• Tag Archives: Cardinal Gasparri

Mercredi 20 mars 1918

Louis Guédet

Mercredi 20 mars 1918                                               

1286ème et 1284ème jours de bataille et de bombardement

10h1/2 matin  La pluie. Rien à faire. Nuit mauvaise. Toujours des cauchemars. Et éveillé mes tristes pensées me reprennent et m’obsèdent. Je suis comme un corps sans âme. Je ne sais que faire, que décider. Ne voyant aucune issue à ma situation. Que faire ? Je ne puis retourner à Reims. Je ne m’en sens ni la force, ni le courage. Alors, y aller entre 2 trains ? A quoi bon ! pour y souffrir et en revenir le cœur déchiré, saignant ? C’est l’exil ! sans espoir de retour, avec toutes ses souffrances, comme si je n’avais pas assez souffert depuis 3 ans1/2 !!

6h soir  Je rentre de Vitry-la-Ville où j’ai été porter mon courrier et chercher des chicons (romaines) à planter, et…  j’ai rapporté des choux !! Je ne sais vraiment plus où j’ai la tête ! Tout en moi sommeille, et je vais comme dans un rêve !! Fatigue et découragement. Ces 50 malheureux choux à planter m’ont coûté 2 sous. Demain on fera prendre les 50 chicons à planter. Je ne sais plus que penser de mon état de santé et d’esprit ! Que vais-je devenir ? Tout autour de moi c’est le noir, le vide !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 20 – + 7°. Pluie. Violent combat de 3 h. à 5 h. (heure légale). Visite de M. Camu. Expédié deuxième lettre au Cardinal Gasparri au sujet du communiqué allemand. Visite du Colonel suisse Feyler(1) qui vient à l’improviste pour visiter la Cathédrale. On lui refusa de monter aux tours. Il déclara qui il était : on lui dit de se présenter au Général, qui lui délivra la permission de visiter tout ce qu’il voulait, pour attester dans un article donné à la presse ce qu’il avait vu. Il vient me faire visite. Donné à l’imprimeur une Lettre pastorale sur le Codex juris canonice N°… Bombardement actif et par moments très intense sur batteries ? passages, etc ? Depuis 6 h. soir jusqu’à 5 h. matin (heure vraie). Nuit très bruyante.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) La neutralité helvétique, et singulièrement celle des Suisses alémaniques, fut fort teintée de sympathie pour les Empires Centraux.

Mercredi 20 mars

Dans la région de Reims, un de nos détachements a pénétré dans les lignes ennemies sur une profondeur d’un kilomètre, détruit de nombreux abris occupés et ramené neuf prisonniers.
Après une brusque préparation d’artillerie, l’ennemi a exécuté, au nord-est de , un coup de main, qui s’est brisé sous nos feux.
Sur la rive droite de la Meuse, violente lutte d’artillerie, en particulier, dans la région de la cote 344. Pas d’action d’infanterie.
Des coups de main exécutés par les troupes anglaises vers Villers-Guislain, la Vacquerie et bois Grenier, leur ont permis de faire un certain nombre de prisonniers.
Les Portugais ont ramené des prisonniers et deux mitrailleuses à la suite d’un raid sur les tranchées allemandes, à l’est de Neuve-Chapelle. Trois tentatives de coups de main, effectuées par l’ennemi à Fleurbaix et bois Grenier, ont échoué avec pertes pour les assaillants.
Grande activité de l’artillerie allemande sur les zones avant et arrière du secteur d’Ypres.
Sur le front italien, actions d’artillerie intermittentes le long du front montagneux et dans la plaine, depuis Zenson jusqu’à la mer.
Sept avions ennemis ont été abattus: deux par les Italiens, deux par les Français et trois par les Anglais. Un dirigeable italien a bombardé les voies ferrées ennemies dans le val Lagarina.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

