le jour de la sape. Les hommes sont fatigués me dit-il, mais comme aspirant faisant fonction de sous-lieutenant, ceux-ci laissent dormir mon pauvre Grand, c’est gentil tout plein. Il est bien tombé comme sous-ordres et soldats. Allons, il me faut me coucher ! Demain soir comment ferai-je pour dormir déshabillé ! Voilà 35 jours que cela ne m’est arrivé !!… Sera-ce bon ou désagréable ?… Nous verrons !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

10 au 17 mai 1917 – Voyage à Épernay, dans ma famille.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Jeudi 10-9°. Brouillard à 5 h. Beau soleil à 7 h. Nuit tranquille en ville. Aéroplanes dans la matinée. Vers 3 h., bombes sifflantes continuellement  (sur batteries ?). Gros coups de canons français sur…………… je pense. De 9 h. à 2 h., bombardement infernal sur ? Les éclats pleuvaient comme grêle. Couché dans mon cabinet de travail, n’ai pas dormi avant 2 h. Visite à l’Enfant-Jésus dont toiture criblée, à l’Espérance.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 10 mai

Vive lutte sur le chemin des Dames, où l’ennemi a tenté en divers points de nous rejeter des positions que nous avons précédemment conquises. Ses attaques ont été partout repoussées.
Il a subi de sanglants échecs dans la région de Cerny, de la Bovelle et du monument d’Hurtebise.
Plus à l’est, un puissant effort a été tenté sur le plateau de Californie. Les vagues d’assaut allemandes, fauchées par nos barrages et nos mitrailleuses, ont, à plusieurs reprises, et malgré des pertes considérables, renouvelé leurs attaques pour nous rejeter de cette importante position. L’ennemi a pu prendre pied un instant sur le saillant nord-est du plateau, mais une charge à la baïonnette de nos troupes l’a refoulé en désordre. Nos positions ont été intégralement maintenues. Nous avons fait en tout 200 prisonniers.
Nous avons enlevé les tranchées de première ligne allemandes sur un front de 1200 mètres au nord-est de Chevreux : 160 prisonniers sont restés entre nos mains.
Au nord-ouest de Reims, une opération de détail, sur un front de 400 mètres, nous a permis de faire 100 prisonniers.
Les Anglais ont évacué Fresnoy ; ils ont repoussé l’ennemi près de Bullecourt.
Canonnades au nord-ouest de Saint-Quentin, vers Vaucourt et Arleux.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

 

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Mercredi 9 mai 1917

Louis Guédet

Mercredi 9 mai 1917

970ème et 968ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps brumeux, mais qui se met au beau beau temps vers midi. Nuit ordinaire, bruits de bataille et de bombardement. A 8h1/2 Bompas l’appariteur de la Chambre des notaires vient m’apporter l’épée et le costume de la Chambre avec claque. La chaine et médaille est avec ses affaires, ainsi qu’une louche en argent, il les rapportera quand il reviendra à Reims. Quand ??!! Il est tout en larmes, il fait peine. Nous nous quittons très émus tous les deux. Moi restant ici, au danger, lui poussant sa petite voiture dans laquelle il a quelques objets et affaires prenant le chemin de l’Exil. Il va ainsi à pied à Épernay, ou de là il partira en Anjou dans son pays natal. Au tournant de la rue Boulard, un dernier geste d’adieu et c’est fini ! Encore un disparu victime de la tourmente, laissant là sa femme dans la tombe et lui avec ses doutes, gagnant des régions plus hospitalières !! Plus rien de notre compagnie ne reste ici…  que moi et quelques archives et rares papiers sauvés des bombes et de l’incendie ! Verrai-je donc tout s’effondrer autour de moi, et s’éparpiller au vent du cataclysme qui ébranle le monde entier ?! Et lui, poussant sa petite voiture avec quelques hardes roule, roule sur les routes…  vers l’Exil !! Victime lamentable ! loque humaine !! quittant tout, laissant sa femme dans la tombe et seul, seul il va, il marche, il marche vers l’Inconnu ! sur les routes, à travers monts et vallées !…  sans espoir, sans consolation ! Laissant derrière lui la Grande Martyre Reims broyée, effondrée, minée, fumante et sanglante !

Vers 11h je vais voir mon cocher Roland 39 – 41 rue Bacquenois, c’est entendu il me prend vendredi matin 11 courant à 5h1/2 pour être à Épernay à 9h à l’ouverture de la Banque de France où j’ai à faire, puis voir Procureur et juges si possible.

