Louis Guédet

Jeudi 5 juin 1919

1728ème et 1726ème jours

8h soir  De la pluie d’orage, la température est plus agréable. Journée chargée. Audience de l’après-midi fort chargée. Quantité de réquisitions et de conciliations, dont une roulant sur 191 000 francs (Triaud). Jugement rendu dans l’affaire Dejardin contre la virago (Weimann contre Triche) qui m’avait signifié que son mari n’avait rien à dire et que c’était elle que je devais écouter, attendu qu’elle portait les…  culottes !! Bref je lui ai rendu son jardin mais à charge de payer les semences ! elle n’y a rien compris !

Dispute entre Gérin, Directeur de l’Hôtel Lafayette, rue de Thillois (au numéro 35), et une de ses femmes de chambre…  plutôt d’une vertu facile !…

Celle-ci lui réclamait des gages qu’il ne lui a jamais promis, en échange sans doute de ses…  formes !!! L’entretien (?!) devant moi était plutôt…  transparent !! Joli monde !! Comme elle me demandait si je connaissais un huissier auquel elle pourrait s’adresser pour citer…  son Céladon ! récalcitrant, je l’ai envoyée à Babé mon audiencier, qui en est resté estomaqué !!! et…  offusqué !!…

Pauvre Babé, il n’en n’est pas encore revenu !! Rentré chez moi à 5h, fatigué, et trouvé du courrier dont une lettre de Lévêque avec une de ma pauvre femme qui se désole de son état. Il me conseille de la pousser à aller à Paris consulter au plus tôt afin qu’elle soit tranquillisée. Tout cela me tue, et me décourage énormément.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Jeudi 5 – Visite de M. de Curé de Merfy.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 5 juin

Les Quatre ont continué l’examen des contre-propositions allemandes.
Les Cinq ont entendu M. Van Kaarnebeck, ministre des Affaires étrangères de Hollande, sur la révision des traités de 1839. Les délégués belges ont ensuite pris la parole, mais le débat n’est pas encore sorti de la phase préliminaire et aucune méthode n’a été adoptée pour la discussion au fond.
La solution du problème de Fiume demeure en suspens; les Yougoslaves font des réserves importantes sur la proposition que le colonel House avait suggérée, et que MM. Orlando et Sonnino avaient accueillie en principe.
MM Pachitch, Vesnitch et Trumbitch, n’acceptent pas la délimitation de l’État autonome de Fiume, telle qu’elle a été conçue, et ils demandent que le plébiscite, dans cet État, ait lieu au bout de trois ans et non de quinze. De plus, ils se refusent à abandonner Zara et Sebenico à l’Italie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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