Share Button

Lundi 4 juin 1917

Louis Guédet

Lundi 4 juin 1917

994ème et 992ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Cette nuit réveillé par des bombes qui semblaient assez proches, vers 3h du matin. Rendormi difficilement, et le matin j’étais rompu. Ces insomnies me fatiguent énormément. Travaillé toute la matinée. Reçu lettres diverses auxquelles j’ai répondu. Payen me propose de faire nos audiences de conciliation en matière de réquisitions militaires soit à Épernay ou à Châlons. Je lui demande aux frais de qui et comment je me transporterais de Reims à Épernay ou à Châlons ?  Je l’attends là. Après-midi, été au 104, rue des Capucins avec un agent et le serrurier de la Ville me faire ouvrir la porte de la maison de Melle Léontine Malezet, parent de Redont, pour voir si je trouverais des papiers, valeurs, titres, numéraires, etc…  Rien de tout cela. J’ai fait une description sommaire des meubles, refermé la porte, laissé les clefs au sergent de ville, et rentré pour répondre à ce sujet à Redont. Voilà ma journée, toujours la même monotonie, la même lassitude. Toute la journée j’ai eu l’ouvrier de Minelle-Simon qui m’a remis des toiles huilées à mes 2 fenêtres. Je vais être un peu clos et à l’abri des intempéries, mais cela durera-t-il, un obus ne viendra-t-il pas me déchirer tout cela. C’est toujours l’agonie lente, sans un sourire, une satisfaction…  une lueur de bonheur ou de joie.

7h soir  Ovide Tangre (cocher, né en 1861 à Ventelay) vient me dire que l’on recommençait à piller aux Caves Louis de Bary de la rue Lesage. Rien à faire, les soldats pillards vous lancent des grenades dans les jambes !! L’autorité militaire est au-dessous de tout !…  du reste les officiers profitent éhontément de ces pillages…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

4-5 et 6 juin 1917 – Bombardements chaque jour.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 4 – + 15°. Aéroplanes allemands dès le matin : tir contre eux. Visite rue du Faubourg Cérès, maison des Sœurs du Saint-Sauveur, visite du Commandant de Pélacat avec 2 officiers. Expédié au Cardinal Gasparri, lettre et état du clergé pour le prier de faire parvenir à nos prêtres en Arden­nes (201) une modeste allocation de 250 f. chacun ; et pour demander le rapatriement de 4 prêtres du diocèse emmenés captifs en Allemagne. Gros canons français (peut-être de marine) tirent fréquemment, mais non d’une manière continue. Journée chaude et belle ; temps ferme.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 4 juin

Le bombardement ennemi s’est étendu autour de Craonne et a continué pendant la nuit avec une extrême violence sur tout le front des plateaux de Vauclerc et de Californie. Les Allemands ont déclenché cinq attaques successives à gros effectifs dont trois sur la partie est du plateau de Californie et deux sur la partie ouest et sur le plateau de Vauclerc. L’ennemi a été partout repoussé; ses pertes ont été importantes, notamment dans la région est de Californie, où les détachements d’assaut de l’adversaire, disloqués par nos feux, ont laissé un grand nombre de cadavres devant nos tranchées. Un certain nombre de prisonniers sont restés entre nos mains.
Des coups de main ennemis en Champagne, vers Bezonvaux et dans les Vosges, au sud du col de Sainte-Marie, ont échoué.
L’artillerie allemande a bombardé le front belge au nord de Dixmude. Des bombes ont été jetées par nos alliés sur la gare de Wysweewe.
Les troupes britanniques ont attaqué les positions ennemis au Sud de la Souchez. Elles ont effectué une avance satisfaisante et ont fait un certain nombre de prisonniers. Une attaque allemande a été repoussée sur le front de Cherisy. Nos alliés ont réussi un coup de main près d’Ypres.
On dément l’imminence d’une crise ministérielle en Espagne.