Après-midi pris mon courrier. Ma pauvre chère femme s’affole de plus en plus. Bonnes nouvelles de robert, pas de Jean. Rencontré Lelarge qui ne désespère pas, mais convient que cela devient trop long et trop lourd. Il est comme moi, il estime que Reims est sacrifié et que c’est un mot d’ordre donné, arrêté par le Grand État-Major. Pourquoi ?? pas plus que moi il ne le sait. Mais c’est un parti pris.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

9 mai 1917 – Journée assez calme — schrapnells.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 9 – + 11°. Pendant la nuit, la Maison de l’Enfant-Jésus a été criblée d’obus (dirigés sans doute sur le Mont-Dieu où il y a des soldats. A 4 h. 30, bombes rapides, éclatant presque aussitôt que le sifflement se fait entendre (fusants autrichiens) et qui sifflent encore après l’éclatement, tom­bent pas loin de nous ; éclats sur la maison. Visite de l’Aumônier du 125e (1)  et d’un soldat. Canon à 7 h. soir du côté de………. Lettre à Mgr Gibier, en remerciement pour une offrande (Recueil, p. 131).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 9 mai

Au nord-est de Soissons et sur le chemin des Dames, aucune réaction de l’infanterie ennemie au cours de la journée.
L’artillerie allemande, violemment contre-battue par la nôtre, a bombardé le secteur de Cerny-Hurtebise et la région de Craonne. Escarmouches à la grenade à l’est de Vauxaillon.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Du 1er au 7 mai, nos pilotes ont livré de nombreux combats aux aviateurs ennemis. Au cours de ces luttes aériennes, 25 avions allemands ont été abattus dont la destruction a été régulièrement constatée. En outre, 51 appareils allemands, sérieusement touchés, sont tombés dans leurs lignes. La destruction de la plupart d’entre eux est probable, mais n’a pu être contrôlée.
Canonnade habituelle sur le front italien.
M. Viviani et le maréchal Joffre ont échappé heureusement à un accident de chemin de fer en revenant de Kansas-City à Washington.
Les délégués des officiers russes, au nombre de 2000, ont fait une manifestation en faveur de la continuation de la guerre et du maintien d’un pacte étroit avec les Alliés.
Le président Wilson a été autorisé par le congrès de Washington, à prohiber toutes les exportations dont il jugerait utile d’interdire le départ.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Vendredi 30 mars 1917

Louis Guedet

Vendredi 30 mars 1917

930ème et 928ème jours de bataille et de bombardement

8h3/4 soir  Temps froid, glacial, humide, giboulées, sale temps, nuit insupportable de bataille. Des obus toute la journée. A 9h1/2 audience civile, 2 affaires !! cela devient comme la simple police, dans le marasme ! Occupé toute la journée à un tas de choses, fait courses sur courses. Vu Mgr Neveux et l’abbé Lecomte à l’archevêché, remis 2 000 F pour pension de 2 Grands séminaristes de la part de Mme Mareschal. Causé (rayé) de nos Procureurs de la République, l’ancien et le nouveau, et Monseigneur Neveux me disait que l’ancien Procureur de la République M. Louis Bossu avait « mis beaucoup d’eau dans son vin ». Il me disait que celui-ci avait écrit à la Supérieure du Bon Pasteur pour la remercier de ses félicitations à l’occasion de sa nomination comme Procureur Général de Bastia, et lui ajoutait : « de ne pas l’oublier dans ses prières ! » Est-ce que mon cher Procureur aurait trouvé son chemin de Damas ? Fini ma journée avec 2 clôtures d’inventaires, avec Poquet et Dondaine règlements de comptes, etc…  J’en avais par-dessus la tête. Reçu lettre de Madeleine. Marie-Louise et Maurice ont mal à la gorge. Elle craint que la domestique ne veuille pas rester. Verra-t-elle aussi la fin de ses misères la malheureuse !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 30 – + 5°. Pluie. Nuit tranquille sauf bombardement de minuit

à………. et quelques coups de canon. Via Crucis in Cathedrali, pluviis inundata et lapidibus a fornica lapsis constrata – inondée de pluie et en­combrée des pierres des voûtes écroulées. A 9 h. quelques bombes sifflent. Visite à l’Espérance, à l’Enfant-Jésus, où j’ai porté les Prix de Vertu que j’ai reçus pour les 2 maisons, de l’Institut. Visite à Saint-Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 30 mars

De la Somme à l’Oise, la journée a été relativement calme, artillerie active dans le secteur de Margival.

Violente canonnade vers Maisons-de-Champagne, à la cote 304, et en Lorraine dans la région d’Émberménil.

Un avion allemand a été abattu en combat par un de nos pilotes.

Sur le front belge, grande activité d’artillerie, dans la région de Steenstraete.