Source : La Guerre 1914-1918 au jour le jour

Share Button

Mercredi 16 mai 1917

Cote 108

Cardinal Luçon

Mercredi 16 – Nuit tranquille : + 13°. Réception des urnes contenant les cœurs du Cardinal Gousset (intacte) et des Cardinaux de Lorraine, brisée, les cœurs déchirés et leurs lambeaux mélangés sans qu’on puisse distinguer auquel des trois cardinaux ils appartenaient. Un éclat d’obus a pénétré dans l’urne de cuivre. Des ouvriers qui travaillaient dans la Cathédrale accouru­rent ; l’un d’eux, sans mauvaise intention, plongea la main dans l’une et brouilla les restes des trois cœurs, des Cardinaux Charles et Louis de Lor­raine, et de Guise. Je l’ai ai recueillis, et nous avons dressé une relation de cet incident.

Pluie. Réception de la lettre du Cardinal de Paris (Amette) relative à l’image du Sacré-Cœur sur le drapeau national, et sur ma pétition deman­dant que cette sainte image fut placée sur le drapeau tricolore. Je consultai Mgr Many, et je reçus du Cardinal Gasparri une réponse négative.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 16 mai

Après un violent bombardement dirigé sur le chemin des Dames, dans la région ouest de Braye-en-Laonnois, les Allemands ont attaqué nos positions sur un large front, vers les Bovettes et l’épine de Chevrigny. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont brisé l’attaque, qui n’a pu aborder nos lignes, sauf sur un point où une fraction a pris pied dans un de nos éléments avancés du sud-ouest de Filain.
Des coups de main ennemis sur nos postes au nord-est de Craonne, à l’est de la cote 108 et au nord-est d’Auberive, ont échoué sous nos feux. Nous avons fait des prisonniers, dont un officier.
En Woëvre et en Lorraine, nos détachements ont pénétré en plusieurs points dans les lignes allemandes et ramené des prisonniers.
Engagements d’avant-postes, au front anglais, près d’Epéhy. L’ennemi a lancé deux vigoureuses contre-attaques vers Bullecourt. La tentative a totalement échoué après un dur combat. Une autre contre-attaque a été arrêtée près de Loos.
Les Italiens, sur tout le front du Carso, ont accompli avec succès des attaques d’infanterie et capturé des Autrichiens.
Le chancelier allemand a déclaré au Reichstag qu’il se refusait à formuler ses buts de guerre. M. Scheidemann a brandi la menace de la révolution et réclamé une paix blanche.
Un accord semble s’établir entre le gouvernement provisoire russe et le comité de Tauride, ce dernier acceptant de participer au pouvoir.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

Cote 108

Cote 108 – Berry-au-Bac

Share Button

Mercredi 23 août 1916

Louis Guédet

Mercredi 23 août 1916

711ème et 709ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps gris clair d’automne, lourd et chaud. Heureusement que les nuits sont fraîches. Le calme, sauf vers 11h du matin quelques obus faubourg de Laon tandis que j’étais à l’Hôtel de Ville présider des Allocations militaires qui m’ont tenu jusqu’à midi 1/2. J’y étais depuis 9h1/2 et depuis 9h j’étais à la Caisse d’Épargne de service (et samedi). Je suis obligé de me dédoubler. Déjeuné à la hâte et parti à 1h pour un inventaire pour Jolivet sur la route de Pargny, « à la Carcanerie » (mot du patois régional, lieu où on abat les chevaux hors service), voyage de boucher (voyage apparemment pénible), tous les clients n’étant pas venus, ce sera pour demain probablement. Il y a des gens qui ne se gênent pas. Vu là un maréchal des logis du 25ème d’artillerie (le régiment de Jean) qui me disait qu’il y avait 10% de tués dans leur arme contre 90% dans l’Infanterie à égalité de risques…

En rentrant ici été à la Ville pour m’entendre avec le Maire et le secrétaire général afin de m’assurer d’un greffier pour les litiges des réquisitions militaires. Faupin,  m’ayant signifié qu’il avait donné l’ordre à son clerc Landréat qui me servait de greffier de Paix des 2ème, 3ème et 4ème cantons et m’assurait le service des réquisitions, de se refuser à construire ce service…  En toute éventualité je me suis assuré de quelqu’un à l’Hôtel de Ville. Valot greffier des prudhommes et de simple police, probablement. De là passé prévenir le parquet.

Reçu lettre du Président du Tribunal Hù qui en a parlé au Parquet Général : on vient de mettre en demeure Jésus, greffier des 2ème et 4ème cantons, qui pour se sauver des bombes n’avait pas trouvé mieux que de s’engager et de se…  faire embarquer dans un bureau militaire de l‘intérieur !! Çà ce n’est pas banal, s’engager pour se sauver des bombes !! à avoir à assurer son service. Je vais avoir incessamment mon adjoint militaire…  bref tout le monde m’aidant, j’arriverai envers et contre tous à mener la justice de Paix, malgré tous les pleutres qui sont jaloux de me voir conduire des services écrasants et qui seraient enchantés de me voir n’aboutir à rien…  J’y succomberai probablement…  mais en tout cas j’aurais le droit de leur clouer le bec si jamais ils veulent me discréditer…  J’aurai le droit de leur dire leur fait…  qu’ils sont des lâches.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 août 1916 – Bombardement dans la matinée, vers 10 h, quartier du Champ-de-Mars.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 23 – Projections allemandes. Dons et circulaire pour Prisonniers de guerre. Vers 9 h. 1/2 et 9 à 11 h. sifflent. Visite au Fourneau Économique de Porte Paris. Bombes à l’Hôtel-Dieu, rue Gambetta. Visite du Général Mazel de Jonchery, 5e Armée ; du Colonel Papillon-Bourrot, du P. d’Herlugon Jésuite avec le Père auteur au sujet des Otages. Lettre du Cardinal Gasparri répondant à une lettre de moi au sujet des otages (Recueil,).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 23 août

Lutte d’artillerie sur les deux rives de la Somme et à Verdun (région de Fleury).
Grâce à un coup de main heureux, près de Maurepas, nous avons fait quelques prisonniers. Nous avons repoussé des attaques à la grenade sur un de nos ouvrages dans le bois de Vaux-Chapitre.
Les Anglais ont marqué une avance sensible, sur un front de 800 mètres, dans le voisinage de Pozières, s’établissant à la croisée des chemins en bordure de la ferme de Moquet. Ils ont ensuite progressé sur la droite de la route Pozières-Miraumont. Ils ont gagné 100 mètres de tranchées entre Martinpuich et Bazentin et ont fait un coup de main heureux au sud de Guillemont, ramenant une mitrailleuse. Au saillant de Leipzig, ils ont accentué leurs gains et ont porté leurs positions à un kilomètre de Thiepval. Ils ont capturé 164 ennemis.
Sur le front d’Orient, la lutte est acharnée. Les Franco-Anglais ont bombardé les positions bulgares du lac Doiran et occupe les contreforts méridionaux des monts Belès. Sur la droite du Vardar, les troupes françaises se sont installées sur une ligne de hauteurs près de Ljumnica; l’armée serbe a progressé entre Cerna et Moglenica. L’infanterie a partout atteint ses objectifs.
Aux deux ailes, à l’ouest de Sérès, et sur le lac d’Ostrovo, l’ennemi a refoulé nos détachements avancés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


141_001

Share Button

Jeudi 10 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 10 août 1916

698ème et 696ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Pluie le matin et temps lourd et orageux ensuite. Calme. Déjeuné chez le Président Hù, 79, avenue de Paris. Il y avait Payen, sous-intendant militaire, Mathieu, substitut du Procureur de la République, Dupont-Nouvion avocat, Robert Lewthwaite et Léon de Tassigny. Conversation quelconque, émaillée d’histoires plus ou moins graves.