Les troupes britanniques ont enlevé, après un vif engagement, et en infligeant de fortes pertes à l’ennemi, le village de Neuville-Bourgonval. Nos alliés ont capturé un certain nombre d’Allemands. Ils ont pénétré par coup de main dans les lignes ennemies à l’est d’Arras, vers Neuville-Saint-Vaast et Neuve-Chapelle. Plusieurs abris ont été détruits.

Les troupes anglo-égyptiennes qui montaient de la frontière d’Egypte en Palestine, ont vaincu 20.000 Turcs près de Gaza. Elles ont fait 900 prisonniers.

Les Italiens ont repoussé une attaque autrichienne dans la vallée de l’Adige.

Le Comité des ouvriers et soldats russes a déclaré qu’il repousserait l’agression allemande et il a exhorté les Allemands à détrôner le kaiser.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 26 octobre 1916

Louis Guédet

Jeudi 26 octobre 1916

775ème et 773ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Assez beau temps, brumeux, pluie, nuages, se refroidissant fin d’après-midi. Le calme auprès d’hier. Beaucoup de victimes hier, et aussi des soldats, une douzaine. Il y a eu des bombes un peu partout.

Après-midi à 2h Réquisitions militaires, quitté à 5h, vu le Procureur M. Mathieu qui s’amuse toujours de mon affaire, et pour lui si les militaires disent vouloir se reporter sur Helluy, c’est tout simplement pour couvrir leur…  retraite…  J’ai prévenu ce dernier de ce qui le menaçait, et lui ai conseillé de se retrancher derrière la censure qui a laissé les mots qui ont choqué, blessé les nobles galonnards. Et même s’ils insistaient, de bien leur dire qu’ils font du chantage, et qu’ayant laissé les mots « qui les y incite », ils ont voulu avoir l’occasion de l’ennuyer. M. Mathieu approuve ma théorie. Landréat, mon greffier, et Croquet mon greffier militaire se tordaient en me racontant tout à l’heure que l’illustre Colonel Colas, commandant de la Place, avait hier demandé l’hospitalité chez Faupin, 59, boulevard de la République où ils travaillent, et qu’il les a forcés à descendre à la cave !!!… Et voilà un homme qu’on a décoré de la Croix de Guerre…  gagnée dans la cave !!!  Croquet m’a dit qu’il l’avait envoyé promener. Mais le Colas est descendu se mettre à l’abri dans la susdite cave !!

Au sujet du procès des pains de fantaisie Émile Charbonneaux en a causé au Colonel Colas et au Général Lanquetot, ceux-ci déclarèrent qu’ils ne savaient ce que cela voulait dire !! Charbonneaux insistant sur ce que le procès était fait par 2 gendarmes. Nous n’avons donné aucun ordre, déclaraient-ils !! Alors ?… Ils n’ont même pas de courage de leur opinion ! Quels pleutres !!… En tout cas me voilà sur du velours, et je les ai bridés, murés !!…  Toisés !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 26 – Toute la nuit, de quart d’heure en quart d’heure, coups de gros canons français. Pas de riposte allemande. Visite au Bon Pasteur, à l’Enfant-Jésus, à l’Espérance et rue du Barbâtre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 26 octobre

Au nord de Verdun, les Allemands ont lancé deux contre-attaques sur les ailes de notre nouveau front. L’une, dirigée sur les carrières d’Haudromont, a été repoussée. L’autre, prononcée contre la batterie de Damloup, a totalement échoué. Le terrain conquis par nous a été maintenu intégralement. Le commandant du fort de Douaumont a été capturé dans les souterrains.
Nous avons progressé à l’est du bois Fumin et au nord du Chenois. Le chiffre de nos prisonniers est passé à 4500.
Onze avions de bombardement anglais, accompagnés de cinq avions de protection, ont bombardé les haut fourneaux d’Hagondange sur lesquels ils ont jeté 1300 kilos de projectiles. Plusieurs incendies se sont produits.
Sur le front britannique, l’artillerie ennemie a montré de l’activité vers le Sars et Eaucourt-l’Abbaye.
Les Russo-Roumains, en Dobroudja, se sont repliés au nord de Czernavoda. En Valachie, ils ont gagné du terrain dans certains cols des Carpathes, mais ils ont reculé à la passe de Vulkan, entre la vallée du Maros et Craïova.
Les Allemands provoquent une irritation croissante en Norvège par leurs torpillages systématiques de navires scandinaves.
En Albanie, la cavalerie de l’armée de Salonique est entrée en contact avec la cavalerie Italienne d’Albanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 7 août 1916