A 2h, Audience de conciliations de réquisitions militaires, nous marchons. Je vais avoir un soldat affecté spécialement à ce service, au courant des réquisitions. Été à la Ville pour faire passer une note dans les journaux pour prévenir les prestataires de se pointer exactement sinon le dossier sera classé pour après la Guerre. Causé avec le Maire, de Bruignac et Raïssac, secrétaire en chef. Rentré chez moi fort fatigué. Demain audience civile le matin.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 10 – Nuit et journée tranquilles. Écrit au Cardinal Gasparri : Prisonniers transférés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

100

Photo : Louis Corré, Collection Gérard Corré


Jeudi 10 août

Nous avons réalisé quelques gains au nord de la Somme où nous nous sommes emparés d’un petit bois et d’une tranchée fortement organisée par l’ennemi au nord du bois de Hem. Nous avons conquis, dans cette région, depuis le 7, toute une ligne de tranchées sur un front de 5 kilomètres.
Des détachements ennemis ont été dispersés par notre feu en Champagne.
Violent combat sur la rive droite de la Meuse dans le secteur Fleury-Thiaumont. L’ennemi avait pris pied dans quelques tranchées et dans l’ouvrage de Thiaumont. Nos contre-attaques nous ont permis de reprendre les tranchées et de rentrer dans l’ouvrage.
De même, nous avons enlevé des tranchées allemandes dans le secteur le Chapitre-le-Chenois, faisant 200 prisonniers.
Un taube a bombardé Nancy : 5 blessés.
Les Russes, avançant sur le Sereth, ont porté à 8500 le nombre de leurs prisonniers.
Au sud du Dniester, ils ont progressé sur un large front, enlevant la ville de Thonacz. De ce côté, ils ont capturé 2000 Allemands et plusieurs canons lourds.
Les Italiens, qui ont pris l’offensive dans le Carso, près de Monfalcone, ont remporté un brillant succès. Ils ont capturé la tête de pont de Goritz dans la même région, faisant 8000 prisonniers, dont 200 officiers : 11 canons sont tombés entre leurs mains.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


goritz

Share Button

Samedi 5 août 1916

Cardinal Luçon

Samedi 5 – Allocution à l’Adoration Réparatrice. Visite de M. Caillau, Curé de Sacy, du Curé de Cons-la-Granville. Retour à Reims dans l’automobile de M. Leroy ; à 6 h., bombardement violent sur batteries. Item de 9 h. à 10 h. Réponse du Cardinal Gasparri sur… Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

078_001


Samedi 5 août

Sur la rive droite de la Meuse, la bataille s’est poursuivie sur le front Thiaumont-Fleury que les Allemands ont attaqué avec un acharnement extrême. Plusieurs contre-attaques à gros effectifs, prononcées sur nos positions aux abords de l’ouvrage de Thiaumont ont été repoussées avec de grosses pertes pour l’adversaire. Nos troupes, au cours de la lutte, sont même parvenues à enlever l’ouvrage, que nous avons ensuite évacué sous la puissance du bombardement, en ramenant 80 prisonniers faits par nous.
Dans la région de Fleury, les combats n’ont pas été moins violents; les Allemands ont multiplié des contre-attaques sur le village Chauvre, précédées d’une intense préparation d’artillerie. Après plusieurs tentatives infructueuses, ils ont pris pied dans la partie sud de Fleury où le combat continue très vif. Tous les efforts pour nous déloger de la station de Fleury, située au sud-est, se sont brisés contre notre résistance.
L’ennemi a attaqué également nos nouvelles positions à l’est de Vacherauville et n’a réussi qu’à subir de lourdes pertes.
Une attaque allemande, enfin, a été dispersée dans les Vosges, à la Chapelotte.
Les Russes ont livré de violents combats sur le Stokhod. Ils ont progressé en Arménie.
Sur le front anglais, le combat d’artillerie est violent autour d’Armentières.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mercredi 7 juin 1916

Cardinal Luçon

Mercredi 7 – Nuit tranquille. + 10°. 8 h. 45 bombes sifflantes au loin. Écrit à M. de Lausarzelle. Écrit au Cardinal Gasparri pour MM. Chopin et Péchenard (doyen de Boulzicourt) prisonniers civils en Allemagne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

450_001


Mercredi 7 juin

Sur le front nord de Verdun on ne signale aucune action d’infanterie. Toutefois la lutte d’artillerie a continué avec violence dans la région Vaux-Damloup.
Le chef de bataillon Raynal, qui défend le fort de Vaux, est promu commandeur de la légion d’honneur.
Bombardement sur le front belge.
Les Russes ont fait, dans leur offensive du front de Galicie et de Volhynie, plus de 25000 prisonniers jusqu’ici, dont près de 500 officiers. Ils ont capturé 27 canons et 50 mitrailleuses. Les Autrichiens avouent que l’offensive a été puissante, que l’ennemi ne cesse de se renforcer, et que, sur certains points, ils ont reculé de 5 kilomètres.
La défensive italienne semble avoir brisé les attaques autrichiennes, aussi bien dans le val d’Astico que sur le plateau d’Asiago. En tout cas, la situation du général Cadorna s’est fortement améliorée.
Lord Kitchener, le ministre de la guerre britannique, a coulé avec son état-major à bord du croiseur-cuirassé Hampshire, près des Orcades. Il se rendait en Russie.
Le combat d’artillerie et de mines est devenu très intense dans les secteurs anglais du front français.
Le cabinet d’Athènes a protesté auprès de l’Entente contre la mise en état de siège du secteur de Salonique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Dimanche 23 avril 1916 – Pâques

Cardinal Luçon

Dimanche Pâques 23 avril – Nuit tranquille ; matinée tranquille. Aéro­planes, quelques tirs contre eux. J’apprends que le Card. Von Hartmann a officié pontificalement devant sort Empereur à Laon, et….-le-Château. J’écris au Card. Gasparri.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Dimanche 23 Avril 1916. – J’ai reçu une lettre du jeune homme André Handort. Il m’a envoyé sa photographie et demande comment il se fait que je ne lui écris pas plus souvent. Je vais lui répondre par une lettre très sérieuse, sans le froisser bien entendu, que je tiens à n’avoir aucune correspondance. Ce jeune homme a l’air de manquer d’instruction ; c’est pour cela que je l’excuse. Il ne comprend pas que ton souvenir me poursuit et que ce serait profaner tout l’amour que j’ai pour toi de correspondre avec un autre.

Mon Charles, reviens. Je t’aime toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


 

Dimanche 23 avril

En Belgique, nous bombardons le secteur à l’est de la route Ypres-Plikers.
En Argonne, lutte de mines assez vive à Vauquois et à la Fille-Morte. Nous bombardons les communications en arrière du front ennemi.
A l’ouest de la Meuse, les Allemands attaquent trois fois nos positions au nord du Mort-Homme. Les Allemands sont complètement rejetés avec des pertes sanglantes. Une autre attaque de leur part échoue également au nord du bois des Caurettes.
A l’est de la Meuse, bombardement de nos premières lignes depuis le fleuve jusqu’au fort de Vaux. Mais l’ennemi ne peut sortir de ses tranchées, décimé par notre artillerie.
Une de nos pièces à longue portée canonne la gare de Vigneulles : la voie ferrée est coupée et un incendie se déclare.
Nos avions de bombardement opèrent sur les bivouacs ennemis près d’Azannes et de Villers-lès-Mangiennes (nord-est de Verdun).
Un avion français a lancé quatre bombes sur la ville de Sofia.
Les Russes progressent assez sensiblement à l’ouest de Trébizonde. Le maréchal von der Goltz est mort à son quartier général en Turquie

Source : la Grande Guerre au jour le jour.