Cardinal Luçon

Lundi 7 – Aéroplanes français ; tir contre. Visites aux officiers, à M. le Doyen de S. Remi. Tir sur les batteries des tranchées. Visite à l’Enfant- Jésus. Nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 7 août

Nuit calme sur le front de la Somme.
Entre Avre et Aisne, nous dispersons plusieurs patrouilles en faisant des prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, violente canonnade dans le secteur Thiaumont-Fleury. Les Allemands tentent, par de furieuses contre-attaques, de nous chasser de l’ouvrage de Thiaumont que nous occupions solidement. La lutte, qui a été longue, a causé de lourdes pertes à l’ennemi: celui-ci a été repoussé à chacune de ses tentatives, sans pouvoir réaliser le moindre gain. Combat vif également dans le village de Fleury où aucun changement appréciable ne s’est produit.
A l’est de Pont-à-Mousson, les Allemands, après une préparation d’artillerie, ont lancé sur nos positions de la forêt de Sacq une attaque qui a échoué sous nos feux de mitrailleuses.
Sur le front de la Somme, nos aviateurs ont livré dix-sept combats et deux appareils ennemis ont piqué brusquement dans leurs lignes.
Deux avions allemands ont été abattus dans la région de Verdun, l’un près d’Abaucourt, et l’autre près de Moranville.
L’armée britannique a opéré une attaque locale au nord de Pozières. Cette tentative a totalement réussi. La position principale de deuxième ligne allemande a été capturée sur un front de 2 km, et nos alliés ont fait plusieurs centaines de prisonniers. Toutes les contre-attaques dirigées par l’ennemi ont été repoussées avec de grosses pertes pour lui.
Les Russes ont fait 1300 prisonniers au sud de Brody.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


moranville

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Jeudi 22 juin 1916

Louis Guédet

Jeudi 22 juin 1916

649ème et 647ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps chaud d’été. Déjeuné chez Henri Abelé rue de la Justice dans ses caves avec l’abbé Camu vicaire général, curé de la Cathédrale. Becker agent de change et sa fille. Marcel Heidsieck. Causé de choses et d’autres, rien appris d’intéressant. A 2h audience réquisitions militaires. Attrapade entre Dupont-Nouvion, avocat, et Racine, sous-intendant militaire. autre affaire : (rayé) maréchal ferrant, qui ne veut rien entendre par parti pris et raseur : il s’agissait d’une différence de 1 F sur une réquisition…

Le bas de page a été découpé.

…Après l’audience, mis au courant Racine de toutes les cabales lancées contre lui. Il m’est très reconnaissant de l’avoir prévenu. Non je ne pouvais laisser ce malheureux sous-intendant, qui sait ce qu’il veut, traité et arrangé de cette façon par la Camarilla (péjoratif : nom donné à un groupe d’hommes qui dirigent les actes d’un gouvernement par l’intrigue ou la cabale) des Dupont-Nouvion et autres, Président Hù, juges, Régnier sous-préfet, Lallier, officier d’ordonnance du Général Commandant la Place, etc…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 22 – + 14°. Nuit tranquille ; beau temps. Crise de rhumatisme. Journée tranquille pour Reims.. Visite du Colonel du 220(1) (originaire de l’Ariège)(2) qui était aux messes des Caves Mumm et de l’Enfant-Jésus. Écrit et expédié carte de 20 mots aux Archiprêtres des Ardennes. Aéroplanes, tirs contre eux, vers 6 h.

(1) Le 220e RI était recruté à Montauban et Marmande
(2) voir dans les commentaires : ce serait le colonel Clanet
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 22 juin

Au sud de la Somme, devant Drancourt, un détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes, a été dispersé à coups de fusil.
Au nord-ouest de Reims, les Allemands, après avoir fait sauter deux mines, ont prononcé une attaque sur nos tranchées, à la cote 108 (sud de Berry-au-Bac). Enrayée par nos tirs de barrage, cette tentative a subi un échec complet.
Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque allemande, dirigée contre les tranchées conquises par nous au sud du Mort-Homme, a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite, après un bombardement violent par obus de gros calibre, qui a duré toute la journée sur la région cote 320 bois du Chapitre et du Fumin-le-Chenois, les Allemands ont attaqué nos positions à l’ouest et au sud du fort de Vaux. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont, par deux fois, brisé les assauts de l’ennemi qui a enregistré de lourdes pertes.
Duel d’artillerie sur le front belge. Nos groupes de bombardement ont lancé 210 obus sur la gare d’Arnaville et 276 sur les établissements militaires de la gare de Metz.
Des bruits de crise ministérielle continuent à circuler à Athènes. Le roi a mandé M. Zaïmis, ancien président du Conseil au palais.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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