627_001

Share Button

Jeudi 13 avril 1916

Louis Guédet

Jeudi 13 avril 1916

579ème et 577ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Nuit tranquille, vent de tempête, pluie battante et froide. Reçu la visite d’un fils de M. Paul Henriot, sous-lieutenant au 82ème d’artillerie lourde, 3ème groupe, en ce moment cantonné ici chez Mme Pierre de la Morinerie, rue Werlé 7 et 9, pour une clef de garage d’une maison leur appartenant, dans laquelle se trouve l’auto de leur locataire, M. Thaon, officier tué au commencement de la Guerre. Nous causons de la situation de notre ville et de la conduite des officiers à l’endroit des Rémois, il la qualifiait de verte façon, disant que c’était honteux ! Entre autres choses il me dit que quand des officiers viennent à la Direction demander des billets de logement et de cantonnement on leur répond : « Comment ? Vous êtes encore là ? C’est inutile ! Quand on veut se loger on n’a qu’à choisir un immeuble qui parait devoir faire votre affaire et on enfonce les portes !! » Voilà la mentalité de ces galonnards-là !! C’est honteux !! Et le pillage !!…

6h soir  Été cet après-midi rue du faubourg Cérès (rue Jean-Jaurès depuis 1921) pour un inventaire pour Jolivet, de là poussé jusqu’à la brasserie Veith, boulevard Henri Vasnier, 4, pour causer avec M. et Mme Veith (Frédéric Veith (1844-1924) et Thérèse Veith (1866-1928)) de leurs intérêts qu’ils ont l’intention de le confier ! Il doit me remettre son testament ces jours-ci. Ceux-ci sont réfugiés dans leurs germoirs avec leurs ouvriers et bien à l’abri du bombardement. Durant que j’y étais cela bombardait pas mal, et ils sont aux premières loges, près de l’asile de nuit et des caves Pommery ! Je suis revenu par la rue du Barbâtre et le rue de Venise. Il y a pas mal de nouveaux dégâts. Le temps a l’air de vouloir se mettre au beau.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Jeudi 13 – Nuit assez bruyante autour de Reims, mais tranquille en ville ; + 7°. Vers 8 h. 1/2 bombes sifflent tombant sur batteries. Item à 2 h. Lettre d’Amiens. Réunion provinciale fixée au 26 avril ; écrit pour cela à Beau­vais. Écrit au Card. Gasparri pour envoi d’argent à nos prêtres des Arden­nes par le Vatican et Mgr de Mauras.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Jeudi 13 Avril 1916. La bataille autour de Verdun s’étend et devient plus violente. Les boches ne gagnent pas malgré leurs gaz et leurs jets enflammés. Ils ne peuvent arriver à rompre notre front, mais que de pauvres soldats qui tombent ! C’est affreux une guerre pareille. Qui aurait pensé qu’il existerait de telles cruautés ? Te rappelles-tu ma chipette, il y a trois ans quand j’étais pour avoir André ? Etions nous heureux ! Je ne travaillais pas, je t’attendais ; Que de bonheur nous avions !

C’est que notre coco va avoir trois ans. Que dois-tu penser ? Tu dois le représenter fort et intelligent. Et notre fifille, 15 mois aujourd’hui et c’est ton portrait frappant. Oh si tu nous revenais, que notre vie serait belle ! J’espère toujours, mais le temps est long…

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Jeudi 13 avril

Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont lancé une attaque avec emploi de liquides enflammés sur nos positions du bois des Caurettes entre le Mort-Homme et Cumières ; ils ont été refoulés.
Sur la rive droite, l’activité d’artillerie a été grande entre Douaumont et Vaux, mais l’ennemi n’a pas renouvelé ses attaques. On confirme qu’il a subi de très grosses pertes dans ce secteur, pendant les journées précédentes.
Sur le front britannique, combat de grenades à l’est de Saint-Eloi avec des alternatives diverses. Grande activité d’artillerie en face de Wytschaete. Un taube a été descendu.
Les Italiens ont appelé un certain nombre de contingents de diverses classes.
L’Autriche n’arrive pas à boucler son emprunt.
L’Allemagne a fait remettre sa réponse au cabinet de Washington, au sujet du Sussex.
Des manifestations de femmes affamées ont eu lieu à Athènes devant le Parlement.
L’Allemagne a institué le recensement du sucre.
Les parlementaires français ont visité les chantiers de la Clyde (Écosse).


866_001

 

 

 

Share Button